Rapports de Mission

Rapport de la mission de promotion en République du Burundi 18-21 mars 2025

FR-RAPPORT DE LA MISSION DE PROMOTION EN RÉPUBLIQUE 25 fevrier 2026.pdf
RAPPORT DE LA MISSION DE PROMOTION EN RÉPUBLIQUE Du BURUNDI PAR COMMISSAIRE MARIE LOUISE ABOMO COMMISSAIRE REMY NGOY LUMBU & COMMISSAIRE MARIA TERESA MANUELA 18-21 MARS 2025
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I. REMERCIEMENTS II. RÉSUMÉ ANALYTIQUE III. B. TABLE DE MATIÈRES 5 6 INTRODUCTION 9 TERMES DE REFERENCE DE LA MISSION 9 C. STATUT DE LA RATIFICATION DES INSTRUMENTS DE DROITS DE L’HOMME 10 D. ENGAGEMENTS ANTERIEURS ENTRE LA COMMISSION ET LE BURUNDI 12 1) Mission de promotion 12 2) Présentation des Rapports Périodiques 12 3) Communication-plainte 12 E. PROFIL DU PAYS 14 F. METHODOLOGIE 16 IV. CONSTATATIONS 17 A. ADMINISTRATION DE LA JUSTICE ET SERVICES CORRECTIONNELS 18 1) Administration de la Justice 18 2) Prisons et Conditions de détention 20 B. INSTITUTIONS POUR LA PROMOTION ET LA PROTECTION DES DROITS DE L’HOMME 22 C. 23 DROITS ECONOMIQUES, SOCIAUX ET CULTURELS 1) Chômage et pauvreté 23 2) Droit à l’éducation 24 3) Droit à la santé et accès aux soins de santé, VIH/SIDA 25 4) Droit au travail 25 D. LIBERTÉ D’EXPRESSION, PROTECTION DES JOURNALISTES ET ACCÈS À L’INFORMATION 26 E- LIBERTE ASSOCIATION ET DE REUNION 27 F- DROITS DE LA FEMME 27 1) Politique 27 2) Violences contre les femmes 28 3) Autonomisation de la femme 29 G- DROITS DES PERSONNES HANDICAPÉES 29 H- DEMANDEURS D’ASILE, REFUGIES, APATRIDES ET MIGRANTS 30 1) Réfugiés 30 2) Apatrides 31 3 | Page
IV. POPULATIONS AUTOCHTONES 31 RECOMMANDATIONS A. 32 GENERALITES 32 1) Administration de la Justice 33 2) Prisons et Conditions de détention 33 DROITS ECONOMIQUES, SOCIAUX ET CULTURELS 34 1) Droit au travail 34 2) Droit à l’éducation 34 3) Droit à la santé et accès aux soins de santé, VIH/SIDA 34 B- CLIBERTÉ D’EXPRESSION, PROTECTION DES JOURNALISTES ET LIBERTE ASSOCIATION ET DE REUNION 35 D- DROITS DE LA FEMME 35 1) Politique 35 2) Violences contre les femmes 35 3) Autonomisation de la femme 36 E- DROITS DES PERSONNES HANDICAPÉES 36 F- DEMANDEURS D’ASILE, REFUGIES, APATRIDES ET MIGRANTS 36 G- POPULATIONS AUTOCHTONES 36 4 | Page
I. REMERCIEMENTS La Commission africaine des droits de l'homme et des peuples (la Commission) tient à exprimer sa gratitude au Gouvernement de la République du Burundi pour avoir autorisé cette mission de promotion et mis à la disposition de sa délégation toutes les facilités et le personnel nécessaires à son succès, ainsi que pour les échanges de vues francs et constructifs auquel il a été procédé à cette occasion. En particulier, elle exprime sa profonde gratitude à Monsieur le Président de la République son Excellence Evariste Ndayishimiye qui a autorisé cette visite de promotion. La Commission accorde une mention particulière au Ministre de la Solidarité, Nationale, des Affaires Sociales, des Droits de la Personne Humaine et du Genre, qui a été le pilier de l'organisation de cette mission, ainsi qu’à ses collaborateurs et aux services du Protocole du Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération au développement. Sa gratitude va également au Ministère des affaires étrangères ainsi qu’aux Points focaux qui ont accompagné la Délégation tout au long de sa mission, pour les excellentes dispositions mises en place qui ont permis à la délégation de rencontrer divers acteurs gouvernementaux et autres, afin d'avoir un aperçu assez représentatif de la situation des droits de l'homme dans le pays. La Commission souhaite également remercier tous les représentants des différents départements ministériels, institutions statutaires indépendantes et autres organes, ainsi que les particuliers qui, malgré un emploi du temps chargé, ont pris la peine de rencontrer la délégation. 5 | Page
II. RÉSUMÉ ANALYTIQUE Conformément au mandat de la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples (la Commission) en vertu de l'article 45 de la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples (la Charte africaine) et suite à l'autorisation du Gouvernement de la République de Burundi (Burundi), une délégation de la Commission a entrepris une Mission de promotion en République du Burundi du 18 au 21 mars 2025. Cette mission est la troisième mission de promotion de la Commission africaine au Burundi, après celles de de mars 2000 et de février 2004. Les objectifs de la mission étaient entre autres, d’engager un dialogue avec le Gouvernement burundais ainsi que les différentes parties prenantes sur les mesures législatives, institutionnelles et autres prises pour donner effet aux dispositions de la Charte africaine et des autres instruments régulièrement ratifiés par la République du Burundi. La mission a également été l’occasion de constater les progrès accomplis par le Burundi et les défis qui subsistent, et une opportunité pour sensibiliser sur l’importance de la ratification des différentes conventions des droits de l’homme qui ne le sont pas encore. La délégation a débuté sa mission par une visite de courtoisie au Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération au Développement. Elle a également été reçue par le Ministre de la fonction publique et le Secrétaire Permanent du Ministère de la Solidarité Nationale, des Affaires Sociales, des Droits de la Personne Humaine et du Genre. Au cours de ladite mission, la délégation a eu des échanges et des séances de travail avec quelques acteurs étatiques au niveau ministériel, les structures et les organisations non gouvernementales travaillant sur le terrain, afin de s'assurer que les obligations contenues dans la Charte sont prises en compte par les autorités burundaises. La délégation a également échangé avec le Président de la Cour Constitutionnelle, le Président de la Cour Suprême, le Procureur Général près ladite Cour, la Direction Générale de la Police, l’Institution de l’Ombudsman, la Commission nationale indépendante des droits de l’homme, l’Office National de Protection des Réfugiés et des Apatrides, le Bâtonnier du Barreau de Bujumbura et les organisations de la société civile. La délégation a eu une séance de travail avec les experts techniques des différents ministères pour discuter sur les questions pertinentes relatives à la mise en œuvre des droits contenus dans la Charte africaine et elle a visité la prison de Bubanza. 6 | Page
Elle a également eu une séance d’information ouverte à l’attention des étudiants de la faculté de droit de l’Université du Burundi, en présence du Doyen de la Faculté de Droit, représentant le Recteur en mission. La délégation a été reçue par le Ministre de la Solidarité, Nationale, des Affaires Sociales, des Droits de la Personne Humaine et du Genre afin de discuter des conclusions préliminaires de la mission. Dans le cadre des progrès réalisés, la délégation a noté, entre autres, l’engagement personnel du Président de la République sur la question des droits de l’homme, l’existence d’un cadre juridique efficace pour la mise en œuvre de la protection des droits de l’homme au Burundi, notamment par l’incorporation directe dans l’ordre juridique national de toutes les Conventions dûment ratifiées par la République du Burundi ( art 19 de la Constitution), le dynamisme de la Cour Constitutionnelle qui a examiné des cas de violations de l’homme avant la promulgation de la loi du 30 décembre 2024, fixant la procédure de sa saisine, la disponibilité de l’Ombudsman de collaborer avec la CADHP dans le domaine de la protection et de promotion des droits de l’homme, les efforts de formation de la police sur les questions des droits de l’homme et droit humanitaire international, la cartographie judiciaire couvrant toutes les subdivisions administratives du pays, de la base au sommet , la gratuité des soins pour les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans., les efforts déployés pour lutter contre l’apatridie ( le cas des Omanais) et la mise en œuvre d’une stratégie devant aboutir à une couverture médicale universelle. Elle note également avec satisfaction les programmes développés par les différents ministères qui intègrent une approche basée sur les droits de l’homme, notamment la création d’une banque agricole, une banque pour les jeunes et une autre pour les femmes afin de les assister dans leur autonomisation. Elle félicite l’Etat pour l’accueil des réfugiés venant en masse de la République démocratique du Congo. Elle se réjouit de l’engagement des autorités burundaises à ratifier les textes qui ne le sont pas encore et à soumettre auprès de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, ses rapports périodiques combinés au cours de ce trimestre. La délégation relève cependant la persistance de plusieurs défis qui entravent la protection effective des droits de l’homme. Il s’agit entre autres de : la vétusté des prisons, l’insuffisance des repas offerts aux détenus, la surpopulation carcérale, les détentions préventives prolongées et la durée de la garde à vue de 7 jours, la non séparation des condamnés et des prévenus en prison ainsi que des détenus militaires et ceux de droits commun, l’absence d’un médecin et d’un service de garde à l’infirmerie de la prison, l’absence de programme d’éducation et des loisirs. Elle note également la difficulté du gouvernement à prendre en charge adéquatement les réfugiés du fait du manque de moyens et de l’incapacité des 7 | Page
organisations humanitaires à les assister convenablement du fait des restrictions budgétaires auxquels ils font face. Un rapport détaillé de la mission sera produit ultérieurement, mais la délégation encourage d'ores et déjà le gouvernement burundais à : - Renforcer son engagement, ses programmes, plans et politiques en faveur de la promotion et de la protection des droits de l’homme. ; - Prendre les mesures nécessaires urgentes en vue d’améliorer les conditions carcérales, en assurant aux prisonniers et détenus une alimentation adéquate, réduire la longueur des détentions préventives ; - Poursuivre l’application des peines alternatives à détention et à l’emprisonnement, comme stipulé dans le code pénal, en l’occurrence le sursis probatoire et/ou les travaux d’intérêt général ; - Mettre en place un programme de formation pour les agents de l’administration pénitentiaire ; - Prévoir la construction des nouvelles prisons ; - Poursuivre les efforts pour l’autonomisation des femmes, et leur représentation dans les instances de prise de décisions ; - Poursuivre les actions positives à l’endroit de la jeunesse, notamment pour leur autonomisation financière ; - Mettre un terme au refus d’enregistrement des enfants nés hors mariage ou non reconnus par le père afin d’éviter de les mettre en situation d’apatridie ; - Ratifier les textes pertinents des droits de l’homme régionaux et internationaux comme il s’y est engagé ; - Soumettre ses rapports périodiques combinés la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples au cours de ce trimestre. La Délégation apprécie l’engagement du Gouvernement à respecter ses obligations dans la soumission de ses rapports périodiques, au titre de l’article 62 de la Charte africaine avec la présentation de ses rapports cumulées lors des prochaines sessions de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples. La Délégation exprime sa gratitude au Gouvernement de la République du Burundi pour le dialogue constructif engagé avec toutes les parties prenantes. 8 | Page
III. INTRODUCTION A. COMPOSITION DE LA DÉLÉGATION 1. La délégation de la Commission était composée comme suit : - L’Honorable Commissaire Rémy Ngoy Lumbu, Président de la Commission, Rapporteur Spécial sur les Défenseurs des droits de l’homme, Point focal sur les représailles et Point focal sur l’indépendance de la justice en Afrique (Chef de délégation), - L’Honorable Commissaire Marie Teresa Manuela, Rapporteure Spéciale sur les Prisons, les conditions de détentions et l’action policière en Afrique ; et - L’Honorable Commissaire Marie Louise Abomo ; Commissaire en charge de la situation des droits de l’homme en République du Burundi et Présidente du Groupe de travail sur les droits des personnes âgées et personnes handicapées en Afrique. 2. La délégation était assistée sur place par Mme Estelle Nkounkou Ngongo, Conseillère juridique au Secrétariat de la Commission, et en duplex par Mr Bruno Menzan, Conseiller Juridique au même Secrétariat, spécifiquement chargé de l'appui technique au Rapporteur-Pays. B. TERMES DE REFERENCE DE LA MISSION 3. Les Termes de référence de la mission au Burundi étaient les suivants : La Délégation aura pour mission de : - Renforcer les relations entre la Commission et le Burundi dans le domaine de la promotion et de la protection des droits garantis par la Charte africaine et les autres instruments juridiques nationaux, régionaux et universels pertinents ; - Promouvoir la Charte africaine, le Protocole à la Charte Africaine des droits de l'homme et des Peuples relatif aux droits de la Femme (protocole de Maputo) et tous les autres instruments juridiques régionaux et universels relatifs aux droits de l’homme ; - Mener le plaidoyer pour que le Burundi devienne partie, dans les plus brefs délais, aux instruments internationaux des droits humains non encore ratifiés par lui ; - Faire le suivi des recommandations de la Commission contenues dans : i. Les Observations Conclusives et Recommandations sur le 2ème à 5ème Rapports Cumulés du Burundi, adoptées lors de la 13ème Session Extraordinaire Banjul, Gambie) tenue du 19 au 25 février 2013 ; ii. Rapport de la délégation de la commission africaine des droits de l’homme et des peuples sur sa mission d’établissement des faits au Burundi, 7 au 13 décembre 2015. - Engager le dialogue avec le Gouvernement du Burundi sur les mesures législatives et autres prises pour donner plein effet aux dispositions de la 9 | Page
- - - - - Charte Africaine, du Protocole de Maputo et des autres instruments régulièrement ratifiés ; Échanger les points de vue et partager les expériences avec le Gouvernement du Burundi, ainsi que les autres acteurs travaillant dans le domaine des droits de l'homme dans le pays, sur les stratégies d'amélioration de la jouissance de ces droits ; Recueillir toutes informations pertinentes sur la situation des droits des femmes et des enfants, et relever les bonnes pratiques et les mesures d'action positive, et le cas échéant, les défis persistants. Recueillir les informations sur la situation des populations autochtones ainsi que celle des personnes âgées, des personnes handicapées au Burundi ; Évaluer le niveau de jouissance des droits économiques, sociaux et culturels des citoyens au Burundi, les mesures prises par le gouvernement pour la mise en œuvre de ces droits ; Recueillir les informations sur la situation des défenseurs des droits de l'homme en République du Burundi et engager les diverses parties prenantes à comprendre les problèmes, le cas échéant, qui entravent la jouissance effective de leurs droits de l’homme ; Échanger des points de vue et recueillir des informations sur le secteur des industries extractives, et évaluer l’impact des industries extractives sur la vie des citoyens et sur l’environnement ; Recueillir les informations relatives à la question du VIH SIDA et s’enquérir des mesures et politiques mises en place par le Gouvernement pour la prévention de cette pandémie ainsi que la protection des droits des personnes vivant avec le virus et les personnes à risque, vulnérables et affectées par la maladie ; Rencontrer tous les acteurs impliqués dans le domaine des droits de l’homme en vue d’échanger entre autres, sur leurs programmes, leur appréciation de la situation des droits de l’homme dans le pays ainsi que sur les difficultés rencontrées dans l’exercice de leurs activités ; et Visiter les prisons et les autres centres de détention afin de prendre connaissance des conditions de détention des personnes incarcérées ; C. STATUT DE LA RATIFICATION DES INSTRUMENTS DE DROITS DE L’HOMME 4. Le Burundi à ratifié des traités et Conventions tant au niveau universel que régional. Cependant, d’autres instruments des droits de l’homme pertinents ne sont toujours pas ratifiés et mériteraient une attention particulière de l’Etat. 1) Instruments universels ratifiés par le Burundi - Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants - Protocole facultatif à la Convention contre la torture - Pacte international relatif aux droits civils et politiques 10 | Page
- Deuxième protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques, visant à abolir la peine de mort Convention pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées Procédure de communication interétatique en vertu de la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille Convention relative aux droits de l'enfant Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l'enfant, concernant l'implication d'enfants dans les conflits armés Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l'enfant, concernant la vente d'enfants, la prostitution des enfants et la pornographie mettant en scène des enfants Convention relative aux droits des personnes handicapées Convention de 1951 relative au statut des réfugiés et/ou à son Protocole de 1967 2) Instruments internationaux non ratifiés par le Burundi - Convention de 1954 relative au statut des apatrides - Convention de 1961 sur la réduction des cas d’apatridie 3) Instruments des droits de l’homme ratifiés par le Burundi - Charte africaine des droits de l'homme et des peuples - Charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant - Charte africaine de la jeunesse - Convention de l’OUA régissant les aspects propres aux problèmes des réfugiés en Afrique - Protocole a la charte africaine des droits de l'homme et des peuples relatif à la cour africaine des droits de l'homme et des peuples - Protocole a la charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux personnes âgées - Protocole a la charte africaine des droits de l’homme et des peuples sur les droits des personnes handicapées en Afrique 4) Instruments régionaux des droits de l’homme non ratifiés par le Burundi - Convention de l’union africaine sur la protection et l’assistance aux personnes déplacées en Afrique (convention de Kampala) - Convention de l'Union africaine sur l'élimination de la violence à l'égard des femmes et des filles. 11 | Page
- Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance Protocole a la charte africaine des droits de l'homme et des peuples relatif aux droits de la femme Protocole à la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples relatif aux aspects spécifiques du droit à une nationalité et à l'élimination de l'apatridie en Afrique Protocole de la cour de justice de l'union africaine Protocole portant statut de la cour africaine de justice et des droits de l'homme Protocole au traité instituant la communauté économique africaine, relatif à la libre circulation des personnes, au droit de résidence et au droit d’établissement D. ENGAGEMENTS ANTERIEURS ENTRE LA COMMISSION ET LE BURUNDI 1) Mission de promotion 5. Cette mission était la troisième mission de promotion au Burundi. La première a eu lieu au 14-21 mars 2000 et la deuxième, du 4 au 11 février 2004. La Commission a également conduit une mission d’établissement des faits du 7 au 13 décembre 2015, suite aux évènements qui ont suivi l’annonce du troisième mandat du Président Pierre Nkurinziza ayant conduit le pays dans une spirale de violence. 2) Présentation des Rapports Périodiques 6. Le Rapport périodique initial du Burundi, couvrait la période allant de 1991 à 2000 et avait été examiné lors de la 27ème Session ordinaire de la Commission, tenue du 27 avril au 11 mai 2000. Le deuxième , couvrant la période de 2002 à 2010 a été examiné au cours de la 50ème Session ordinaire de la Commission tenue du 25 octobre au 5 novembre 2010. Depuis lors le Burundi n’a plus présenté de rapports jusqu’à ce jour. Néanmoins au cours de la visite de promotion faisant l’objet de ce rapport, les autorités burundaises ont informé la Commission qu’elles étaient dans le processus de finalisation de leur rapport périodique, pour le présenter à la Commission au cours de ses prochaines sessions. 3) Communication-plainte 7. À ce jour, la Commission a été saisie de plusieurs plaintes dont certaines se trouvent à divers niveaux d’examen par la Commission,allant de l’admission, la recevabilité, à l’examen sur le fond, tandis que d’autres ont connu des décisions finales déjà adoptées comme il apparaît ci-dessous : a) Communications pour lesquelles une décision définitive a été rendue Sur le fond 12 | Page
- - Communication 231/99 Avocats sans frontières (concernant Gaëtan Bwampamye) c. République du Burundi Communication 388/10 M. Ntiroranya Adrien c. Burundi Communication 472/14 Famille de feu Audace Vianney Habonarugira c. Burundi Communication 473/14 Famille de feu Jackson Ndikuriyo c. Burundi Communication 474/14 Famille de feu Jean Claude Ndimumahoro c. Burundi Communication 475/14 Famille de feu Médard Ndayishimiye c. Burundi Communication 587/15 Radio Publique Africaine (représentée par Maître Lambert Nigarura) c. Burundi Communication 607/16 Famille de feu Juvénal Habyarimana c. Burundi Communication 636/16 IHRDA et autres c. Burundi - Règlement à l'amiable Communication 76/92 Amnesty International c. République du Burundi - - - Irrecevable Communication 26/89 Comité autrichien contre la torture c. République du Burundi Communication 643/16 Famille Shabani Bin Mkosa (représentée par l'ONG Via-Volonté) c. Burundi Communication 775/21 François NDAYIZEYE et X c. Burundi Retrait du fond Communication 642/2016 Maison Shalom Burundi c. République du Burundi Radiation Communication 613/16 Femi Falana c. Burundi Communication 723/19 Nimboma Tharcisse (représenté par Ntiburumunsi Jean-Claude et Ntiranyuhura Divine) c. République du Burundi Communication 728/19 Ntahoturi Idelfonse c. Burundi b) Communication étant à l’étape du fond - Communication 399/11 Minority Rights Group International et UNIPROBA (au nom de la famille Bahakwaninda) c. République du Burundi - Communication 529/15, 22 députés c. République du Burundi - Communication 608/16 Famille de feu Oscar Nibitangza c. Burundi - Communication 638/16 TRIAL c. République du Burundi Communication 714/19 Alexis Sebahene c. Burundi - Communication 714/19 Alexis Sebahene c. Burundi - Communication 717/19 M. Pie Sinzinkayo c. République du Burundi - Communication 733/19 Ndayirukiye Cyrille (représenté par Bernard Maingain et Armel Nyongere) c. République du Burundi 13 | Page
- Communication 765/21 Barankitse Marguerite et 11 autres défenseurs des droits humains en exil c. République du Burundi Communication 800/22 Placide Muganga (représenté par les avocats Armel Niyongere, Jean Claude Ntiburumunsi et Divine Ntiranyuhura) c. République du Burundi. c) Communications à l’étape de la recevabilité - Communication 371/09 Emmanuel Niyonzima c. République du Burundi - Communication 681/17 Famille de feu Dieudonné Ntiburumusi (représentée par Trial International) c. République du Burundi - Communication 683/17 Famille de feu Hermès Nduwingoma (représentée par Trial International) c. République du Burundi - Communication 749/21 M. Kabwa Charles c. Burundi - Communication 769/21 Bernard Busokoza c. République du Burundi - Communication 756/21 NZOMUKUND Guy Fleury c. Burundi - Communication 805/22 Nsengiyumva Théodore, Manirakiza Philippe et Nduwimana Philibert c. République du Burundi d) Communication à l’étape de l’admission - Communication 871/25 Collectif des victimes du génocide de 1972 c. Burundi E. PROFIL DU PAYS 8. La République du Burundi est un pays d'Afrique Centrale situé dans la région des Grands Lacs et bordé à l'ouest par la république démocratique du Congo, au nord par le Rwanda et à l'est et au sud par la Tanzanie. Depuis le 4 février 2019, sa capitale politique est Gitega., Bujumbura, ancienne capitale politique et économique et ville la plus peuplée du pays, est la capitale économique. Les groupes démographiques du pays sont les Tutsis (15%), Hutus (85%) et les Twa (1%). 9. Le Burundi est une république multipartite à régime présidentiel où le président de la République occupe la charge de chef d'État et où le Premier ministre occupe la charge de chef de gouvernement. Le pouvoir exécutif est aux mains du gouvernement tandis que les deux chambres du Parlement (le Sénat et l'Assemblée nationale) partagent le pouvoir législatif. 10. L'Assemblée nationale compte 121 sièges répartis en 17 circonscriptions. Parmi les députés, 100 sont élus au suffrage universel direct. Ils doivent provenir à 60 % du groupe hutu et à 40 % du groupe tutsi et compter au moins 30 % de femmes. Si ces quotas ne sont pas atteints, autant de députés supplémentaires qu'il est nécessaire pour les remplir sont cooptés. Trois sièges supplémentaires sont également réservés à des députés twa à coopter. 11. Le Sénat est composé de deux membres par province, un Hutu et un Tutsi, élus par les conseils communaux, de trois personnes issues de l'ethnie Twa et des 14 | Page
anciens chefs de l'État. Il doit en outre comporter au moins 30 % de femmes. Le cas échéant, il peut être recouru à la cooptation pour atteindre les quotas. 12. Les systèmes électoraux adoptés pour l'Assemblée Nationale et le Sénat visent explicitement à favoriser l'émergence de partis multi-ethniques, dans le but d'éviter la tribalisation de la politique Burundaise. 13. Le Burundi est divisé en 18 provinces, 119 communes et 2 638 ou 2 639 collines. Les provinces et les communes du Burundi ont été créées le 25 décembre 1959 par un décret colonial belge. En juillet 2022, le gouvernement de Burundi a proposé de réduire le nombre des provinces à 5 et de communes à 42. Cela répond aux exigences d’uniformisations territoriales de la Communauté d'Afrique de l'Est. Ce projet centralisateur doit cependant être adopté par le parlement du Burundi. 14. Les provinces actuelles sont : Province de Bubanza, Province, Province de Bujumbura rural, Province de Bururi, Province de Cankuzo, Province de Cibitoke, Province de Gitega, Province de Karuzi, Province de Kayanza, Province de Kirundo, Province de Makamba, Province de Muramvya, Province de Muyinga, Province de Mwaro, Province de Ngozi, Province de Rumonge, Province de Rutana et Province de Ruyigi. 15. Pour ce qui est du système judiciaire, la loi fondamentale du Burundi en son article 241, stipule que le pouvoir judiciaire est impartial et indépendant du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif Les tribunaux de collines (Intahe yo ku mugina) sont la plus basse juridiction du Burundi. Leurs décisions sont basées sur la justice coutumière, rendue par les notables traditionnels bashingantahe. Elle continue à jouer un rôle social très important, cependant le droit communal ne leur reconnait que le droit de réconcilier les parties. 16. Les Tribunaux de résidence au nombre de 127 (un à deux par commune), ont compétence pour connaître des affaires civiles (pas plus de 1 000 000 de francs burundais) et pénales (pas plus de deux ans d'emprisonnement). On compte également les Tribunaux de grande instance (18 tribunaux de grande instance (un par province) et les Cours d'appel (3 cours d’appel, Bujumbura, Gitega et Ngozi). La Cour suprême est la plus haute juridiction ordinaire du pays. ll garantit l'uniformité d'application du droit au Burundi et ses membres sont nommés par le président de la République, après avis du conseil supérieur de la magistrature et avec approbation du Sénat, Elle est basée à Bujumbura. 17. La Cour constitutionnelle contrôle la constitutionnalité des lois et interprète la Constitution. Elle est composée de sept membres. La Haute Cour de justice, composée des membres de la Cour suprême et de la Cour constitutionnelle réunis, est la seule cour compétente pour juger le président de la République pour haute trahison, le président de l'Assemblée nationale, les vice-présidents de la République pour les crimes commis dans l'exercice de leur fonction. 15 | Page
18. Les instruments ci-après n’ont pas encore été ratifiés par le Burundi: Protocole a la charte africaine des droits de l'homme et des peuples relatif aux droits de la femme ;Protocole de la Cour de justice de l'union africaine, Protocole portant statut de la Cour africaine de justice et des droits de l'homme, Protocole portant amendements au Protocole portant statut de la Cour africaine de justice et des droits de l’homme, Convention de l’Union africaine sur la protection et l’assistance aux personnes déplacées en Afrique (convention de Kampala), Protocole au Traité instituant la communauté économique africaine, relatif à la libre circulation des personnes, au droit de résidence et au droit d’établissement, Protocole à la charte africaine des droits de l'homme et des peuples relatif aux droits de la femme ; Protocole à la charte africaine des droits de l'homme et des peuples relatif aux droits des citoyens à la protection sociale et à la sécurité sociale. F. METHODOLOGIE 19. Au cours de la mission, la délégation s’est entretenue avec divers acteurs étatiques et non étatiques (voir annexe 1) participant à la promotion et la protection des droits de l'homme et des peuples au Burundi, notamment : - Le Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération au Développement ; Le Ministre de la fonction publique, du Travail et de l’Emploi ; Le Ministère de la Solidarité Nationale, des Affaires Sociales, des Droits de la Personne Humaine et du Genre ; La Cour Suprême ; La Cour Constitutionnelle ; Le Parquet Général ; Le Médiateur de la République ; La Commission nationale indépendante des droits de l’homme ; L’Office National de Protection des réfugiés et des apatrides (ONPRA), L’Inspection General de la Police ; L’Ordre des Avocats de Bujumbura, et Les Représentants des Organisations de la société civile travaillant au Burundi. 20.La délégation a également visité l’une des 11 prisons qui comptent le Burundi, à savoir la prison de Bubanza et a terminé la mission par une conférence de presse. 16 | Page
IV. CONSTATATIONS 21. La délégation a débuté sa mission par une visite de courtoisie au Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération au Développement. Elle a également été reçue par le Ministre de la fonction publique et le Secrétaire Permanent du Ministère de la Solidarité Nationale, des Affaires Sociales, des Droits de la Personne Humaine et du Genre. 22. Elle a eu des échanges et des séances de travail avec quelques acteurs étatiques au niveau ministériel, les structures et les organisations non gouvernementales travaillant sur le terrain, afin de s'assurer que les obligations contenues dans la Charte sont prises en compte par les autorités burundaises. D’autres échanges ont eu lieu avec le Président de la Cour Constitutionnelle, le Président de la Cour Suprême, le Procureur Général près ladite Cour, la Direction Générale de la Police, l’Institution de l’Ombudsman, la Commission nationale indépendante des droits de l’homme, l’Office National de Protection des Réfugiés et des Apatrides, le Bâtonnier du Barreau de Bujumbura et les organisations de la société civile. 23. La délégation a eu une séance de travail avec les experts techniques des différents ministères pour discuter sur les questions pertinentes relatives à la mise en œuvre des droits contenus dans la Charte africaine et elle a visité la prison de Bubanza. Elle a également eu une séance d’information ouverte à l’attention des étudiants de la faculté de droit de l’Université du Burundi, en présence du Doyen de la Faculté de Droit, représentant le Recteur en mission. 24. Dans le cadre des progrès réalisés, il a été noté, entre autres, l’engagement personnel du Président de la République sur la question des droits de l’homme, l’existence d’un cadre juridique efficace pour la mise en œuvre de la protection des droits de l’homme au Burundi, notamment par l’incorporation directe dans l’ordre juridique national de toutes les Conventions dûment ratifiées par la République du Burundi ( art 19 de la Constitution), le dynamisme de la Cour Constitutionnelle qui a examiné des cas de violations de l’homme avant la promulgation de la loi du 30 décembre 2024, fixant la procédure de sa saisine, la disponibilité de l’Ombudsman de collaborer avec la CADHP dans le domaine de la protection et de promotion des droits de l’homme, les efforts de formation de la police sur les questions des droits de l’homme et droit humanitaire international, la cartographie judiciaire couvrant toutes les subdivisions administratives du pays, de la base au sommet , la gratuité des soins pour les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans., les efforts déployés pour lutter contre l’apatridie ( le cas des Omanais) et la mise en œuvre d’une stratégie devant aboutir à une couverture médicale universelle. 25. Il y a également l’existence des programmes développés par les différents ministères qui intègrent une approche basée sur les droits de l’homme, 17 | Page
notamment la création d’une banque agricole, une banque pour les jeunes et une autre pour les femmes afin de les assister dans leur autonomisation. 26. Le Burundi a également accueilli un grand nombre de réfugiés venant de la République démocratique du Congo. 27. Sur le plan législatifs, le Burundi s’est engagé à ratifier les textes qui ne le sont pas encore et à soumettre auprès de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, ses rapports périodiques combinés au cours de ce trimestre. 28. Néanmoins, la persistance de plusieurs défis entrave la protection effective des droits de l’homme. Il s’agit entre autres de : la vétusté des prisons, l’insuffisance des repas offerts aux détenus, la surpopulation carcérale, les détentions préventives prolongées et la durée de la garde à vue de 7 jours, la non séparation des condamnés et des prévenus en prison ainsi que des détenus militaires et ceux de droits commun, l’absence d’un médecin et d’un service de garde à l’infirmerie de la prison, l’absence de programme d’éducation et des loisirs. 29. Par ailleurs, le gouvernement rencontre des difficultés à prendre en charge adéquatement les réfugiés du fait du manque de moyen et de l’incapacité des organisations humanitaires à les assister convenablement du fait des restrictions budgétaires auxquels ils font face. A. ADMINISTRATION DE LA JUSTICE ET SERVICES CORRECTIONNELS 1) Administration de la Justice 30. L’organisation judiciaire comprend, les Tribunaux de collines (Intahe yo ku mugina) qui constituent la plus basse juridiction du Burundi, les Tribunaux de résidence (127 tribunaux un à deux par commune), les Tribunaux de grande instance (18 tribunaux de grande instance, un par province), les Cours d'appel (3 cours d’appel, Bujumbura, Gitega et Ngozi) et la Cour suprême, plus haute juridiction ordinaire du pays, elle garantit l'uniformité d'application du droit au Burundi. Les membres de la Cour Suprême sont nommés par le président de la République, après avis du Conseil Supérieur de la Magistrature sur approbation du Sénat, Elle est basée à Bujumbura. Elle est composée de trois chambres qui sont connues collectivement sous le nom de « chambres réunies » à savoir : la Chambre judiciaire, la Chambre administrative et la Chambre de cassation. La chambre judiciaire est subdivisée en deux sections : une section du premier degré et une section d'appel, auxquelles est rattaché le parquet national. 31. Le Burundi possède une Cour constitutionnelle1 qui contrôle la constitutionnalité des lois et interprète la Constitution. Elle est composée de 1 Régie par les articles 231 à 238 de la constitution du 7 juin 2018, sont organisation et son fonctionnement sont régis par la loi organique n° 1/20 du 3 août 2019 portant organisation et fonctionnement de la Cour constitutionnelle 18 | Page
sept membres et enfin la Haute Cour de justice qui est composée des membres de la Cour suprême et de la Cour constitutionnelle réunis. La Haute Cour de Justice a compétence pour juger le président de la République pour haute trahison, le président de l'Assemblée nationale, et les vice-présidents de la République pour les crimes commis dans l'exercice de leur fonction. 32. Il est a noté que la Cour Constitutionnelle ne fait pas du système judicaire car constituant une juridiction à part entière et de ce fait elle peut exercer un contrôle sur tout et ses arrêts s’appliquent à tous sans exception., Ainsi le Président ne peut promulguer une loi sans l’autorisation préalable de la Cour Constitutionnelle. Elle est également une juridiction de droits de l’homme en vertu de l’article 19 de la Constitution qui prévoit que tous les textes et les Conventions régulièrement ratifiés font partie de la Constitution. Cependant, le contentieux en matière des droits de l’homme n’était pas très développé car la saisine de la Cour n’était pas clarifiée jusqu’à l’adoption de la Loi organique N°1/28 du 30 Décembre 2024 portant modification de la loi organique N°1/20 du 3 aout 2019 portant organisation et fonctionnement de la Cour Constitutionnelle ainsi que la procédure applicable devant elle, permettant au justiciable de saisir la Cour Constitutionnelle sur des questions des droits de l’homme. 33.Néanmoins, il a été indiqué à la délégation que certains avocats ont eu à saisir la Cour sur des questions des droits de l’homme même avant l’adoption de la nouvelle loi, mais le pourcentage des cas qu’elle a reçu à ce jour était encore très faible. Cette tendance va certainement changer avec l’adoption de la nouvelle loi de procédure. 34. Les acteurs du système judiciaire travaillent à la promotion et la protection des droits de l’homme pour une justice sans discrimination, afin de restaurer la confiance dans le système judiciaire. Une attention particulière est mise sur le travail des magistrats afin, qu’ils fassent bien leur travail et évitent les erreurs judiciaires. 35. Le Barreau de Bujumbura, a été créé 1951, c’est l’un des deux barreaux que compte le Burundi avec celui de Gitega, qui a 15 ans d’existence. Chaque barreau compte 900 avocats, ce qui fait un total de 1800 avocats sur l’ensemble du territoire. Selon la loi chaque avocat doit assister au moins un indigent par an (Pro Bono). Il existe également un programme d’assistance légale avec ONU femmes dédié aux femmes indigentes. 36. Le Barreau collabore également avec la Commission nationale indépendante des droits de l’homme (CNDH), concernant les catégories des personnes vulnérables. Il était très impliqué dans l’accompagnement des réfugies venant de la RDC, particulièrement leurs collègues avocats qui étaient ciblés par les groupes rebelles et avaient besoin d’aide urgente pour quitter le pays. 19 | Page
37. Le Barreau organise des cliniques juridiques dans les prisons, et plaide pour l’amélioration des conditions de vies dans les prisons et la libération immédiate des personnes en détention illégale. En effet, il a été reporté que certaines personnes devant être libérées car ayant accomplis leur peine ou ayant bénéficié d’une grâce demeuraient en prison. 38. Enfin, le Barreau a reconnu ne pas être très impliqué dans la défense des droits de l’homme. Le Bâtonnier a également admis qu’il n’y avait pas de formation en droits de l’homme pour les avocats, malgré l’existence d’un Master en droit de l’homme à l’Université. 2) Prisons et Conditions de détention 39. La Délégation a pu visiter l’une des 11 prisons2 que compte le Burundi à savoir la prison de Bubanza. Elle accueille 322 prisonniers dont 22 femmes et 4 enfants de o a 5 ans. Normalement les enfants doivent quitter la prison lorsqu’ils atteignent l’âge de 3 ans, Mais dans certains cas les démarches pour trouver un placement à l’enfant lorsque la famille ne peut suppléer l’absence de la mère sont vaines et certains enfants se restent en prison avec leurs mères alors qu’ils ont déjà dépassé l’âge de 3 ans. Ceci a un impact négatif sur l’enfant particulièrement en ce qui concerne son éducation, aucune structure n’étant prévue pour eux, au sein de la prison. Parmi les 22 femmes, 16 étaient déjà condamnées et 6 autres étaient en attente de jugement. Pour ce qui est des hommes ils étaient au nombre de 300 dont 182 condamnés et 118 en attente de jugement. 40. Comme dans la majorité des prisons sur le continent, la surpopulation carcérale demeure l’une des principales préoccupations, elle a des répercussions sur la sécurité, la santé des détenus et la gestion des prisons ce qui entrave la réinsertion des détenus La prison de Mpimba, par exemple, était conçue pour accueillir 800 prisonniers mais, elle abrite actuellement 5 037 ; la prison de Gitega, avec une capacité de 400 détenus en compte actuellement 1 640. La prison de Ngozi, construite pour 400 détenus, accueille 1 771 individus, 41. Les conditions de vie des détenus sont aggravées par l’état déplorable des infrastructures pénitentiaires. La majorité des prisons du pays datent de l’époque coloniale. La prison de Gitega, par exemple, a été construite en 1926 et celle de Mpimba en 1948. La seule prison érigée après l’indépendance est celle des hommes de Ngozi construite en 1986. Ces bâtiments vétustes ne sont plus adaptés aux normes modernes. Ce qui compromet ainsi les conditions de détention et la dignité des prisonniers. Il y a une seule prison de femme, contre 10 prisons d’hommes ayant des sections pour femmes. 2 Il s’agit des prisons de Muramvya, Mpimba, Gitega, Rumonge, Bururi, Muyinga, Rutana, Ruyigi, Bubanza, Ngozi (Hommes) et Ngozi (Femmes) 20 | Page
42. En ce qui concerne la réinsertion, la stigmatisation des ex-détenus dans la société reste forte et l’impact socio-économique de l’incarcération alourdit le processus de réintégration de l’individu, jusqu’à le rendre quasiment impossible. Ceci est encore plus préjudiciable aux femmes qui doivent également faire face au poids de la tradition et de la culture. 43.En plus de la surpopulation carcérale, il y a un nombre élevé de prisonniers détenus pendant de longues périodes sans jamais comparaître devant un tribunal. La prison de Mpimba par exemple compte 3 575 détenus en attente de jugement tandis que la prison pour hommes de Ngozi en recense 579.3 Néanmoins le temps passé en détention préventive est pris en compte lors de la détermination de la peine. Cependant, la longueur inhabituelle de la garde à vue (7 jours renouvelable) doit être améliorer. La délégation a noté avec satisfaction l’obligation de l’assistance légale lorsque la peine encourue est supérieure à 20 ans et plus. 44. La délégation salue, le lancement en novembre 2024, du plan de désengorgement des prisons avec la libération de 477 détenus à la prison de Muramvya. Il est prévu que 5 442 prisonniers seront graciés dans tout le pays sur un effectif de 13 211 détenus. 45. Les grâces présidentielles ont été accordées aux personnes ayant commis des infractions mineures ; ceux ayant déjà purgé le quart de leur peine ; les vulnérables tels que les femmes enceintes ou allaitantes, les enfants qui ont un handicap physique ou mental, ou les prisonniers souffrant de maladies chroniques et les personnes âgées, ainsi que les prisonniers ayant purgé leur peine principale mais qui sont sous contrainte par corps. 46. Cependant, du fait des lenteurs administratives, bon nombre des bénéficiaires n’ont pas encore été libérés. Cette tendance s’étend également à certains détenus ayant purger leur peine mais demeure en prison. 47. Bien que les détenus bénéficient de la présence d’une infirmerie avec des infirmières mais pas de médecin, le régime alimentaire des prisonniers gagnerait à être amélioré, particulièrement celui des enfants incarcérés avec leurs mères. Les familles essaient de suppléer aux faibles quantités en amenant de la nourriture et les détenus sont autorisés à mener des petits commerces leurs permettant d’améliorer leurs conditions de détentions avec l’argent ainsi gagné. 48. Les prisonniers ne bénéficient pas de formations professionnelles en dehors de la vannerie, et il y a également un besoin urgent d’introduire d’autres formations professionnelles et de mettre en place des programmes 3 Rapport des descentes effectuées sur le terrain par les membres de la Commission permanente de la Justice et des Droits de la personne humaine au sein de l’Assemblée nationale a été présenté le 5 juin 2024 en séance plénière. https://www.iwacu-burundi.org/justice-prisons-burundaisesune-surpopulation-dramatique/ 21 | Page
d’alphabétisation ainsi que la possibilité de passer des examens d’Etats afin d’aider au mieux la réinsertion des jeunes emprisonner. B. INSTITUTIONS POUR LA PROMOTION ET LA PROTECTION DES DROITS DE L’HOMME 49. La Délégation s'est félicitée du fait que toutes les Instances constitutionnelles indépendantes prévues par la Constitution en vue de compléter l’action des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire avaient été mises en place. Il s’agit notamment des institutions ci-après : 50. La Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme 4, qui a pour mission la protection et la défense des droits de l’homme et le rôle consultatif auprès des institutions tant nationales qu’internationales. La loi confère un pouvoir quasi-judiciaire à la CNIDH lui permettant de saisir le Ministère Public des cas de violation des droits de l’homme qu’elle constate. La CINDH fait également une évaluation de la mise en œuvre par le gouvernement des recommandations antérieurement émises afin de l’aider à se conformer à ses engagements pris dans le cadre des multiples agendas tels que la Vision du Burundi 2040/2060 et l’Agenda 2063 de l’Union africaine et l’Agenda 2030 des Nations Unies. 51. La CNIDH a reçu un total de 739 plaintes au cours de l’année 2024 dont 527 ont été déclarées recevables et 212 irrecevables, 580 sont clôtures et 159 sont toujours en cours. Les violations vont des droits à la vie, l’intégrité physique et/ou mentale, le droit à la liberté individuelle et à la sûreté de sa personne, l’accès à la justice et procès équitable, ainsi que les droits sociaux économiques et culturels tel que le droit à l’éducation, accès aux soins de santé, le droit à des conditions de vies décentes, droit de propriété, droit au travail, etc. 52. La saisine se fait par voie de déclarations, verbales, par écrite des saisines par téléphone. La CNIDH s’auto-saisie par des informations collectés sur les réseaux sociaux faisant état des violations des droits de l’homme si avérés 53. En juin, l’Alliance mondiale des institutions nationales des droits de l’homme (Global Alliance for National Human Rights Institutions, GANHRI) a recommandé une rétrogradation de la CNIDH du statut A au statut B, en raison de son manque de surveillance et de rapports indépendants sur les affaires politiquement sensibles. 54. L’Institution de l’Ombudsman : A pour mission principale d’assurer la médiation entre l’Administration et les citoyens, il examine aussi les plaintes, mène les enquêtes concernant les fautes de gestion et les violations des droits de l’homme commises par des agents de la fonction publique, du judiciaire, des 4 Crée par la Loi N1/04 du 05 janvier 2011, portant création de la Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme (CNIDH). 22 | Page
collectivités locales, des établissements publics et de tout organisme investi d’une mission des services public ; Il fait des recommandations à ce sujet aux autorités compétentes. Il assure la médiation entre l’Administration et les citoyens. Dans ce contexte, il peut, à la demande du Président de la République, participer à toute action de conciliation entre l’Administration publique, les forces sociales et professionnelles. Toutefois, les différends ayant trait aux rapports de travail entre les Administrations visées au point 1 et leurs fonctionnaires ou autres agents ne peuvent faire l’objet d’une saisine de l’Ombudsman. 55. L’Ombudsman exécute, à la demande du Président de la République, des missions spéciales de rapprochement et de réconciliation sur des questions générales concernant les relations avec les forces politiques et sociales ; il exécute également des missions particulières relatives aux questions de réconciliation et de paix au niveau régional ou international et il joue le rôle d’observateur en ce qui concerne le fonctionnement de l’Administration publique. 56. L’Ombudsman a été saisi par plus de 69930 citoyens et 878 requêtes avaient été reçue par l’institution et 1286 ont été jugés recevables. Actuellement 502 dossiers sont clôturés et 784 sont en cours d’instruction. C. DROITS ECONOMIQUES, SOCIAUX ET CULTURELS 1) Chômage et pauvreté 57. La Délégation a noté que sur le plan social, le Burundi a enregistré une légère baisse de la pauvreté, mais le niveau des inégalités a augmenté. Les Burundais sont confrontés à des pénuries de carburant et d’eau ainsi qu’à des coupures d’électricité qui ont un impact sur la distribution de services publics essentiels aux droits, tels que les soins de santé et l’éducation 58. Près de 91% de la population serait couverte par la sécurité sociale, à travers deux caisses de sécurité sociale, une publique et la seconde concernant le secteur informel. Cependant, il y avait un déficit de la caisse de sécurité sociale. 59. Le Burundi possède une caisse de retraite qui fonctionne avec un système basé sur la participation solidaire, cependant avec le vieillissement de la population ce système devient difficile à maintenir. 60. Des mécanismes informels d’accès au crédit communautaire pour les femmes ont été développés en collaboration avec différents partenaires afin d’accompagner les femmes et les jeunes dans l’autonomisation économique. Un Programme national de renforcement des capacités économiques des femmes a été mis en place et il couvre la période 2029-2027. Ce programme a pour objectif global de renforcer l’accès des femmes aux ressources. La Banque d’investissement et de développement des femmes (BIDF) a été créée 23 | Page
et est opérationnelle depuis mars 2022 avec un capital social de 10 milliards de francs Burundais (3,354,520 USD). 61. Des crédits à l’endroit des jeunes ont également été mis en place afin de les accompagner dans l’entreprenariat. 2) Droit à l’éducation 62. Le Burundi a entamé une transformation qualitative de l'enseignement fondamental et préscolaire, soutenu par des financements internationaux (environ 98 millions USD via l'AFD, l'UNESCO et l'UNICEF). L'accent est mis sur la gratuité du primaire, l'amélioration des conditions d'apprentissage, et l'inclusion des enfants vulnérables, malgré des défis persistants de pauvreté. 63. Pour ce faire des réformes ont été menées avec l’adoption en 2016 du décret N100/38 portant missions, organisation et fonctionnement du Ministère de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique a mis en place la cellule éducation inclusive. Le décret N 100/90 du 28 octobre 2020 à quant à lui instaurer le bureau de l’éducation inclusive parmi les bureaux et structures spécialises dépendant directement du Ministre de l’éducation. 64. Depuis 2010 le Ministère de l’éducation a entrepris diverses actions en vue de la réalisation effective de l’éducation inclusive, y compris la signature des protocoles d’accord avec l’ONG Handicap International, la formation d’enseignants au braille et à la langue des signes, la transcription des manuels scolaire en braille, la mise à disposition de matériels didactiques adaptés aux personnes handicapées. La mise à disposition de dortoirs et sanitaires avec l’appui de l’ONG Handicap International. Des écoles pilotes et un centre de référence pour l’éducation inclusive (dans la ville de kigobe) ont été mis en place. 65. Néanmoins des défis subsistent comme le manque de matériels adaptés à chaque type d’handicap, la faible sensibilisation des populations à l’éducation inclusive couples aux croyances et tabous qui poussent certains parents à continuer à cacher leurs enfants, l’insuffisance du budget pour couvrir les besoins des enfants en situation d’handicap et le manque de suivi -évaluation des écoles pilotes 66. L'éducation primaire est gratuite et obligatoire. En effet, des mesures de gratuité de l’éducation fondamentale et l’octroi des kits scolaires aux élèves des familles démunies continuent d’être appliquées beaucoup d’autres mesures ont été mises en œuvre pour faciliter l’accès à l’éducation pour tous les enfants. Il y a également eu un accroissement de la promotion de la scolarisation des filles, avec des taux de réussite en hausse, visant à réduire le mariage précoce et l'analphabétisme. 24 | Page
67. Cependant, des obstacles persistent, notamment le manque de matériel pédagogique et d'infrastructures, en particulier pour les enfants déplacés ou vulnérables : Un autre défi est le départ progressif du personnel éducatif dû à des faibles rémunérations, des conditions de travail difficiles ont poussé de nombreux enseignants à abandonner la profession et qui met en péril la continuité de l’enseignement. Cette situation a entraîné des classes surchargées, des cours irréguliers et une baisse de la qualité de l’encadrement pédagogique. 68. Les cas d’abandons scolaires demeurent aussi préoccupants. Malgré les efforts annoncés, de nombreux enfants quittent encore l’école avant la fin du cycle. La pauvreté des ménages, le manque de fournitures scolaires, les grossesses précoces et certaines contraintes familiales figurent parmi les principales causes relevées. Ces abandons constituent une rupture durable. Les enfants concernés se retrouvent sans qualification et sans accompagnement, exposés à la précarité et à l’exclusion. 3) Droit à la santé et accès aux soins de santé, VIH/SIDA 69. Le système de santé au Burundi fait face à des défis majeurs, marqués par une forte incidence du paludisme (plus de 5,3 millions de cas) et une crise humanitaire aggravée par l'afflux de réfugiés, nécessitant un soutien international accru. La gratuité des soins pour les groupes vulnérables est fragilisée par des pénuries, tandis que des épidémies (choléra, Mpox) persistent. 70.L'arrivée de plus de 71 000 réfugiés congolais depuis janvier 2025 a intensifié le besoin d'assistance sanitaire, nutritionnelle et en eau/assainissement, poussant les Nations Unies à lancer un appel de fonds de 9,2 millions de dollars. 71. Il existe une politique de gratuité des soins pour les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans, cependant elle est confrontée à une crise profonde : pénurie de médicaments, manque de matériel et difficultés financières des structures, compromettant la qualité des soins. 72. Cependant, des efforts sont en cours pour renforcer les capacités des agents de santé communautaires. Le ministère élabore également une stratégie de communication innovante pour la période 2026-2030 avec l'appui de partenaires. 73. Concernant le VIH/SIDA ; le Burundi s’est doté d’un Plan Stratégique National de lutte contre le SIDA depuis 2018 en vue de répondre adéquatement à la pandémie. 4) Droit au travail 74. En ce concerne le droit au travail, la fonction publique, compte un peu plus de 150 milles fonctionnaires, avec des salaires allant de 200 000 BIF (67 USD) à 1 809 263 BIF (609 USD), avec une moyenne plus élevée pour les postes de 25 | Page
responsabilité dans l’administration publique. Dans le secteur de la santé, les salaires varieraient entre 239 613 BIF (80 USD) et 405 806 BIF (136 USD). Ces salaires ne permettent pas vraiment de faire face à la cherté de la vie. 75. Des mécanismes informels d’accès au crédit communautaire ont été développés avec le support de différents partenaires, notamment pour les femmes, mais ce genre d’initiatives gagnerait à être étendue à l’ensemble de la population. En effet, la situation des travailleurs au Burundi est caractérisée par une prédominance du secteur informel. Le pouvoir d'achat est faible, affecté par une vie chère et un salaire minimum peu adapté. 76.La majorité de la main-d'œuvre travaille dans le secteur informel sans protection sociale adéquate. Le secteur privé formel est dominé par les micros et petites entreprises. 77. Dans le milieu urbain, le chômage est plus élevé et touche particulièrement les diplômés de l'enseignement supérieur. 78.Il y a une grande précarité, avec des écarts importants entre les prescriptions légales et la réalité, le tout dans un contexte économique difficile. D. LIBERTÉ D’EXPRESSION, PROTECTION DES JOURNALISTES ET ACCÈS À L’INFORMATION 79. La liberté d’expression est garantie par la loi N 1/19 du 14 septembre 2028 portant modification de la loi n 1/15 du 9 mai 2015, régissant la presse et les médias au Burundi. Il existe également une Politique nationale de développement des technologies et de la Communication couvrant la période de 2020ç 2025 qui a pour but de promouvoir les nouvelles techniques de communication et d’information. 80. Les médias privés qui avaient été suspendus en 2015 pour non-respect des réglés déontologiques ont été réouverts. Il y a 239 médias publics et privés (locaux et internationaux) qui opèrent actuellement dans le pays et 1218 journalistes sont inscrits au registre national des médias. 81. Bien qu'une révision de la loi sur la presse en juillet 2024 ait supprimé des peines privatives de liberté pour certains délits de presse, l'application concrète reste répressive et la liberté d'expression au Burundi reste fortement restreinte, 82.Des journalistes, défenseurs des droits humains et membres de l'opposition ont fait l'objet d'arrestations, d'intimidations et de condamnations, limitant drastiquement le débat public. 83. Deux cas de journalistes en détention ont été rapportés, il s’agit du cas du bloggeur Kenny Claude Nduwimana qui avait été condamné à huit mois de 26 | Page
prison le 26 août 2024, après dix mois de détention préventive. En décembre 2024, une attestation de non-appel avait été délivrée, indiquant que l’affaire était close et qu’il devait être libéré. Le 21 janvier 2025, le ministère public a déposé un recours bien après le délai légal de 90 jours. Et à ce jour le journaliste est toujours en détention. 84. Le second cas concernant la journaliste Sandra Muhoza emprisonnée après avoir été arrêtée à Ngozi le 13 mars 2024 alors qu’elle se préparait à interviewer un homme d’affaires supposé avoir des liens avec le Conseil national pour la défense de la démocratie - Forces pour la défense de la démocratie (CNDD-FDD), parti au pouvoir au Burundi et avec le Service national de renseignement (SNR). Elle aurait également partagé, dans un groupe privé WhatsApp regroupant des journalistes burundaises, des informations selon lesquelles le CNDD-FDD distribuait des machettes aux membres de sa ligue de jeunesse, « l’Imbonerakure ». A ce jour elle est toujours en détention et sa santé serait précaire. E- LIBERTE ASSOCIATION ET DE REUNION 85. L’article 32 de la Constitution de 2018 garantit la liberté d’association et il existe également une loi régissant les Associations Sans But Lucratif (ASBL). 86. Il apparait que bien que des milliers d'associations soient actives, leur fonctionnement demeure sous le contrôle d’une législation stricte. Pour ce qui est des manifestations publiques ainsi que des réunions, des autorisations préalables sont nécessaires, avec un contrôle administratif renforcé. 87.Pour les ONG, ceci représente un recul considérable par rapport à avant la crise de 2015.Néanmoins, malgré ces restrictions, selon la Commission Nationale Indépendante des Droits de l'Homme, les partis politiques se réunissent via leur Forum National et des séances de moralisation sont organisées pour promouvoir ces droits. 88. Les craintes persistent cependant en ce qui concernant la surveillance et les pressions dont seraient victimes les défenseurs des droits de l’homme. F- DROITS DE LA FEMME 1) Politique 89. La participation politique des femmes au Burundi, est encadrée par une constitution imposant un quota de 30 %, la représentation au parlement dépasse ce seuil (environ 36-41 % au parlement/sénat). Ainsi, au Parlement, nous avons 38,74 % des sièges (111 membres) qui sont occupés par des femmes, confirmant une stabilité au-dessus du quota. Au Sénat ; la représentation féminine atteint 46,15 % (13 membres), ce qui représente une avancée proche de la parité. Pour ce qui est de l’exécutif, il y a environ 33 % de femmes ministres. 27 | Page
90. Le Burundi a réalisé des avancées significatives en termes de chiffres grâce au quota constitutionnel, mais la "parité réelle" nécessite encore une transformation profonde des mentalités et un renforcement de la capacité des femmes à diriger ; En effet, malgré ses avancées, la sous-représentation persiste aux niveaux locaux (8-19 % dans les conseils) et décisionnels supérieurs. Les normes patriarcales et les limitations socio-culturelles freinent leur pleine implication. Ainsi, il y a seulement 20 % de femmes gouverneures de province, une très faible présence des femmes comme cheffes collinaires (8 %), malgré des progrès au niveau des conseils communaux (19%). 91. L’une des raisons, est le poids des coutumes et le rôle traditionnel de la femme comme la maternité et la gestion du foyer qui continuent à freiner l'engagement politique des femmes. Les défis économiques qui limitent l’autonomisation complète de la femme pouvant lui permettre d’échapper aux contraintes sociétales et lui permettent de mieux prendre part aux instances de prises de décisions. 2) Violences contre les femmes 92. Le Burundi a ratifié des conventions internationales contre la discrimination, visant l'égalité des genres. Il a également adopté une loi en 2016 sur les violences basées sur le Genre (VBG) qui représente une grande avancée, mais elle est jugée en deçà des normes internationales, notamment sur la définition du consentement. Les violences basées sur le genre (VBG) au Burundi restent un problème critique, marqué par une hausse des violences sexuelles en 2025, touchant majoritairement les femmes et enfants (70% des cas). La violence domestique, souvent taboue, et l'impunité persistante aggravent la situation. Et cela malgré l’existence de la loi de 2016, elle nécessite des renforcements. 93. Aux violences sexuelles s’ajoutent les violences physiques, psychologiques et économiques. La violence domestique est répandue et souvent considérée comme une affaire privée, ce qui rend son report assez tabou. 94. Néanmoins, des efforts sont mises en place pour la prise en charge des femmes victimes de violences, comme le centre HUMURA et des initiatives de sages-femmes (MAA) offrent un soutien. Le Burundi a également mis en place un mécanisme de dialogue qui est organisé par le Forum national des femmes (FNF) et les autres associations œuvrant dans le domaine de lutte contre les VBG. Une évaluation des normes sociales au Burundi a également été réalisée en 2022 et un Département de lutte contre les violences sexuelles, basées sur le genre (VSBG) a été mis en place depuis 2021. En plus du centre HUMURA de Gitega, le gouvernement a créé quatre autres centres de prise en charge intégrée des VSBG entre 2017 et 2022. 95. Cependant, l'accès aux soins reste limité dans certaines régions. Par ailleurs, la stigmatisation sociale, la peur du rejet et le manque de professionnels formés entravent la lutte. Contre les violences envers les femmes. 28 | Page
96. Des efforts de sensibilisation et de renforcement des lois sont cruciaux pour mieux protéger les victimes et réduire ces violences. 3) Autonomisation de la femme 97. En ce qui concerne l’autonomisation de la femme, des initiatives clés incluent la formation professionnelle, l'accès aux microcrédits via la Banque d'Investissement et de Développement pour les Femmes du Burundi (BIDF), les groupes d'épargne "Nawe Nuze", et l'appui aux coopératives agricoles, afin de soutenir l'entrepreneuriat. 98. En 2018, le Ministère en charge du genre, en collaboration avec ses partenaires au développement, a mis en place un Programme National de Renforcement des Capacités Economiques des femmes 2019-2027 dont l’objectif global est de contribuer au renforcement de l’accès des femmes aux ressources. La BIDF a donc été créé à cet effet et est opérationnelle depuis mars 2022 avec un capital social de dix milliards de francs burundais. G- DROITS DES PERSONNES HANDICAPÉES 99. Des progrès notables ont été constatés en ce qui concerne les droits des personnes handicapées, ainsi en 2025, le Burundi a renforcé l'inclusion des personnes handicapées en mettant l'accent sur l'accessibilité, l'autonomisation économique et la participation politique, sous le thème « Favoriser des sociétés inclusives pour les personnes handicapées afin de stimuler le progrès social ». 100. Sur le plan législatif, la loi N 1/03 du 10 janvier 2018 portant promotion et protection des droits des personnes handicapées au Burundi et le décret n 100/125 du9 aout 2019 portant création, mission, composition et fonctionnement du Comité national des droits des personnes handicapées. Le Burundi a également ratifié le protocole relatif à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples sur les droits des personnes handicapées le 28 avril 2022. Une politique nationale sur les droits des personnes handicapés et son plan d’action 2020-2024, qui a été suivi par la mise en place d’un département chargé de l’éducation inclusive au sein du ministère de l’éducation nationale et de la recherche scientifique constitue un pilier important de promotion du droit à l’éducation des enfants handicapées. 101. Néanmoins, des défis persistent car les normes d'accessibilité physique ne sont pas toujours respectées dans les nouvelles constructions et les budgets nécessaires à la réalisation concrète des différents plans d’actions doivent être ajustés. Enfin, la mise en œuvre effective des textes d'application de la loi de 2018 et également la nécessité d’n d'intégrer les personnes handicapées dans toutes les phases des projets de développement les concernant. 29 | Page
H- DEMANDEURS D’ASILE, REFUGIES, APATRIDES ET MIGRANTS 1) Réfugiés 102. Le Burundi fait face à un afflux massif de demandeurs d'asile en provenance de la République Démocratique du Congo (RDC), avec plus de 70 000 personnes arrivées depuis janvier fuyant les conflits au Sud-Kivu, notamment de Goma, Uvira et Bukavu. Le gouvernement a accordé le statut de réfugié prima facie à ces nouveaux arrivants. 103. Selon l’Office National des Réfugiés, il y a150 milles réfugiés dans les camps5 dont près de 32 milles se trouvent à Bujumbura (réfugies urbains), notamment ceux qui peuvent se prendre en charge. 104. Les réfugiés, demeurant dans tes camps sont principalement hébergés dans les cinq (5) principaux camps de réfugiés qui existe sur le territoire à savoir, le camp de Kinama (qui compte 7094 personnes), le camp de Musasa (qui accueillent 8532 personnes), le camp de Bwagiriza (qui accueillent 9262 personnes) ; le camp de Kabumu (qui acceuille 18732 personnes). Il existe également des sites qui acceuillent des réfugies tel que le site de Musenyi – qui acceuillent 11627 personnes. Il y a également deux centres de transit qui acceuillent les demandeurs d’asile il s’agit notamment des centres de Cishelere (770 personnes) et Makombe (1144 personnes). 105. Enfin près de 31 426 réfugies vivent dans la municipalité de Bujumbura et ses environs, hors des camps. En effet, le Burundi donne l’option aux réfugies qui le veulent et le peuvent de vivre hors des camps et de subvenir à leurs propres besoins. Le Burundi a dû faire face à une arrivée massive des réfugies en février 2025 suite à la reprise des combats en République démocratique du Congo. 106. L’afflux de réfugiés fuyant la RDC était considérable et les chiffres communiqués n’étaient pas définitifs car le recensement était encore en cours mais ils avaient déjà comptabilisé près de 25 milles demandeurs d’asile pour une seul Centre d’accueil et de transit au mois de février 2025. L’Office a précisé que des retournés burundais se trouvaient également parmi les réfugiés. 107. La prise en charge des réfugiés représentait un réel défi car les partenaires humanitaires ne sont pas plus en mesures de soutenir le gouvernement adéquatement due aux diverses restrictions budgétaires 108. Aux réfugiés venant de la RDC il faut également ajoutés les Burundais réfugiés ou demandeurs d’asile qui sont rentrés dans leur pays. 5 Selon les informations reçus à la date de la mission 30 | Page
109. Des rapports font état des manœuvres d’intimidation, des extorsions et des arrestations arbitraires envers certains réfugiés burundais revenus au pays. Le Comité des droits de l’homme a appelé les pouvoirs publics à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer l’intégration en toute sécurité et dans la dignité des personnes rentrant au pays, et pour enquêter sur les violations commises à leur encontre. 2) Apatrides 110. Le Burundi abrite une communauté d'environ 1 200 personnes d'origine omanaise qui vit au Burundi, principalement à Rumonge, ce sont les descendants de commerçants arrivés au XIXe siècle via Zanzibar. 111. Ces personnes sont actuellement en situation d'apatridie, n'étant reconnus ni par le sultanat d'Oman ni par le Burundi. Le HCR et le gouvernement burundais travaillent à résoudre ce statut. Bien qu'ils se réclament d'Oman, le sultanat hésite à leur délivrer des papiers. Parallèlement, ils n'ont pas la nationalité burundaise, ce qui les place dans une situation d'apatridie de fait. Certains membres de la communauté bénéficiant de permis de séjour temporaires. 112. Selon l'Office national pour la protection des réfugiés et apatrides (ONAPRA) la nationalité burundaise leur avait été proposée et ils l’auraient déclinée. I- POPULATIONS AUTOCHTONES 113. Des efforts notables concernant l’inclusion de la population Batwa sont fait, notamment en ce qui concerne l’éducation, avec la mesure gouvernementale de 2022 visant l’admission de tous les élèves Batwa ayant réussi au concours national au écoles à régime d’internat d’y faire leur scolarité à la charge de l’Etat. 114. Il y a également la gratuité des soins de santé pour les familles et enfants Batwa défavorisés et la distribution de terres aux Batwa afin de les aider à améliorer leurs conditions de vie, l’inclusion de ses derniers dans les bénéficiaires du projet d’appui aux filets sociaux, l’adoption en cours d’une stratégie nationale d’inclusion socio-économique des Batwa pour la période de 2022-2027. 115. En ce qui concerne les droits politiques, la Loi organique n°01/12 du 5 juin 2024 (modifiant le code électoral) prévoit la cooptation de trois députés et trois sénateurs Batwa par la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI). Au niveau local, l'article 185 du code électoral permet la cooptation d'un membre Batwa au sein des conseils communaux. Cependant, ces représentants cooptés sont perçus comme déconnectés des besoins réels de la base. 31 | Page
116. Les avancées juridiques en matière de cooptation, sont louables, mais une participation politique influente des Batwa est encore loin de se réalise. En effet, les Batwa continuent à se heurter à une discrimination persistante, qui est caractérisé par la marginalisation sociale et économique, ainsi que le mépris social qui freine leur engagement politique. 117. Par ailleurs, malgré les efforts de l’Etat en termes d’enregistrement des naissances et de délivrance des papiers d’identité pour les Batwa ; ceci demeure encore un énorme problème et ceci entrave la capacité des Batwa à prendre part entière au processus électoral. 118. La question de l’accès à la terre demeure également cruciale malgré les efforts de l’Etat en ce sens. V. RECOMMANDATIONS 119. Les sujets de préoccupation susmentionnés sont une indication que le Burundi reste confronté à un certain nombre de défis dans la promotion et la protection des droits de l’homme dans le pays. Les présentes recommandations tiennent compte du fait qu'en tant qu’État partie à la Charte africaine et à d’autres instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme, le Burundi a l’obligation de respecter et de mettre en œuvre ces instruments. C’est sur cette base que ces recommandations sont formulées, en prenant également en considération certains des engagements pris par différents acteurs concernés lors de la mission. 120. A la lumière des constatations de la délégation, la Commission invite le Gouvernement burundais à adopter et mettre en œuvre les recommandations suivantes, afin de garantir la promotion et la protection des droits de l'homme : A. GENERALITES - Restructurer et améliorer ses capacités à mettre en œuvre ses lois et ses politiques, notamment en renforçant les mesures de responsabilisation et de gouvernance, y compris en s'attaquant à la corruption ; Mettre en œuvre les traités et Conventions qu’il a ratifiés et prendre les dispositions nécessaires pour la ratification de ceux qui ne le sont pas encore à savoir : Au niveau universel : La Convention de 1954 relative au statut des apatrides et la Convention de 1961 sur la réduction des cas d’apatridie Au niveau régional : La Convention de l’union africaine sur la protection et l’assistance aux personnes déplacées en Afrique (convention de Kampala), la Convention de l'Union africaine sur l'élimination de la violence à l'égard des femmes et des filles., la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, le Protocole a la charte africaine des droits de l'homme et des peuples relatif aux droits de la femme, le Protocole à la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples relatif aux aspects 32 | Page
spécifiques du droit à une nationalité et à l'élimination de l'apatridie en Afrique, le Protocole de la cour de justice de l'union africaine, le Protocole portant statut de la cour africaine de justice et des droits de l'homme et le Protocole au traité instituant la communauté économique africaine, relatif à la libre circulation des personnes, au droit de résidence et au droit d’établissement 1) Administration de la Justice - Vulgariser la Loi organique N°1/28 du 30 Décembre 2024 portant modification de la loi organique N°1/20 du 3 aout 2019 portant organisation et fonctionnement de la Cour Constitutionnelle pour faciliter sa saisine en ce qui concerne les questions de droits de l’homme ; - Mettre en œuvre les moyens matériels et humains réduisant la durée du procès pénal et notamment de l’attente avant jugement ; - Considérer la possibilité de l’application des peines alternatives, autre que la détention afin de désengorger les prisons ; - Prendre des mesures concrètes pour la libération effective des personnes ayant effectué leur peine et celles bénéficiant d’une grâce présidentielle ; - Le Barreau devrait s’impliquer plus dans la défense des droits de l’homme et également organiser des formations sur les droits de l’homme à l’attention des avocats membres du Barreau ; - Encourage la création des centres d’écoute et de rééducation dans lesquels les personnes libérées doivent transiter pour y recevoir des conseils qui leur permettront une bonne réinsertion sociale dans la communauté. 2) Prisons et Conditions de détention - S’attaquer au problème de la surpopulation carcérale en réduisant les périodes de détention provisoire et en construisant d’autres établissements, si nécessaire ; - Prendre des mesures pour la construction de nouvelles prisons y compris des prisons pour femmes et la rénovation de celles existantes ; - S’assurer de l’élargissement des types et du champ d’application des alternatives aux poursuites pénales, aux délits ne causant pas de préjudice pour l’intérêt général ; - Mettre en place des alternatives à la détention préventive telles que la libération sous caution ou la surveillance électronique, les travaux d’intérêts général ; - Instaurer un organisme de contrôle des prisons ; - S’assurer que les enfants de plus de 3 ans, soient placés hors des prisons comme le prévoit la loi afin de garantir leur éducation et stabilité psychologique ; - Mettre en place des programmes de réinsertion des prisonniers par l’introduction de différentes formations professionnelles et la mise en place des programmes d’alphabétisation ainsi que la possibilité de passer des examens d’Etats afin d’aider au mieux la réinsertion des jeunes détenus ; - S’assurer que les infirmeries des prisons bénéficient de la présence d’un 33 | Page
- médecin qualifié et du matériel nécessaire ; Améliorer la qualité de l’alimentation des détenus. B- DROITS ECONOMIQUES, SOCIAUX ET CULTURELS 1) Droit au travail - Améliorer les stratégies concernant l'emploi des jeunes, le développement des compétences et élaborer des stratégies durables destinées à favoriser l'accès à l'enseignement supérieur pour tous ceux qui en remplissent les conditions ; - Lancer un processus multisectoriel auquel participeront les secteurs publics concernés, les entreprises, les entrepreneurs, les collectivités locales et les acteurs du développement pour une mise en œuvre complète et ciblée des politiques et mesures existantes en matière de lutte contre le chômage et les inégalités au Burundi ; - Harmoniser les formations dispensées et les besoins du marché de travail avec les technologies en constante évolutions. 2) Droit à l’éducation - Poursuivre les réformes engagées pour rehausser le niveau de l’éducation y compris un contrôle plus strict des écoles privées et poursuivre l’expérience de l’école inclusive ; - Mettre à dispositions les matériels adaptés à chaque type d’handicap ; - Mener des campagnes de sensibilisation auprès des populations concernant l’éducation inclusive pour lutter contre les tabous et les croyances néfastes qui discrimine les enfants handicapés ; - Augmenter le budget consacré l’éducation inclusive ; - Faire le suivi et évaluation des écoles pilotes régulièrement et remédier aux problèmes identifier dans les plus brefs délais ; - Revoir la rémunération du personnel éducatif et améliorer leurs conditions de travail, pour un meilleur suivi pédagogique des enfants ; - Rechercher des solutions pour répondre à la problématique de l’abandon scolaire, notamment avec la mise en place de programme alternatif visant à accompagner les enfants en décrochage scolaires y compris des formations professionnelles. 3) Droit à la santé et accès aux soins de santé, VIH/SIDA - Prendre des mesures nécessaires pour se conformer aux exigences de la Déclaration d’Abuja qui requièrent qu’au moins 15% du budget national soit consacré à la santé ; - Renforcer la politique de gratuité des soins pour les femmes enceintes et les enfants de moins de 5 ans, et l’étendre aux personnes âgées et indigentes ; - Prendre les mesures adéquates pour renforcer les capacités des agents de santé communautaires. 34 | Page
C- LIBERTÉ D’EXPRESSION, PROTECTION DES JOURNALISTES ET LIBERTE ASSOCIATION ET DE REUNION - - Protéger la liberté d’expression et l’accès à l’information en s’assurant que les lois adoptées dans ce domaine soient conformes aux normes internationales et régionales établies y compris les Déclaration de principes sur la liberté d’expression et l’accès à l’information en Afrique 2019 de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples ; S’assurer de l’application effective des textes organisation la liberté d’expression et de presse dans le respect de la règle de droit ; Renforcer la protection des journalistes particulièrement contre les représailles des forces de l’ordre ; Mettre un terme à la surveillance et aux pressions sur les défenseurs des droits de l’homme, et les journalistes. D- DROITS DE LA FEMME 1) Politique - Poursuivre les efforts pour la représentation des femmes dans les instances de prises de décisions au niveau local, notamment au niveau des gouvernorat de province, chefferies collinaires et aux conseils communaux ; - Mener des campagnes se sensibilisations pour changer les mentalités, notamment les coutumes qui cantonnent la femme dans un rôle traditionnel comme la maternité et la gestion du foyer ; - Poursuivre l’autonomie de la femme pout qu’elle s’émancipe des contraintes sociétales et lui permettre de mieux prendre part aux instances de prises de décisions. 2) Violences contre les femmes - Engager les groupes de femmes et autres qui travaillent sur l'égalité des sexes et la justice au Burundi, notamment en organisant régulièrement des discussions sur l'égalité des sexes, et élaborer une stratégie nationale globale pour prendre en compte les dimensions sociales, culturelles et économiques des violences sexuelles, sexistes et domestiques et garantir une assistance et des mesures de réparation efficaces aux personnes touchées par ce phénomène ; - Veiller à ce que le budget national prenne plus en compte les services destinés aux femmes, et en particulier à celles qui sont touchées par les violences sexuelles, sexistes et domestiques, soient dotés de moyens financiers suffisants, y compris les centres à guichet unique victimes de violences basées sur le genre, les tribunaux chargés des délits sexuels et les refuges pour femmes ; - Mettre en place des programmes de sensibilisation aux violences basées sur le genre et renforcer ment des lois sont cruciaux pour mieux protéger les victimes et réduire ces violences, y compris les peines encourus pour les coupables ; 35 | Page
- Prendre des mesures pour lutte contre la violence domestique, notamment en s’assurant que ce sujet ne soit plus tabou ; Mettre en place des centres d’accueils et d’écoute pour les victimes de violences basées sur le genre, y compris les violences sexuelles et psychologique. 3) Autonomisation de la femme - Poursuivre les efforts entamer pour l’autonomisation des femmes et étendant les programmes d’accompagnements dans d’autres secteurs d’activités ; - Poursuivre les initiatives en vue de l’autonomisation de la femme, comme la formation professionnelle, l'accès aux microcrédits, les groupes d'épargne et l'appui aux coopératives agricoles. E- DROITS DES PERSONNES HANDICAPÉES - Allouer des ressources adéquates aux programmes visant l’inclusion des personnes handicapées ; Veiller à ce que tous les lieux publics soient équipés de manière à améliorer le confort des personnes handicapées et à ce qu’ils leur soient accessibles ; S’assure de l’inclusion des personnes handicapées dans les processus de prise de décisions ; Mettre en place des programmes d’autonomisation des personnes handicapées particulièrement les femmes handicapées ; Sensibiliser les citoyens aux droits des personnes handicapées, y compris la nécessité de plus d’inclusion tant au niveau éducatif que dans l’accessibilité aux bâtiments publics, transport et aux logements adaptés ; Intégrer les personnes handicapées dans toutes les phases des projets de développements les concernant. F- DEMANDEURS D’ASILE, REFUGIES, APATRIDES ET MIGRANTS - Rechercher des solutions avec les partenaires humanitaires pour une meilleure prise en charge des réfugiés ; Prendre les mesures pour assurer la protection des réfugiés et des demandeurs d’asile contre les manœuvres d’intimidation, les extorsions et les arrestations arbitraires, notamment envers certains réfugiés burundais revenus au pays. G- POPULATIONS AUTOCHTONES - S’assurer que les représentants cooptés soient préalablement choisis par la Communauté Twa afin qu’ils représentent effectivement les intérêts de ses derniers ; Prendre des mesures en vue d’éliminer les discriminations à l’endroit des Batwa notamment la marginalisation sociale et économique, ainsi que le mépris social qui freine leur engagement politique ; 36 | Page
- Poursuivre les efforts en termes d’enregistrement des naissances et de délivrance des papiers d’identité pour les Batwa ; Favoriser l’accès à la terre par les Batwa. 37 | Page
VI- ANNEXES PROGRAMME DE LA MISSION DE PROMOTION AU BURUNDI 18 AU 21 MARS 2025 Mardi Mercredi Jeudi Vendredi 18 Mars 2025 19 Mars 2025 20 Mars 2025 21 Mars 2025 09h00-09h30 Visite de courtoisie au Ministère des affaires étrangères 09h00-10h00 Rencontre avec la Cour Constitutionnelle 09h30-11h00 Briefing avec le Ministre de la Solidarité, des Affaires Sociales, des Droits de la Personne et Humaine et du Genre 10h00-11h00 Rencontre avec la Cour Suprême 11h00-12h30 Rencontre avec la société civile, Syndicats et Médies 11h30-12h30 Séance d’information ouverte aux étudiants et enseignants à l’Université du Burundi 15h00-16h00 Commission Nationale Indépendante de droits de l’Homme du Burundi 13h00-13h30 Rencontre avec le Ministre du Travail 12h00-13h30 Rencontre avec l’Ordre des Avocats 15h00--17h30 Rencontre avec les départements interministériels 16h00-17h30 Ombudsman 15h00-16h00 Débriefing avec le Ministre de la Solidarité, des Affaires Sociales, des Droits de la Personne et Humaine et du Genre 17h00 Conférence de Presse 15h45-17h00 Rencontre avec l’Inspecteur Général de la Police Nationale du Burundi 09h00-12h00 Visite à la Prison de BUBANZA 09h00-10h00 Assemblée Nationale (Commission Droits de l’Homme et Justice) 10h00-11h00 Office National de la Protection des réfugiés des Apatrides (ONAPRA) 17h30 Ministre de l’éducation 38 | Page

Created 9 juil. 2026 · Edited 9 juil. 2026