Rapports des États

Bénin: 1ème Rapport Périodique, 1993-1998

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REPUBLIQUE DU BENIN kilINISTERE DE LA JUSTICE, DE LA LEGISLATION ET DES DROITS DE L'HOMME (MJLDH) RAPPORT PERI/MIQUE 1993 - 1994 a Direction des Droits de l'Homme
INTRODUCTION Le Bénin est un Etat situé en Afrique Occidentale au sud du Sahara entre les 6ème et 14eme degré de latitude Nord, et entre les l ei et Li erne degré de longitude Est. Anciennement appelé République du Dahomey, le Bénin a accédé à l'indépendance le 1 ei Août 1960 après plusieurs décennies de colonisation française. Il couvre une superficie de 115.762 Km 2 (cf Bulletin de la Mission Française de Coopération et d'Action Culturelle de Cotonou, Année 1998). et sa population est estimée à 5.700.000 habitants en 1996. Depuis la Conférence Nationale des Forces Vives tenue à Cotonou, en Février 1990, le Bénin a effectué une transition pacifique vers la démocratie qualifiée de période du Renouveau Démocratique. La Conférence Nationale au nombre de ses grandes décisions, avait décidé de l'instauration d'une ère politique nouvelle caractérisée par le principe de la séparation des pouvoirs, la liberté de la presse, le multipartisme intégral et la garantie des libertés fondamentales. Par sa Constitution adoptée par référendum le 11 Décembre 1990, la République du Bénin a affirmé sa détermination à créer un Etat de droit et de démocratie dans lequel les droits fondamentaux de l'homme, les libertés publiques, la digriité humaine et la justice sont garantis, protégés et promus comme conditions nécessaires au développement. Elle a réaffirmé son attachement aux principes définis par la Charte des Nations Unies de 1945, la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1948, à la Charte Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples adoptée en 1981 par l'Organisâtion de l'Unité Africaine (OUA) qu'elle a ratifiée le 20 Janvier 1986 et dont les dispositions font partie intégrante de sa constitution.
Le présent rapport vise à examiner et à évaluer les progrès accomplis dans la mise en œuvre des droits et libertés reconnus et garantis dans la Charte Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples dans la période de Janvier 1993 à Décembre 1994. De façon générale, le Bénin a connu une amélioration constante du processus de démocratisation et d'instauration d'un Etat de droit avec notamment la mise en place des institutions de contre pouvoir que sont la Cour Constitutionnelle, la Haute Autorité de l'Audio Visuelle et de la Communication, et le Conseil Economique et Social. La société civile a trouvé un cadre d'expression favorable à l'exécution de ses activités, ce qui se traduit par l'émergence de nombreuses associations de développement, d'organisations non gouvernementales, professionnelles et syndicales. Cette évolution a été réalisée grâce à la Constitution du 11 Décembre 1990 qui a, en effet, à travers les règles qui y sont édictées apporté quelques changements positifs dans le sens du renforcement des droits et libertés reconnus et garantis aussi bien par la Charte Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples que par l'ensemble des Instruments internationaux relatifs aux Droits de l'Homme aux quels le Bénin est partie. 2
I - MECANISME JURIDIQUE DE PROTECTION DE DROITS DE L'HOMME AU BENIN Ce mécanisme s'appuie aussi bien sur la législation nationale que sur les instruments juridiques internationaux relatifs aux Droits de l'Homme auxquels le Bénin est partie. A . - LEGISLATION NATIONALE La Constitution du 11 Décembre 1990 Dans son préambule, la Constitution du Bénin consacre l'attachement du peuple béninois aux principes de la démocratie et des droits de l'homme contenus dans la Charte des Nations Unies de 1945 et la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1948. L'article 7 de cette constitution stipule : «Les droits et les devoirs proclamés et garantis par la Charte Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples adoptée en 1981 par l'Organisation de l'Unité Africaine et ratifiée par le Bénin le 20 Janvier 1986 font partie intégrante de la présente constitution et du droit béninois.» La Constitution du Bénin du 11 Décembre 1990 accorde donc une place importante aux droits de l'homme comme en témoignent son préambule et le titre II intitulé «Des droits et devoirs de la personne humaine» (article 7 à 40). et les droits Outre les droits civils et politiques économiques, la Constitution mentionne les droits de solidarité (droit au développement) (art. 9) et le droit à un environnement sain et satisfaisant (art. 27, 28, 29, 79). Par ailleurs, la Constitution insiste avec force que l'individu n'a pas que des droits mais également des devoirs (art. 32, 33, 34, 35, 36, 37). 3
Toutes ces dispositions confirment l'importance que le peuple béninois accorde au respect de la personne humaine. . Les Lois, les Règlements et les Principes Généraux du Droit La législation nationale garantit la protection de la personne humaine à travers des textes de lois et règlements spécifiques à chaque branche de droits et libertés. Il en est ainsi notamment à travers le Code de Procédure Pénale et le Code du Travail. Les principes généraux du droit sont respectés dans l'élaboration des lois et des textes d'application des dispositions de la Constitution. La Cour Constitutionnelle est l'institution chargée de veiller aux respects des principes généraux du droit. Dans ses prises de décision, la Cour Constitutionnelle rappelle souvent l'attachement du peuple béninois "aux principes..... des droits de l'homme tels qu'ils ont été définis par la Déclaration Universelle des droits de l'homme de 1948". La Cour statue obligatoirement sur la constitutionnalité des lois et des actes réglementaires susceptibles de porter atteinte aux droits fondamentaux de la personne humaine et aux libertés publiques et en général, sur la violation des droits de la personne humaine (article 117, alinéa 3). Selon la Constitution, tout citoyen et tout étranger qui estiment qu'un texte ou un acte est inconstitutionnel peut saisir la Cour Constitutionnelle. La possibilité est donc donnée à tout citoyen (béninois ou étranger) de contester juridiquement les lois, décrets et arrêtés, les décisions de l'administration qui leur paraissent contraires à la Constitution ou qui violent les droits de la personne humaine. Tout citoyen qu'il soit béninois ou étranger a le droit de se pourvoir devant la Cour Constitutionnelle contre les lois, textes et actes présumés inconstitutionnels (article 3 de la Constitution). 4
Ainsi de 1993 à 1994, la Cour a rendu 38 décisions dont plus de la moitié ont trait à des violations des droits de la personne humaine et des libertés publiques. B - INSTRUMENTS INTERNATIONAUX Sur le plan international, le Bénin s'est résolument engagé à assurer le respect universel et effectif des droits de l'homme et des libertés fondamentales et ce, en devenant partie à la plupart des principaux instruments internationaux relatifs aux droits de l'homme. INSTRUMENTS GENERAUX - Le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (1966). Entré en vigueur le 3 janvier 1976 adhésion du Bénin 12 mars 1992. - Le Pacte International relatif aux droits civils et politiques (1966). Entré en vigueur le 23 mars 1976. Adhésion du Bénin le 12 mars 1992. - Protocole facultatif se rapportant au Pacte International relatif aux droits civils et politiques (1966). Entré en vigueur le 23 mars 1976. Adhésion du Bénin le 12 mars 1992. INSTRUMENTS RELATIFS AUX QUESTIONS SPECIFIQUES - Convention Internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale (1965). Entrée en vigueur le 4 janvier 1969. Signée par le Bénin le 2 février 1967. - Convention Internationale sur l'élimination et la répression du crime d'apartheid (1973). Entrée en vigueur le 18 juillet 1976. Ratification du Bénin 30 décembre 1974. 5
- Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (1979). Entrée en vigueur le 3 septembre 1981. Adhésion du Bénin le 12 mars 1992. - Convention de l'OIT consacrant l'égalité de rémunération entre la main d'œuvre masculine et la main d'ceuvre féminine pour un travail de valeur égale (1951). Entrée en vigueur le 23 mai 1953. - Convention de l'UNESCO concernant la lutte contre la discrimination dans le domaine de l'enseignement (1960). Entrée en vigueur le 22 mai 1962. - Convention de l'OIT concernant la discrimination en matière d'emploi et de profession (1958). Entrée en vigueur le 15 juin 1960. - Convention relative à l'esclavage signée à Genève le 25 septembre 1926 et amendée par le protocole fait au siège de l'Organisation des Nations Unies le 7 décembre 1953. Entrée en vigueur 7 juillet 1955. Ratification du Bénin, 4 avril 1962. - Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants (1984). Entrée en vigueur le 26 juin 1987. Ratification du Bénin le 12 mars 1992. - Convention Internationale contre l'apartheid dans les sports (1985). Entrée en vigueur le 3 avril 1988. Signature du Bénin le 16 mai 1986. - Convention de l'OIT concernant l'abolition du travail forcé (1957). Entrée en vigueur le 17 janvier 1959. - Convention relative au statut des réfugiés (1967). Entrée en vigueur le 4 octobre 1967 ; Bénin partie à cette convention. - Protocole relatif au statut des réfugiés (1967). Entré en vigueur le 4 octobre 1967 ; Bénin partie à ce protocole.
- Convention de l'OIT concernant les droits d'association et de coalition des travailleurs agricoles (1951). Entrée en vigueur le 11 niai 1923. - Convention de l'OIT concernant la liberté syndicale et la protection du droit syndical (1948). Entrée en vigueur le 4 juillet 1950. - Convention de VOIT concernant l'application des principes du droit d'organisation et de négociation collective (1949). Entrée en vigueur le 18 juillet 1951. - Convention sur le consentement au mariage, l'âge minimum du mariage et l'enregistrement des mariages (1962). Entrée en vigueur le 9 décembre 1964. Bénin partie à cette convention. - Convention relative aux droits de l'enfant (1989). Entrée en vigueur le 2 septembre 1990. Adhésion du Bénin le 3 août 1990. - Convention de Genève pour l'amélioration du sort des blessés et des malades dans les forces armées en campagne (1949). Entrée en vigueur le 21 octobre 1950. Déclaration de succession du Bénin le 12 décembre 1961. - Convention de Genève pour l'amélioration du sort des blessés, des malades et des naufragés des forces armées sur mer (1949). Entrée en vigueur le 21 octobre 1950. Déclaration de succession du Bénin le 12 décembre 1961. - Convention de Genève relative au traitement des prisonniers de guerre (1949). Entrée en vigueur le 21 octobre 1950. Déclaration de succession du Bénin le 12 décembre 1961. - Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre (1949). Entrée en vigueur le 21
octobre 1950. Déclaration de succession du Bénin le 12 décembre 1961. 25 - Protocole additionnel aux Conventions de Genève du 12 août 1949 relatif à la protection des victimes des conflits armés internationaux (1977). Entrée en vigueur le 7 décembre 1978. Adhésion du Bénin le 28 niai 1986. INSTRUMENTS REGIONAUX 26 - Charte Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples (1981). Entrée en vigueur le 21 octobre 1986. Ratification le 20 janvier 1986. 27 - Charte Africaine des Droits et du Bien être de l'enfant (1990). Signée par le Bénin le 27 février 1992. N.B pour les conventions signées et non ratifiées les dispositions sont prises pour leur ratification. Aussi, l'Assemblée Nationale a-t-elle été déjà saisie pour autoriser le gouvernement à ratifier : - La Convention Internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale signée par le Bénin le 2 février 1967. - La Convention Internationale contre l'apartheid dans les sports signée par le Bénin le 16 mai 1986. Le Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération en relation avec le Ministère de la Justice, de la Législation et des Droits de l'Homme s'investissent pour que soit engagée la procédure de signature et de ratification de neuf autres conventions. Il s'agit de : - La Convention pour la prévention et •la répression du crime de génocide,
- La Convention sur l'imprescriptibilité des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité, - La Convention sur les droits politiques de la femme, - La Convention sur la nationalité de la femme mariée, - Le Protocole amendant la Convention relative à l'esclavage signée à Genève le 25/09/1926, - La Convention de 1926 relative à l'esclavage telle que amendée, La Convention supplémentaire relative à l'abolition de l'esclavage de la traite des esclaves et des institutions et pratiques analogues à l'esclavage, - La Convention pour la répression de la traite des êtres humains et de l'exploitation de la prostitution d'autrui, - La Convention sur la réduction des cas d'apatride. II - REALITES ET PERSPECTIVES EN MATIERE DE PROMOTION ET DE DEFENSE DES DROITS DE L'HOMME A - REALITES EN MATIERE DE PROMOTION ET DE DEFENSE DES DROITS DE L'HOMME . Respect de l'Intégrité des Personnes et des Biens Au Bénin la personne humaine est sacrée et inviolable (art. 8). Et tout citoyen a droit à la propriété (art. 22). L'Etat a l'obligation absolue de la respecter et de la protéger ainsi que le dispose la Constitution. Il lui garantit le plein épanouissement. - Assassinat Politique ou Extra Judiciaire et Disparitions des Personnes Conformément aux articles 8, 15 et 17 de la Constitution, tout individu a droit à la vie, à la sécurité et à l'intégrité de sa personne. Il ne peut en conséquence être accusé et condamné à une peine que si sa culpabilité est légalement établie au cours d'un procès 9
public durant lequel toutes les garanties nécessaires à sa libre défense lui auront été assurées ; Cette protection de la personne humaine consacrée par la Constitution trouve son application dans l'ordonnance N° 25/PR/MJL du 07 Août 1967 portant Code de Procédure pénale scrupuleusement respectée depuis l'avènement de la démocratie au Bénin. Pendant plusieurs décennies, notre pays a été tristement célèbre en matière de violation des droits de l'homme et des libertés individuelles. Cette situation a atteint son point culminant pendant la période révolutionnaire de 1972 à 1990. Avec le changement intervenu à la faveur de la Conférence des Forces Vives de la Nation de Février 1990, un mouvement a été réellement amorcé pour sortir de la clandestinité les multiples groupes qui luttent contre les diverses manifestations de violations des droits de l'homme. , Depuis les violations massives des droits de l'homme telles que les assassinats politiques n'ont plus cours. Les juridictions d'exception qui existaient sous l'ancien régime (Cour Criminelle d'Exception, Cour de Sûreté de l'Etat) sont supprimées. Les assassinats politiques ainsi que les disparitions de personne pour leurs agissements n'ont plus cours. - Tortures et Autres Traitements Cruels Inhumains ou Dégradants L'article 18 alinéa 1 et 2 de la Constitution béninoise protège les individus contre la torture, les sévices et traitements cruels, inhumains ou dégradants. L'article 19 du même texte dispose que toute personne, tout agent de l'Etat qui se rendrait coupable de tels actes dans l'exercice de ses t'onctions, soit tic sa propre initistive, soit sur instruction scrn puni conformément à la loi. 10
Pour manifester sa volonté de respecter et de protéger les citoyens dans ce domaine, l'Etat béninois a adhéré le 05 Février 1992 à la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels inhumains ou dégradants adoptée par l'Assemblée Générale des Nations Unies le 10 Décembre 1984. Dans le même contexte, le gouvernement a conformément aux décisions de la Conférence Nationale créé par décret N° 91-95 du 27 Mai 1991 une Commission chargée : - de recenser de manière exhaustive, les victimes d'actes de torture et sévices corporels, - de déterminer les conditions de disparition de certaines d'entre elles et de proposer l'institution d'une journée nationale à leur intention. - De même par voie de presse, il a été demandé aux victimes d'actes de tortures, - de déposer plaintes contre les auteurs de ces faits. Les parquets des juridictions béninoises qui ont reçu des plaintes ont engagé des procédures judiciaires en vue de la répression des auteurs de ces agissements inhumains. S'agissant toujours de ces mesures, le gouvernement a également procédé à la suppression du service de Renseignement et d'Information installé dans les locaux de l'ancienne Présidence de la République dénommé "Petit Palais" qui était plus qu'un "Purgatoire pendant la période révolutionnaire. Par ailleurs il a engagé une lutte pour la suppression des arrestations arbitraires et de la maltraitance dans les commissariats, brigades de gendarmerie et camps militaires ou autres. 11
- Arrestation Arbitraire, Détention et Contrainte à l'Exil Conformément aux articles 16, 17 et 18 alinéa 4 de la Constitution ainsi que l'article 51 du Code de Procédure Pénale, nul ne peut être arrêté ou inculpé qu'en vertu d'une loi promulguée antérieurement aux faits qui lui sont reprochés, et toute détention préventive ne peut excéder une durée de 48 heures que sur autorisation du Procureur de la République après présentation du Mis en cause à ce dernier. Dans tous les cas cette prorogation de délai de garde à vue ne peut excéder huit (08) jours (art. 18 Const.). Pour rendre effectives ces dispositions constitutionnelles le gouvernement a libéré tous les détenus politiques gardés dans certains camps militaires et prisons civiles dont la plus célèbre est celle située à Ségbana dans la région Septentrionale du Bénin. Il a été procédé à l'abrogation de tous les textes autorisant les arrestations arbitraires, les détentions abusives et les contraintes à l'exil. Ainsi, un mouvement a été amorcé pour sortir de la clandestinité les multiples groupes qui luttent contre les diverses manifestations de violations des droits de l'homme. Le gouvernement a également procédé à la rétrocession aux exilés, supposés ou reconnus autres révolutionnaires, les biens arbitrairement confisqués. Cette mesure a été suivie d'un dédommagement. Depuis le vote de la loi N° 90-028 du 09 Octobre 1990, portant amnistie des faits autres que des faits de droit commun commis du 26 Octobre 1972 jusqu'à la date de promulgation de ladite loi, les arrestations arbitraires n'ont plus cours au Bénin. Les conditions de détention ont été améliorées et le délai de garde à vue a été scrupuleusement respecté. Les quelques rares cas enregistrés ont été régulièrement sanctionné par la Cour Constitutionnelle. • 12
- Droit à un Jugement Public et Equitable Aux termes des dispositions de l'article 125 de la Constitution béninoise, le pouvoir judiciaire est indépendant du pouvoir législatif et du pouvoir exécutif Et, le juge dans l'exercice de ses fonctions n'est soumis qu'à la loi. Les Magistrats du siège sont inamovibles (article 126 et 129 de la Constitution). Désormais, la Justice est rendue au Bénin par des Tribunaux, une Cour d'Appel, une Cour Suprême, et une Cour Constitutionnelle. Les audiences de ces juridictions sont publiques sauf dans le cas où cette publicité est dangereuse pour l'ordre public ou pour les moeurs ou interdite par la loi. Dans tous les cas, les arrêts et jugements sont prononcés publiquement. A l'instruction et lors des procès, les défendeurs ont le droit d'être présents ou de se faire représenter par un Avocat. Le droit à la défense est reconnu à tout justiciable. Les juridictions les plus élevées au Bénin sont la Cour Constitutionnelle et la Cour Suprême. La Cour Suprême juge en premier et dernier ressort en matière administrative et des comptes (article 131 Constitution) et est juge de cassation en matière judiciaire. La Cour Constitutionnelle est juge de la constitutionnalité de la loi et garanti les droits fondamentaux de la personne humaine et les libertés publiques. Tout citoyen peut la saisir sur la constitutionnalité des lois, soit directement, soit par la procédure de l'exception d'inconstitutionnalité invoquée dans une affaire qui le concerne devant une juridiction. Elle est installée le 07 Juin 1973 conformément à la loi N° 91-009 du 04 Mars 1991 portant loi organique sur la Cour Constitutionnelle. 13
La Constitution prévoit aussi une Haute Cour de Justice non encore installée. Elle connaîtra les faits qualifiés de haute trahison et infractions commises par le Président de la République et les membres du Gouvernement. - Violation du Domicile de la Correspondance Prescrite par les article 20 et 21 de la Constitution, l'inviolabilité du domicile et de la correspondance sont aujourd'hui réalité en République du Bénin Les visites domiciliaires ou les perquisitions ne peuvent se faire que dans des normes et conditions prévues par le Code de Procédure Pénale. Le secret de la correspondance et des communications est également garanti par la loi. Toutefois quelques cas de mises sur écoute téléphoniques ont été dénoncés sans preuve. - Protection de la Propriété Privée L'Etat béninois , en application des décisions de la Conférence Nationale a mis fin aux expropriations illégales de terrains et de biens commis dans le passé au nom d'une prétendue "dictature prolétarienne". Désormais, et depuis les nouveaux changements intervenus, la propriété privée est également protégée. Aussi l'article 22 de la Constitution dispose-t-il que "nul ne peut être privé de sa propriété que pour cause d'utilité publique et contre juste et préalable dédommagement". Aux termes de la loi portant amnistie citée plus haut, les biens saisis illégalement sous le régime précédent sont restitués aux propriétaires ou à leurs ayants droit. Une commission mixte ad'hoc créée par Décret N° 90-374 du 04 Décembre 1990 examine actuellement au profit des bénéficiaires des biens restitués, le 14
dédommagement qui pourra leur être accordé dans un esprit de justice et d'équité. Des fonds ont mis à la disposition du Ministère chargé des Finances pour les réparations. Actuellement plus de la moitié des citoyens concernés sont déjà dédommagés. - Respect des Libertés Individuelles . Liberté d'expression Confoli lément aux dispositions de l'article 23, le droit à la liberté de pensée, de conscience, d'opinion et d'expression est reconnu. Ainsi aucune censure n'est plus effectuée sur les livres , les romans et les travaux de recherches. La liberté de presse est également reconnue et garantie par l'Etat. Elle est protégée par la Haute Autorité de l'Audio-visuel et de la Communication installée le 14 Juillet 1994. Des subventions ponctuelles sont accordées à la presse privée. L'exercice de la liberté de la presse qui se manifeste au Bénin par la parution d'une vingtaine de journaux indépendants est régie par la loi 60-12 du 30 Juin 1960 dont les travaux de réforme ne sont pas achevés, et l'ordonnance N° 69-22/PR/MJL du 04 Juillet 1969. La Haute Autorité de l'Audio-visuel et la Communication est l'organe de gestion de l'Audio-visuel. . Liberté de réunion et d'association La Constitution reconnaît en son article 25, le droit de réunion pacifique, la liberté d'association et de manifestations aux citoyens. Ces droits sont respectés depuis la tenue de la Conférence Nationale. 15
Plusieurs partis politiques existent de même que plusieurs Organisations Non Gouvernementales qui ne cessent de croître en nombre. Les travailleurs se sont regroupés en syndicat de leur choix. Les manifestations, marche, meeting, communiqués de presse même hostiles à la politique du gouvernement sont autorisés. Il est observé depuis la Conférence, l'enregistrement de plusieurs associations dont le nombre ne cesse d'augmenter. . La liberté de religion Cette liberté de religion a été consacrée par l'article 23 de la Constitution qui dispose en outre que "l'exercice du culte et l'expression des croyances s'effectuent dans le respect de la laïcité de l'Etat. Les institutions, les communautés religieuses ou philosophiques ont le droit de se développer sans entraves". Elle se traduit aujourd'hui sur le terrain par l'existence une cinquantaine de religions et de sectes qui évoluent à travers tout le pays. Elles ne sont pas soumises à la tutelle de l'Etat. Elles règlent et administrent leurs affaires d'une manière autonome. - Respect des Droits Politiques La Conférence Nationale et les institutions qui en sont issues ont créé les bases pour l'instauration d'une démocratie multipartiste où les droits politiques sont respectés. En application de la loi N° 90-023 portant Charte des Partis politiques, le Bénin a opté pour le multipartisme intégral. Selon cette charte, les Partis politiques, outre l'obligation du strict respect de la Constitution et des lois qui leur est faite, doivent contribuer à la protection des libertés fondamentales et des droits de la personne humaine, proscrire dans leurs activités, l'intolérance, le régionalisme, l'ethnocentrisme, le fanatisme, le racisme, la xénophobie, l'incitation ou le recours à la violence sous toutes ses formes. Ils ne peuvent 16
fonder leur création sur le sectarisme, l'appartenance exclusive à une confession, à un sexe ou à un statut professionnel. Installation de la Cour Constitutionnelle en 1993. Plus de cinquante (50) partis politiques sont créés et animent la vie politique béninoise. Ils évoluent dans le strict respect des dispositions contenues dans la Charte des Partis. . Protection du droit des travailleurs 1 - Le droit au travail La Constitution du 11 Décembre 1990 garantit aux citoyens l'égal accès à la Santé, à l'éducation, à la culture, à la formation professionnelle et à l'emploi (art 8). Le droit au travail est reconnu à tous les citoyens et l'Etat s'efforce de créer les conditions qui rendent la jouissance de ce droit effective et garantissent au travailleur la juste rétribution de ses services ou de sa production. La décennie 80 au Bénin fut caractérisée par une crise sans précédent de l'économie béninoise. Cette situation a contraint les autorités béninoises à mettre en œuvre en 1989 un programme d'ajustement structurel avec les Institutions de Bretton-woods (Banque Mondiale, et F.M.I). Ce programme budgétaire restrictif a conduit à l'aggravation de la crise de l'emploi au Bénin avec la suppression de 4.500 emplois en 1993 dont 1971 départs volontaires ; 1619 occasionnels de l'administration, 400 déflatés des entreprises publiques et para-publiques et 490 agents du Ministère du Développement Rural. Sur ces notes défavorables est intervenue la dévaluation du franc CFA le 11 Janvier 1994 qui a mis la plupart des entreprises 17
importatrices dans des difficultés de trésorerie et de rentabilité ayant pour conséquence des compressions massives. En vue de rendre effective la jouissance du droit au travail reconnu à tous les citoyens, l'Etat béninois a procédé déjà en 1992 à la mise en place de l'observatoire de l'emploi qui a publié de dix documents cadres avec l'appui du PNUD. En 1993, le gouvernement a créé le projet d'appui aux Petites et Moyennes Entreprises (PAPME) qui a généré de Juillet 1993 à fin Décembre 1995 326 emplois permanents. En 1993, il a été créé également le Fonds d'Insertion des Jeunes. Ce fonds a favorisé de 1993 à 1995 la formation de cent cinquante sept (157) jeunes et le financement de trente deux (32) projets. En 1994, le gouvernement a créé le Fonds de Solidarité Nationale pour l'Emploi qui a permis en 1994 à 2177 diplômes sans emploi de bénéficier de stages de préinsertion professionnelle de 9 à 11 mois dans les secteurs privé et public. Toutes ces dispositions ont aidé le Gouvernement béninois à garantir dans une certaine mesure le droit au travail à tous les citoyens. 2 - Le Droit de se Syndiquer La Constitution du 11 Décembre 1990 donne aux travailleurs la liberté de s'organiser, de tenir des réunions et de faire la grève. Ainsi, l'article 31 de cette Constitution dispose que : "Tout travailleur peut défendre, dans les conditions prévues par la loi, ses droits et ses intérêts soit individuellement, soit collectivement ou par l'action syndicale". Le Bénin a ratifié les Conventions N° 87 et N° 98 de l'O.I.T respectivement adoptées en 1948 et 1949 et relatives à la 18
liberté syndicale et la protection du droit syndical, et du droit d'organisation et de négociation collective. Il est également partie au pacte international relatif aux droits civils et politiques. Il existe au Bénin et ce depuis 1989 plusieurs unions syndicales et des syndicats autonomes libres de s'affilier à des confédérations syndicales internationales. Le droit de grève s'exerce dans les conditions définies par la loi. 3 - Interdiction de l'Esclavage et des Travaux Forcés Le code de travail de la République du Bénin interdit les travaux forcés. Mieux la Constitution de Décembre 1990 après avoir reconnu à tous les citoyens le droit au travail , a garanti au travailleur la juste rétribution de ses services ou de sa production (art. 30) Le travail au Bénin est régi par divers textes à savoir : l'ordonnance N° 33/PR/MFPTT du 28 Septembre 1967 portant Code du travail, la loi N° 86-013 du 26 Février 1986 portant statut général des agents permanents de l'Etat et des Conventions. L'horaire de travail est de 8 heures par jour. Les travailleurs bénéficient des prestations de la sécurité sociale. Il n'existe pas au Bénin de travailleur auquel le droit au repos, aux congés, aux loisirs, à la durée du travail normale, à la rémunération des jours fériés n'est pas reconnu. . Le Droit à I'Education Aux termes de l'article 13 de la Constitution du 11 Décembre 1990, l'Enseignement Primaire est obligatoire et l'Etat pourvoit à l'éducation de la jeunesse en créant des écoles où il assure progressivement la gratuité de cet enseignement. 19
En vue d'encourager les parents à inscrire massivement les filles dont le taux d'inscription est très faible dans l'enseignement primaire, l'Etat par la lettre circulaire N° 3532/MEN/CAB/DAB/SA du l ei Octobre 1993 exonère les filles à 100% du droit d'écolage dans les zones rurales. L'enseignement secondaire y compris l'enseignement technique et professionnel est généralisé et accessible à tous et à certaines conditions ; âge, niveau d'étude, diplôme et test de recrutement pour l'enseignement technique et professionnel au regard du nombre limité de places. Au niveau de l'Enseignement Supérieur, il y a l'Université Nationale du Bénin qui est ouverte à tous les étudiants sans distinction de nationalité, de race, de religion dans la mesure des places disponibles. l'oeuvre poursuivre de politique volonté La d'alphabétisation et d'éducation des adultes a été réaffirmé dans la Constitution du 11 Décembre 1990 (art. 8, 10, 40). Sa mise en oeuvre s'est concrétisée par : - l'adoption du décret N° 92-251 du 31 Août 1992 portant création, organisation, attribution et fonctionnement du Conseil National de l'Alphabétisation et de l'Education des Adultes (C.N.A.E.A) ; - l'adoption d'un arrêté pris en 1992 (modifié en 1994 et et 1995 et portant attributions, organisation fonctionnement de la Direction de l'Alphabétisation ; - l'inscription au budget de l'Etat depuis 1994 de crédits pour accorder des primes aux maîtres d'alphabétisation. Il y a donc une volonté exprimée d'assurer à tous le droit à l'éducation et l'objectif visé est de garantir l'égalité des possibilités 20
d'accès à l'éducation pour tous les enfants de 6 à 15 ans en assurant la gratuité de l'école primaire pour tous. Malgré l'adoption par le gouvernement de mesures favorisant, la scolarisation des filles en milieu rural au niveau primaire, l'accès à l'éducation des filles est encore limité. En 1993, seules 42,6% des filles âgées de 5 à 14 ans étaient scolarisées (Rapport national pour BEIJING) représentant 33,9% de l'effectif de l'école (UNICEF 1992). Les jeunes filles représentent 28% du secondaire et 15% du supérieur. Le taux d'analphabéti s me est estimé à 84% pour les femmes contre 63% pour les hommes. - Protection des Droits de la Femme et de L'enfant La Constitution béninoise proclame l'égalité dè l'homme et de la femme en droit. (article 26 paragraphe 2) Des réformes importantes sont en cours et des efforts sont entrain d'être faits au niveau de la société civile et surtout des organisations de promotion de la femme en vue du respect des droits de la femme. Dans le domaine des droits de l'enfant, le Bénin a signé en 1990 la Convention relative aux droits de l'enfant. L'Etat et un nombre d'association béninoises déploient assez d'efforts pour son application. Le Bénin a également ratifié le 27 Février 1992, la Charte Africaine des Droits et du Bien Etre de l'enfant. Il est également utile de souligner que dans le cadre des droits de la femme et de la protection de l'enfant, un code de la famille est en cours d'élaboration. Le code de travail en vigueur au Bénin protège les enfants et les femmes en situation d'emploi contre les travaux dangereux et nuisibles à leur santé. La femme enceinte a droit à un congé de maternité de 14 semaines dont six avant et 8 après l'accouchement au 21
cours duquel elle perçoit des indemnités journalières et conserve le droit aux soins gratuits et aux prestations éventuelles en nature. La grossesse ne peut être un motif de licenciement. L'Etat s'emploie à respecter ces dispositions du code de travail. La Constitution béninoise prend en compte les préoccupations exprimées dans la Convention relative aux droits de l'enfant en ce qui concerne les libertés fondamentales, la non discrimination, la prise en compte de l'intérêt supérieur de l'enfant et la justice pour mineurs. Dans ce cadre, le Gouvernement a favorisé la création et l'installation d'organismes nationaux et internationaux en faveur de l'enfant. On pourrait entre autres citer : - la Commission Béninoise des Droits de l'Homme ; Amnesty International (Section béninoise) ; L'O.N.G "Terre des Hommes" ; Le Village d'Enfants "SOS" ; Défense de l'Enfant International (Section Bénin) ; Etc... - Elimination de la Discrimination Basée sur le Sexe, la Religion, la Langue ou le Statut Social La Constitution béninoise assure à tous l'égalité devant la loi sans distinction d'origine, de race, de religion, d'opinion politique ou de position sociale.(article 26 : paragraphe 1) Des efforts sont faits pour l'élimination progressive de la discrimination basée sur le sexe, la religion, la langue ou le statut social. 22
Des mesures favorables faites à certaines catégories de personnes sont prises pour assurer dans les faits l'égalité de tous devant la loi. Le Bénin a ratifié le 12 Mars 1992 la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes et s'emploie à mettre en oeuvre les dispositions de ladite convention. Actuellement au Bénin, plusieurs associations —travaillent pour l'élimination de la discrimination dans toutes ses formes. - Protection et Promotion de la Morale et des Valeurs Traditionnelles Reconnues par la Communauté L'article 10 de la Constitution de Décembre 1990 reconnaît que toute personne a droit à la culture. Ce droit est sauvegardé par l'Etat qui assure la promotion des valeurs nationales de civilisation tant matérielles que spirituelles ainsi que les traditions culturelles. En application de cette disposition l'Etat béninois a vulgarisé' en 1990 les Etats Généraux de la Culture qui ont adopté une politique culturelle nationale avec la loi 91-006 du 25 Février 1991 _portant Charte Culturelle en République du Bénin. Ces mesures connaissent déjà un début d'application à travers : - Vodoun fixée au 10 Janvier de chaque année ; - l'organisation des fêtes traditionnelles et culturelles ; - la Conférence des rois du Bénin. 23
- MESURES PRISES PAR LE BENIN POUR ASSURER LA PROMOTION DES DROITS DE L'HOMME En application de l'article 40 de la Constitution de Décembre 1990, le Gouvernement en sa réunion hebdomadaire du mercredi 20 Novembre 1991 a décidé de : 1°/ - organiser le plus rapidement possible en collaboration avec les organismes internationaux du travail une formation dans le domaine des Droits de l'Homme au profit des Agents Permanents de l'Etat syndicalistes ; 2°/ - inscrire au programme des concours professionnels de tous niveaux et de tous les corps de l'Etat, une épreuve portant sur les Droits de l'Homme ; 3°/ - faire mettre au programme de la Radio et de la Télévision, une émission d'éducation de la masse aux règles des Droits de l'Homme ; 4°/ - faire vulgariser les plaquettes de traduction en nos langues nationales des normes relatives aux Droits de l'Homme déjà réalisées par la Commission Béninoise des Droits de l'Homme ; 5°/ - faire mettre au programme de formation des militaires et des Agents de la Police des cours sur les Droits de l'Homme et prévoir à leurs examens professionnels des épreuves portant sur les Droits de l'Homme ; 6°/ - organiser pour les membres du Parlement et du Gouvernement, un séminaire d'information portant sur les Droits de l'Homme ; 7°/ - faire soumettre à l'Assemblée Nationale des projets de lois qui incorporent au droit positif national les Conventions internationales relatives aux Droits de Pl tomme ratifiées par le Bénin 24
ainsi que les normes de la Constitution béninoise relatives à ce do m aine. 8 - La lutte pour la suppression des arrestations arbitraires et de la maltraitance dans les Commissariats, Brigades de Gendarmerie et Camps Militaires ou autres. 9 - L'amélioration des conditions de vie dans les prisons. 10 - La libéralisation de la presse. 11 - La lutte pour le respect du délai de 48 heures pendant la garde à vue continue. 12 - L'installation des institutions de contre - pouvoir telles que la Cour Constitutionnelle, la Haute Autorité de l'Audio Visuel et de la Communication, le Conseil Economique et Social. 13 - La libéralisation des pratiques religieuses. organisations des L'installation 14 gouvernementales(O.N.G) de promotion des droits de l'homme. non On note ainsi la naissance des 0.N.G à vocation de promotion des droits de l'homme. 15 - Création de la Commission Béninoise des Droits de l'Homme. Ces mesures ont connu un début d'application à partir de 1993 surtout avec l'enseignement des Droits de l'Homme à l'Université, dans les Garnisons et Ecoles de Police et avec la refonte des anciens textes de lois en vue de l'incorporation des Conventions internationales relatives aux droits de l'homme ratifiées par le Bénin dans le droit positif béninois. 25
III - OBSTACLES A LA PROMOTION ET A LA PROTECTION DES DROITS DE L'HOMME Malgré tous les efforts déployés, force est de constater que la mise en oeuvre effective de la promotion et de la protection des droits de l'homme au Bénin est confrontée à plusieurs obstacles au nombre desquels on peut citer notamment : A -Les Obstacles à la Promotion - les habitudes acquises au cours de 17 ans de pratiques révolutionnaires qui ont pour but de perpétrer l'arbitraire, - le faible niveau de juridiction des populations: - l'absence d'un code d'éthique et d'un protoçole de base devant régir les relations entre les pouvoirs' publics et les acteurs de la promotion des droits de l'homme, - le manque ou l'insuffisance de moyens financiers pour la réalisation des différents programmes en matière des droits de l'homme, - les pesanteurs psycho-sociologiques qui freinent la promotion et la défense des droits de l'homme, B - Les Obstacles à la Protection - l'insuffisance de la couverture juridictionnelle du pays, - l'insuffisance des infrastructures et des moyens matériels et humains à la disposition des juridictions, 26
IV - SOLUTIONS ENVISAGEES POUR ACCROITRE LA PROMOTION ET LA PROTECTION DES DROITS DE L'HOMME AU BENIN A - En matière de Promotion des Droits de l'Homme Au nombre des solutions envisagées pour la promotion des droits de l'homme au Bénin, nous pouvons mentionner : - la mise en œuvre effective et progressive des dispositions de l'article 40 de la Constitution du I l Décembre 1990 relatif à : • l'obligation d'assurer la diffusion et l'enseignement de la Constitution, de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1948, de la Charte Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples de 1981 ainsi que de tous les instruments internationaux dûment ratifiés et relatifs aux droits de l'homme ; • l'obligation d'intégrer les droits de la personne humaine et d'alphabétisation programmes les dans d'enseignement aux différents cycles scolaires et universitaires et dans tous les programmes de formation des forces armées, de forces de sécurité publique et assimilées ; • l'obligation d'assurer dans les langues nationales par tous les moyens de communication de masse, en particulier par la radio diffusion et la télévision, la diffusion et l'enseignement de ces mêmes droits. - La prise en charge convenable des questions liées à la promotion des droits de l'enfant et de la femme, - L'octroi de subventions de l'Etat à des O.N.G effectivement engagées dans la promotion des droits de l'homme au Bénin. 27
B - En matière de Défense des Droits de I'llomme En matière de protection des droits de l'homme, 1'Etat envisage de lutter contre l'impunité des auteurs des violations des droits de l'homme. Il entend également décourager par une action pénale vigoureuse les mauvais traitements infligés aux enfants et assurer le contrôle des trafics d'enfants et des femmes du Bénin vers l'étranger. Les efforts seront conjugués en vue de l'amélioration du cadre de la justice pour mineurs. . La défense des droits de l'homme passe également par un soutien matériel humain et financier à la chaîne judiciaire. 28
CONCLUSION Depuis 1990, le Bénin peut être fier de compter parmi les pays dans lesquels il n'y a plus de violation massive des droits de l'homme. Au cours des travaux de la Commission des droits de l'homme qui se réunit chaque année à Genève, le Bénin est l'un des rares pays à ne faire ni en plénière, ni au cours des entretiens entre délégations, l'objet d'aucune interpellation pour des situations de violations des droits de l'homme. Ceci traduit les efforts déployés par le Gouvernement béninois et les partenaires au développement intervenant dans le domaine de la promotion et de la protection des droits de l'homme. Il convient toutefois de signaler que c'est à cette période qu'il y a en installation de la HAAC et la Cour Constitutionnelle qui sont les organes régulateurs de la vie démocratique et partant des instruments de protection des droits de l'homme. L'une des premières décisions de la Cour Constitutionnelle relative à la Présidence de la Cour Suprême qui incarne l'indépendance de la justice a été de rappeler à l'exécutif l'observation rigoureuse des dispositions de la Constitution. Dans le cadre des réformes envisagées pour améliorer le système démocratique, des projets de loi et autres textes sont en cours d'élaboration . Il s'agit notamment du code de la famille, du code pénal, du code de procédure pénale, des lois portant organisation judiciaire au Bénin, statut de la magistrature au Bénin, financement des partis politiques, financement de la presse privée ect.. Cependant on ne saurait affirmer qu'il n'existe plus du tout des violations des droits de l'homme au Bénin. 29
CONCLUSION Depuis 1990, le Bénin peut être fier de compter parmi les pays dans lesquels il n'y a plus de violation massive des droits de l'homme. Au cours des travaux de la Commission des droits de l'homme qui se réunit chaque année à Genève, le Bénin est l'un des rares pays à ne faire ni en plénière, ni au cours des entretiens entre délégations, l'objet d'aucune interpellation pour des situations de violations des droits de l'homme. Ceci traduit les efforts déployés par le Gouvernement béninois et les partenaires au développement intervenant dans le domaine de la promotion et de la protection des droits de l'homme. Il convient toutefois de signaler que c'est à cette période qu'il y a eu l'installation de la HAAC et la Cour Constitutionnelle qui sont les organes régulateurs de la vie démocratique et partant des instruments de protection des droits de l'homme. L'une des premières décisions de la Cour Constitutionnelle relative à la Présidence de la Cour Suprême qui incarne l'indépendance de la justice a été de rappeler à l'exécutif l'observation rigoureuse des dispositions de la Constitution. Dans le cadre des réformes envisagées pour améliorer le système démocratique, des projets de loi et autres textes sont en cours d'élaboration . Il s'agit notamment du code de la famille, du code pénal, du code de procédure pénale, des lois portant organisation judiciaire au Bénin, statut de la magistrature au Bénin, financement des partis politiques, financement de la presse privée etc.. Cependant on ne saurait affirmer qu'il n'existe plus du tout des violations des droits de l'homme au Bénin.
En effet, il y a encore malheureusement quelques cas isolés aux quels les autorités s'efforcent de remédier. L'on pourrait citer : - les détentions arbitraires (cas de garde à vue hors délais légaux....) ; - les conditions de détention misérables en milieu carcéral; - la lenteur judiciaire ; - la vindicte populaire ; pour ne citer que ces cas là. Beaucoup d'efforts restent à faire et le Gouvernement béninois en est conscient et ne ménage aucun sacrifice pour la consolidation de l'Etat de droit et l'enracinement de la démocratie au quotidien dans notre pays./- 30
REPUBLIQUE DU BENIN Q Q MINIS FERE DE LA JUSTICE, DE LA LEGISLATION ET DES DROITS DE L'HOMME (MJLDH) RAPPORT PERIODIQUE 1995 - 1996 Q o o o o o Q Q Q o o Q Q Q Q —s — Direction des Droits de l'Homme
SOMMAIRE INTRODUCTION I- MECANISMES JURIDIQUES DE PROTECTION DES DROITS DE L'HOMME II - REALITE SET PERSPECTIVES EN MATIERE DE PROMOTION ET DE DEFENSE DES DROITS DE L'HOMME A - MESURES D'ORDRE GENERAL B - MESURES SPECIFIQUES 1 - LES DROITS CIVILS ET POLITIQUES 1-1 - LE RESPECT DE L'INTEGRITE DES PERSONNES ET DES BIENS 1-2 - LE RESPECT DES LIBER TES INDIVIDUELLES 1-3 - LE RESPECT DES DROITS POLITIQUES 1-4 - L'ELIMINATION DE LA DISCRIMINATION BASÉE SUR LE SEXE, LA RELIGION, LA LANGUE OU LE STATUT SOCIAL 2 - LES DROITS ECONOMIQUES SOCIAUX ET CULTURELS 2-1 - LA PROTECTION DU DROIT DES TRAVAILLEURS 2-2 - LA PROTECTION DU DROIT A LEDUCATION 2-3 - LA PROTECTION DU DROIT DE LA FEMME ET DE L'ENFANT 2-4 - LA PROMOTION ET LA PROTECTION DE LA MORALE ET DES VALEURS TRADITIONNELLES RECONNUES PAR LA COMMUNA UTE 2-5 - LE DROIT A UN ENVIRONNEMENT SAIN
2-6 - LE DEVOIR DE SOLIDARITE ET DE COOPERATION ECONOMIQ UE 2-7 - LE DROIT A LA SANTE HI - LES OBSTACLES A LA PROMOTION ET A LA PROTECTION DES DROITS DE L'HOMME A - LES OBSTACLES A LA PROMOTION B - LES OBSTACLES A LA PROTECTION IV - LES SOLUTIONS ENVISAGEES POUR ACCROITRE LA PROMOTION ET LA PROTECTION DES DROITS DE L'HOMME ANNEXES
RA PORT INTRODUCTION La République du Bénin est située dans le Golfe de Guinée, sur la côte ouest - africaine. Avec une superficie de 112.622 Km2 , elle compte 4.915.555 habitants selon le dernier recensement effectué en février 1992. Libéré du joug colonial français le let' Août 1960, l'Etat indépendant du Dahomey a connu des changements de régimes suite à une série de coups d'Etat militaire dont celui du 26 Octobre 1972 qui marque le début du régime militaro marxiste qui durera dix sept années. A la faveur d'une Conférence Nationale qui s'est tenue à Cotonou du 19 au 28 Février 1990 l'option a été faite pour la démocratie libérale avec le multipartisme intégral et la rédaction d'une nouvelle constitution approuvée par le peuple le 2 Décembre 1990. En Février 1991, 64 députés issus d'une douzaine de partis sont ainsi élus et installés dans leurs fonctions pour un mandat de quatre ans. Le 24 Mars 1991 à l'issue d'une élection véritablement démocratique un président est élu au second tour. Il est investi d'un mandat de cinq ans. En Mars 1995 et 1996 eurent respectivement lieu les élections pour le renouvellement des membres de l'Assemblée Nationale et les élections présidentielles. L'alternance qui a suivie à la tête de ces deux institutions démontre la vitalité de la démocratie béninoise. Au Bénin, la démocratie est pratiquée au quotidien, comme une oeuvre de tous les jours, un chantier sans fin une oeuvre de longue haleine. Cette démocratie est fondée sur la reconnaissance des droits et libertés des citoyens consacrés et protégés par l'adoption de
normes juridiques internes et par l'adhésion aux instruments juridiques internationaux. Le présent rapport a pour objet, la mise en oeuvre de l'article 62 de la Charte Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples qui fait obligation aux Etats parties de présenter tous les deux ans, un rapport sur les mesures d'ordre législatif ou autre prises en vue de donner effet aux droits et libertés reconnus et garantis par la charte. Il vise surtout à examiner et à évaluer les progrès accomplis en la matière au cours des années 1995 - 1996, à cerner les obstacles à la réalisation de progrès dans le domaine et les voies et moyens par lesquels ils peuvent être surmontés. I - MECANISMES JURIDIQUES DE PROTECTION DES DROITS DE L'HOMME Sur le plan national, la loi n° 90-32 du 11 Décembre 1990 portant constitution de la République du Bénin est le texte de référence auquel doivent se conformer tous les autres textes législatifs, administratifs, judiciaires et réglementaires. Elle affirme la détermination du peuple béninois : «de créer un Etat de droit et de démocratie pluraliste, dans lequel les droits fondamentaux de l'homme, les libertés publiques, la dignité de la personne humaine et la justice sont garantis protégés et promus comme la condition nécessaire au développement véritable et harmonieux de chaque béninois tant dans sa dimension temporelle, culturelle que spirituelle.>> Sur le plan international le Bénin a ratifié un nombre important des principaux instruments universels relatifs aux droits de l'homme vingt quatre sur quarante(1). Il est partie aux trois conventions régionales dans le cadre de l'Unité Africaine. Sur ce point, la constitution réaffirme l'attachement du pays : «aux principes de la démocratie et des Droits de l'Homme tels qu'ils ont été définis par la Charte des Nations Unies de 1945 et la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme de 1948, à la Charte Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples adoptée en (I) ANNEXE 2
1981 par l'organisation de l'Unité Africaine, ratifiée par le Bénin le 20 Janvier 1986 et dont les dispositions font partie intégrante de la présente constitution et du droit béninois et ont une valeur supérieure à la loi interne.» II - REALITES ET PERSPECTIVES EN MATIERE DE PROMOTION ET DE DEFENSE DES DROITS DE L'HOMME Durant la période des années 1995 - 1996, des efforts ont été consentis en faveur de la promotion et de la protection des droits de l'homme en général, des droits, devoirs et libertés fondamentales en particulier. A - MESURES D'ORDRE GENERAL Le respect des Droits de l'Homme ne peut découler de la seule reconnaissance ou proclamation formelle des droits. Il faut en plus que des actes soient pris et des mécanismes juridiques soient aménagés de manière à ce que la garantie des droits puisse être effectivement assurée. Au rang des actes les plus importants posés, on peut retenir : - La création par décret n° 06-433 du 4 Octobre 19966) du Comité National de Suivi de l'Application des Instruments Internationaux en matière des Droits de l'Homme. Ce décret institue un nouveau mécanisme non juridictionnel de protection qui vient s'ajouter à ceux déjà existant. Ce Comité a pour mission notamment d'élaborer les rapports sur la mise en oeuvre au Bénin des conventions, pactes et protocoles relatifs aux Droits de l'Homme auxquels le pays est partie, en vue de leur soumission aux institutions compétentes. - La formation du 7 au 11 Octobre 1996, à la technique de rédaction et de présentation des rapports relatifs aux conventions internationales sur les Droits de l'Homme a été organisée sous l'égide du Ministère de la Justice, de la Législation et des Droits de l'Homme ANNEXE 2
avec l'assistance du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et du Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (UNICEF). Ce séminaire animé par des experts internationaux a enregistré la participation des membres du Comité National élargi à d'autres compétences. - La redéfinition des attributions du Ministère de la Justice et de la Législation par décret n° 96-128 du 9 Avril 1996. Le Décret n° 96-299 du 18 Juillet 1996 portant attributions, organisation et fonctionnement du Ministère de la Justice, de la Législation et des Droits de l'Homme a permis de créer la Direction des Droits de l'Homme (D.D.H). Cette direction est chargée : * En matière de promotion et de vulgarisation des droits de l'homme - d'éduquer, sensibiliser, et former en matière de droits de l'homme ; - de réaliser et coordonner la politique béninoise des droits de l'homme sur toute l'étendue du territoire national ; de veiller à l'élaboration des rapports périodiques d'application des instruments internationaux en matière de droits de l'homme et se charger de leur présentation devant les institutions internationales concernées ; d'organiser des séminaires et effectuer des campagnes de sensibilisation et d'information à travers des tournées sur les questions des droits de l'homme ; de mettre à la disposition de la population une documentation appropriée sur les droits de l'homme et la démocratie ; de mettre en oeuvre toute initiative de promotion et de protection des principes des droits de l'homme contenus 4
dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, dans la Charte Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples et autres résolutions allant dans le sens de la promotion et de la protection des droits de l'homme ; - de mobiliser les compétences intellectuelles et institutionnelles dans la mise en œuvre de la politique nationale en matière de droits de l'homme ; d'entretenir la coopération avec les associations, les Organisations Non Gouvernementales de défense des droits de l'homme opérant sur le territoire national ou à l'étranger ; - de suggérer toutes autres initiatives se rapportant à la promotion des droits de l'homme. * En matière de protection et de défense des Droits de l'Homme d'établir une meilleure adéquation entre la législation interne et les dispositions des instruments internationaux ; d'élaborer des plans d'action en faveur des catégories sociales vulnérables en vue de la meilleure promotion et protection de leurs droits ; de visiter les lieux de détention en liaison avec la Direction de l'Administration Pénitentiaire afin d'apprécier les conditions de détention et de vie des prisonniers et de prévenir des cas de détention abusive et arbitraire ; de procéder à la vérification des cas de violation des droits de l'homme et d'exploiter les requêtes dénonçant toutes les violations de ces droits ; - d'oeuvrer en vue de la protection et de la défense des droits et libertés du citoyen, des personnes privées de liberté, des étrangers et des réfugiés ; 5
- de veiller au respect du principe de la non discrimination à l'égard des couches sociales les plus vulnérables ; - de promouvoir et garantir tous les droits reconnus aux femmes et aux enfants par les divers instruments internationaux des droits de l'homme. Dans le cadre de l'exécution de la mission qui lui est ainsi assignée, la Direction des Droits de l'Homme a pris part aux Etats Généraux de la Justice tenus à Cotonou au cours du mois de Novembre 1996. Ces assises avaient pour mission de diagnostiquer et de proposer des solutions aux problèmes qui empêchaient un fonctionnement harmonieux de la justice. A l'issue des travaux, des recommandations ont été faites portant sur des mesures de promotion et de protection des droits humains pour garantir le respect de la sécurité juridique et judiciaire. Il s'agit de : la création d'un Conseil National Consultatif des Droits de l'Homme (C.N.C.D.H) ; l'institution d'une journée nationale annuelle des Droits de l'Homme (J.N.D.H) ; campagne d'une l'organisation vulgarisation des Droits de l'Homme ; nationale de la création de la fonction de Juge d'Application des peines. B - MESURES SPECIFIQUES Ces mesures ont trait aux améliorations apportées à la promotion et à la protection des droits civils et politiques et des droits économiques, sociaux et culturels. 6
1 - Les Droits Civils et Politiques 1 - 1 Le respect de l'intégrité des personnes et des biens. L'article 4 de la Charte Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples proclame l'inviolabilité de la personne humaine. «...tout être humain a droit au respect de sa vie et à l'intégrité physique et morale de sa personne. Nul ne peut être privé arbitrairement de ce droit». Ces mêmes dispositions sont reprises par les articles 5, 6 et 7 de la Charte relayée par les articles 8, 15, 16, 17, 18, 19 de la Constitution béninoise. Depuis la conférence des forces vives de la nation et l'avènement du renouveau démocratique au Bénin, aucune exécution sommaire ou extrajudiciaire n'a plus eu lieu. L'ère des assassinats politiques est définitivement révolue. Quant à la disparition de personnes, un cas concret vient troubler la quiétude observée à ce sujet. Le nommé ADAMOU Isiakou, militant d'un parti politique a été enlevé un soir par des inconnus. La raison présumée de cette disparition est qu'il affichait des convictions politiques contraires à celles de la majorité de son milieu. Jusqu'à ce jour il est porté disparu. Les recherches ont été vaines S'agissant d'exécution judiciaire, la peine de mort est encore en vigueur. Deux peines capitales ont été prononcées lors des deux sessions de cours d'assises mais dans des arrêts rendus par défaut. Sur les quarante et un dossiers examinés, il y a eu vingt deux condamnations à des travaux forcés, sept condamnations à la réclusion criminelle, quatre emprisonnements fermes, trois emprisonnements avec sursis et quatre acquittements au bénéfice du doute. En matière de torture et autres traitements cruels inhumains ou dégradants, en plus des efforts déjà accomplis pour éradiquer ce mal dans les lieux d'arrestation, les Etats Généraux de la Justice ont recommandé la création d'un corps spécial des gardiens de prison afin de lutter contre la maltraitante des personnes détenues. Une attention particulière doit être accordée à cette couche de la population. Dans ce cadre, une enveloppe financière 7
substantielle est prévue pour la réfection et la construction des prisons. Ainsi des centres pénitentiaires sont en construction et des travaux de réhabilitation sont engagés pour d'autres. La loi d'amnistie votée en 1990 connaît en 1996 une nouvelle mesure d'application qui permet la reconstitution de carrière des agents de l'Etat antérieurement condamnés et privés de leurs droits salariaux. Le 05 Septembre 1995, le Bénin a adhéré à la Convention du 25 Septembre 1926 relative à l'esclavage tel qu'amendée par les Protocoles du 07 Septembre 1953. Dans le domaine de la justice, les garanties juridictionnelles mises en place pour la protection des droits de l'homme sont de plus en plus sollicitées. L'occasion a été donnée de réaffirmer le principe de l'indépendance des juges. Ce qui confirme l'instauration progressive d'un Etat de droit au Bénin où gouvernants et gouvernés sont soumis au respect de la loi. Le contrôle de la légalité des actes administratifs par les juges de la Cour Suprême a permis d'annuler plusieurs actes administratifs qui portent atteinte aux Droits de l'Homme (décrets, décisions, arrêtés etc...). La Cour Constitutionnelle quant à elle, a rendu trente huit décisions relatives aux droits de la personne humaine et libertés publiques. Certaines de ces décisions consécutives a des requêtes déposées par des magistrats consacrent des principes jurisprudentiels en matière d'indépendance des juges. Il s'agit de : La décision n° DCC 95-036 du 25 Septembre 199500 qui rappelle que les dispositions de l'article 126 alinéa 2 de la Constitution ont pour objet notamment d'assurer aux magistrats appelés à siéger dans les juridictions l'indépendance nécessaire à l'exercice de leur fonction. Elles ajoutent que le principe de l'inamovibilité n'est pas un privilège accordé aux juges du siège mais constitue plutôt une garantie essentielle de leur indépendance dont le justiciable en définitive est le vrai bénéficiaire. '0 ANNEXE 3 8
Dès lors, l'affectation d'un juge du siège, sans, que celui-ci l'ait sollicité ou que son avis ait été demandé,4, constitue un déplacement,d'office qui n'est pas conforme audit principe 't , Les décisions DCC 96-021 du 26 Avril 1996, DCC 96-045 du 30 Juillet 1996, DCC 96-065 du 26 Septembre 1996, D,CC 96-089 du 06 Décembre 1996(1), ont cette particidarité qu'elles se basent sur les articles 3 et 122 de la Constitution et l'article 7 de la Charte Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples qui dispose : «Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue. Ce droit comprend : ...c) le droit à la défense, y compris celui de se faire assister par un défenseur de son choix». En réaffirmant le principe de l'inamovibilité du juge et en rappelant son droit à la défense face aux prérogatives de l'Etat sur sa carrière professionnelle, la Cour Constitutionnelle l'aide à se soustraire aux pressions dont il est l'objet de la part de sa hiérarchie et qui ne contribuent pas à une bonne administration de la justice. L'indépendance des tribunaux et l'effectivivté de l'institutionalisation du pouvoir judiciaire sont par conséquent garanties. 1-2 - Le respect des libertés individuelles Les libertés individuelles concernent ici précisément, la liberté de mouvement, la liberté d'expression et d'information, la liberté de conscience et de religion contenue dans la Charte et la liberté d'association en ces articles 6, 12, 9, 8, 10 et 11. En ce qui concerne ces différents droits, les mesures suivantes ont été prises. * Le droit à la liberté et à la sécurité de la personne et le droit de circuler librement. Les arrestations et/ou les gardes à vue sont réglementées par le Code de Procédure Pénale. (I) ANNEXE 4 9
Par décret n° 95-340 du 30 Octobre 1995, une remise de peine a été accordée aux personnes condamnées à une peiné privative . . de liberté ler‘janvier 1995 au 31 juillet 1995 et'ceci dans une proportion donnée). Plusieurs décisions de la Cour Constitutionnelle consacrent le droit à la liberté en déclarant non conformes à la Constitution des arrestations et des gardes à vue arbitraires opérées par les forces de l'ordre dans les commissariats de police et les brigades de gendarmerie. A titre d'illustration, la Cour par sa décision DCC 96-060, du 26 Septembre 1996 donne raison à dame MELO GOMEZ Angela Patricia épouse BERTRAN dont le passeport a été retenu par mesure administrative pour l'empêcher de sortir du territoire national(2) et de jouir pleinement de sa liberté d'aller et de venir . * La liberté d'expression et la liberté d'information L'exercice de ces droits reconnus par les articles 23 et 24 de la Constitution est réglementé par la Haute Autorité de l'Audiovisuel et de la Communication. Cette institution a pour mission : - de garantir et d'assurer la liberté et la protection de la presse, ainsi que de tous les moyens de communication de masse dans le respect de la Loi ; de veiller au respect de la déontologie en matière d'information et à l'accès équitable des partis politiques, des associations et des citoyens aux moyens officiels d'information et de communication ; de garantir l'utilisation équitable et appropriée des organismes publics de presse et de communication audiovisuelle par les Institutions de la République, chacune en fonction de ses missions constitutionnelles et d'assurer le cas échéant, les arbitrages nécessaires. (I) (2) ANNEXE 5 ANNEXE 6 10
Depuis son installation officielle le 14 Juillet 1994, la Haute Autorité de l'AudiovilSuel et de la •Communication s'est attelée a l'exécution diligente des >tâch'es qui lui sont constitutionnellement assignées. Plus d'une ,.,;.i.centaine de décisions, actes et recommandations ont été pris par cette institution. * La liberté;derconscience et de religion Ce droit est consacré par l'article 23 de la Constitution mais il n'a fait l'objet d'aucune mesure particulière. Toutefois, aucune entrave n'est faite aux activités religieuses tant qu'elles s'effectuent dans le respect du principe de la laïcité de l'Etat. * La liberté d'association Cette prérogative est reconnue par l'article 25 de la Constitution. Elle a fait l'objet d'une reconfirmation par la décision n° DCC 95-033 du ler Septembre 1995 de la Cour Constitutionnelle. Dans les faits, les associations se forment et se réunissent librement. Le Ministère de l'Intérieur, de la Sécurité et de l'Administration Territoriale a enregistré un nombre de plus en plus important de nouvelles associations. 1-3 - Le respect des droits politiques La démocratie au Bénin est fondée sur la reconnaissance et le respect des droits et libertés des citoyens. Elle consacre en particulier le droit pour tous de participer à la gestion des affaires de la cité conformément à l'article 13 de la Charte. Deux événements majeurs retiennent l'attention sur ce point. Il s'agit des" élections législatives qui se sont déroulées en Mars 1995 et des élections présidentielles intervenues en Mars 1996. Ces élections ont conduit à la prise d'une série de mesures législatives, judiciaires et autres devant permettre aux citoyens d'exercer pleinement leur droit de vote. Il
Parini les mesures législatives on peut -citer: la .Loi le 94-013 du 17 Janvier_ 1995‘ portant règles générales pour les élections du Président de la République et les membres de l'Assemblée Nationale ; la Loi n° 94-014 du 17 Janvier 1995 portant modification.I de l'article 15 de la loi n° 90-035 du 31 Décemb-re 1990 définissant les règles électorales particulières pour l'élection des membres de l'Assemblée Nationale ; la Loi n° 94-015 du 27 Janvier 1995 définissant les règles particulières pour l'élection des membres de l'Assemblée Nationale ; la Loi n° 94-030 du 17 Janvier 1995 portant mise en conformité de la loi n° 94-013 fixant les règles générales pour les élections du Président de la République et des membres de l'Assemblée Nationale avec la décision DCC 34-94 des 22 et 23 Décembre 1994 ; la Loi n° 95-015 du 23 Janvier 1996 définissant les règles particulières pour l'élection du Président de la République ; * Les décrets d'application les plus importants sont : - le Décret n° 95-22 du 02 Février 1995 portant nomination des membres de la Commission Electorale Nationale Autonome et des Commissions Electorales Départementales ; - le Décret n° 95-52 portant convocation du corps électoral pour les élections législatives du 28 Mars 1995; - le Décret n° 95-138 du 26 Avril 1995 portant convocation des électeurs pour les élections législatives partielles du 28 Mai 1995 ; 12
le Décret n° 95-90 du 17 Mars c1995 portant application de la loi n° 94-015 du 27 Janvier 1995 relatif au remboursement partiel des frais de campagne ; le Décret n° 96-18 du 23 Janvier 1996 portant nomination des membres de la Commission Electorale Nationale Autonome et des Commissions Electorales Départementales pour l'élection du Président de. la République ; le Décret n° 96-010 du 05 Janvier 1996 portant convocation des électeurs pour l'élection du Président de la République le 03 Mars 1996 ; Les lois et les décrets ont été d'une grande efficacité grâce au contrôle du processus électoral par la HAAC d'une part et par la Cour Constitutionnelle d'autre part. Cette dernière Institution a rendu soixante six (66) décisions relatives aux élections législatives et dix huit (18) en ce qui concerne les élections présidentielles. Toutes les conditions liées au droit de vote pour qu'il soit effectif ont pu ainsi être remplies et préservées à savoir, l'universalité, l'égalité de tous les citoyens, la liberté du vote, la liberté de candidature et l'honnêteté du vote ; 1-4 - Elimination de toutes les formes de discrimination Les efforts accomplis pour se conformer à l'article 2 de la Charte qui prescrit le droit à la jouissance des droits et libertés reconnus et garantis sans distinction aucune, notamment de race, d'ethnie, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique ou le statut social sont peu nombreux. La volonté du respect de cette prescription reprise à l'article 26 de la Constitution est exprimée par le décret n° 95-418 du 20 Décembre 1995 portant organisation et fonctionnement de la Commission Nationale Béninoise pour l'UNESCO. Cet acte traduit l'attachement du Bénin à la promotion des idéaux de la tolérance et de la non discrimination véhiculés par cette organisation. 13
Dans le ,domaine de l'éducation en 1995, le taux de scolarisation des garçons est de 67,6% contre 40,5% pour les filles Cette situation est due à des facteurs socio-culturels et économiques Pour corriger ce déséquilibre, l'Etat a exonéré à 100% la scolarisation des filles en milieu rural pour le primaire et 50% pour le secondaire. En définitive, en matière de lutte contre toutes les formes de discrimination, le Coutumier du Dahomey qui jusque-là considérait la femme comme un bien de l'homme est désormais tombé en désuétude par l'extension de la jusrisprudence constante des cours et tribunaux qui de nos jours dans leurs décisions traitent la femme comme l'égale de Phomme. 2 - Les Droits Economiques, Sociaux et Culturels Le Bénin ne s'est pas contenté que de la promotion et de la protection des droits civils et politiques. Malgré le contexte économique austère dû au programme d'ajustement structurel, beaucoup d'efforts ont été faits pour le respect des droits sociaux et économiques. 2 - 1 Protection du droit des travailleurs - Selon l'article 15 de la Charte, «Toute personne a le droit de travailler dans des conditions équitables et satisfaisantes et de percevoir un salaire égal pour un travail égal». La volonté de mise en pratique de ce principe repris par les articles 30, 31, 33 de la Constitution s'est traduite concrètement par les actes suivants : * La loi n° 95-09 portant autorisation de ratification du traité portant création de la Convention Inter Africaine de Prévoyance Sociale (CIPRES) signée à Abidjan le 21 Septembre 1993 ; 14
Le' 'décret. • ri°T;953.02-1 ratification du traite precite ; OCtelire 1995 portant 'Le décret n° 95-378 '2 du 21'NOvembre 1995 portant relèvement •dutaux des allocations fa.niilialeith régime -de l'O.B.S.S ; * Le décret n° 96-280 du 11 Juillet 1996 portant revalorisation de la pension minimum et de toute autre catégorie de pension relevant de l'O.B.S.S ; * Le décret n° 96-461 du 18 Octobre 1996 portant transmission à l'Assemblée Nationale du projet du Code du Travail ; * Le décret n° 96-488 du 30 Octobre 1996 portant transmission à l'Assemblée Nationale du projet de Code de Sécurité Sociale ; 2-2 - Protection du droit à l'éducation. Ce droit proclamé à travers l'article 17 de la Charte a été confirmé par les articles 12 et 13 de la Constitution. Toute personne à droit à l'éducation. Afin de parvenir à cet objectif, l'ouverture de l'enseignement concédée au secteur privé se poursuit. Cette ouverture est nécessaire d'autant plus que le secteur public manque cruellement d'enseignants (1.600 postes vacants pour l'année académique 1995 1996), de locaux et de matériels didactiques. L'éducation a pu également atteindre un plus grand nombre de personnes par le biais de l'alphabétisation. Dans ce cadre la Direction de l'Alphabétisation a été renforcée dans le but de la rendre plus opérationnelle dans ces attributions par l'arrêté n° 11/MCC/CAB/DA/SA du 15 Mars 1995. 2-3 - Protection du droit de la femme et de l'enfant La femme et l'enfant, parce qu'ils constituent une couche vulnérable de la société bénéficient d'une attention spéciale. Cette 15
considération particulière est: prescrite par. l'article 18 alinéa '3 de la Charte relayée par l'article -26 de la Constitution : <<L'homme et la femme sont égaux en droit , .L'Etat ::; protège la famille et particulièrement la mère et l'enfant>>. Elle justifie l'importance des dispositions qui sont prises , en vue de leur assurer le bien être économique et social. : * S'agissant de la promotion et de la protection de la femme On retiendra comme actes majeurs : - l'Arrêté n° 28/NIDR/DC/CC/DAPS du 12 Janvier 1995 portant création, attribution et fonctionnement de la "cellule femme dans le développement agricole et rural" du Ministère du Développement Rural ; - l'Arrêté n° 2/MIPME/DC/SA du ler Janvier 1995 portant création, attribution et fonctionnement du point focal de la Commission Nationale pour l'intégration de la femme au développement ; - La décision n° 22/MENRS/CAB/DC/DAPS/GC/PDE du 20 Mai 1996 relative à la consultation internationale pour la promotion de la scolarisation des filles * En ce qui concerne la protection des enfants Des efforts ont été enregistrés dont notamment : - La ratification de la Charte Africaine des Droits et du Bien-être de l'Enfant par Décret n° 96-227 du 03 Juin 1996 ; - La réglementation par Décret n° 95-191 du 24 Juin 1995, des modalités de délivrance des autorisations administratives de sortie du territoire national des mineurs de moins de 18 ans ; - Le décret n° 96-299 du 18 Juillet 1996 portant attribution, organisation et fonctionnement du Ministère de la Justice institue une Direction de la Protection Judiciaire de l'Enfance et de la Jeunesse (D .P.J.E.J). Cette direction est chargée de : 16
régler toutes questions relatives à:E la:-protection de l'enfance' et, de l'adolescence délinquante ou en danger moral, à l'habilitation des personnes;tétablissements, services ou organismes publics ou privés pour la mise en œuvre des mesures de garde et d'action éducative ordonnées par l'autorité judiciaire ; - conduire études et concourir à l'élaboration de la législation dans les domaines de la prévention et du traitement de la délinquance juvénile et participer aux activités concernant la protection de la jeunesse sur toute l'étendue du territoire national ; - suivre l'ensemble des dossiers relatifs à l'enfance et l'adolescence au plan national et international et traiter des questions d'ordre pédagogique, juridique et institutionnel relatives à la protection judiciaire de la jeunesse ; - étudier toute question ayant trait à l'éducation des mineurs délinquants ou en danger moral ; - connaître des dossiers relevant des juridictions pour enfant et veiller à l'assistance des mineurs en cours d'instance judiciaire et d'exécution de la sentence judiciaire ou en danger ; - déterminer, en liaison avec la Direction des Ressources Humaines, la politique de formation des personnels de la protection judiciaire de la jeunesse ainsi que le cadre juridique des relations avec le secteur associatif. Le même décret prévoit la création dans les départements des centres régionaux de sauvegarde de l'enfance et de l'adolescence. Le seul Centre National de Sauvegarde de l'Enfance et de l'Adolescence C.N.S.E.A qui était fermé depuis 1982 a réouvert ses portes en Avril 1995. Ce centre est destiné à recevoir les mineurs délinquants et les mineurs en danger moral ayant bénéficié d'une décision judiciaire de placement et assure la rééducation en vue d'une réinsertion sociale. 17
Il n'est pas rare 'de —trouver des enfants abandonnés orphelins maltraités. Ces jeunes errants peuvent être • recueillis au Centre National, de. Sauvegarde gle l'Enfance. Le travail des O.N.G sur ce point est également très appréciédes autorités publiques. En 1995, le village d'enfant SOS en a hébergé 83. L'O.N.G Terre de Hommes a pris 885 garçons et filles. Depuis 1990 elle a procédé au transfert sanitaire de 264 enfants souffrant de pathologies gravissismes vers des- Centres Hospitaliers spécialisés d'Europe. Le projet enfant en situation difficile ESD, vise à soutenir le développement humain social spirituel des enfants défavorisés en difficulté. Il existe aussi une importante action de prévention de la délinquance juvénile menée par la brigade de protection des mineurs. C'est un service de police judiciaire qui a pour mission : d'assurer la protection de l'enfance et de l'adolescence par la prévention de l'inadaptation ; de rechercher les crimes de délits commis par les mineurs. Elle est spécialisée dans les enquêtes sur les mineurs en danger physique ou moral. En outre, conformément à l'article 44 de la Convention relative aux droits de l'Enfant ratifiée par le Bénin en 1990, il est demandé aux Etats parties de soumettre au Comité des droits de l'enfant des rapports sur les mesures qu'ils auraient prises. Le rapport initial du Bénin sur la mise en œuvre de cette Convention a été élaboré et finalisé. Le Gouvernement béninois a institué la Journée de l'Enfant béninois fixée au 23 Décembre. Cette journée a été célébrée pour la première fois en 1995. Dans le domaine sanitaire, le taux de vaccination au 31 Décembre 1995 a atteint les chiffres records de 96% pour le B.C.G, 89% pour leDTC3, 81% pour la vaccination anti-rougeoleuse et 80% des centres de santé pratiquent désormais la thérapie de 1$
rehydratation par voie orale (TRO). Une politique a été mise en place afin de réduire sensiblement le taux de mortalité maternelle de 800/1000 naissances à 400/1000 naissances ; réduire également le taux de malnutrition modérée des moins de cinq ans de 40/1000 à 20/1000. Sur le plan scolaire, l'objectif est de passer de 59% à 78% de taux de scolarisation dans l'enseignement primaire en faisant un effort tout particulier en direction des filles qui sont exonérées à 100% des frais de scolarité dans les zones rurales pour le primaire et 50% pour le secondaire. L'introduction de l'enseignement des Droits de l'Homme et plus précisément des droits de l'enfant dans les systèmes scolaires a fait l'objet d'une réflexion au cours d'un séminaire organisé en Août 1996 par l'Institut des Droits de l'Homme et de Promotion de la Démocratie : La Démocratie au quotidien. Enfin, pour aider les jeunes à occuper leur temps de loisir et ne pas se livrer à la délinquance, des Maisons de jeunes ont été créées. L'organisation et le fonctionnement de ces centres sont fixés par Arrêté n° 32/MJS/DC/DJL du 2 Mai 1995. L'organisation en 1995 du premier festival départemental de la jeunesse de l'Ouémé a inspiré des actions similaires dans les autres départements du pays en faveur de la jeunesse. 2-4 - Promotion et Protection de la morale et des valeurs traditionnelles reconnues par la Communauté Selon l'article 17 3è alinéa de la Charte, l'Etat doit assurer la promotion et la protection de la morale et des valeurs traditionnelles reconnues par la Communauté. L'article 10 de la Constitution énonce que «Toute personne a droit à la culture. L'Etat a le devoir de sauvegarder et de promouvoir les valeurs nationales de civilisation tant matérielles que spirituelle, ainsi que les traditions culturelles.>>
Afin de satisfaire à ces exigences, les mesures suivantes ont été prises : - Le Décret n° 95-402 du 11 Décembre 1995 portant transmission à l'Assemblée Nationale du projet de loi instituant une fête annuelle des religions traditionnelle' L'adoption de cette loi permettra de combler un vide et dotera les religions traditionnelles des mêmes droits que les autres religions déjà bénéficiaires de plusieurs jours de fête. - L'Arrêté n° 24/MCC/CAB/SA du 20/04/95 portant création, organisation et fonctionnement des conseils d'orientation des musées(2). Le conseil a pour tâche essentielle, la protection, la promotion et l'ouverture du patrimoine des musées à la société civile et à l'école. Toujours, dans le domaine des valeurs morales, la lutte contre la corruption a pris un essor décisif avec la prise des actes ciaprès : - Le Décret n° 95-232 du 31 Août 1995 portant lutte contre le rançonnement sur nos routes . - Le Décret n° 95-233 du 31 Août 1995 portant création, organisation et fonctionnement du comité de lutte contre la corruption et le rançonnement dans les services et sur les voies publiques dénommé "Comité SOS corruption" (3>. - Le Décret n°96-579 du 19 Décembre 1996 portant création, organisation, attribution et fonctionnement de la cellule de moralisation de la vie publique( 4). 2-5 - Le droit à un environnement sain Il est prescrit par l'article 24 de la Charte et repris par l'article 27 de la Constitution. Il est perçu à travers "' ANNEXE 9 ' ANNEXE 10 ' ANNEXE 11 11} ANNEXE 12 12 11 20
* le décret n° 95-47 du 20 Février 1995 portant création, attribution, organisation et fonctionnement de l'Agence Béninois pour l'Environnement') qui est chargée de mettre en oeuvre, avec la participation de toutes les institutions nationales compétentes, la politique nationale en matière d'environnement ; * la loi n° 96-012 du ler Juillet 1996 portant autorisation de ratification de la Convention internationale sur la lutte contre la désertification dans les pays gravement touchés par la sécheresse et / ou la désertification en particulier en Afrique. Cette loi a été suivie du décret de ratification n° 96-291 le 11 Juillet 1996. ; * l'Arrêté interministériel n° 136/MISAT/MEHU/MS/DU /DATC/DE/DHAB du 26 Juillet 1995 portant réglementation des activités de collecte, d'évacuation, de traitement et d'élimination des déchets solides en République du Bénin(2). 2-6 - Le devoir de solidarité et de coopération économique Il est basé sur des échanges équitables entre Etats et il est prescrit par l'article 22 alinéa 2 de la Charte . Le Bénin n'a pas manqué à ces devoirs au regard de : * la loi n° 95-004 du 18 Août 1995 portant autorisation de ratification des amendements à l'accord portant création du fonds de Solidarité Africain et le décret n° 95-247 du 05 Septembre 1995 portant ratification de cette loi. * la loi n° 95-005 portant autorisation de ratification de l'accord instituant l'organisation mondiale du commerce et le décret de ratification n° 95-241 du 5 Septembre 1995 ; * la loi n° 96-009 du 31 Mai 1996 portant autorisation d'adhésion à la Convention des Nations Unies contre le trafic illicite de stupéfiants et de substances psychotropes et son décret de ratification n° 96-228 du 3 Juin 1996 ; 111 ANNEXE 13 ANNEXE 14 2!
* la loi n° 96-014 du 03 Juillet 1996 portant autorisation de ratification de la Convention de l'Union Panafricaine des Télécommunications UPAT et le décret de ratification n° 96-294 du 11 Juillet 1996. 2-7 - Le droit à la santé Dans le but de donner effet aux obligations qui incombent à PEtat à travers les dispositions de l'article 16 de la Charte : «Toute personne a le droit de jouir du meilleur état de santé physique et mentale... Les Etats parties à la présente charte s'engagent à prendre les mesures nécessaires en vue de protéger la santé de leurs populations et de leur assurer l'assistance médicale en cas de maladie», divers actes ont été pris au Ministère de la Santé afin de faciliter ses interventions sur le terrain. Il s'agit de : * l'Arrêté n° 3/95/MS/DC/SA du 02 Janvier 1995 portant attributions, organisation et fonctionnement de la Direction de la Santé familiale. Cette direction a pour rôle de coordonner les activités des services liés à la santé maternelle et infantile ainsi qu'à la planification familiale. * l'Arrêté n° 302/MS/DC/SA du 06 Février 1995, portant attributions, organisation et fonctionnement de la Direction de l'Hygiène et de l'Assainissement de Base (DHAB) qui a pour mission d'assurer l'application de la politique sanitaire nationale en matière d'assainissement de base. * l'Arrêté n° 310/MS/DC/SA du 07 Février 1995 portant attributions, organisation et fonctionnement de la Direction des pharmacies et des laboratoires (DPHL) qui assure l'application de la politique nationale en matière de pharmacie et d'analyses biomédicales. Ces mesures ont permis en cette période, au programme élargi de vaccination de connaître une progression excellente de couverture vaccinale : 98% pour le BCG, 93% pour le DTC1 POLIO 1, 81% pour le DTC3 POLIO 3, 80% pour la VAR. 22
Au programme d'investissement public PIP GESTION 1995, 12 111 901 000 F CFA ont été investis dans le secteur de la santé. La loi de finances pour la gestion de l'année 1996 quant à elle a prévu 800 millions de F CFA pour la prise en charge au 4/5 des frais sanitaires des fonctionnaires. 1.100 millions de F CFA pour la réhabilitation et l'entretien des infrastructures sanitaire, 450 millions de F CFA pour l'acquisition de médicaments essentiels sous noms génériques , 587 millions de F CFA pour contribution au fonctionnement des centres de santé secondaires. Toutefois malgré l'augmentation année par année de ces montants, et aussi de leur pourcentage par rapport au budget national, ils demeurent très faibles par rapport à la part allouée à chaque habitant : 841F CFA en 1995. Aux droits socio-économiques en général, à partir de l'année 1995 et plus encore en 1996, l'Etat accorde une importance particulière. Des programmes sont mis sur pied en vue de l'amélioration du niveau de vie des populations. Le 06 Novembre 1996, par décret n° 96-502, une Conférence Economique Nationale est convoquée. Elle siège du 09 au 14 Décembre 1996 et permettra d'élaborer un document cadre de développement économique du pays. PH - OBSTACLES A LA PROMOTION ET A LA PROTECTION DES DROITS DE L'HOMME Malgré les différentes mesures sus énoncées qui ont été prises en faveur des Droits de l'Homme, la situation n'est pas pour autant parfaite. Il subsiste encore beaucoup d'obstacles et de points d'ombres qu'il importe d'enrayer pour l'établissement au Bénin d'un Etat respectueux des Droits de l'Homme. 23
A - LES OBSTACLES A LA PROMOTION * Les Facteurs Socio-culturels - Les pesanteurs socio-culturelles qui privent certaines catégories sociales de certaines informations sont ; - - Les tabous et interdits ; La pression féodale ; Le fort taux d'analphabétisme ; La désinformation ; L'ethnocentrisme et Le régionalisme * Les Facteurs Economiques Le manque de ressources humaines ; Le manque de moyens matériels et financiers La pauvreté ; * Les Facteurs Politiques et Organisationnels Le retard dans la mise en œuvre du plan d'action du Gouvernement ; La rétention de l'information. * Les Facteurs Educationnels - L'absence d'une culture de la notion du respect du Droit, L'application stricte de l'article 40 de la Constitution. En matière des droits économiques, sociaux et culturels, l'emprise des programmes d'ajustement structurel sur l'économie nationale ne permet pas toujours aux dirigeants politiques de mettre en œuvre certains objectifs de développement. L'arrêté n° 49/MF/DC/DG DDI du 03 Avril 1995 portant rétablissement du taux de la TVA du sucre du tarif des douanes du Bénin (18%) en est une illustration. 24
B - LES OBSTACLES A LA PROTECTION * Les Facteurs Socio-culturels La discrimination ; La corruption ; L'ignorance et la méconnaissance du droit; * Les Facteurs Economiques - L'insuffisance quantitative du personnel judiciaire ; - L'insuffisance de moyens matériels et financiers ; * Les Facteurs Politiques - L'insuffisance de volonté politique ; - Le trafic d'influence. En matière des droits civils et politiques, on observe encore de la part de quelques gouvernants, des réactions propres à un régime policier peu respectueux des Droits de l'Homme. Les cas sont nombreux et justifient la multiplicité des décisions que la Cour Constitutionnelle a été amenée à prendre. Si cette cour et les juridictions compétentes ont pu décanter un certain nombre de situation beaucoup de violations sont passées inaperçues. Un changement des mentalités de la part des gouvernants et gouvernés est donc souhaitable pour l'avènement d'une véritable culture des Droits de l'Homme au Bénin. IV SOLUTIONS ENVISAGEES POUR ACCROITRE LA PROMOTION ET LA PROTECTION DES DROITS DE L'HOMME - . Le défi majeur que devront relever les Béninois les années à venir est de consolider les valeurs démocratiques existantes notamment par une promotion et une protection accrue des droits de l'homme, gage d'un développement certain et durable. Parmi les solutions envisagées pour parvenir à cette fin on peut citer : 25
campagnes de de régulière - L'organisation sensibilisation, d'information et d'éducation dans le domaine des Droits de l'Homme ; - L'enseignement des Droits de l'Homme dans tous les ordres d'enseignement et les garnisons ; - L'institution des visites périodiques des prisons et des centres de détention ; - L'enseignement dans nos langues nationales des notions essentielles en matière de Droit de l'Homme ; - Rendre plus opérationnelles les activités du Comité National de Suivi et de Mise en Œuvre des Instruments Internationaux ; La création d'un Conseil National Consultatif des Droits de l'Homme ; - Le recrutement et la formation des magistrats et autres personnels judiciaires ; L'accroissement et le financement par l'Etat et autres institutions des activités des Droits de l'Homme ; - L'intensification de la mise en oeuvre de l'article 40 de la Constitution ; L'accroissement de la participation du pays aux fora et autres rencontres régionaux et internationaux sur les Droits de l'Homme. En tout état de cause, les mesures prises ces deux dernières années (19954996) doivent demeurer un maillon solide de la chaîne auquel viendraient s'ajouter de nouvelles mesures indispensables au renforcement de la démocratie protectrice des Droits de l'Homme. 26
REPUBLIQUE DU BENIN MINISTERE DE LA JUSTICE, DE LA LEGISLATION ET DES DROITS DE L'HOMME (MJLDH) c:::_========= RAPPORT PERIODIQ UE 1997 - 1998 Direction des Droits de /'Homme
INTRODUCTION Situee sur Ia fa9ade Sud-Ouest de !'Afrique, Ia Republique du Benin autrefois Dahomey, est d'une superficie de 112.600 km2 et est peuplee d'environ 5.500.000 habitants. La Republique du Benin est limitee au Nord par le fleuve Niger qui le separe de Ia Republique du Niger, au Nord-Ouest par le Burkina Faso, a I'Ouest par le Togo, a I'Est par le Nigeria et au Sud par I'Ocean Atlantique. Ancienne colonie franifaise, le Benin a accede a Ia pleine souverainete ·lnternationale le 1"' aout 1960. a De 1960 1972, le Benin a connu une vie politique extremement mouvementee ponctuee par de nombreux coups d'Etat militaires. Le dernier coup d'Etat militaire, en date du 26 Octobre 1972, instaure en Novembre 1975 un regime marxiste leniniste caracterise par Ia dictature, Ia violation constante des droits humains et une degradation progressive et grave de Ia situation economique. L'exasperation des tensions politique, economique et sociale a conduit ~ a Ia tenue de Ia Conference des Forces Vilfos de Ia Nation (Cotonou- Fevrier 1990). a La Conference a abouti l'avenement d'une ere de "Renouveau democratique" qui a ete consacree notamment par Ia Constitution du 11 Decembre 1990. Celle-ci cree un Etat de droit et de democratie pluraliste, dans lequel les droits fondamentaux de l'homme, les libertes publiques, Ia dignite de Ia personne humaine et Ia justice sont garantis ... ". Depuis 1990, les institutions prevues par Ia Constitution ont connu un fonctionnement regulier et harmonieux. La vie politique a suivi un cours normal, conforme aux textes fondamentaux : des elections presidentielles et legislatives se sont deroulees de fa9on libre, transparente et sereine en presence d'observateurs etrangers. Ces elections ont abouti a une alternance au pouvoir dans des conditions satisfaisantes. La Republique du Benin, Etat de droit et de democratie pluraliste, est partie un certain nombre de conventions internationales relatives aux droits de Ia personne doni Ia Charte africaine des droits de l'homme et des peuples (CADHP) depuis 1986. a Conformement a l'article 62 de Ia CADHP, Ia Republique du Benin s'est engagee a presenter tous les 2 ans un rapport sur les mesures d'ordre legislatif ou autre, prises en vue de donner effet aux droits et libertes contenus dans ladite Charte. Le present rapport, couvrant les annees 1997 ET 1998, repond a cette obligation souscrite par le Benin.
2 1.- Mecanisme juridique de protection des droits de l'homme au Benin AJ- Legislation nationale 1.- La Constitution du 11 decembre 1990 La Loi fondamentale du Benin contient de nombreuses dispositions relatives aux droits de l'homme don! notamment le Preambule, le Titre II intitule "Des droits et des devoirs de Ia personne humaine" et le Titre V consacre a Ia Cour Constitutionnelle. a)- Le Preambule de Ia Constitution mentionne en son paragraphe 5 Ia ferme volonte du Peuple beninois "de retrouver Ia place et le role de pionnier de Ia democratie et de Ia defense des droits de l'homme qui furent naguere (Ia) notre". Par ailleurs, est solennellement affirmee Ia determination du peuple beninois "de creer un Etat de droit et de democratie pluraliste dans lequel les droits fondamentaux de l'homme, les libertes publiques, Ia dignite de Ia personne humaine et Ia justice sont garantis, proteges et promus ... " (§ 6). Entin, dans le paragraphe 7 du Preambule, le peuple beninois reaffrme son "attachement aux principes de Ia democratie et des droits de l'homme leis qu'ils ont ete detinis par Ia Charte des Nations Unies de 1945, Ia Declaration universelle des droits de l'homme de 1948, Ia Charte africaine des droits de l'homme et des peuples adoptee en 1981 par !'Organisation de !'Unite Africaine, ratifiee par le Benin le 20 Janvier 1986 et don! les dispositions font partie integrante de Ia presente Constitution et du droit beninois et ont une valeur superieure a Ia loi interne". a b)- Le Titre II, intitule "Des droits et des devoirs de Ia personne humaine" consacre !rente quatre (34) articles (7 a 40) a Ia question. L'article 7 rappelle que les droits et devoirs proclames et garantis par Ia Charte africaine des droits de l'homme et des peuples font partie integrante de Ia Constitution et du droit beninois. i)- La Constitution du Benin du 11 Decembre 1990 proclame les trois categories de droits et libertes generalement reconnus par Ia Communaute internationale : les droits civils et politiques (droits de Ia premiere generation), les droits economiques, sociaux et culturels (droits de Ia seconde generation) et les droits de solidarite (droits de Ia troisieme generation). * Droits civils et politiques II s'agit notamment des droits et libertes suivants: le droit d'elire (art. 6), l'inviolabilite de Ia personne (art. 8), le droit a Ia vie, a Ia liberte, a Ia securite et a l'integrite de Ia personne (art. 15), le droit a Ia justice (art. 16, 17, 18), !'interdiction de Ia torture, de sevices ou traitements cruels, inhumains ou degradants (art. 18 ), Ia liberte de pensee, de conscience, de religion, de culture, d'opinion et d'expression (art. 23), Ia liberte de Ia presse (art. 24).
3 * Droits economiques, sociaux et culturels Ce sont entre autres, le droit a !'education (art. 8, 13) ; le droit a Ia sante (art. 8) ; le droit a Ia formation professionnelle (art. 8) ; le droit de developper sa culture (art. 8, 10,11); le droit au travail (art. 8, 30); le droit a Ia propriete (art. 22); le droit de greve (art. 31 ). * Droit de solidarite Ce sont le droit au developpement en vue de l'epanouissement materiel, tempore!, intellectuel et spirituel de Ia personne humaine (art. 9), le droit a un environnement, satisfaisant et durable (art. 27, 28, 29, 74). ii)- La Constitution proclame egalement des devoirs a Ia charge du citoyen beninois et de I'Etat ; * Devoirs du citoyen La Constitution impose un certain nombre de devoirs a l'individu : devoir de defendre Ia Nation avec pour corollaire !'obligation d'accomplir son service militaire (art. 32) ; devoir de travailler pour le bien commun, de remplir ses obligations civiques et professionnelles et de s'acquitter de ses contributions fiscales (art. 3); devoirs de respecter Ia Constitution, l'ordre constitutionnel etabli ainsi que les lois et reglements de Ia Republique (art. 34) ; devoir pour tout citoyen charge d'une fonction publique ou elu a une fonction politique de l'accomplir avec conscience, competence ... (art. 35) ; devoir d'ceuvrer pour Ia paix et Ia cohesion nationales (art. 36); devoir de respecter les biens publics (art. 37). * Devoirs de l'l:~:tat La Constitution, en son article 40, fait obligation a I'Etat : d'assurer Ia diffusion et l'enseignement de Ia Constitution et de tous les instruments internationaux dument ratifies et relatifs aux droits de l'homme dont notamment Ia Declaration universelle des droits de l'homme et Ia Charte africaine des droits de l'homme et des peuples d'integrer les droits de Ia personne humaine dans les programmes d'alphabetisation et d'enseignement aux differents cycles scolaires et universitaires et dans tous les programmes de formation des Forces Armees, des Forces de Securite Publique et Assimiles ; d'assurer egalement dans les langues nationales par tous les moyens de communication de masse, Ia diffusion et l'enseignement de ces memes droits. c)- La Cour constitutionnelle (Titre V) qui "garantit les droits fondamentaux de Ia personne humaine et les libertes publiques" (art. 114) dispose
.. 4 d'importantes et larges competences dans le domaine des droits de Ia personne humaine. Elle statue obligatoirement sur Ia constitutionna/ite des lois et des actes reglementaires censes porter atteinte aux droits fondamentaux de Ia personne humaine et aux Jibertes publiques et en general, sur Ia violation des droits de Ia personne humaine (art. 117). Elle se prononce d'office sur Ia constitutionnalite des lois et de tout texte reglementaire censes porter atteinte aux droits fondamentaux de Ia personne humaine et aux Jibertes publiques. Elle statue plus generalement sur les violations des droits de Ia personne humaine et sa decision doit intervenir dans un delai de huit jours (art. 121 ), a linea 2). En vertu de /'article 122, i/ est reconnu a tout citoyen le droit de saisir Ia Cour Constitutionnelle sur Ia constitutionnalite des lois, soil directement, soil par Ia procedure de /'exception d'inconstitutionnalite invoquee dans une affaire qui le concerne devant une juridiction. Cel/e-ci doit surseoir jusqu'a Ia decision de Ia Cour Constitutionnelle qui doit intervenir dans un delai de !rente jours. 2.- Les lois et les reglements a)- Les lois - Durant Ia periode sous examen (1997-1998), deux instruments legislatifs se rapportant aux droits humains ant ete adoptes : ils concernent respectivement /'information et Je travail. i) La loi no 97-010 du 20 AoOt 1997 portant liberalisation de J'espace audiovisue/ et dispositions penales speciales relatives aux de/its en matiere de presse et de communication audiovisuel/e en Republique du Benin. D'un contenu de 123 articles, cette loi fixe Jes conditions d'etab/issement et d'exp/oitation en Republique du Benin des installations de radiodiffusion sonore et television autres que celles de J'Etat, soil par /'usage prive des demandeurs, soil dans les cas ou /'exploitation est destinee a des tiers. Elle fixe egalement Jes conditions d'installation et d'exp/oitation des stations terriennes de television a usage prive ou public. a II revient Ia Haute Autorite de l'Aud.tovisuel et de Ia Communication (HAAC), institution creee par Ia Constitution (art. 142-143), de delivrer les autorisations d'installation et d'exploitation appropriees : radiodiffusions sonores privees commerciales (art. 38-40); radiodiffusions sonores privees non commerciales (art. 41-4 7) ; televisions privees commerciales (art. 48-52); televisions privees non commercia/es (art. 53-54); Le droit de reponse en matiere de communication audiovisuelle est regi par les articles 63 a 77. Enfin, Jes de/its de presse sont /'objet de "dispositions penales specia/es" (art. 78 123) : provocation aux crimes et de/its (art. 78 - 80) ; de/its a
5 contre le chose publique (art.81 - 82) ; delits contre les personnes (art. 83 - 90) ; del its contre les Chefs d'Etat et agents diplomatiques etrangers (art. 91 - 92) ... II est a noter que les peines encourues pour delits de presse qui varient le pious souvent de 1 a 5 ans d'emprisonnement etlou de 500.000 a 10 millions de francs CFA d'amende sont plus severes que celles contenues dans Ia loi sur Ia presse de 1960 (Loi 60-15 du 30 Juin 1960). ii) La loi no 98-004 du 27 Janvier 1998 portant Code du Travail en Republique du Benin. Ce document abroge et remplace le Code du travail de 1967, objet de !'ordonnance no 33/PR/MFPTT DU 28 Septembre 1967. II "est applicable aux travailleurs et employeurs exerc;:ant leur activite professionnelle en Republique du Benin et s'applique egalement aux apprentis" (art. 1••). Fort de 317 articles, le Code du Travail de 1998 traite de dispositions generales (Titre premier), des rapports individuels de travail (Titre II), des rapports collectifs de travail (Titre Ill), des conditions de travail (Titre IV), du salaire (Titre V), du reglement des differends individuels et collectifs du travail (Titre VII), du contr61e du travail, de Ia promotion de l'emploi (Titre VII), des organismes consultatifs (Titre VIII), des penalites (Titre IX et des dispositions transitoires et finales (Titre X). Le Code du Travail de 1998 constitue un progres par rapport a celui de 1967. b)- Les reglements - Parmi les textes reglementaires relatifs aux droits de Ia personne pris durant le biennum 1997-1998, l'on retiendra entre autres les actes suivants : Deere! no 97-30 du 29 Janvier 1997 portant attributions, organisation et fonctionnement du Ministers de Ia Justice, de Ia Legislation et des Droits de I'Homme (MJLDH). Le paragraphs 7, "De Ia Direction des Droits de I'Homme (DOH)" en ses articles 35 et 36, mentionne les attributions de ladite direction en matiere de promotion et de vulgarisation des droits de l'homme et en matiere de protection et de defense des droits de l'homme d'une part (art. 35) et des services composant Ia DOH d'autre part (art. 36), a savoir le service de Ia promotion et de Ia vulgarisation des droits de l'homme et le service de Ia protection et de Ia defense des droits de l'homme. Decret no 97-150 du 26 Mars 1997 portant creation, attributions et fonctionnement de Ia Commission Nationals de Legislation et de Codification. Cette Commission regroups des representants de I'E~tat, de I'Union Nationals des Magistrats du Benin, de I'Ordre des Avocats, de Ia Chambre Nationals des Huissiers, de Ia Chambre Nationals des Notaires, des representants des centrales syndicales, de Ia Chambre de Commerce et d'lndustrie du Benin, des ONG s'occupant des droits de l'homme, des Associations de Journalistes ... (art. 4). Trois
6 sous-commissions ont ete mises sur pied : Ia sous-commission des affaires economiques, Ia sous-commission des affaires sociales et culturelles, et Ia souscommission des affaires generales (art. 5). Deere! no 97-169 du 7 Avril 1997 portant creation, attributions et fonctionnement du Fonds Special de Rehabilitation de Ia Justice (JSRJ). Place sous Ia tutelle du Ministre charge de Ia Justice et jouissant de l'autonomie financiere, ce Fonds a notamment pour objet de servir a Ia renovation et a Ia construction des infrastructures de Ia Justice, !'acquisition de materiels et equipements necessaires au bon fonctionnement des juridictions et maisons d'arret, l'humanisation des conditions carcerales et a Ia reinsertion sociale des detenus ... (art. 2). Les ressources du Fonds son! constituees par les subventions de I'Etat, les dons et legs ... (art. 3 ). Deere! no 97-503 du 16 Octobre 1997 portant creation du Conseil National Consultatif des Droits de I'Homme. Ce Conseil est un cadre de concertation pour l'enracinement de I'Etat de droit au quotidien entre les pouvoirs publics d'une part, et les ONG s'interessant aux questions des droits humains regulierement installees au Benin d'autre part (art. 2). II a un role essentiellement consultatif (art. 3). Le Conseil est compose de representants de I'Etat d'une part, et de representants dOment mandates par les ONG s'interessant aux droits de l'homme d'autre part (art. 5). Le Comite National Consultatif des Droits de I' Homme a ete intimement associe a Ia celebration du cinquantenaire de Ia Declaration Universelle des Droits de I'Homme. Deere! no98-155 du 27 Avril 1998 portant creation de Ia Commission Nationale pour Ia mise en reuvre du Droit International Humanitaire. Cette Commission a pour attributions de veiller a Ia mise en reuvre effective et au respect du Droit international humanitaire (DIH), d'encourager Ia promotion et Ia defense du DIH, de coordonner les activites dans ce domaine au Benin, de proceder a Ia diffusion, a l'enseignement et a Ia vulgarisation du DIH ... La Commission est composee de representants du Gouvernement, des representants de I'Ordre des Avocats, du representant regional du Comite International de Ia Croix Rouge et d'un representant de Ia Societe Nationale Beninoise de Ia Croix Rouge. B/- Instruments internationaux Le Benin est partie a un bon nombre d'instruments internationaux de caractere universe! ou regional relatifs aux droits de l'homme. Parmi ces instruments on peut retenir : 1.- Instruments universels
7 Pacte international relatif aux droits economiques, sociaux et culturels (16 Decembre 1966), entre en vigueur le 3 Janvier 1976; adhesion du Benin le 12 Mars 1992 ; Pacte international relatif aux droits civils et politiques (16 Decembre 1966); entre en vigueur le 23 Mars 1976; adhesion du Benin le 12 Mars 1992; Protocole facultatif se rapportant au Pacte international relatif aux droits civils et politiques (16 Decembre 1966); entre en vigueur le 23 Mars 1976; adhesion du Benin le 12 Mars 1992 ; a l'esclavage du 25 Septembre 1926 telle Convention relative qu'amendee par le Protocole du 07 .. embre 1953 ; entree en vigueur le 7 Juillet 1955 ; adhesion du Benin le 4 Avril 1962 ; Convention relative au statu! des refugies (28 Juillet 1951 ); entree en vigueur le 22 Avril 1954; Benin partie a cette Convention ; Protocole relatif au statu! des refugies (31 Janvier 1967); entre en vigueur le 4 Octobre 1967; Benin partie a ce Protocole ; Convention sur le consentement au mariage, l'age et !'enregistrement des mariages (1 0 Decembre 1962); entree en vigueur le 9 Decembre 1964; Benin partie cette Convention; a Convention internationale sur !'elimination de toutes les formes de discrimination raciale (21 Decembre 1965); entree en vigueur le 4 Janvier 1969; signee par le Benin le 2 Fevrier 1967 ; a l'egard des Convention sur toutes les formes de discrimination femmes (18 Decembre 1979); entree en vigueur le 3 Septembre 1981; adhesion du Benin le 12 Mars 1992 ; Convention contre Ia torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou degradants (10 Decembre 1984); entree en vigueur le 26 Juin 1987; adhesion du Benin le 12 Mars 1992 ; Convention relative aux droits de !'enfant (20 Novembre 1989); entree en vigueur le 2 Septembre 1990; ratification du Benin le 3 Aout 1990 : Convention (OIT - No 29) concernant le travail force (28 Juin 1930); entree en vigueur le 1ec Mai 1932; Benin partie a cette Convention ; Convention (OIT - W 100) concernant l'egalite de remuneration entre Ia main-d'ceuvre masculine et Ia main-d'ceuvre feminine pour un travail de valeur egale (29 Juin 1951 ); entree en vigueur le 23 Mai 1953; Benin partie cette Convention ; a
8 Convention (OIT - N' 111) concernant Ia discrimination en matiere d'emploi et de profession (25 Juin 1958); entree en vigueur le 15 Juin 1960; Benin partie a cette Convention ; Convention concernant Ia lutte contre Ia discrimination dans le domaine de l'enseignement (14 Decembre 1960); entree en vigueur le 22 Mai 1962; Benin partie a cette Convention; 2.- Instruments regionaux Convention de I'OUA regissant les aspects propres aux problemes des refugies en Afrique (16 Septembre 1969); entree en vigueur le 20 Juin 1974; Benin partie cette convention ; a Charte culturelle de !'Afrique (5 Juillet 1976); entree en vigueur le 19 Septembre 1990; Benin partie a cette Charte ; Convention de I'OUA sur !'elimination du mercenariat en Afrique (30 Juillet 1977); entree en vigueur le 22 Avril 1985; Benin partie a cette Convention ; Charte africaine des droits de l'homme et des peuples (28 Juin 1981); entree en vigueur le 21 Octobre 1986; ratification par le Benin le 20 Janvier 1986;
9 II.- Realites et perspectives en matiere de promotion et de defense des droits de l'homme AI- Realites en matiere de promotion et de defense des droits de l'homme 1.- Respect de l'integrite des personnes et des biens a)- Respect de l'integrite des personnes La Constitution beninoise proclame le caractere sacre et inviolable de Ia personne humaine et fait une obligation absolue a I'Etat de Ia respecter, de Ia proteger et de lui garantir son plein epanouissement (art. 8). Elle reconnait a tout individu le droit a Ia vie, a Ia liberte, a Ia securite et a l'integrite de sa personne (art. 15). i)- La peine capitale n'est pas encore abolie en Republique du Benin. II faut toutefois signaler que si Ia Cour d'Assises a prononce une quinzaine de condamnations a mort en 1997 et 1998, aucune de ces sentences n'a encore ete executee jusqu'a ce jour. II faut cependant deplorer avec force Ia persistance des executions extrajudiciaires que constitue le phenomene de Ia "vindicte populaire" qui se traduit par des executions sommaires. Ces executions sommaires de delinquants par les populations locales n'ont pas pris fin malgre les interventions repetees de toutes sortes des Autorites gouvernementales. Celles-ci s'attelent a trouver les voies et moyens qui permettent d'enrayer une telle situation. ii)- La detention preventive est strictement reglementee par !'article 18 alinea 4 de Ia Constitution : toute detention preventive ne peut exceder une duree de 48heures que sur decision d'un magistral. Dans Ia pratique, cette disposition a connu de nombreuses violations. La Cour Constitutionnelle a ete saisie de quelques cas de violation : en 1997-1998, ladite Cour a rendu une vingtaine de decisions relatives a Ia garde a vue (detention). L'on peut citer entre autres les decisions suivantes : -Decision DCC 97-012 du 6 Mars 1997 (Maitre POGNON Alfred); -Decision DCC 97-031 du 2 Juin 1997 (d'ALMEIDA Therese); -Decision DCC 97-053 du 7 Octobre 1997 (FRANCISCO Blaise); -Decision DCC 97-058 du 8 Octobre 1997 (Membres du Bureau provisoire de I' "Eglise Evangelique Missionnaire lnternationale du Benin" (EEMIB); - Decision DCC 98-007 du 8 Janvier 1998 (DOHOU Victor) ; -Decision DCC 98-029 du 26 Mars 1998 (GANGLOZOUN Raphael); -Decision DCC 98-055 du 2 Juin 1998 (YABI Annie). Des seances de sensibilisation ant ete organisees sur Ia detention preventive au profit des forces de securite publique et des populations par le
10 Min.lstere de Ia Justice, de Ia Legislation et des Droits de !'Homme, Ia Commission Beninoise des Droits de !'Homme et certaines O.N.G. b)- Interdiction de Ia torture, des sevices, des traitements cruets inhumains ou degradants Cette interdiction est contenue dans !'article 18 alinea 1 de Ia Constitution dont !'article 19 dispose en outre que "tout individu, tout agent de I'Etat qui se rendrait coupable d'acte de torture, de sevices ou traitements cruets, inhumains ou degradants dans l'exercice de ses fonctions ou !'occasion de l'exercice de ses fonctions, soil de sa propre initiative, soil sur instruction sera puni conformement Ia loi " ; a a Si Ia pratique d'actes assimilables a Ia torture, aux sevices, traitements cruets, inhumains ou degradants est depuis 1990 rarement le fait d'agents relevant de I'Etat, force est de reconnaltre et de deplorer que de tels actes sont commis par des particuliers, notamment sur les enfants places (Vidomegon). Ces actes reprehensibles ont ete denonces par Ia presse, les radiodiffusions et televisions aussi bien officielles que privees qui ont eu a rappeler en ces circonstances malheureuses leur caractere reprehensible. Certains auteurs de tels actes ont connu les rigueurs de Ia loi. c)- Droit a un jugement public et equitable a Le droit pour toute personne un jugement public et equitable comprend entre autres Ia presomption d'innocence, les droits de Ia defense, le droit d'etre rapidement juge, Ia non retroactivite des lois penates . . . (art.17 de Ia Constitution du Benin ; art. 7 de Ia ADHP). Ce droit a connu des violations dont Ia Cour Constitutionnelle a parfois ete saisie. Ainsi, Ia Cour a rendu en 1997 quatre decisions relatives aux droits de Ia defense: -Decision DCC 97-006 du 18 Fevrier 1997 (KOHOUNFO Moise); -Decision DCC 97-011 du 6 Mars 1997 (HOUNMENOU Jean-Marie); - Decision DCC 97-041 du 12 Aout 1997 (Maitre A TITA Kato Paul) ; - Decision DCC 97-042 du 12 Aout 1997 (DJAGOU E Kouessan Leandre) ; Dans les deux premieres decisions, Ia Cour a juge que le principe contenu dans !'article 7 alinea d) de Ia CADHP, a savoir que toute personne "a le droit d'etre juge dans un delai raisonnable par une juridiction impartiale" a ete meconnu partes Tribunaux de Premiere Instance de Cotonou et de Porto-Novo. En 1998, Ia Cour Constitutionnelle a rendu egalement 4 decisions portant sur les droits de Ia defense contenus dans !'article 7 de Ia CADHP, a savoir: - Decision DCC 98-002 du 7 janvier 1998 (DOSSOU Dossa) ; -Decision DCC 98-004 du 7 janvier 1998 (LAOOUROU Marcellin) ;
I 11 ·~ -Decision DCC 98-005 du 8 janvier 1998 (KIKI Alexis) ; -Decision DCC 98-059 du 4 Juin 1998 (EKPAGOUDA Vincent); d)- Violation du domicile et de Ia correspondance Les articles 20 et 21 de Ia ·Constitution posen! le principe de l'inviolabilite du domicile d'une part, de Ia correspondance et des communications d'autre part. Les lois fixent les formes et les conditions dans lesquelles des visites domiciliaires ou des perquisitions peuvent avoir lieu. Dans sa Decision DCC 97-059 du 8 Octobre 1997 (AGBOKOU Isidore) Ia Cour Constitutionnelle a juge que Ia visite domiciliaire et Ia perquisition au domicile du sieur AGBOKOU Isidore ont ete faites conformement aux dispositions du Code de procedure penale. e)- Respect des biens a a L'article 22 de Ia Constitution reconnait toute personne le droit Ia propriete donT elle ne peut etre privee que pour cause d'utilite publique et contre juste et prealable dedommagement. Cette prescription est generalement observee par les pouvoirs publics. Dans sa Decision DCC 97-056 du 8 Octobre 1997 "Collectif des GANDAHO" (GANDAHO Ignace), Ia Cour descendants GANSEKPO Constitutionnelle a declare qu'un arrete prefectoral portant declaration d'utilite publique une parcelle de terrain, propriete des descendants GANSEKPO GANDAHO, viole !'article 22 de Ia Constitution au motif "que les membres de cette collectivite, depossedes de leur bien, n'ont pas ete prealablement dedommages ". 2.- Respect des libertes individuelles Seront examinees dans Ia presente rubrique Ia liberte d'expression, Ia liberte de religion, Ia liberte de presse, Ia liberte de reunion et d'association, Ia liberte d'aller et venir. a)- Liberte d'expression, de pensee, de culte, de religion Cette serie de libertes est garantie par !'article 23 de Ia Constitution et doit s'exercer dans le respect de l'ordre public etabli par Ia loi et les reglements. En outre, l'exercice du culte et !'expression des croyances doivent respecter le caractere lai"c de I'Etat (ct. egalement art. 2 de Ia Constitution). L'Etat beninois respecte generalement cette serie de libertes. Toutefois, il taut relever que Ia Cour Constitutionnelle, en 1997, s'est prononcee a deux reprises sur Ia liberte de culte, de religion et Ia la"lcite de I'Etat. Dans sa Decision DCC 97-019 du 6 Mai 1997 (ADOGNON Etienne), Ia Cour, apres avoir rappele "qu'aucune communaute religieuse ou philosophique n'a le
12 a l'autre ses croyances et pratiques religieuses ; que, dans le cas droit d'imposer d'espece, les adeptes du culte Vodoun ne sauraient soumettre les Chretiens URHC ("Union Renaissance d'Hommes en Christ") aux pratiques fondees sur leurs croyances ; que le Commandant de Brigade de Ze, en cautionnant Ia position des adeptes du culte Vodoun, n'a pas respecte Ia regie de Ia la"fcite de I'Etat ; que, des Iars, ce comportement est contraire a Ia Constitution" ; En consequence, Ia Cour a decide que "!'interdiction faite aux Chretiens URHC par le Commandant de Brigade de Ze est contraire a Ia Constitution". Dans sa Decision DCC 97)039 du 7 Juillet 1997 (EGBO W. Gilbert), Ia Cour a juge que les violences exercees sur le sieur EGBO W. Gilbert, !'interdiction a lui faite d'adorer son fetiche et Ia destruction de !'edifice affecte a son culte par un groupe d'individus constituent une violation de !'article 23 de Ia Constitution. La Cour s'est egalement prononcee sur Ia question de Ia la.lcite de I'Etat en 1998 dans sa Decision DCC 98-006 du 8 Janvier 1998 (BADAROU). I b)- S'agissant plus particulierement de Ia liberte de Ia presse reconnue et garantie par I'Etat, elle est protegee par Ia Haute Autorite de I'Audiovisuel et de Ia . Communication (HAAG) en vertu des articles 24 et 142 de Ia Constitution. La Loi no 97-010 du 20 AoQt1997 portant liberalisation de l'espace audiovisuel et dispositions penales speciales relatives aux delits en matiere de presse et de communication audiovisuelle en Republique du Benin regit actuellement et pour l'essentiella communication entendue au sens large. a Suite cette liberalisation de l'espace audiovisuel, Ia HAAG a accorde au cours des annees 1997-1998, douze (12) autorisations d'installation et d'exploitation de radiodiffusions privees et quatre (4) autorisations du meme genre pour des stations de telediffusion. Au cours de Ia meme periode, plus d'une quinzaine de journaux (quotidiens et periodiques) ont vu le jour. Au cours des annees 1997 et 1998, I'Etat beninois a accorde une aide de trois cent millions (300.000.000) de francs CFA a Ia presse privee. Cette aide a ete repartie par Ia HAAG entre divers organes de Ia presse privee sur proposition d'une Commission speciale. c)- Liberte d'aller et venir Elle est reconnue par !'article 25 de Ia Constitution et elle s'exerce dans les conditions fixees par Ia loi. La CADHP contient une disposition analogue en son article 12, alineas 1 et 2. La liberte d'aller et venir et generalement respectee par I'Etat beninois. La Cour Constitutionnelle, dans sa Decision DCC 97-045 du 12 Aout 1997 (PEDERSEN Sven), a juge que !'article 1145, alinea 3 du Code General des
13 lmpots interdisant, meme provisoirement, Ia sortie du territoire a toute personne en situation fiscale irreguliere, constitue une restriction a Ia liberte d'aller et venir. La Cour s'est fondee a cette fin sur l'article 25 de Ia Constitution et les articles 6 et 12 de Ia CADHP. d)- Liberte de reunion et d'association Reconnue par I' article 25 de Ia Constitution et par les articles 10 et 11 de Ia CADHP, Ia liberte de reunion et d'association est largement respectee par l'Etat. - De Nombreux partis politiques ont ete crees en 1997-1998 et ont exerce en toute liberte leurs activites : reunions des organes directeurs, interventions radiodiffusees ou televisees, communiques de presse ... - Les travailleurs sont regroupes en syndicats de leur choix. Ces derniers ont librement constitue des centrales syndicales au nombre actuellement de cinq (5) a savoir : Ia Centrale des Syndicats Autonomes (C.S.A.), !'Union Nationale des Syndicats des Travailleurs du Benin (U.N.S.T.B.), Ia Confederation Generale des Travailleurs du Benin (C.G.T.B.), Ia Centrale Syndicale des Travailleurs du Benin (C.S.T.B.), Ia Coordination des Organisations Syndicales lndependantes (C.O.S.I.). Les syndicats ou les centrales syndicales ont exerce en toute quietude leurs activites : reunions, meetings, manifestations diverses ... Enfin, les annees 1997-1998 ont ete caracterisees par !'enregistrement d'un nombre considerables d'organisations non gouvernementales (ONG) de toutes sorte doni notamment des ONG s'occupant des questions relatives aux droits de l'homme. La Cour Constitutionnelle s'est prononcee sur Ia liberte de reunion et d'association dans deux decisions : Decision DCC 98-030 du 27 Mars 1998 (Comite preparatoire du Congres constitutif de !'Union des proprietaires terriens des perirnetres d'amenagement rural pour le developpement du palmier a huile), et Decision DCC 98-043 du 14 Mai 1998 (KOUNSOUGBO Alphonse). 3.- Respect des droits politiques La Constitution du 11 Decembre 1990 consacre quelques dispositions relatives aux droits politiques : art. 5 (partis politiques); art. 6 (suffrage universe!) ; art. 25 (liberte d'association); art. 44 (candidature a Ia Presidence de Ia Republique. La Loi no 90-023 du 13 Aout 1990 portant Charte des Partis politiques ouvre Jargernent le charnp politique en Republique du Benin dans Ia rnesure ou elle enterine le multipartisrne integral deja consacre Ia par Ia Constitution (Prearnbule, § 6). La CADHP en son article 13 traite des droits politiques.
14 L'Etat bEminois au cours du biennum 1997-1 998 a strictement respecte les droits politiques individuels et collectifs. · Au plan collectif, on notera qu'une trentaine d'associations ou partis politiques ont ete crees au cours de Ia periode consideree. Cette proliferation des partis s'explique par !'imminence des echeances electorales legislatives prevues pour le premier trimestre 1999. Ainsi, au cours de Ia seule an nee 1998, plus de quinze declarations d'associations ou partis politiques ont ete enregistrees au Ministere de l'lnterieur, de Ia Securite Publique et de !'Administration Territoriale. 4.- Protection des droits des travailleurs La Charte africaines des droits de l'homme et des peuples (CADHP) en son article 15 et Ia Constitution beninoise en ses articles 30 et 31 traitent de differents droits des travailleurs (droit au travail - droit de se syndiquer - droit de greve ... ). Le Code du Travail de 1998 deja mentionne plus haul reprend, developpe et precise ces differents droits. On retiendra les points suivants : En premier lieu, !'article 3 dudit Code interdit formellement et de fac,;on absolue le travail force. Le droit des travailleurs de constituer en toute liberte des syndicats est developpe dans les articles 79 a 121 (objet, constitution et dissolution des syndicats, capacite civile des syndicats, ressources financieres - delegues du personnel, attributions et protection des delegues du personnel). Les conditions de travail sont reglementees par les articles 141 a 206. Ces derniers concernent Ia duree du travail et les repos, les dispositions particulieres relatives au travail des femmes et des enfants, les transports, Ia securite et Ia sante au travail et les services sociaux des entreprises. La dun.~e du travail est fixee pour tous les salaries, a !'exception des travailleurs des etablissements agricoles, a quarante heures par semaine (art. 142). Dans les etablissements agricoles, Ia duree legale du travail des salaries est de deux mille quatre cents heures par an (art. 143). Le travail de nuit est interdit pour les jeunes ages de mains de 18 ans (art. 153). Le Code de Travail ne prescrit pas !'interdiction du travail de nuit des femmes. Quant au salaire, le Code stipule que "a travail de valeur egale, le salaire est ega! pour tous les travailleurs quels que soient leur origine, leur sexe, leur age, leur statu! et leur confession, dans les conditions prevues au present Code" (art. 208). Un salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) fixe par decret du Gouvernement doit etre observe par les employeurs au profit des travailleurs (art. 21 0). f \. \
15 5.- Protection du droit a !'education Le droit a !'education est consigne dans les articles 12, 13 et 14 de Ia Constitution beninoise et dans !'article 17 § 1 de Ia CADHP. Aucun texte legislatif ou reglementaire relatif au droit a !'education n'est a signaler durant Ia periode sous examen. II faut cependant souligner que Ia soif d'apprendre et le desir d'education demeurent toujours aussi grands au Benin. L'Etat, malgre de reels efforts tant dans Ia construction de nouvelles salles de classe que dans le domaine du recrutement et de Ia formation des enseignants, ainsi que Ia scolarisation des filles, n'arrive pas encore a un niveau satisfaisant dans Ia maltrise des problemes d'education. L'on ne saurait oublier le concours non negligeable que les ecoles pnvees et confessionnelles apportent a I'Etat dans le domaine de !'education, conformement a !'article 14 de Ia Constitution. Autorisees et contr61ees par les Pouvoirs publics, ces ecoles, notamment les ecoles privees aussi bien primaires, secondaires que professionnelles, ont connu un grand essor au cours des annees 1997-1998. 6.- Protection des droits de Ia femme et de !'enfant La Constitution du Benin du 11 Decembre1990 contient des dispositions proclamant de maniere directe ou indirecte l'egalite de l'homme et de Ia femme en droit (art.6 - art. 26).EIIe dispose en outre que I'Etat apporte une protection particuliere a Ia mere eta I' enfant. Cette egalite est confirmee par le Code du Travail de 1998 qui ne fait aucune distinction de sexe, ni de nationalite quant a Ia qualite du travailleur (art. 2). Le Code du Travail interdit a tout employeur de prendre en consideration le sexe, l'age, Ia race pour arreter les decisions relatives a l'embauche, Ia conduite et Ia repartition du travail, l'avancement, !'octroi d'avantages sociaux et Ia rupture du contra! de travail (art. 4 ). Le Code du Travail consacre un certain nombre de "dispositions particulieres au travail des femmes et des enfants" (art.166 a 173). II admet le travail de nuit des femmes, ce qui constitue une innovation par rapport au Code du Travail de 1967 : en effet !'article 1158 pose le principe de !'interdiction du travail de nuit pour les jeunes ages de mains de 18 ans uniquement. Au plan institutionnel, s'agissant de Ia protection des droits de Ia femme et de !'enfant, il faut mentionner !'existence, au sein du Ministere de Ia Justice, de Ia Legislation et des Droits de !'Homme (MJLDH) et du MinistE'ne de Ia Sante, de Ia Protection Sociale et de Ia Famille.
16 A partir de 1998, Ia protection particuliere de Ia femme et de l'enfant a ete confiee a un nouveau ministere denomme Ministere de Ia Protection Sociale et de Ia Condition Feminine. Au Ministere de Ia Justice, de Ia Legislation et des Droits de I'Homme, Ia Direction de Ia Protection Judiciaire de I'Enfance et de Ia Jeunesse (DPJE) et le Centre National de Sauvegarde de I'Enfance et de !'Adolescence (CNSEA) constituent les structures appropriees. Au Ministere de Ia Protection Sociale et de Ia Condition Feminine, Ia Direction de Ia Sante Familiale "coordonne les activites des services lies a Ia sante maternelle et infantile ainsi qu'a Ia planification familiale". Quant a Ia Direction de Ia Condition Feminine, elle est chargee de Ia promotion et du developpement de Ia femme, de !'education et de l'alphabetisation de Ia femme et de Ia fille, de Ia mise en oeuvre des instruments internationaux relatifs a Ia promotion de Ia femme et auxquels le Benin est partie. Enfin, Ia Direction de Ia Protection Sociale est chargee d'ameliorer les conditions de vie au sein des families et de Ia societe, d'initier et de soutenir les plans d'action pour Ia promotion de Ia famille, de l'enfance et des personnes handicapees. Dans Ia pratique, le Gouvernement beninois a eu, par l'intermediaire du Ministere de Ia Justice, a organiser des seances de vulgarisation du rapport initial du Benin sur !'application de Ia Convention relative aux droits de l'enfant (1989). Ont pris part a ces seances, les representants des ONG, des associations de developpement, des autorites politiques locales. En outre, des conferences-debats sur les droits de l'enfant ont ete organises dans des etablissements scolaires. Au niveau non gouvernemental, des ONG specialisees dans les questions relatives aux droits de l'enfant organisent des seminaires de formation : il s'agit, entre autres, des ONG Defense des Enfants International Benin (D.E.I.BENIN), !'Association Beninoise d'Assistance a I'Enfant eta Ia Femme (ABAEF). Par ailleurs, !'Association des Femmes Juristes du Benin (AFJB) et l'lnstitut des Droits de I'Homme et de Ia Promotion de Ia Democratie (I.D.H.) ont organise diverses reunions (conferences-debats ; seminaires ... ) portant sur les droits de Ia femme et de l'enfant. L'lnstitut des Droits de I'Homme a publie en 1998 une brochure de vulgarisation intitulee "Les droits de Ia Femme et de I'Enfant ". \1 II faut mentionner, pour les stigmatiser, !'exploitation economique et les mauvais traitements dont sont souvent victimes les enfants places dans des families ("vidomegon") pour des travaux domestiques. Autres points noirs dans Ia protection de Ia femme et de l'enfant : Ia recrudescence du trafic des enfants, Ia pratique des mariages forces, arranges ou precoces, les pratiques traditionnelles negatives (excision et autres mutilations genitales qui peuvent entra1ner Ia mort), les pratiques degradantes du veuvage et du levi rat ... L'Etat a pris un certain nombre de mesures qui consistent en des seances de sensibilisation. Certaines ONG interviennent dans ce sens : Terre des Hommes, CIBF/Benin ..
17 7.- Elimination de Ia discrimination basee sur le sexe, Ia religion, Ia langue ou le statu! social L'article 26 §1 de Ia Constitution pose le principe general de Ia non discrimination dans les termes suivants : " L'Etat assure a taus l'egalite devant Ia loi sans distinction d'origine, de race, de sexe, de religion, d'opinion politique ou de position sociale ". La Charte africaine des droits de l'homme et des peuples contient ce principe en ses articles 2 et 3. Pendant Ia periode couverte par le present rapport periodique (19971998), on peut relever des textes officiels relatifs au principe de non-discrimination : a)- Le Code du Travail (1997) reprend ce principe dans un certain nombre d'articles : article 2 : non discrimination basee sur le sexe dans Ia definition du travailleur ; articles 4 et 5 : interdiction de Ia discrimination basee sur le sexe, l'age, Ia race ou le lien ethnique ou de parente, l'origine sociale, l'origine ou les opinions notamment religieuses et politiques en matiere d'embauchage, de conduite et de repartition du travail, de formation professionnelle, d'avancement, de promotion, de remuneration et autres conditions du travail, d'octroi d'avantages sociaux, de discipline ou de rupture de contra! de travail ; articles 142 et 143 : interdiction de Ia discrimination basee sur le sexe dans le domaine de Ia duree legale du travail des salaries ; article 208 : interdiction de Ia discrimination basee sur l'origine, le sexe, l'age, le statu! et Ia confession des travailleurs pour Ia determination de leur salaire ( "a travail de valeur egale, salaire egal pour taus les travailleurs "). b) LaCour Constitutionnelle, dans sa Decision 97-051 du 11 Septembre 1997 (do SANTOS Eugene) s'est referee au "principe d'egalite inscrit dans Ia Constitution du 11 Decembre 1990 en son article 26 et dans Ia Charte africaine des droits de l'homme et des peuples en son article 3 alinea 1e'" (1e' Considerant). 8.- Promotion et protection de Ia morale et des valeurs traditionnelles reconnues par Ia communaute Elles son! proclamees par !'article 17 §3 de Ia Charte africaine des Droits de !'Homme et des Peuples.
18 La Constitution beninoise en son article 10, stipule que "I'Etat a le devoir de sauvegarder et de promouvoir les valeurs nationales de civilisation tan! materielles que spirituelles ainsi que les traditions culturelles". Cette obligation constitutionnelle a Ia charge de I'Etat s'est traduite notamment par !'adoption de Ia Loi no 97-031 du 20 Aout 1997 portant institution d'une fete annuelle des religions traditionnelles. Cette journee, fixee au 10 Janvier de chaque annee, est ch6mee et payee. Dans les faits, le Gouvernement respecte, protege et promeut les valeurs nationales de civilisation tant materielles que spirituelles ainsi que les traditions culturelles en gardant notamment une stricte neutralite a l'egard de ces dernieres. En outre, l'l~tat s'associe Ires souvent aux diverses manifestations traditionnelles et culturelles en y envoyant des representants. B/- Mesures prises par le Benin pour assurer Ia promotion des droits de l'homme Pour assurer Ia promotion des droits de l'homme, I'Etat beninois a edicte un certain nombre de textes reglementaires et a organise des activites dans ce domaine. 1.- Les textes reglementaires. Une mention particuliere doit etre faite des documents suivants : • Deere! no 97-30 du 29 Janvier 1997 portant attributions, organisation et fonctionnement du Ministere de Ia Justice, de Ia Legislation et des Droits de I'Homme (MJLDH). Comme deja mentionne plus haul, ce Deere! cree, en son paragraphe 7, Ia Direction des Droits de I'Homme. L'article 35 traite des activites de ladite Direction en "matiere de promotion et de vulgarisation des droits de l'homme". En vertu de !'article 36, le service de Ia promotion et de vulgarisation des droits de l'homme est responsable desdites activites. • Dec ret no 97-503 du 16 Octobre 1997 portant creation du Conseil National Consultatif des Droits de !'Homme. Cet organe "a un role essentiellement consultatif (et) ne peut formuler que des recommandations et des suggestions" a !'attention du Gouvernement. II/ s'agit d'un cadre de concertation pour l'enracinement de I'Etat de droit au quotidien.' reunissant des representants du Gouvernement et des representants des ONG s'interessant aux questions des droits de l'homme. • Deere! no 97-569 du 11 Decembre 1997 portant institution d'une Journee nationale annuelle des droits et devoirs du Citoyen fixee du 11 Decembre de chaque annee. Cette journee est essentiellement destinee a conscientiser et a sensibiliser davantage le citoyen beninois a ses droits et devoirs. A cette fin, il est prevu !'organisation de diverses manifestations. j
19 o Decret no 98-155 du 27 Avril 1998 portant creation de Ia Commission Nationale pour Ia mise en c:euvre du Droit International Humanitaire (DIH). Les attributions de cette Commission consistent entre autres a encourager Ia promotion et le respect du Droit International Humanitaire, a coordonner les activites dans ce domaine au Benin, de proceder a Ia diffusion, a l'enseignement eta Ia vulgarisation du Droit International Humanitaire. • La note de service no 366/MENRS/CAB/DC/SA du 15 Septembre 1997. Cette note de service du Mlnistre de !'Education Nationale et de Ia Recherche Scientifique instruit les cadres des etablissements scolaires de prendre toutes les dispositions utiles en vue d'introduire les droits de l'homme dans les programmes d'enseignement. 2.- Les activites de promotion - Au titre de ces activites figurent notamment un certain nombre de reunions et manifestations diverses portant sur les droits de l'homme dont on peut retenir : * Ia tenue a Porto-Novo du 26 Octobre au 1er Novembre 1997 de Ia 4eme session regionale africaine de formation a !'education aux droits de l'homme et a Ia paix pour les enseignants (es) des ecoles primaires, secondaires et professionnelles. Organisee par le Centre International de Formation a I'Enseignement des Droits de !'Homme et de Ia Paix (CIFEDHOP) en collaboration avec le Ministere de Ia Justice, de Ia Legislation et des Droits de I'Homme et du Ministere de Education Nationale et de Ia Recherche Scientifique, cette session a connu Ia part'tcipation de pres de cent enseignants dont une quarantaine de beninois. • les manifestations nombreuses et diverses organisees par le Gouvernement beninois, en partenariat avec le PNUD et des ONG beninoises, pour commemorer le 50eme anniversaire de Ia Declaration Universelle des Droits de I'Homme en 1998. S'etalant sur un mois, ces manifestations ant consiste en des seminaires departementaux, des conferences-debats dans des lycees et colleges, un debat televise sur les droits de l'homme, un colloque portant sur "l'universalite et l'actualite de Ia Declaration Universelle des Droits de I'Homme", des campagnes d'affichage, !'edition et le distribution gracieuse du texte de Ia Declaration en fran9ais et en langues nationales
20 111.- Obstacles a Ia promotion eta Ia protection des droits de l'homme au Benin AI- Obstacles a Ia promotion des droits de l'homme Les obstacles a Ia promotion des droits de l'homme se situent notamment au plan organisationnel, au plan des ressources humaines et au plan financier. Au plan organisationnel, !'absence jusqu'a ce jour d'une strategie ou d'un plan d'action global du Gouvernement pour assurer Ia diffusion et l'enseignement des droits de l'homme conformement a !'article 40 de Ia Constitution ne contribue pas a une action coherente elficace de promotion. Cela se traduit le plus souvent par un manque de coordination des dilferentes activites menees tant par le Gouvernement que par les ONG. Par ailleurs, Ia multipliCite des ONG nationales - une centaine actuellement - se preoccupant des questions des droits de l'homme peut constituer un frein a une promotion de qualite desdits droits : certaines de ces ONG ne semblent pas bien outillees pour assurer Ia promotion des droits de Ia personne. Au plan des ressources humaines, il faut souligner Ia dilficulte d'identifier des personnes ressources specialistes ou qualifiees en matiere de droits de l'homme en nombre sulfisant pour promouvoir lesdits droits. Cette dilficulte concerne egalement les locuteurs des langues nationales. Au plan financier, on note une insulfisance des ressources allouees a Ia promotion des droits de l'homme. B/- Obstacles a Ia protection des droits de l'homme La protection des droits de l'homme ne peut devenir une realite que si leur promotion a ete prealablement assuree. L'ignorance par les individus de !'existence meme de leurs droits constitue le principal obstacle a leur protection. A cela s'ajoute Ia crainte de certains a reclamer Ia protection des droits qui leur sont olficiellement et solennellement reconnus. Autre obstacle a Ia protection des droits de l'homme, l'insulfisance quantitative du personnel judiciaire : seulement 150 magistrats pour une population de 5.500.000 habitants, ce qui entralne une lenteur assez prononcee dans !'administration sereine de Ia justice et partant une crise de confiance du citoyen beninois a l'egard de Ia Justice.
21 IV.- Solutions envisagees pour accroitre Ia promotion et Ia protection des droits de l'homme au Benin N- En matiere de promotion des droits de l'homme Les mesures suivantes sont de nature a accroitre Ia promotion des droits de l'homme : * L'adoption par le Gouvernement d'un plan d'action national de promotion des droits de l'homme. Ce plan d'action triennal ou quinquennal prendra notamment en consideration les preoccupations contenues dans !'article 40 de Ia Constitution (diffusion- enseignement ... ). II s'agira d'un plan d'action integre qui tienne compte des activites des ONG interessees Ia promotion des droits de l'homme, ce qui implique que lesdites ONG soient associees a son elaboration~ a Une attention particuliere sera consacree a Ia promotion des droits de l'homme dans les principales langues nationales afin d'atteindre une importante partie de Ia population. * L'aide de I'Etat aux ONG des droits de l'homme dans le domaine de Ia formation de leurs membres, de leur recyclage et de leur perfectionnement, dans le domaine de Ia documentation, de !'edition de manuels specialises ... * La creation d'un Comite National charge de !'elaboration et de Ia mise en ceuvre du plan d'action national pour !'education aux droits de l'homme dans le cadre de Ia decennie des Nations Unies pour !'education aux droits de l'homme ( 1995-2004 ). 8/- En matiere de protection des droits de l'homme Poursuivre !'application du programme du Gouvernement relatif a Ia Justice et visant notamment !'amelioration des conditions materielles de l'exercice de Ia Justice, le recrutement du personnel judiciaire, sa formation et son perfectionnement. Accelerer Ia procedure judiciaire en ce qui concerne Ia violation des droits de Ia personne humaine et veiller a !'execution effective des decisions judiciaires concernees afin de rendre plus credible Ia justice aux yeux de tout citoyen beninois./.

Created 17 sept. 2026 · Edited 17 sept. 2026