Rapports de Mission

Projet de rapport de mission de la commissaire Salamata Sawadogo, présidente de la commission africaine des droits de l'homme et des peuples, en République du Congo - du 18 au 24 octobre 2004

Promotion mission report Congo_ 18-23 oct 2004-fr.pdf
AFRICAN UNION UNION AFRICAINE UNIÃO AFRICANA African Commission on Human & Peoples’ Rights Commission Africaine des Droits de l’Homme & des Peuples Kairaba Avenue, P. O. Box 673, Banjul, The Gambia Tel: (220) 4392 962; Fax: (220) 4390 764 E-mail: achpr@achpr.gm; Website: http://www.achpr.org COMMISSION AFRICAINE DES DROITS DE L'HOMME ET DES PEUPLES PROJET DE RAPPORT DE MISSION DE LA COMMISSAIRE SALAMATA SAWADOGO, PRESIDENTE DE LA COMMISSION AFRICAINE DES DROITS DE L'HOMME ET DES PEUPLES, EN REPUBLIQUE DU CONGO (du 18 au 24 octobre 2004)
SOMMAIRE I. INTRODUCTION II. TERMES DE REFERENCE DE LA MISSION DE PROMOTION EN REPUBLIQUE DU CONGO III. DEROULEMENT DE LA MISSION A. ARRIVEE DE LA DELEGATION ET ORGANISATION DU TRAVAIL B. CONSULTATIONS ET VISITES DE LIEUX IV. CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS A- CONCLUSIONS B- RECOMMANDATIONS 2
PROJET DE RAPPORT DE MISSION DE PROMOTION DE LA COMMISSAIRE SALAMATA SAWADOGO, PRESIDENTE DE LA COMMISSION AFRICAINE DES DROITS DE L’HOMME ET DES PEUPLES, EN REPUBLIQUE DU CONGO 18 – 24 OCTOBRE 2004 I- Introduction : 1. Dans la mise en oeuvre de son mandat de promotion et de protection des droits de l’homme et des peuples dans les Etats Parties à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (la Charte Africaine), la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (la Commission Africaine, la CADHP) accorde une attention toute particulière à l’évolution de la situation des droits de l’homme dans lesdits Etats, qu’elle s’efforce de suivre d’aussi près que possible. 2. Par conséquent, chaque fois que cela est possible, les Membres de la Commission Africaine effectuent des missions de promotion (ou de protection) dans les Etats Parties en vue de discuter avec les autorités gouvernementales, les responsables/membres des organisations de la société civile, en particulier les ONG des droits de l’homme, les agences spécialisées du système des Nations Unies et autres acteurs intéressés, de questions relatives aux droits de l’homme et des peuples. 3. C’est dans ce cadre que la Commissaire Salamata Sawadogo, Présidente de la Commission Africaine, a effectué, du 18 au 24 octobre 2004, une mission de promotion en République du Congo. Ladite mission s’est déroulée selon les Termes de Référence préparés à cet effet et dont la substance apparaît dans la section suivante de ce rapport. 4. La mission en République du Congo s’est déroulée de façon satisfaisante et la Commissaire Salamata Sawadogo tient à exprimer très ses sincères remerciements et sa gratitude au Gouvernement congolais, en particulier à SE Me Jean-Martin Mbemba, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme de la République du Congo, pour les bonnes dispositions qu’il a prises en vue de garantir le succès de la mission. II- Termes de référence et observations préliminaires : A. Termes de référence et cadre juridique de la mission : A1- Termes de Référence de la mission 5. La mission de la Commissaire Salamata Sawadogo en République du Congo visait en substance, les objectifs ci-après : • Porter à la connaissance des autorités politiques congolaise, l’information sur la Charte Africaine et sur les activités de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples ; • Encourager la République Congolaise à continuer de prendre une part active aux travaux de la Commission Africaine y compris les Sessions et séminaires organisés par la Commission ; 3
• Vulgariser la Charte Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples auprès des ONG, des associations de femmes, partis politiques, syndicats, organisations de presse et autres acteurs ; • Sensibiliser le Gouvernement Congolais sur la nécessité de ratifier certains instruments de droits de l’homme comme la Charte Africaine des Droits et du Bien-Etre de l’Enfant, le Protocole portant Création d’une Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples et le Protocole Relatif aux Droits de la Femme en Afrique ; • Encourager le Gouvernement Congolais à donner plein effet aux instruments des droits de l’homme déjà ratifiés, en particulier la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples ; • Insister sur la nécessité pour le Congo de présenter dans les meilleurs délais, son Rapport Périodique en retard, à la Commission Africaine ; • Sensibiliser le Gouvernement et tous les autres acteurs sur la nécessité de mettre en place des conditions et mécanismes favorables à la promotion et à la protection des droits de l’homme et des peuples dans cet Etat. En particulier, plaider afin que les ressources nécessaires soient allouées à la Commission Nationale des Droits de l’Homme du Congo afin qu’elle soit opérationnelle ; • Encourager le Gouvernement et les acteurs intéressés de la société civile, en particulier les ONG et les partis politiques, à travailler en partenariat et dans un esprit de dialogue constructif à la promotion et la protection des droits de l’homme en République du Congo ; • Recueillir des informations relatives à la mise en œuvre des principes relatifs au droit à un procès équitable et à l’assistance judiciaire, la liberté d’expression ; • Exprimer au Gouvernement Congolais et tous les acteurs à rencontrer, la disponibilité de la Commission Africaine à jouer pleinement le mandat que lui confère la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples en plaçant ses services à la disposition des autorités et des autres acteurs pour la promotion et la protection des droits de l’homme en République du Congo. 6. La mission était composée de la Commissaire Salamata Sawadogo, Présidente de la Commission Africaine, chef de délégation, et de Monsieur Robert Kotchani, Juriste au Secrétariat de la Commission Africaine. III- Déroulement de la mission : 7. Durant la mission, la délégation a tenu des audiences avec diverses personnalités du Gouvernement et des organes de l’Etat. Elle a également tenu des réunions avec divers représentants d’organisations de la société civile, notamment des ONG, des partis politiques et de la presse. Journée du 17 octobre 2004 : • Rencontre avec M. Aloys Bayingana, représentant des réfugiés Rwandais et Burundais dans le cap de Kintele 8. M. Bayingana a déclaré que le camp existe depuis 1997 et était installé à Bilolo avant d’être transféré à Kintélé, suite aux violences successives que la région a connus. Les 4
réfugiés qui vivent dans le camp sont des Rwandais et des Burundais qui ont fui les événements violents et tragiques ayant eu lieu au Rwanda, et au Burundi. Initialement les réfugiés étaient au nombre de 3000 avant la guerre civile que le pays hôte a connu en 1997. mais ce nombre a atteint 4413 après ladite guerre. L’assistance humanitaire était dispensée aux réfugiés au début de leur installation dans le camp mais il y a eu un arrêt, le 25 décembre 1999, dans la fourniture de cette assistance et les réfugiés se sont dispersés. En septembre 2004, le camp comptait 815 réfugiés, y compris des Congolais mariés à des réfugiées ou vice versa (il existerait 27 couples mixtes de ce genre dans le camp). 9. Seuls les réfugiés les plus vulnérables sont restés au camp (malades, handicapés, enfants non accompagnés, etc.). L’ancien régime du pays hôte (le régime du Président Pascal Lissouba) avait décidé du rapatriement des réfugiés mais cette décision n’a pas été mise en œuvre et, faute d’assistance humanitaire, les réfugiés survivent en fabriquant du charbon et en coupant du bois de chauffe qu’ils revendent aux populations locales, ce qui pose un très sérieux problème à l’environnement. 10. La sécurité du camp est organisée et assurée par les réfugiés eux-mêmes, qui règlent les problèmes survenant entre eux à l’amiable. Le cas échéant, ils recourent à la police. Le camp ne dispose ni d’eau potable, ni de dispensaire. Une école en tôles et bâches y est bâtie et est animée par les réfugiés qui étaient des enseignants ou qui ont des connaissances dans ce domaine. L’ambassadeur de Belgique qui avait plaidé pour la construction de cette école auprès de l’UNICEF, avait alors fait don de matériaux. Et les réfugiés se sont chargés de la construction. Environ 242 élèves fréquentent l’école et sont encadrés par 8 enseignants. Quelques enfants congolais fréquentent l’école. 11. A la question de savoir pourquoi a t-on coupé l’assistance alimentaire, le responsable du camp a répondu que le HCR avait déclaré ne plus avoir les moyens d’assister les réfugiés. Quant la question de savoir pourquoi les réfugiés ne rentrent pas chez eux, le responsable du camp a répondu que les réfugiés suivent l’état de l’évolution de la situation dans leurs pays et que quelques-uns sont déjà rentés. Journée du 18 octobre 2004 • Audience avec SE M. Jean Martin Mbemba, Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme 12. Le Ministre a remercié la délégation pour avoir effectué le déplacement sur Brazzaville et en particulier pour la visite de son département. Il a présenté les membres de son cabinet ainsi que les attributions des uns et des autres. Il a tenu à préciser que deux de ses collaborateurs sont également membres de la CNDH, dont il a rapidement donné les attributions en insistant sur le fait que la loi portant création de la CNDH est avant-gardiste. 13. La Commissaire Salamata Sawadogo a remercié le Ministre pour cette audience et lui a demandé de bien vouloir transmettre ses sincères remerciements à l’équipe qui avait accueilli la délégation à l’aéroport, malgré le retard du vol. elle s’est déclarée heureuse d’être à Brazzaville car les autres occasions d’effectuer la mission, n’avaient pu être honorées pour diverses raisons. La Commissaire a insisté sur le fait que la mission vise à promouvoir la Charte et la Commission Africaine et s’informer sur la situation générale des droits de l’homme dans le pays. 5
14. En félicitant le Congo pour avoir créé une CNDH, la Commissaire a encouragé le Ministre à tout mettre en œuvre afin que cette institution soit opérationnalisée dans les meilleurs délais. 15. Abordant le retard accusé par le Congo dans la présentation de ses rapports à la Commission Africaine, la Commissaire a encouragé le Ministre à combler ce retard afin d’informer la Commission Africaine sur les efforts accomplis en vue de donner effet aux dispositions pertinentes de la Charte. 16. La Commissaire a également appelé l’attention du Ministre sur la ratification de certains instruments régionaux relatifs aux droits de l’homme tels que le Protocole relatif à la Cour Africaine des droits de l’Homme et des Peuples, le Protocole relatif aux Droits de la Femme en Afrique. 17. La Commissaire Sawadogo a enfin demandé l’état de l’évolution du dialogue entre le gouvernement et les différentes composantes de la société civile, notamment les partis politiques, les ONG des droits de l’homme, les syndicats et autres. 18. Le Ministre a déclaré que les efforts nécessaires seraient accomplis en vue de la préparation et de la présentation du rapport périodique de la République du Congo à la Commission Africaine. Reconnaissant que les ONG n’avaient pas été associées à la préparation du rapport initial, il a dit que les dispositions sont désormais prises en vue d’associer les ONG à la préparation du prochain rapport. Le Ministre a en outre expliqué que depuis que l’actuel régime est aux affaires, un travail énorme a été accompli dans le domaine de la ratification des instruments régionaux et internationaux relatifs aux droits de l’homme : Convention des Nations Unies contre la Torture, statuts de la Cour Pénale Internationale, etc. Quant aux instruments pendants dont la Commissaire a parlé, le Ministre a déclaré que les actions nécessaires sont en cours en vue de leur ratification. C’est le cas de la Convention contre le Crime organisé, a t-il poursuivi, assurant que la volonté de faire mieux est affirmée. 19. Le projet de Programme que le Secrétariat de la Commission Africaine avait préparé pour la mission a été étudié et complété avec des suggestions du Ministre et de la mission. • Rencontre avec SEM Rodolphe Adada, Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération 20. La Commissaire Sawadogo a présenté la délégation qu’elle conduit ainsi que la Commission Africaine, son mandat et son fonctionnement. Elle a en outre exhorté la République du Congo accélérer le processus de ratification de certains instruments importants comme le Protocole relatif aux Droits de la Femme en Afrique et le Protocole portant création d’une Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples 21. Se félicitant de la participation du Congo aux Sessions de la Commission Africaine, la Commissaire a encouragé le Congo à continuer dans ce sens. Elle présenté au 6
Ministre le projet de programme que le Secrétariat a préparé pour la mission et qui a déjà été discuté avec le Ministre de la Justice. 22. Reconnaissant les grands efforts accomplis en vue de rétablir la situation des droits de l’homme au Congo, pays en situation post conflit, la Commissaire a déclaré que la Commission Africaine était entièrement disposée à accompagner le processus. Elle a en outre attiré l’attention du Ministre sur la nécessité pour le Congo de rattraper le retard dans la présentation de son rapport périodique à la Commission Africaine. 23. Mme Sawadogo a également encouragé le Congo à rendre opérationnelle la Commission Nationale des Droits de l’Homme, créée depuis plus d’un an mais qui reste encore inactive. Elle a en outre exhorté le Congo à associer la Commission Africaine aux activités relatives aux droits de l’homme. 24. Le Ministre a reconnu que le Congo devait effectivement présenter son rapport à la Commission Africaine. Il a assuré la délégation que les dispositions seraient prises en vue de rattraper ce retard. Quant aux institutions «en veilleuse», le Ministre a ajouté que c’est un problème de budget qui empêche ces institutions de fonctionner. Toutefois, a t-il précisé, le budget en discussion prévoit que ces institutions commencent à fonctionner dès 2005. 25. Le Ministre et la Commissaire sont convenus que la promotion et la protection des droits de l’homme est tant l’affaire de l’Etat que des organisations de la société civiles, notamment les ONG. Le Ministre a déploré le fait que certaines ONG se comportent comme des organisations d’opposition, ce qui rompt le contact et la confiance entre les deux. Il a encouragé la Commission Africaine à rappeler cela aux ONG. 26. Evoquant les « actes de justice » exercés par les populations elles-mêmes (vindicte populaire) ou accusations de sorcelleries qui conduisent les populations à exécuter les présumés sorciers, le Ministre a déclaré que ces actes doivent être dénoncés aussi par les ONG. 27. La Commissaire Sawadogo a évoqué la présentation des rapports annuels d’activités de la CADHP au sommet des chefs d’Etats et de gouvernements et insisté sur la nécessité de leur adoption par la Conférence en vue de permettre leur publication. • Rencontre avec les Organisations Non Gouvernementales des droits de l’homme1 28. La Commissaire Salamata Sawadogo a expliqué en détail à l’audience, le système africain des droits de l’homme : contenu de la Charte Africaine, composition, mandat et activités de la Commission Africaine, activités de promotion et de protection (Sessions, missions dans les Etats Parties, séminaires, etc.), et autres. La Commissaire a surtout mis l’accent sur le fait que la Commission Africaine a pour objectif de promouvoir une culture de respect des droits de l’homme et des peuples en Afrique et qu’elle exécute ce mandat en étroite coopération avec les Etats, les Institutions Nationales des Droits de l’Homme, les agences spécialisées des droits de l’homme ainsi que les ONG nationales et internationales des droits de l’homme. 1 Voir la liste de présence en annexe 7
29. Mme Sawadogo a expliqué la procédure d’examen des rapports initiaux/périodiques en insistant sur l’importance de cet exercice qui est accompli en séance publique et qui permet à la Commission et à tous les participants de s’informer sur les efforts accomplis et ce qui reste à faire par les Etats Parties dans la mise en œuvre de la Charte. A cet égard, la Commissaire a encore sollicité l’assistance des ONG dans la promotion et la protection des droits de l’homme au sein des Etats, dans un esprit de dialogue et de concertation pour plus d’efficacité dans le travail. 30. La Commissaire a également mis l’accent sur les activités de protection, notamment la procédure de communications devant la Commission Africaine, en insistant sur le fait que ces plaintes ne doivent être envoyées à la Commission que lorsque les recours locaux sont épuisés. 31. En vue de permettre la participation effective des ONG dans les activités de la Commission Africaine, la Commissaire Sawadogo a encouragé les ONG à solliciter le statut d’observateur auprès de la Commission. Elle a expliqué en détails, les éléments qu’il faut pour constituer un dossier et a exhorté les ONG qui le souhaitent, à constituer un dossier que la délégation pourrait acheminer sur Banjul, pour examen dès que possible par la Commission Africaine. 32. Les ONG ont brièvement exposé les activités auxquelles elles se consacrent, remercié la mission pour l’intérêt de la Commission Africaine pour les droits de l’homme au Congo. Certaines ont regretté que l’information relative à la mission n’ait pas été diffusée à temps, ce qui n’a pas permis de sensibiliser toutes les ONG à la réunion de ce jour. Les ONG ont également posé quelques questions concernant la mise en œuvre de la mission de la Commission Africaine, en particulier avec l’Etat congolais, la représentativité des ONG congolaises auprès de la Commission Africaine, critères observés dans la création de la Commission Africaine. Certaines ONG ont déploré le manque de contact avec le Secrétariat de la Commission Africaine, les limitations contenues dans le Protocole relatif à la Cour en ce qui concerne l’accès des ONG, l’indépendance de la Commission Africaine par rapport aux pressions éventuelles des Etats, le problème des ratifications d’instruments, non suivies d’effet sur le terrain. D’autres ONG ont déploré la pauvreté des peuples du Congo malgré les immenses ressources. 33. Les ONG ont déploré les problèmes financiers et matériels auxquels la Commission est confrontée ainsi que le manque de publicité sur les instruments régionaux des droits de l’homme, en particulier la Charte. Les ONG ont demandé qu’une stratégie soit définie pour permettre la participation des ONG africaines aux activités de la Commission Africaine. Elles ont demandé que l’Etat associe les ONG à la rédaction des rapports initiaux/périodiques. Ainsi, souhaitent-elles être informées à temps afin que celles qui veulent y contribuer puissent le faire 34. Certaines ONG ont insisté sur le fait que le gouvernement n’étant pas toujours disposé à poser les vraies questions dans le domaines des droits de l’homme, il devient difficile aux ONG d’accepter d’être des faire-valoir de rapports qui passent sous silence des violations graves des droits de l’homme. Les participants ont également voulu savoir le type de partenariat que la Commission Africaine peut avoir avec les Institutions Nationales des Droits de l’Homme. 35. Dans sa réponse, la Commissaire Sawadogo a déclaré que le Congo, comme tous les Etats africains, retiennent l’attention de la Commission Africaine qui suit de très près 8
l’évolution de la situation des droits de l’homme sur le terrain. Elle a rappelé que 2 citoyens congolais ont déjà siégé à la Commission Africaine. En ce qui concerne l’indépendance des membres de la Commission, la Commissaire a déclaré que la Charte règle clairement la question et que l’institution est très jalouse de son indépendance qu’elle sauvegarde dans l’exercice de son mandat 36. Mme Sawadogo a en outre rappelé que les ressources de la Commission Africaine ne sont pas suffisantes pour lui permettre de manifester une présence régulière dans tous les Etats Parties. A cela, a t-elle précisé, s’ajoutent d’autres problèmes propres aux Etats, qui ne réagissent pas toujours favorablement ou rapidement aux demandes de la Commission d’y effectuer des missions. Elle a renouvelé son appel aux ONG afin qu’elles collaborent plus étroitement avec le gouvernement et la Commission Africaine dans le domaine de la promotion et de la protection des droits de l’homme, en présentant à temps, le cas échéant, des rapports alternatifs. 37. La Commissaire a informé l’assistance que la Commission a créé le statut d’affilié pour les CNDH afin de développer un partenariat actif avec ces dernières. Elle a émis le souhait que la CNDH du Congo soit opérationnelle dans les meilleurs délais afin de remplir le rôle qui est le sien et qu’elle se mette en relation avec la Commission Africaine. Elle a terminé en insistant sur l’importance du partenariat que la Commission entretient avec les ONG africaines et internationales. 38. Il a été également question des relations entre la Commission Africaine et des ONG non africaines. La commissaire a expliqué l’intérêt de ces relations en indiquant que le critère essentiel est la promotion et la protection des droits de l’homme en Afrique. Journée du 19 octobre 2004 • Rencontre avec des membres de la Commission Nationale des Droits de l’Homme2 39. La Commissaire Sawadogo a présenté les objectifs de sa mission en République du Congo. Elle a enfin brièvement informé les membres présents des contacts que la délégation a déjà eues durant la mission et a demandé à être informée sur la CNDH : ses garanties d’indépendance, ses moyens de fonctionnement, son organisation, sa composition, son mandat, les handicaps éventuels, etc. 40. Les membres de la CNDH ont déclaré que la CNDH est une institution constitutionnelle, multisectorielle dans sa composition3 et dont la loi fixant les modalités de fonctionnement a été votée courant 2003. la CNDH a le pouvoir d’auto saisine et le législateur a veillé à ce que la CNDH puisse faire son travail sur le terrain. Les ONG ou particuliers peuvent la saisir et elle a d’importants pouvoirs en matière de promotion et protection des droits de l’homme. Les Commissaires ont insisté sur le fait que sur le plan textuel, les choses sont bien faites mais que la réalité est plus difficile car la CNDH est confrontée à des difficultés d’ordre matériel. Absence de siège, personnel, moyens matériel, etc. il s’ensuit qu’elle n’est pas fonctionnelle, comme bien d’autres organes ou institutions prévues à l’effet de promouvoir et protéger les droits de l’homme. 2 Voir la liste des Commissaires présents en annexe. 3 Les représentants de la société civile (voix délibérative) et du gouvernement (voix consultative) siègent à la CNDH. 9
41. Les ressources budgétaires mises à la disposition de la CNDH servent uniquement à payer les émoluments des membres. Or la CNDH est installée depuis août 2003. Les membres de la CNDH s’efforcent d’assister à des réunions internationales et préparent les textes de fonctionnement de l’institution. 42. Il semble toutefois que les autorités au plus haut niveau, aient pris la mesure du défi et que les actions nécessaires seront bientôt prises en vue d’assurer le démarrage des activités de la CNDH. 43. Sur la question d’indépendance de la CNDH, les Commissaires ont déclaré que les textes le prévoient mais que la pratique doit également le confirmer. Or la CNDH n’est pas encore opérationnelle. Les Commissaires ont demandé que les pressions nécessaires soient exercées sur les autorités afin que cesse cette situation de non fonctionnement de la CNDH, qui apparaît comme une institution de façade depuis plus d’un an. 44. Madame Sawadogo a déclaré qu’il faut que la CNDH commence à fonctionner afin qu’elle remplisse le rôle qui lui est assigné. Elle a ajouté qu’il n’est pas suffisant de payer les Commissaires à ne rien faire, et qu’elle en parlerait aux autorités concernées. Elle s’est félicitée du fait que les dispositions créant la CNDH figurent dans la Constitution, ce qui est gage de sa pérennité et de son indépendance. 45. La Commissaire a exhorté la CNDH à participer aux assises de la Commission Africaine et une fois opérationnelle, à demander le statut d’affiliée afin d’entretenir une coopération plus étroite avec cette dernière. 46. Certains Commissaires ont posé des questions sur les ressources et moyens de fonctionnement de la Commission Africaine, les critères d’éligibilité à la Commission Africaine, le partenariat avec la Commission Africaine et d’autres institutions, les possibilités de stages, l’organisation de séminaires, etc. 47. La Commissaire Sawadogo a répondu à ces questions en se référant aux textes existants et à la pratique tant au niveau de la Commission Africaine qu’au niveau d’autres institutions travaillant dans le domaine des droits de l’homme. Elle a notamment invité la CNDH à se rapprocher du Secrétariat pour proposer d’accueillir certains séminaires et pour obtenir des informations utiles. • Audience avec SEM Jean-Pierre Thystère Tchicaya, Président de l’Assemblée Nationale 48. La Commissaire Sawadogo a remercié le Président pour l’audience et l’a informé en détails sur la Commission Africaine et ses activités. Elle a insisté sur l’importance que la Commission accorde au dialogue constructif avec les Etats Parties, qui motive, les missions de promotion comme celle en cours. La Commissaire a en outre informé le Président que certaines conventions, notamment le Protocole portant création d’une cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples et le Protocole relatif aux Droits de la Femme en Afrique, que le Congo doit ratifier. 49. Le Président a remercié la délégation pour avoir effectué la mission au Congo et l’a assuré de ce que le Parlement reste disposé à ratifier les conventions que le 10
Gouvernement a signées et que les deux instruments cités plus haut, seraient ratifiés dès que possible. 50. La Commissaire a précisé au Président qu’il est important qu’en ratifiant le Protocole relatif à la Cour, le Congo fasse la déclaration de l’article 34 qui permettra aux ONG d’accéder à la Cour. 51. Le Président a recommandé à la délégation de rencontrer les membres des ONG et de la CNDH et la Commissaire a déploré le fait que la CNDH n’est toukours pas fonctionnelle. Elle a encouragé les autorités à faire en sorte que la CNDH soit opérationnelle. Le Président a reconnu l’importance du démarrage effectif des activités de la CNDH, qui conditionne l’assistance d’organismes intéressés. 52. Le Président a demandé le contenu que la Commission Africaine donne aux droits de l’homme et la Commissaire a cité : droit à la vie, sécurité, alimentation, expression, bref, tout ce dont un homme a besoin pour se sentir libre. Pas de développement sans droits de l’homme. Raison pour laquelle la Commission Africaine encourage les ONG et autres partenaires de la société civile à travailler main dans la main avec le Gouvernement, dans un esprit d’objectivité réelle, sans politiser les questions. 53. Toutefois, a poursuivi la Commissaire, la responsabilité première de respect des droits de l’homme revient à l’Etat, qui doit faire rapport à la Commission Africaine lors de la présentation des rapports prévue à l’article 62 de la Charte Africaine. 54. Le Président a suggéré qu’à l’avenir, les missions de la Commission Africaine soient annoncées à l’avance afin que soit organisée une rencontre de la délégation avec les députés siégeant, pour leur expliquer le travail de la Commission Africaine. Il a insisté sur le fait que le dialogue est nécessaire entre le Gouvernement et l’Assemblée Nationale. 55. La Commissaire Sawadogo a demandé ce qu’il en était de la situation dans la région du Pool ? le Président a répondu que la crise politique et militaire qui a porté au pouvoir l’actuel régime a encore des conséquences dont la situation au niveau de la région du Pool. Les négociations et accords successifs n’ont pas permis le retour des militaires rebelles à rallier la République. Malgré les dispositions montrées de part et d’autres, le chef rebelle du Pool, M. Bissangou alias ‘‘Pasteur Ntumi’’, est resté dans son fief et les jeunes armés qui se réclament de lui, désorganisent le trafic ferroviaire entre Brazzaville et Pointe Noire, ce qui affecte négativement l’approvisionnement de la Capitale en vivres et autres produits. Ces produits devant venir de Point Noire par avion, il y a un surcoût que les populations supportent de plus en plus mal. 56. A la demande de la Commissaire Sawadogo sur la fin de la crise, le Président a répondu que la situation n’est pas claire au niveau des intentions du pouvoir car des armes acquises par le Gouvernement se retrouvent chez les rebelles. L’existence de complicités semble évidente. Or les populations sont les perdantes dans l’affaire : cherté de la vie, désorganisation de la scolarité des enfants, violences sur les civils, difficulté de mouvements, etc. Le Président a toutefois écarté la solution militaire pour régler ce conflit car, dit-il, cette option a montré ses limites depuis toujours. 11
Journée du 20 octobre 2004 : ➢ Rencontre avec M. Ernest Apani, Directeur de Cabinet du Ministre de l’Enseignement Primaire et secondaire chargé de l’alphabétisation. 57. La Commissaire Sawadogo a présenté la Commission Africaine et le cadre de sa mission en République du Congo. Elle a dit que le Ministère de l’Education étant un Ministère clef, la délégation a jugé nécessaire de rencontrer les autorités en vue de savoir les mesures prises pour garantir la jouissance de ce droit aux populations congolaises. 58. Le Directeur de Cabinet a déclaré que le taux de scolarisation au Congo est de 78%, ce qui est l’un des meilleurs en Afrique, et que l’éducation est obligatoire jusqu’à 16 ans, sans discrimination entre filles et garçons, même si les filles ont des problèmes spécifiques. 59. A la demande de la Commissaire de savoir ce qui est fait pour surmonter les ‘problèmes spécifiques’ des filles, le Directeur a répondu que les mentalités ont changé et que les filles sont envoyées à l’école au même titre que les garçons. Quant aux enfants déscolarisés, c’est une conséquence des conflits qu’a connu le pays et où des écoles ont été détruites ou mis hors d’usage. En raison de la guerre, des consignes ont été données afin que chaque enfant qui présenté à une école soit accepté sans considération du principe de la limite d’âge. La scolarité n’est pas gratuite mais les frais se résument à une contribution des parents. Les départements les plus touchés par la guerre bénéficient d’un taux de contribution scolaire qui est de la moitié de ce qui est exigible sur le territoire national4. 60. Le Directeur de Cabinet a précisé que l’Etat n’a pas prévu la prise en charge des enfants souffrant de handicap mental mais que des religieux ont créé des écoles spéciales pour ces enfants et leur dispensent des formations adaptées à leur situation, à Brazzaville et à Mbeh. Quant aux enfants de la rue, l’Etat n’a pas de structures chargées de leur encadrement. Des ONG s’en chargent. 61. La Commissaire Sawadogo a demandé ce qui est fait pour assurer l’éducation des minorités tels les pygmées du Congo. Le Directeur de Cabinet a répondu que les enfants pygmées sont scolarisés comme les autres enfants mais que les parents viennent souvent les retirer des écoles durant la période de cueillette, ce qui perturbe la scolarisation des enfants (cas du Département de la Likouala). Il est donc envisagé d’adapter le cycle scolaire au cycle des récoltes dans les régions pygmées. Les problèmes objectifs de pauvreté limitent toutefois les performances de l’enseignement au Congo et des instructions sont données afin que les enfants de parents indigents soient acceptés dans les classes. 62. Au niveau de l’enseignement secondaire, a poursuivi le Directeur, il y a moins de contraintes de places en général, et les élèves sont lieux encadrés car moins nombreux. Les filles abandonnent souvent plus que les garçons, en raison de grossesses ou autres empêchements. En ce qui concerne l’alphabétisation, il y a plusieurs centres par départements (environ 13 centres en tout) qui encadrent les 4 Le montant de la contribution scolaire est de 1500 F CFA dans le secteur public (la moitié est donc 750F CFA). 12
adultes afin de leur permettre de savoir lire et écrire. Les conflits successifs ont perturbé le processus mais la reprise des activités se fait de manière progressive. • 63. D’une façon globale, a précisé le Directeur de Cabinet, en 2003, l’on estimait à quelque 13.382, le nombre total de salles de classes pour 3084 établissements (écoles privées comprises) au Congo. En 1990, il y en avait moins de 9000 classes pour 1935 établissements. Les 681900 écoliers (370748 écoliers et 311152 écolières) qui fréquentent ces classes sont encadrés par 14424 enseignants dont 4495 enseignantes. 64. Quant à la situation dans le domaine de l’alphabétisation, le Directeur de Cabinet a informé la mission de l’existence de 86 centres pour quelque 3356 auditeurs dont 1932 femmes (chiffres de 2003). 65. Evoquant la visite inopinée du camp de réfugiés de Kinkala, la Commissaire a demandé ce que le Ministère fait en direction de l’éducation des enfants du camp. Le Directeur a répondu que ce camp est en dehors des attributions du Ministère qui ne peut agir en sa direction. Du reste, a t-il précisé, le Ministère n’a pas été approché pour agir. 66. La Commissaire a voulu savoir si les pouvoirs publics contrôlent la qualité des enseignements dispensés dans les camps tels que celui de Kintélé, que des enfants congolais fréquenteraient, en disant que cette situation devrait interpeller le Ministère, ne serait-ce que pour s’assurer de la qualité de l’enseignement dispensé dans cette école. Ce à quoi le Directeur a déclaré que des dispositions sont en train d’être prises afin que des inspecteurs visitent les écoles privées afin de vérifier la conformité des programmes enseignés avec les programmes officiels. Quant aux écoles gérées par des réfugiés (nombreuses dans le département de la Likouala), les programmes enseignés sont souvent ceux des pays d’origine et dans ce cas il ne serait pas normal d’empêcher cela ; toutefois il ne convient pas que des enfants devant rester au Congo suivent des programmes autres que ceux officiellement arrêtés. Audience avec M. Joseph Mbossa, Directeur de Cabinet du Haut Commissaire à la Réinsertion des Ex-Combattants 67. Le Directeur de Cabinet a remercié la délégation pour la visite et émis le vœu que la nouvelle formule d’intégration que prône l’Union Africaine devienne une réalité effective. 68. La Commissaire Sawadogo a présenté de manière détaillée la Commission Africaine, sa composition, son fonctionnement et ses objectifs. Elle a précisé que les objectifs spécifiques de sa mission en République du Congo et l’intérêt particulier que revêt la visite au Haut Commissariat à la Réinsertion des Excombattants au Congo, eu égard à l’Histoire récente du pays. 69. Le Directeur de Cabinet a remercié la Commissaire Sawadogo pour les explications fort utiles qu’elle lui a apportées sur la Charte et la Commission. Il a reconnu que les droits de l’homme doivent constituer la préoccupation fondamentale des dirigeants et des peuples africains. A cet égard, a t-il poursuivi, la Commission Africaine a un rôle de premier plan à jouer. Il a évoqué les disparités qui existent dans les considérations et dans les moyens, entre l’Afrique et certains Etats 13
occidentaux et qui montrent que le chemin à parcourir par nos Etats reste encore très long. 70. Abordant la situation particulière du Congo, le Directeur de Cabinet a déclaré que la guerre a causé d’énormes dégâts dans le domaine des droits de l’homme mais que depuis la fin de cette crise, l’Etat de droit se construit progressivement, dans un contexte de pays en développement où toutes les exigences contenues dans les instruments pertinents des droits de l’homme ne peuvent être réalisés (droit à l’emploi, etc.). 71. La Commissaire Sawadogo a demandé la situation particulière des excombattants et comment est opérée leur réinsertion. Le Directeur de Cabinet a répondu que les hommes politiques ont mobilisé les jeunes dans la guerre et ces derniers en ont été victimes et acteurs ; ils se retrouvent désormais avec les armes qui leur avaient été données et qui constituent leurs seuls moyens de subsistance. Il est donc envisagé de les désarmer, les démobiliser et d’assurer leur réinsertion. C’est cela la mission de cette institution. 72. Des avancées significatives ont été enregistrées avec l’assistance du PNUD mais le Pasteur Ntumi pose encore quelques conditions dont la mise en œuvre relève de la compétence du Président de la République. Ntumi avait notamment demandé que soit réglé le problème de son statut en tant que excombattant, vu que ses anciens collaborateurs occupent de hautes fonctions. Il avait aussi demandé à être l’instructeur politique et spirituel des forces armées du Congo, poste qui n’existe pas et que seul le Président pouvait accepter de créer. L’autre problème posé était celui de sa résidence à Brazzaville. 73. Le Chef de l’Etat a donné des instructions en vue de l’aménagement et de l’équipement d’une résidence pour le Pasteur Ntumi mais ce dernier a encore posé comme préalable à son retour à Brazzaville , le problème de la réinsertion des miliciens qui lui sont restés fidèles. Le Congo a réussi à obtenir plus de 730000 Euros auprès de l’Union Européenne pour satisfaire cette exigence mais quand le Gouvernement a demandé la liste des miliciens à réinsérer, le Pasteur a encore posé une autre condition ; celle de la formation d’un Gouvernement d’Union Nationale. 74. Cette exigence n’a pu encore être satisfaite et le chef rebelle se retrouve de plus en plus isolé tant au niveau national qu’au niveau de la communauté internationale et il est à espérer que le Pasteur revienne à la raison. 75. Le Haut Commissariat s’occupe de la prise en charge psychologique des ex-combattants et leur dispense également des formations adaptées à leur situation spécifique. Après, il leur est offert la possibilité de réaliser des activités génératrices de revenus afin qu’ils se prennent complètement en charge. La réflexion est en cours pour la mise sur pied d’une banque de micro crédits pour financer des petits projets en faveur des ex-combattants, en collaboration avec les ONG chargées de les aider à concevoir les projets. 76. A cet égard, la Banque Mondiale a apporté un financement de 5 millions de dollars qui sera disponible en début 2005 ; mais actuellement, environ 9000 jeunes ont déjà bénéficié des subventions du Haut Commissariat, avec un taux de succès de 80%. La stratégie du Haut Commissariat est de donner aux ex- 14
combattants, de quoi leur permettre de se prendre en charge. Ensuite commencera le processus de désarmement. Le Haut Commissariat a voulu éviter de braquer les jeunes en faisant du désarmement un préalable. Une fois occupé, il est envisagé que les ex-combattants remettront plus facilement leurs armes. Plus de 20000 excombattants, y compris des enfants soldats attendent encore de bénéficier de ce processus. L’Union Européenne a accordé un financement de 2 millions d’Euros à cet effet. 77. Une autre préoccupation est la démobilisation des ex-combattants enrôlés dans les forces de sécurité, sans la formation requise. Plus de 6000 agents sont dans cette situation et il est envisagé de les faire sortir de l’armée et de la police, au moyen d’un programme bien adapté à leur cas. 78. Il se pose le problème des critiques de la population qui ne comprend pas que tant de soin soit apporté à des ex-combattants, dont certains sont coupables d’exactions. Il s’agit donc d’expliquer aux populations, le bien-fondé de tous ces efforts envers les ex-combattants. La communauté internationale apporte son assistance à cet égard. Un fond multi-donateur de plus de 500 millions de dollars est prévu pour les Etats de la sous-région qui sont dans cette situation. 79. La Commissaire a remercié le Directeur de Cabinet pour les efforts remarquables accomplis et a plaidé pour que ces efforts soient poursuivis et intensifiés afin que la paix totale et durable, seule gage du développement, revienne au Congo. Elle a insisté pour que l’enseignement de la Charte Africaine fasse partie des formations dispensées aux ex-combattants à réinsérer afin qu’ils connaissent leurs droits et leurs devoirs tels que prescrits par ladite Charte. • Audience avec SEM. Gérard Bitsindou , Président de la Cour Constitutionnelle 80. La Commissaire Salamata Sawadogo a brièvement présenté la Charte, la Commission et ses activités avant de préciser les objectifs de sa mission en République du Congo. 81. Le Président de la Cour Constitutionnelle a remercié la délégation et la Commission Africaine. Il a rendu hommage au travail exaltant que la Commission Africaine accomplit dans une Afrique en proie à de multiples conflits. Il a ajouté que la Constitution actuelle du Congo garantit les droits du citoyen, sous l’œil vigilant de la Cour Constitutionnelle. Il s’ensuit qu’il n’y a pas un seul prisonnier politique ou d’opinion dans le pays, le Chef de l’Etat veillant en personne à cela. Les Organisations Non Gouvernementales vaquent librement à leurs occupations, les journaux paraissent sans censure. 82. La Commissaire Sawadogo a évoqué la question du dialogue nécessaire entre le Gouvernement et les organisations de la société civile sur les questions relatives aux droits de l’homme et a encouragé le Président à veiller à cela en y attirant l’attention les acteurs dans ce domaine, rappelant que le caractère vital de ses fonctions et l’autorité dont il jouit constituent des atouts pour être entendu. 83. Sur la question dite des ‘‘disparus du Beach’’, le Président a assuré que les ONG font les commentaires qu’ils veulent, sans en être inquiétés. Il a ajouté que la position du Gouvernement est qu’un tribunal étranger qui n’a pas la compétence 15
universelle ne saurait traiter d’une question interne au Congo. Le processus suit donc son cours au plan interne sans que le Congo ait quoique ce soit à cacher dans l’affaire. 84. • Le Président s’est toutefois inquiété du fait que tous n’ont pas la même compréhension des principes tels que la démocratie et les droits de l’homme. La Commissaire a mis l’accent sur le fait que tout le monde est concerné même si les dirigeants ont une responsabilité particulière en ce qui concerne la vulgarisation et la protection des principes de démocratie et de droits de l’homme. Elle a en outre félicité le Congo pour sa participation régulière aux activités de la Commission Africaine et a offert l’assistance technique de la Commission pour la mise en œuvre d’activités communes avec le Congo, notamment des séminaires. Elle a aussi évoqué la question des instruments des droits de l’homme que doit ratifier le Congo, la possibilité pour la Commission Africaine de tenir une de ses Sessions en République du Congo. Elle a requis l’assistance du Président pour sensibiliser les autorités compétentes en faveur d’actions positives concernant ces questions. Audience avec SEM. Benjamin Bonkoulou, 2ème Vice Président du SENAT (en présence de quelques uns de ses collaborateurs) 85. La Commissaire Sawadogo a donné l’information sur la Commission Africaine et sur les objectifs de sa mission en République du Congo. Elle a ensuite demandé la situation des droits de l’homme dans le pays et les voies et moyens de l’améliorer, étant donné l’importance du SENAT dans cette noble entreprise. 86. Le 2ème Vice-Président du SENAT a remercié la délégation pour la visite et a déploré le manque d’information sur les activités de la Commission Africaine, tant au niveau des autorités que du grand public, en République du Congo ou en Afrique. Il a sollicité que la documentation complète relative aux activités de la Commission Africaine soit envoyée au SENAT, pour vulgarisation au Congo. Il a aussi demandé quelques explications touchant aux attributions et aux partenaires de la Commission, que la Commissaire lui a apportées en insistant sur la place de la Commission au sein des institutions de l’UA et le rôle des ONG dans le travail de l’institution. La Commissaire Sawadogo a également évoqué la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples qui doit compléter l’action de la Commission en matière de protection. 87. L’assistance a rendu hommage à la mission en insistant sur la bonne place qu’accorde la Constitution du Congo aux droits de l’homme ainsi que les nombreuses structures chargées de la promotion et de la protection des droits de l’homme (Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, CNDH, Commission des Lois, de l’Administration et des Droits Humains du SENAT, ONG et associations diverses, etc.). En matière de protection des droits de l’homme, certains ont insisté sur le fait qu’il n’y a pas de détenus politiques ou d’opinion dans le pays. 88. La Commissaire Sawadogo a déploré le fait que la CNDH existe depuis plus d’un an mais ne fonctionne pas et a plaidé en faveur de la mise à disposition des moyens permettant à cette importance institution d’être pleinement fonctionnelle et remplir les missions qui lui sont assignées. 16
89. Le 2ème Vice-Président du SENAT a opiné que seul le siège manque à la CNDH et que cela ne devrait pas l’empêcher de fonctionner. Evoquant le cas propre du SENAT qui n’a pas beaucoup de moyens mais dont les membres travaillent, il a dit que les membres de la CNDH devraient faire preuve d’imagination et travailler car les moyens du pays ne permettent pas encore de leur donner tout ce qu’il leur faut pour cela. Le fait de ne pas encore disposer d’un siège, a t-il poursuivi, ne justifie pas que la CNDH soit si inactive depuis tout ce temps. La Commissaire a reconnu la pertinence de ces propos tout en insistant sur l’importance du siège. Le 2ème VicePrésident du SENAT a toutefois remercié la Commissaire pour avoir attiré son attention sur la situation de la CNDH qu’il a promis de porter à l’attention des autorités, dans le cadre de son rôle de conseil sur le fonctionnement des institutions de la République. 90. Le Président de la Commission des Lois du SENAT qui est aussi un membre du Parlement Panafricain, a dit que le Parlement Panafricain est conscient des difficultés de la Commission Africaine, qui sont aussi celles de beaucoup d’organes de l’Union Africaine y compris le Parlement Panafricain. Il a promis que le Parlement Panafricain travaillera à vulgariser les activités de la Commission et plaidera en faveur de l’allocation de ressources adéquates pour le fonctionnement de cette dernière. Il a en outre insisté sur l’importance des droits de l’homme et sur la nécessité pour la Commission Africaine d’organiser régulièrement des séminaires en direction des populations et des ONG afin de les informer et de les former sur les questions brûlantes de l’heure en matière des droits de l’homme en Afrique. 91. L’assistance a insisté afin d’avoir la documentation disponible à la Commission Africaine, pour la mettre à la disposition des Sénateurs ainsi que d’autres acteurs afin que tous soient mieux informés sur le système africain des droits de l’homme et des peuples. 92. La Commissaire Sawadogo a évoqué les difficultés financières et matérielles qui handicapent très fortement les activités de la Commission Africaine et qui font que l’institution n’est pas bien connue. Elle a également déploré le fait que l’information sur les droits de l’homme et sur les activités de la Commission Africaine ne circule pas toujours bien entre différents ministères et structures de l’Etat. Elle a encouragé les Sénateurs à aider la Commission Africaine à se faire connaître auprès des populations et des organes des Etats et de l’Union Africaine. Elle a aussi exposé sur les mécanismes créés par la Commission pour s’occuper de questions spécifiques en Afrique : Rapporteurs Spéciaux et Groupes de Travail et Points Focaux. • Rencontre avec les agences spécialisées du système des Nations Unies basées à Brazzaville 93. Cette rencontre que la délégation a fortement souhaitée n’a cependant pu avoir lieu en raison de problèmes de communication entre le PNUD et les services du Ministère de la Justice chargées de l’organiser. Journée du 21 octobre 2004 • Audience avec SE M. Placide Lenga, Premier Président de la Cour Suprême 17
94. Après avoir présenté la Commission Africaine des Droits de l'Homme et des Peuples et les objectifs de sa mission en République du Congo, la Commissaire Sawadogo a demandé au Président, son opinion sur l’évolution de la situation générale des droits de l’homme dans le pays. 95. Le Président a remercié la délégation et s’est déclaré heureux de cette initiative de sensibilisation sur le respect de la Charte Africaine. Il a fait remarquer que le contexte post conflictuel dans lequel se trouve le Congo impose d’examiner la situation dans le pays avec réalisme, des violations des droits de l’homme ayant effectivement eu lieu dans le pays durant les crises et certaine de ces violations continuent d’avoir lieu. Le pouvoir judiciaire, a t-il poursuivi, est par conséquent confronté au contexte de violence et d’impunité. Que peut donc faire la justice devant un enfant de 12 ans a qui l’on a remis des armes et qui en a fait usage et a ôté la vie à d’autres ? Surtout que les armes qui lui ont été remises l’ont été par l’élite de ce pays ? Les rapports de forces en ces moments-là, sont en défaveur de la justice, hélas ! Et l’impunité s’installe, malgré les viols et autres exactions. 96. Le Premier Président de la Cour Suprême a ajouté que seul un contexte de paix durable permet à la justice de faire normalement son travail. L’évolution actuelle du pays vers la paix, permettra alors de faire appliquer le Code Pénal, le Code de Procédure Pénale, le respect des libertés individuelles, etc. Le président a également déploré le fait que le Code Pénal en vigueur au Congo date des années 1950 et ne soit donc pas en phase avec les normes internationales auxquelles le pays est partie. Des infractions tels le trafic de drogue, l’exploitation des enfants, la prostitution,le terrorisme, etc. ne sont pas prises en compte Le Code de Procédure Pénale, quoique datant de 1963 est encore quelque peu en phase avec les réalités congolaises : garde à vue de 48 heures (maximum 72 heures), etc. 97. La Commissaire a demandé si ce Code est appliqué comme il se doit et M. Placide Lenga a répondu que le Procureur de la République a un droit de visite à tout moment, des centres de détention et prisons, et devrait utiliser ce droit pour s’assurer qu’il n’y a pas de détention arbitraire. 98. Reconnaissant que la situation actuelle du pays rend difficile le travail de la justice, la Commissaire Sawadogo a émis l’espoir que les autorités politiques et administratives feront en sorte que « ce qui est juste soit fort et ce qui est fort soit juste » dans la gestion des affaires judiciaires. Si la justice fait bien son travail, à défaut de disparaître complètement, l’impunité se réduira de manière significative. 99. La Commissaire a également demandé le sentiment du Premier Président de la Cour Suprême sur l’indépendance du pouvoir judiciaire. Le Vice Président de la Cour Suprême a répondu que le discours politique en matière des droits de l’homme est cohérent et se réfère aux dispositions pertinentes des instruments des droits de l’homme, y compris la Charte Africaine. Là où le bât blesse, c’est la capacité de la justice à mettre en pratique ces bons principes. L’orateur a reconnu que la guerre a causé énormément de dégâts mais qu’après les accords de paix, les violations ont cessé ou diminué de façon très significative. Il a évoqué l’affaire dite des « disparus du Beach », dont l’instruction est en cours. La Justice, a précisé l’orateur, fait de son mieux pour asseoir son autorité et consolider sa mission de gardienne des libertés. Il a insisté sur le problème de l’intégration dans le droit interne, des normes ratifiées par le pays. Ces normes n’en demeurent pas moins des 18
références pour les acteurs de la justice. Malgré les insuffisances, certaines avancées sont à noter comme la mise en place du Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM). 100. • Répondant à la question précise de l’indépendance de la justice, le Premier Président de la Cour Suprême a déclaré que les lois en disposent clairement ainsi. Les magistrats sont nommés par décret présidentiel, sur proposition du CSM et bénéficient d’une situation salariale très appréciable, ce qui les met à l’abri de certaines tentations. Dans la pratique, les magistrats font en général leur travail sans subir des pressions de la part des autres pouvoirs, même si les brebis galeuses ne manquent pas. Rencontre avec Madame Jeanne Françoise Leckomba Loumeto Pombo, Secrétaire d’Etat auprès du Ministre de l’Agriculture, de l’Elevage, de la Pêche et de la Promotion de la Femme au Développement 101. La Commissaire Sawadogo a fait la présentation de la Commission Africaine et de ses activités de promotion et de protection en insistant sur les objectifs de la mission au Congo. Elle a demandé l’état des droits de la femme au Congo et a informé la Secrétaire d’Etat sur les instruments que le Congo doit ratifier, notamment le Protocole portant création d’une Cour africaine des Droits de l’Homme et des Peuples et le Protocole relatif aux Droits de la Femme en Afrique. 102. En réponse, la Secrétaire d’Etat a remercié la délégation et a déclaré qu’elle rentre d’Addis-Abeba où elle a pris part à une importante réunion sur les femmes et où la question de la ratification du Protocole relatif aux droits de la femme a été posée. Elle a en outre rendu compte des activités que son département a organisées sur cette question (séminaires et autres). Quant à la ratification du Protocole par le Congo, le processus va être bientôt engagé. 103. La Secrétaire d’Etat a aussi parlé d’autres activités organisées avec le concours de partenaires comme les ONG (l’Association des Femmes Juristes), le FNUAP et le PNUD, en vue de former des para juristes pour animer des centre d’aide juridique en faveur des femmes mais aussi des hommes. Ils interviendront par exemple sur des sujets comme les successions, les problèmes rencontrés par les veuves, etc. 104. Le FNUAP¨a en outre assisté le Ministère à sensibiliser les populations sur plusieurs questions comme la nutrition, les maladies sexuellement transmissibles y compris le VIH/.SIDA. La Secrétaire d’Etat a salué la venue de la mission de la Commission Africaine à Brazzaville et a promis rendre compte de cette mission aux populations lors de la vulgarisation du Protocole relatif aux Droits de la Femme en Afrique. Elle a en outre promis faire de son mieux afin que le Congo ratifie rapidement le Protocole, comme il a été le cas pour la CEDEF. Elle a demandé quelques conseils de la Commissaires Sawadogo à cet égard. 105. La Commissaire a expliqué le fonctionnement des mécanismes spéciaux au sein de la Commission en insistant sur les activités de la Rapporteure Spéciale sur les Droits de la Femme en Afrique qui a un Plan d’Action visant la ratification rapide du Protocole sur les droits de la Femme en Afrique. Elle a déclaré que la Rapporteure Spéciale serait heureuse de faire une mission au Congo pour appuyer les efforts dans le domaine de la ratification du Protocole. 19
106. La Secrétaire d’Etat a accueilli avec enthousiasme cette proposition et a déclaré qu’il est envisagé de créer un Observatoire des Droits de la Femme au Congo, avec le concours de la Commission Economique pour l’Afrique. Le Gouvernement, a t-elle poursuivi, s’efforce de respecter les quotas de 1/3 de représentation de la femme dans les institutions de l’Etat. Elle a qualifié de mariage de raison, le fait que le Ministère de l’Agriculture soit couplé avec celui de la femme et dirigé par une femme car les femmes sont celles qui s’occupent de l’agriculture. D’autres femmes, a t-elle ajouté, occupent des postes de haut niveau jadis réservés aux hommes. Elle a plaidé pour que la femme africaine soit plus étroitement associée à la gestion des affaires publiques et a salué la composition équilibrée de la Commission Africaine et de la Commission de l’Union Africaine. 107. A la question de savoir si le lévirat existe au Congo, la Secrétaire d’Etat a répondu que la pratique est en voie de disparition, suite aux combats des femmes. L’Unité des Femme du Parti unique Parti Congolais du Travail (PCT) avait fait un grand travail de sensibilisation sur cette question. Au plan législatif, le Code de la Famille l’interdit. Reste à continuer le travail de sensibilisation des populations sur cette question et sur bien d’autres encore comme le VIH/SIDA. Les lois sont bonnes mais insuffisamment connues et surtout peu appliquées. 108. Sur la question de l’égal accès de l’homme et de la femme à la fonction publique, la Secrétaire d’Etat a répondu que l’égalité est de mise dans ce domaine ; et de poursuivre : « quant aux nominations aux fonctions publiques, les nominations sont encore faibles mais tous les acteurs sont sensibilisés à la question. De plus en plus de compréhension est observée au niveau du secteur privé en ce qui concerne le recrutement des femmes. Les formations politiques sont moins enclines à mettre les femmes en bonne place dans les bureaux politiques et sur les listes électorales mais là comme ailleurs, le combat continue. Certaines femmes ont pu bénéficier d’un logo de la promotion de la femme préparé par nos soins, pour se présenter aux élections, quand les partis n’acceptaient pas de les mettre en bonne place sur les listes électorales. Notre credo est que la complémentarité entre l’homme et la femme soit comprise et appliqué par tous. Tous n’est pas parfait mais des acquis certains ont été obtenus et doivent être consolidés ». • Audience avec SEM Hilaire Mounthault, Médiateur de la République 109. La Commissaire a invité le Médiateur a plaider en faveur d’un appui plus important du Congo aux activités de la Commission Africaine et dans l’organisation de séminaires sur les droits humains. 110. Le Médiateur a déclaré que l’Institution qu’il préside est en place depuis 3 ans et éprouve des difficultés pour remplir sa mission car les notions de démocratie, de bonne gouvernance et de droits de l’homme sont encore nouvelles même si la démocratie pluraliste est théoriquement en cours dans le pays depuis l’orée des années 1990. L’institution n’est pas dotée d’un siège et d’équipements adéquats. Toutefois, en 2003, un total de plus de 6000 réclamations avaient été envoyées au Médiateur par des personnes de toute citoyenneté. 20
• 111. Les plaintes sont examinées et des recommandations adressées aux organes ou institutions mis en causes. Sur 130 saisines des membres du gouvernement, seules 15 réponses ont été obtenues, ce qui oblige à faire intervenir le Chef de l’Etat, chef du Gouvernement. Le fait que le Médiateur soit membre de l’Association des Médiateurs et Ombudsman de l’Afrique fait qu’il y a des interactions avec les autres organes des autres pays, ce qui facilite les échanges. 112. Les plaintes reçues par le Médiateur sont généralement à caractère administratif (carrière de civils ou militaires, arriérés de salaires, licenciements) et non pas politiques ou liées aux droits de l’homme comme dans certains pays. La CNDH (non encore fonctionnelle) est chargée de s’occuper des plaintes relatives aux droits de l’homme. Les citoyens avaient commencé à inonder le bureau du Médiateur de dossiers relatifs aux destructions de biens et autres ; ces dossiers ont dû être transférés à la Cour Suprême. 113. Le Médiateur a conclu en déclarant que son institution, pour jouer effectivement le rôle qui lui est assigné, doit être doté des ressources budgétaires et humaines adéquates. Audience avec M. Alphonse Dinard Moubangat-Moukounzi, Procureur de la République de Brazzaville 114. La Commissaire a demandé à être amplement informée sur la situation des droits de l’homme au Congo, en particulier le respect des normes internationales dans les prisons et centres de détention, le respect des délais de garde à vue. 115. Prenant la parole, le Procureur a déclaré que le Procureur de la République initie les poursuites selon son bon vouloir, sans aucune pression. Le Garde des Sceaux étant un activiste des droits de l’homme et un homme de droit, il sait qu’il doit laisser la justice suivre son cours, sans entraves. Quant au Parquet, le Procureur a déclaré qu’il l’a trouvé lors de sa prise de fonction il y a deux ans, dans un état de désorganisation qu’il a fallu gérer en organisant les sections selon les règles d’un organigramme précis et en instituant une permanence. Une politique du parquet est en cours de préparation afin que les OPJ et autres collaborateurs venant du Ministère des Finances. Cela pour donner une vision à la politique du Parquet. 116. Quant à la police judiciaire, il y a des problèmes dans la collaboration avec eux car beaucoup d’entre eux ne sont pas formés pour leur travail. Des militaires en font partie, qui réagissent en militaires. Dans ces conditions, a poursuivi le Procureur, les délais de garde à vue ne sont pas respectés mais dès que cela est constaté, le détenu est élargi ou déféré pour procédure en l’état. Une visite dans les Commissariats de police a montré en outre qu’il y a des problèmes matériels très sérieux pour les 20 magistrats de parquets de Brazzaville par exemple. Parfois, dans certains Commissariats, il n’y a qu’une seule machine à écrire pour plusieurs enquêtes, ce qui occasionne des retards dans le traitement des dossiers. La rédaction des orientations à donner à la police sont en cours, afin de leur permettre d’avoir des directives dans l’organisation des enquêtes. 117. Un autre phénomène observé dans les Commissariats de police est l’usage de la torture qui n’est qu’une des conséquences du manque de formation des 21
OPJ qui cherchent à obtenir des informations sous la torture. Il est envisagé de les former sur les instruments existant dans ce domaine en leur précisant que les procès verbaux contenant des informations obtenues sous la torture sont nuls et de nul effet. Les samedis qui sont des journées scientifiques du Parquet servent déjà à informer les OPJ sur des thèmes spécifiques relatifs à leur travail quotidien. • 118. La Commissaire a demandé si des dossiers civils communicables par le siège et qui touchent les droits de l’homme sont facilement contrôlés en ce qui concerne le respect de la procédure. Le Procureur a répondu que la communication se fait de façon systématique comme en dispose le Code de Procédure Pénale qui identifie clairement ce genre de dossiers. 119. A la demande de la Présidente de savoir s’il y a des cas de mariages forcés, le Procureur a répondu par la négative en précisant toutefois qu’il y a eu des cas de mariage où les parents se sont opposés. Le travail du Procureur a été de raisonner lesdits parents. Il a assuré que les mutilations génitales féminines (MGF) ne font pas partie des mœurs congolaises et que si la pratique devait exister, elle se ferait donc en cachette et serait le fait des communautés étrangères. 120. Abordant la question des réclamations concernant les destructions de guerre, le Procureur a déclaré que les collègues du siège ont été saisis de plusieurs dossiers sur lesquels ils ont pu agir tout à fait librement même si certaines de leurs décisions n’ont pas plu à tout le monde, notamment dans la fixation du quantum de la réparation. La jurisprudence n’est toutefois constante à cet égard, même dans les instruments internationaux qui considèrent que certains biens mobiliers échappent à la réparation en cas de destruction durant la guerre alors que d’autres sont pour le principe que toute destruction demande réparation. 121. Sur la question des conditions de détention générales dans les prisons congolaises et en particulier celles de Brazzaville, le Procureur a répondu qu’au sortir de la guerre, un effort a été fait pour rénover la maison d’arrêt de Brazzaville qui est malheureusement vielle et surpeuplée, ce qui entraîne la promiscuité. L’alimentation des détenus n’est pas toujours assurée car les allocations budgétaires ne sont que très irrégulièrement affectées. Le Procureur a précisé que seules trois prisons fonctionnent effectivement dans le pays. Par conséquent, Brazzaville reçoit des prisonniers de villes comme Kinkala, Owando, Ouesso et Jambala, qui possèdent des tribunaux de grande instance mais pas de prison. Le pays compte 11 Tribunaux de Grande Instance (TGI) dont 9 sont fonctionnels. 122. La Commissaire a déploré cette situation de même que l’absence de vision de réinsertion des prisonniers qui n’est pas de nature à assurer le transformation en homme nouveau au sortir des prisons. Audience avec M. Antoine Evoundou, Conseiller Administratif et Juridique du Ministère de la Sécurité et de la Police 123. Après avoir donné l’information sur la Commission Africaine, la Commissaire Sawadogo a donné les grandes lignes des objectifs de la mission en République du Congo. Elle a demandé les efforts accomplis en vue d’assurer la sécurité des citoyens congolais dans la situation post conflit que vit le pays. 22
124. Monsieur Evoundou a assuré que depuis 7 ans, les conflits majeurs ont pris fin dans le pays. Il a précisé que pendant 27 ans le pays avait connu le parti unique et que la transition vers la démocratie pluraliste a donné lieu à une guerre civile dont le les effets ont été très ravageurs sur le la population et sur le pays. Les sources de ces crises, a t-il précisé, se trouvent dans les décisions politiques non judicieuses. Après avoir culminé en 1997, la situation s’est calmée et les conflits majeurs sont terminés. Le travail de sécurisation des citoyens et de la reconstruction de l’Etat a pu commencer mais les blessures psychologiques persistent encore malgré les efforts accomplis. 125. Monsieur Evoundou a en outre précisé que Brazzaville est maintenant au niveau 2 de sécurité et que s’il est vrai que des armes sont toujours en circulation, l’on peut se féliciter de ce qu’il n’y a pas de trafic d’armes dans le pays. Il a rendu hommage aux organismes internationaux qui ont apporté leur assistance dans la restauration de la paix et la construction de l’Etat de droit et la prise en charge des personnes déplacées. Il a reconnu que des zones difficiles existent encore comme dans la région du Pool mais que le programme DDR suit inexorablement son cours avec le soutien de la Banque Mondiale et d’autres institutions intéressées. 126. Monsieur Evoundou a aussi cité, la police et l’armée au titre des institutions ayant subi une désagrégation durant les conflits, des factions de ces corps s’étant rangées derrière tel ou tel camp. Quant aux anciens miliciens, une bonne partie a été prise en charge par la Commission de ex-Combattants. D’autres ont été intégrés dans la police et à ce dernier stade, cela pose des problèmes de gestion des gardes à vue, étant donné que nombre d’entre eux n’étaient pas formés. 127. Abordant la situation particulière de la région du Pool et le blocage de la circulation sur le réseau ferroviaire, la Commissaire Sawadogo s’est interrogée sur les effets négatifs d’une telle situation sur la sécurité, le pouvoir d’achat et l’approvisionnement des populations. A ces interrogations, Monsieur Evoundou a répondu que le chemin de fer qui est effectivement vital pour le ravitaillement de Brazzaville en denrées alimentaires, est devenu un objet de chantage de forces opposées au Gouvernement et agissant sous le contrôle du Pasteur Ntumi. Ces miliciens qui ne veulent pas bénéficier du programme de DDR, s’adonnent au pillage de wagons, endommagent les pilonnes de transport de l’électricité. 128. Madame Sawadogo a demandé où en était le problème des disparus du Beach et Monsieur Evoundou a répondu que cette affaire a été exagérée en raison des maladresses de communication du Gouvernement. Il a reconnu qu’il y a bel et bien eu des règlements de compte dans le pays en raison des crises mentionnées plus haut mais que les proportions données à l’affaire ne sont pas correctes. Il y a donc eu bien moins de 350 personnes disparues. La justice suit son cours afin que toute la vérité soit établie et cela prendra le temps qu’il faudra. 129. La Commissaire a demandé quid du retour des exilés politiques en insistant sur le fait que le droit de sortir et revenir dans son pays est une des exigences de la Charte Africaine. Monsieur Evoundou a assuré qu’il s’agit d’un problème politique concernant 4 ou 5 personnes et qui n’est pas du ressort du Ministère de la Sécurité mais du Président de la République. Il a ajouté qu’il n’y a aucune implication sécuritaire de leur retour mais que la question est essentiellement politique, certains exilés réclamant des garanties pour leur retour. 23
• Rencontre avec Maître Rigobert Sabin Banzani, membre du Conseil du Barreau de Brazzaville 130. Après le briefing d’usage, la Commissaire Sawadogo a déclaré que le Barreau constitue l’une des structures concernées par les droits de l’homme dans le pays, raison pour laquelle elle a tenu à en rencontrer les membres. Elle a demandé la perception du Barreau quant à l’indépendance du pouvoir judiciaire en République du Congo. 131. Maître Banzani est avocat, Président de la Commission des droits de l’homme du Barreau de Brazzaville. Il a brièvement présenté sa structure avant de dire que les avocats étant les défenseurs naturels des droits de l’homme, ils gèrent les droits de l’homme au quotidien. Côté perception des droits de l’homme, Me Banzani a déclaré que les institutions en place pour la promotion et la protection des droits de l’homme n’ont pas une conception uniforme des droits de l’homme dans le pays. La situation générale des droits de l’homme, a t-il poursuivi, n’est pas bonne. Il est vrai, a t-il reconnu, la CNDH existe mais elle ne fonctionne pas, et les actes que posent au quotidien les structures de l’Etat et les citoyens ne sont pas en harmonie avec les principes des droits de l’homme. A titre d’exemple, l’avocat a déclaré que les rapports des avocats avec les OPJ ne sont pas bons : l’avocat peut assister son client dès l’enquête préliminaire, aux termes des lois nationales mais la présence des avocats dans les Commissariats gène les tenants des lieux, peu respectueux des droits des détenus dont ils tirent les aveux selon des méthodes décriées. Que faire dans ces cas ? 132. Me Banzani a répondu que les avocats ont contribué à vulgariser les lois organisant la profession d’avocat, en collaboration avec les plus hautes autorités de la police afin qu’elles les transmettent à leurs collaborateurs pour que ces derniers acceptent la présence des avocats dans les lieux de pré détention. Le résultat est que la présence de l’avocat est désormais tolérée à défaut d’être complètement acceptée et comprise. Le Barreau a également organisé des ateliers avec l’appui du PNUD, afin d’harmoniser les points de vues avec les OPJ et autres éléments des forces de sécurité en ce qui concerne le rôle de l’avocat pendant les enquêtes préliminaires. Au titre des problèmes rencontrés par le Barreau Me Banzani a cité la détention préventive dont les magistrats abuseraient. La pratique des écrous provisoires, dénoncée en particulier à Brazzaville mais probablement généralisée à l’échelle du pays, consiste à placer provisoirement en détention les détenus, sans mandat d’arrêt régulier, et à régulariser ensuite la procédure. Cela est un moyen pour certains magistrats, de monnayer la liberté des détenus sans laisser de traces, ce qui est illégal et viole les droits de l’homme. Une démarche du Barreau en direction du Procureur de la République et du TGI de Brazzaville n’a pas donné les résultats escomptés. 133. La culture de l’impunité constitue un obstacle majeur à la lutte pour le respect des droits de l’homme dans le pays. Malgré l’avènement de la démocratie pluraliste et les lois exemplaires adoptées, la pratique reste inchangée et le magistrat congolais ne semble nullement prêt à s’approprier la loi qui garantit son indépendance et à l’utiliser à bon escient. La nomination des magistrats congolais répond en actuellement à une procédure qui fait que le nommé voulant préserver son poste, ne veut pas prendre de risques ou d’initiatives pouvant entraîner la colère ou le mécontentement de la hiérarchie. Bien souvent, le magistrat soucieux de postes 24
susceptibles de lui accorder des avantages accrus, s’ignore en tant que pouvoir à part entière. 134. Madame Sawadogo s’est demandée si la mise en place prochaine du CSM est de nature à changer cette situation et consolider l’indépendance du pouvoir judiciaire et Me Banzani a réagi de manière sceptique. En effet, selon lui, la magistrature est très politisée au Congo et la mise en place du CSM et de l’inspection de la justice n’y changera sans doute pas grand-chose. Il a déploré le non fonctionnement de certaines juridictions par manque de magistrats ; le pouvoir politique n’a pas voulu en nommer parce que les magistrats sont taxés d’être de telle ou telle obédience politique. Journée du 22 octobre 2004 • Audience avec Monsieur Bernard Mantele, Directeur de Cabinet du Ministre de la Santé et de la Population (en présence de quelques uns de ses collaborateurs) 135. La Commissaire Sawadogo a insisté sur l’importance de la santé et du bien-être des populations et a demandé au Directeur les dispositions prises par les pouvoirs publics en vue de mettre en œuvre le droit à la santé en République du Congo. 136. Le Directeur a déclaré que le droit à la santé est un droit constitutionnel en République du Congo. Quant aux actions menées dans ce domaine, elles visent à promouvoir le droit à la santé dans le pays, avec la participation directe des populations aux projets touchant à la santé. Ainsi, toute une politique nationale est mise en œuvre pour assurer des soins de qualité à un coût abordable pour les populations. 137. Les crises politiques que le pays a connues ont causé des violences graves, notamment à l’encontre des femmes et la législation nouvelle vise à protéger cette couche de la population et d’assurer leur droit à la santé. La mortalité maternelle est encore une préoccupation majeure car la couverture sanitaire est faible, notamment en zones rurales. Le directeur indique que le Gouvernement essaie de remédier à cette situation en étendant progressivement la couverture sanitaire dans les zones reculées. 138. La prise en charge psychologique des victimes des violences est faite avec l’assistance des organisations internationales spécialisées car les structures de l’Etat n’étaient pas préparées à y faire face seules. Ainsi, certains centres spécialisés (centres pilotes) ont été crées dans les zones affectées par la guerre. 139. La participation de la population est requise dans les programmes de couverture médicale depuis 1992. Les soins ne sont pas gratuits mais la contribution requise varie entre 1000 F et 1500 FCFA. Elle comprend les frais de consultation et la fourniture en médicaments et d’assurer le fonctionnement du centre de santé. Les indigents sont pris en charge gratuitement. A long terme, l’on vise à aboutir à l’harmonisation des contacts de telle manière qu’une consultation payée au départ, permette la prise en charge à tous les niveaux, y compris de l’hôpital de référence. Tout le système est piloté par une équipe administrative dirigée par un médecin chef. 25
140. En ce qui concerne le ratio médecins/population, il est d’1 médecin pour 5000 habitants. Les programmes avaient bien commencé depuis 1992 mais tout a dû être repris après les événements tragiques survenus dans le pays. 141. Avant la guerre, la couverture vaccinale était de 80% mais tout a été faussé ensuite. Toutefois, certaines maladies comme la poliomyélite et la rougeole, sont en voie d’éradication sur toute l’étendue du pays mais les campagnes continuent. Les mouvements de populations aux frontières font qu’il est urgent d’organiser des campagnes de vaccination synchronisées aux frontières avec la République Démocratique du Congo, l’Angola, et autres Etats qui connaissent des guerres. L’Etat accorde toute son importance au secteur de la santé ; par conséquent, les activités relatives à la santé sont toujours prioritaires et les vaccins sont désormais achetés par l’Etat alors que c’étaient les agences spécialisées des Nations Unies qui en fournissaient auparavant. 142. Les effectifs de personnels de santé, toutes catégories confondues s’élevaient à 5130 en 2003. Quant aux infrastructures disponibles, les statistiques datant de la même année donnent les informations suivantes : a) Les Infrastructures publiques : b) Les Infrastructures privées : • • 42 hôpitaux (dont 3 hôpitaux • 21 cliniques ; de bases militaires) ; • 02 polycliniques ; • 127 centres de santé intégrés ; • 67 cabinets médicaux ; • 481 dispensaires ; • 07 cabinets dentaires ; • 46 postes de santé ; • 162 cabinets de soins • 14 centres de santé scolaires ; infirmiers ; • 2 centres de traitement des • 33 centres médicaux sociaux ; lépreux ; • 03 cabinets de soins • 2 centres de traitement obstétricaux ; ambulatoire des personnes • 03 Laboratoires d’analyses de atteintes du VIH/SIDA ; biologie médicale. • 9 léproseries ; • 1 Centre National de Transfusion Sanguine (avec 2 CRTS à Brazzaville et Pointe Noire) ; • 14 services de l’hygiène générale ; • 1 laboratoire d’Hygiène de l’Eau et des Aliments. Réunion avec les Directeurs Centraux du Ministère des Affaires Sociales, de la Solidarité, de l’Action Humanitaire, des Mutilés de Guerre et de la Famille5 143. Après que la Commissaire Sawadogo ait présenté le système africain des droits de l’homme et des peuples, la Commission Africaine et ses activités, elle insisté sur les objectifs de la mission en République du Congo. . 5 Voir la liste de présence en annexe. 26
• 144. Des débats qui ont suivi, certaines recommandations ont été faites de manière à rendre plus efficaces, les missions de promotion de la Commission Africaine dans les Etats Parties. L’assistance a notamment déploré avoir été informée in extremis de la visite, et suggéré que le Secrétariat de la Commission examine la possibilité d’informer personnellement, directement et bien en avance, les ministères à visiter, avant la mission, de manière à ce que lesdits ministères se préparent également à recevoir la mission. En vue de leur information complète, les participants à la réunion ont demandé à la Commissaire de bien vouloir leur présenter un exposé sur la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples. Exercice auquel la Commissaire Sawadogo s’est prêtée en abordant dans les détails, les aspects concernant le fonctionnement et les activités de la Commission Africaine selon le mandat fixé par la Charte. 145. La Commissaire a ensuite demandé les actions spécifiques prises par les différents départements du Ministères pour donner effet aux dispositions de la Charte Africaine. Les intervenants ont déclaré que l’enfance, la famille, les personnes âgées et les groupes des minorités sont les cibles du Ministère. 146. En ce qui concerne les droits de l’enfant, le Directeur de Cabinet s’est déclaré encouragé par les avancées enregistrées dans le processus de ratification de la Charte Africaine des Droits et du Bien-Être de l’Enfant. La Charte sur les Droits de l’Enfant est ratifié et le Rapport Initial était bien avancé quand la guerre a commencé. Des consultants ont été récemment recrutés afin de préparer un rapport consolidé. Sur le terrain, les enfants traumatisés, orphelins et déscolarisés ne sont pas abandonnés à eux-mêmes. Ainsi, depuis 2000, les traumatisés ont été pris en charge par un projet commun avec l’UNICEF. Une association chrétienne, Thalita Koum a pris en charge plus de 10. 000 enfants déscolarisés à qui est dispensé un enseignement adapté à leur situation. En vue de faciliter les retrouvailles enfantsfamilles, une opération ‘‘1 enfant 1 famille’’, ce qui a permis à des enfants initialement dans rue et dans des orphelinats, de retrouver une ou leur famille. Cela a donné de bons résultats et un grand nombre d’enfant a retrouvé une famille d’accueil ou leur propre famille. 147. Toujours en faveur des enfants, une opération a été initiée afin d’enregistrer les enfants à l’état civil afin de leur assurer une identité. Le tout aux frais du Ministère. L’UNESCO assiste aussi à l’insertion des enfants de la rue dans des centres d’apprentissage. Le Parlement des Enfants est mis en place depuis 2003 et regroupe des représentants des enfants du Congo, qui prennent part aux décisions de la nation touchant les droits de s enfants. 148. Quant aux personnes âgées, le Ministère déploie des actions en vue de les assister, en collaboration avec des associations caritatives, l’objectif visé étant de réduire le nombre de vieillards dans les hospices et d’éviter que des vieillards ne traînent dans la rue. 149. Des actions spécifiques sont également menées en faveur des pygmées et autres minorités afin d’assurer leur bien-être au niveau de la santé mais aussi leur éducation. Audience avec le Représentant Résident du Programmes des Nations Unies pour le Développement (PNUD) 27
150. • • La Commissaire a expliqué les objectifs de sa mission en République du Congo en insistant sur l’importance du PNUD et des agences spécialisées des Nations Unies opérant au Congo dans la recherche de l’information, raison pour laquelle la délégation avait insisté pour rencontrer ces dernières. Mais l’on avait constaté qu’il n’avait pas été possible de tenir la réunion. Réunion avec l’Honorable Lekoundzou Itihi Ossetoumba Justin, Président du Groupe Parlementaire de la Majorité Présidentielle (Parti Congolais du Travail - PCT), en présence d’autres membres du GP 151. La Commissaire a demandé les actions spécifiques prises au niveau du parti en vue d’assurer la promotion et la protection des droits de l’homme. Ce à quoi l’honorable a répondu que la Constitution garantit la démocratie et les droits de l’homme de même que la pratique consacre ces principes, dans l’esprit selon lequel le pouvoir appartient au peuple et s’exerce pour le peuple. Les Parlementaires qui sont l’expression de la démocratie, sont les porte-paroles du peuple et expriment ses pensées. La majorité parlementaire, a t-il poursuivi, compte 115 députés sur 129 au total. Il est apparu dans les débats qu’il n’existe pas de Commission des droits de l’homme au sein du Parlement. 152. Certains députés ont mis l’accent sur le fait que la liberté de presse est une réalité dans le pays et que la dépénalisation des délits de presse est désormais une réalité, ce qui, selon eux, constitue une avancée remarquable. 153. La Commissaire a demandé si en tant qu’élus, les honorables députés organisent des activités de sensibilisation dans le domaine de la démocratie et des droits de l’homme. Les députés ont reconnu que les actions, dans ces domaines sont plutôt rares. Députés et Sénateurs vont vers les populations pour leur rendre compte des activités menées durant les sessions mais rien n’est encore fait en matière de formation et d’information en matière des droits de l’homme. 154. La Commissaire Sawadogo a donc proposé que l’on envisage d’organiser des séminaires de formation pour les députés et les Sénateurs, dans le domaine des droits de l’homme et des peuples, idée que les députés ont accueillie avec enthousiasme. La Commissaire a également demandé aux députés d’interpeller le Gouvernement sur la nécessité de ratifier certains instruments relatifs aux droits de l’homme comme les 2 Protocoles à la Charte portant respectivement sur la Cour africaine des droits de l’Homme et des Peuples et les Droits de la Femme en Afrique. 155. Les députés ont déclaré que le Parlement n’avait pas encore été saisi de ces questions mais que la ratification des instruments cités ne devrait poser aucun problème, le Parlement et en particulier, la majorité étant bien consciente de l’importance de la question des droits de l’homme. Audience avec l’Honorable Joseph Kignoumbi Kia Mboungou, député, Président du Groupe Parlementaire du parti politique Union Panafricaine pour la Démocratie Sociale (UPADES) et affiliés, en présence de M. André Milongo, Président de l’Union pour la Démocratie et la République ‘‘Mounyinda’’ 28
156. Les députés se sont plaints de problèmes posés durant les élections législatives dernières où leurs recours ont été rejetés sans examen, selon eux. Ils ont déclaré qu’ils se seraient adressés à la Commission Africaine s’ils avaient su les attributions de l’institution. 157. La Commissaire Sawadogo a précisé le mandat de la Commission Africaine et la procédure de communication devant elle, en insistant sur la nécessité d’épuiser les recours internes avant d’adresser une plainte. 158. Evoquant le processus politique qui a eu lieu depuis la Conférence Nationale, les guerres subséquentes, la transition sous la direction du Président Sassou Nguesso, les élections présidentielles et législatives de mars 2002 et juin 2002, ils ont déclaré que lesdites élections n’étaient pas justes et démocratiques. 159. La situation de la démocratie au Congo, ont conclu les députés, n’est guère brillante. Les meetings et autres manifestations de l’opposition sont systématiquement ignorés. La presse publique est généralement muette sur les activités des partis politiques de l’opposition. Les radios et télévisions vraiment libres n’existent pas. Les prêtres ont demandé l’autorisation de créer une station mais cette autorisation attend toujours. Ils ont ajouté que la Commission chargée de la régulation des activités audiovisuelles ne joue pas convenablement son rôle. 160. Les députés ont en outre déploré le fait que malgré les dispositions pertinentes de la Constitution, l’opposition soit obligée de demander autorisation pour faire des meetings alors que les partis de la majorité ne sont pas astreints à cette obligation. Toutefois, des rapports des ONG et d’autres organisations ont fait que les choses bougent progressivement dans le bon sens. 161. L’autre critique des députés est que les personnalités placées à la tête d’institutions sensées réguler la vie politique sont des militants du parti au pouvoir et qui ne sont pas objectifs dans leur appréciation des situations et dans leurs actions. 162. La totalité des membres du SENAT, ont poursuivi les députés, sont des membres du Parti Congolais du Travail, ce qui selon eux, est anormal, car les élections sénatoriales se font selon le système de la proportionnelle. Or certains partis sont bien représentés au niveau des Conseillers Communaux. Les résultats des élections sénatoriales ont donc, concluent les députés, été totalement truquées. Les députés ont émis l’espoir que les prochaines élections seraient véritablement libres et transparentes afin d’éviter des secousses sociales. 163. En ce qui concerne le secteur éducatif, les députés ont déclaré que les écoles sont sous-équipées et manquent cruellement d’enseignement. Si le droit de grève existe dans les textes, plusieurs méthodes sont utilisées par le pouvoir pour empêcher les travailleurs de jouir de ce droit. Des licenciements sont opérés sans que les travailleurs licenciés soient indemnisés. Quant aux retraités, ils ne perçoivent que très irrégulièrement leurs pensions. Or, le budget en cours avait été voté sur la base d’un baril de pétrole à 25 dollars américains, alors que depuis quelques mois, le baril de l’or noir est à deux fois ce prix. Où donc passe l’argent, se sont-ils demandé en déplorant le fait que le Parlement n’aie pas été invité à se prononcer sur la gestion du surplus des gains. 29
• • 164. Reconnaissant qu’il n’existe pas de prisonnier politique dans le pays, les députés ont toutefois déclaré que cela ne constituait qu’une maigre avancée dans un océan d’insuffisances. Ils ont insisté sur le délabrement des structures éducatives et sanitaires. Ils ont assuré que le chemin reste très long pour le Congo, et dans presque tous les domaines. 165. Ils ont déploré le fait que nonobstant les dispositions constitutionnelles, les partis politiques ne reçoivent pas de financement. Réunion avec M. Directeur Général des Droits de l’Homme du Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme 166. Le DG a déclaré que la Direction Générale des Droits Humains et des Libertés Fondamentales a été créée en 2002. Elle comprend 3 directions : Minorités et catégories sociales vulnérable, Protection des droits et promotion des libertés et droits fondamentaux, Affaires financières et administratives. 167. La Direction générale rencontre de très sérieuses difficultés matérielles qui handicapent son action. Au départ, il y avait eu des problèmes de personnel mais depuis peu, ce problème a été résolu. 40 personnes sont affectées à cette Direction Générale mais le personnel n’est pas bien formé et ce serait une bonne idée si la Commission Africaine pouvait contribuer à former ce personnel qui à son tour, pourrait dispenser ce savoir aux personnes qui en ont besoin. 168. En ce qui concerne les activités de la Direction Générale, le DG a cité l’élaboration des textes juridiques devant régir le fonctionnement de la DG. A cette tâche, les ONG et plusieurs organismes internationaux ont apporté leur assistance. Ces textes portent sur des questions aussi diverses que les droits de l’enfant, les minorités, les droits des personnes handicapées, les droits des personnes appartenant à des catégories vulnérables, tec. Aux termes du décret créant la DG, chaque département du pays a un correspondant qui est le relais de la DG. 169. Le DG a évoqué les activités de protection et d’intervention au niveau de l’administration de la Direction Générale et la Commissaire Sawadogo a demandé si cela ne faisait pas double emploi avec les attributions de la CNDH ou du Médiateur de la République. Et le DG a déclaré que la DG peut transmettre certains dossiers dépassant sa compétence au Médiateur. Quant à la CNDH, elle n’est pas encore fonctionnelle. 170. La Commissaire a demandé ce que fait la DG dans le problème du non payement des pensions de retraités et le DG a répondu que la question se pose surtout au niveau travailleurs retraités des sociétés du secteur privé. En effet, les employeurs ont souvent fait croire à leurs employés que les primes étaient versées à la Caisse de Sécurité Sociale alors qu’il n’en était rien. Point de l’exécution de la mission avec SE Me Jean-Martin Mbemba, Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme 171. La Commissaire a fait au Ministre, le point de l’exécution de la mission en attirant son attention sur certains points qui ont été soulevées par les interlocuteurs de la délégation en ce qui concerne la situation des droits de l’homme : 30
exécutions extrajudiciaires, disparitions forcées, etc. elle a en particulier posé le problème dit des disparus du Beach. 172. La Commissaire a en outre abordé la question du non-retour des personnes exilées et dont les responsables de la police assurent qu’il s’agit d’un problème politique et non de sécurité. 173. La Commissaire a également fait le point des rencontres avec des partis politiques de l’opposition ainsi que des problèmes posés relativement au manque de bulletins de certains candidats, au financement des partis politiques, au statut de l’opposition. 174. Le Ministre a répondu à ces questions en déclarant qu’en ce qui concerne les exécutions extrajudiciaires, le Congo s’était à plusieurs reprises expliqué au niveau de la Commission des Droits de l’Homme des Nations Unies. Il a déclaré qu’entre 1993 et 1997, le pays a connu 3 guerres civiles et qu’effectivement, il y a eu des exactions de part et d’autres. Chaque fois que le Congo a été saisi de faits précis, les diligences ont été faites afin d’apporter les preuves de l’inexactitude des faits reprochés. 175. Le Ministre a toutefois reconnu que durant les conflits, il arrivait que la police arrête des bandits de grands chemins et les passe par les armes, ce qui créait des frictions entre le Ministère et lesdits policiers à qui il fallait rappeler avec force que leurs pratiques étaient contraires au droit. Il a poursuivi en déclarant que la peine de mort existe bien dans la législation mais qu’elle n’est plus appliquée depuis plusieurs années. Les condamnés à mort sont graciés ou leur peine commuée en emprisonnement à vie. Les autorités au plus haut niveau, a assuré le Ministre, sont en faveur de l’abolition de la peine de mort. Le Congo a ratifié en 2002, la Convention contre la Torture et les Traitements Inhumains ou Dégradants. 176.Commentant l’affaire dite des disparus du Beach, le Ministre a déclaré que dès qu’il avait eu vent de cette affaire de disparition de 300 personnes, il a demandé à la Direction des Droits de l’Homme d’ouvrir un dossier à cet effet. Les parents des disparus présumés ont été invités au Ministère afin d’expliquer ce dont il s’agit. Le dossier a montré qu’il s’agissait d’une question de justice et le Procureur a été instruit d’ouvrir une information contre X. Ce n’est qu’un an après que le tribunal de Mau (France) s’est saisi de l’affaire, dans un esprit de vendetta. Le Ministre a en outre rendu compte des démarches qu’il a faites auprès des autorités judiciaires françaises au plus haut niveau en attirant leur attention sur le fait que toutes les victimes alléguées ainsi que les auteurs des plaintes sont des Congolais. Les faits se sont déroulés au Congo et cette affaire devrait être considérée comme une affaire congolaise et devrait être traitée en tant que telle par les juridictions congolaises. Le Ministre a conclu en disant que l’affaire dite des disparus du Beach suit donc son cours normal au Congo et que le dossier de l���affaire est ouvert à tout enquêteur. Tous les généraux mêlés de près à cette affaire ont déjà été inculpés y compris le Directeur Général de la Police Nationale ; même s’ils ne sont pas placés sous mandat de dépôt. 177.Au sujet des exilés qui ne sont pas rentrés, le Ministre a déclaré qu’il est effectif qu’un d’entre eux, notamment M. Bernard Kolélas, a été empêché de rentrer à Brazzaville. La raison de cette situation est le souci de l’Etat d’assurer la tranquillité publique. Le 31
Ministre a en outre déclaré que la plupart des exilés sont partis d’eux-mêmes, après avoir perdu une guerre qu’ils ont provoquée. En leur absence, il y a eu des procès contre certains d’entre eux, qui ont été condamnés à diverses peines y compris la peine capitale. Ceux des condamnés qui veulent rentrer auraient dû être emprisonnés. Or cela était de nature à créer des troubles, ce qui n’est pas politiquement bon pour le pays, ces personnes ayant des partisans. Par conséquent, seule des négociations politiques aboutissant à des mesures annulant les effets des condamnations devraient être menées en vue de régler toutes ces questions dans une perspective de renforcement de la paix sociale. 178.En ce qui concerne le problème de l’organisation des élections, le Ministre a reconnu que des dysfonctionnements ont effectivement eu lieu et qu’il en a été victime luimême. Il a reconnu que le financement des partis politiques constitue une préoccupation et que les partis démunis pouvaient difficilement envoyer des représentants dans tous les bureaux de vote. Or, l’Etat n’a pas les moyens de régler rapidement tous ces problèmes qui sont inhérents au processus de construction de l’Etat de droit. 179.Pour ce qui est du statut de l’opposition politique, le Ministre a informé la mission des actions que l’Etat a entreprises pour tous les députés et sénateurs (véhicules tout terrain achetés à tous pour leurs activités). La Constitution garantit que tout candidat qui a 15% aux élections présidentielles bénéficie d’un traitement spécial qui équivaut à celui de Ministre d’Etat. Or, l’opposition n’est pas organisée et il est difficile de lui trouver un chef. L’opposition n’a pas non plus proposé une loi dans le sens de lui conférer un statut. 180.La Commissaire a rendu compte au Ministre, des difficultés que le Barreau rencontre notamment avec les OPJ qui n’acceptent pas la présence des avocats durant l’enquête préliminaire ; elle a évoqué la question les écrous provisoires qui apparaissent comme des moyens de faire pression sur les détenus et d’obtenir des faveurs d’eux, de même celles relatives à l’indépendance de la magistrature, à la nomination des juges et des responsables des parquets. 181.Le Ministre a expliqué que les membres du CSM sont nommés et qu’il est attendu que celui-ci soit effectivement installé dans un futur proche. Il a expliqué la procédure de la nomination des juges et en a déduit que les magistrats se plaignent à tort de la procédure actuellement en cours. Il a rendu compte des actions entreprises au profit du corps des magistrats : traitement multiplié par 3, l’âge d’admission à la retraite fixé exceptionnellement à 56 ans, mise en place d’infrastructures et d’équipements nouveaux, etc. 182.Abordant la question des écrous provisoires, le Ministre a déclaré que les avocats devraient s’en plaindre formellement s’il y a lieu. Le Ministre a rappelé que les textes les placent au début de la procédure et qu’ils doivent se battre pour faire appliquer ces textes au lieu de laisser faire ou de demander au Ministre de donner des instructions là où on accuserait ce dernier d’interférer. 183.Rappelant que le Barreau est fragile, le Ministre a déclaré que les avocats vraiment bien formés sont peu nombreux et que l’Etat envisage de créer une école de magistrature en vue de remédier à cette situation. Des séminaires de formations sont 32
organisés en faveur des avocats, huissiers et autres acteurs du secteur judiciaire, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. 184.La Commissaire a demandé si l’on pouvait parler de politisation du corps judiciaire et le Ministre a répondu par la négative en expliquant que le statut de la magistrature interdit aux magistrats d’être membre d’un parti politique ou d’exprimer des opinions politiques. Il a pris l’exemple d’un magistrat qui avait profité de son absence pour créer un parti politique mais qui a dû démissionner sans délai dudit parti, sur pression du Ministre de la Justice. 185.Question indépendance de la magistrature, le Ministre a déclaré que les textes sont clairs : la justice est indépendante. Toutefois, certains magistrats assument pleinement cette indépendance mais que d’autres n’arrivent pas à le faire. Journée du 23 octobre 2004 • Audience avec SE Madame Emilienne Raoul., Ministre des Affaires Sociales, de la Solidarité, de l’Action Humanitaire, des Mutilés de Guerre et de la Famille (MASSAHMGF) 186.La Commissaire Sawadogo s’est déclarée heureuse d’être reçue par Madame le Ministre malgré le contact que la délégation avait déjà eu avec ses collaborateurs la veille. La Commissaire a dit qu’elle considérait cette nouvelle réunion comme un témoignage éloquent de l’importance que Madame le Ministre accorde aux questions des droits de l’homme. Elle en a profité pour faire au Ministre, l’économie des activités de la Commission Africaine en insistant sur l’importance du MASSAHMGF qui, a t-elle dit, est un ministère transversal. 187. Le Ministre a déclaré que le Ministère investit le plus gros de ses efforts dans l’humanitaire, vu l’histoire récente du pays. Cela, a t-elle dit, requiert des moyens énormes dont le Gouvernement ne dispose pas. Les organisations humanitaires sont donc mises à profit. Déclarant qu’il est très important que les agents des forces de l’ordre et de sécurité, les jeunes et les enfants doivent être sensibilisés sur les droits et devoirs qui leur incombent eu égard aux instruments pertinents auxquels le pays est partie. Elle a ajouté que son Ministère est mandaté pour la sensibilisation et non la répression. Elle a donc demandé que la Commission Africaine examine la possibilité d’organiser des séminaires en vue de former des formateurs (du Ministère) en matière des droits de l’homme. 188.La Commissaire Sawadogo a déploré les insuffisances au niveau de la circulation de l’information entre les différents départements ministériels du Congo car ce pays participe régulièrement aux sessions de la CADHP Elle a encouragé le Ministre à œuvrer en faveur de plus de coopération entre ministères, pour davantage d’efficacité. Elle a apporté son soutien pour l’idée d’organisation de séminaires en faveur des formateurs et a dit que la Commission Africaine prévoit d’organiser des séminaires chaque année au profit de représentants d’Etats et d’autres organisations des sociétés civiles africaines. Le problème, a t-elle ajouté, c’est que la Commission n’a pas toujours les moyens d’organiser lesdits séminaires et requiert l’assistance des Etats et des ONG. Si le Congo voudrait abriter un de ces séminaires, les modalités pratiques d’une telle entreprise devraient être examinées de façon diligente en rapport avec la CADHP. 33
189.La Commissaire a en outre informé le Ministre de la disponibilité de la Commission à apporter son assistance technique et matérielle selon les disponibilités des ressources, au cas où le Ministère déciderait d’organiser un séminaire à Brazzaville. 190. Le Ministre a insisté sur l’importance d’organiser sur place des séminaires à Brazzaville au profit de plusieurs formateurs et a déclaré que le Ministère serait disposé à financer le voyage d’un ou deux experts de la Commission pour cela. Elle a ajouté que les séminaires auxquels est envoyé un fonctionnaire du Ministère ont montré leurs limites. 191.Un collaborateur du Ministre a exposé ce que fait le Ministère au profit des personnes handicapées : fabrication et distribution de prothèse, prise en charge et réinsertion des personnes souffrant de déficience intellectuelle, mentale ou autres, dans des centres spécialisés, le tout avec l’assistance de partenaires extérieurs. 192.A la question de savoir ce qui est fait au profit des minorités, le Ministre a déclaré que les deux catégories de minorités sont les pygmées et les albinos. L’Etat et des partenaires extérieurs sont mobilisés en faveur de ces minorités : les albinos sont de plus en plus actifs et les pygmées bénéficient de l’assistance du Ministère de la Santé pour lutter contre le pian, qui est une maladie les affectant beaucoup. D’une façon générale, la mobilisation des structures de l’Etat et des organisations de la société civile au profit de l’éducation et du bien-être de populations pygmées est de plus en plus forte et il est envisagé de coordonner les actions afin d’en maximiser et d’en mesurer plus facilement les impacts. Quant aux albinos (environ 1% de la population), des études devront être faites sur leur situation afin que les actions nécessaires soient envisagées mais leurs plus grands besoins sont d’ordre médical : leur peau fragile a besoin de protection spécifique). 193.Il a été convenu que le Ministère prépare et envoie au Secrétariat un projet relatif aux besoins du Ministère en matière de formation en droits humains. Le Ministre s’est donné 3 semaines pour préparer ce document. • Rencontre avec l’Association des Femmes Juristes du Congo (AFJC) 194.La Commissaire Sawadogo a informé les membres de l’ONG en détail sur les activités de la Commission Africaine et sur le Protocole relatif aux Droits de la Femme en Afrique. Elle a encouragé l’AFJC à demander le statut d’observateur afin d’entretenir une coopération fructueuse avec la Commission Africaine. Elle a également informé l’ONG des activités menées en marge des sessions de la Commission Africaine, notamment le Forum des ONG et les cours de formation qu’organisent certaines ONG au profit d’autres organisations et acteurs. Elle a terminé son exposé en demandant des informations sur la situation de la femme congolaise. 195.Madame Christine Goma Maniongui, Trésorière de l’AFJC, qui représentait l’association, a déploré avoir été informée de la présence de la mission de façon très tardive. Elle a déclaré que la Charte est relativement bien connue de son ONG. Abordant la question des droits de la femme, elle a déclaré que les textes sont bien mais la pratique très mauvaise. Ainsi, la femme est la seule vraiment poursuivie pour adultère. Le viol, quoique considéré comme un crime, n’est pas véritablement puni 34
comme il faut. Les femmes ne connaissent pas leurs droits et ne peuvent les revendiquer comme il se doit. 196.Au titre des actions de l’AFJC, il y a l’information des femmes sur leurs droits tels que prescrits par la Charte Africaine. L’ONG a également un centre d’écoute juridique financé par l’USAID, mais qui n’est malheureusement plus fonctionnel faute de financement. Toutefois, il est envisagé de créer une Clinique Juridique avec l’assistance financière du PNUD. L’AFJC va vers les femmes pour leur parler de leurs droits et ces dernières viennent également de plus en plus vers l’ONG, afin de lui parler de leurs problèmes. L’AFJC mène également certaines activités en faveur des enfants. Les actions menées en faveur des femmes et des enfants sont gratuites. 197.La Commissaire Sawadogo a demandé si les femmes congolaises rencontrent de problèmes d’embauche dans le secteur privé, en raison de leur statut et la représentante de l’AFJC a répondu cela est rare d’autant plus qu’il y a très peu d’entreprises privées. Elle a toutefois déploré le harcèlement sexuel qui est très fréquent. Le Lévirat, a t-elle ajouté, est encore présent dans certaines coutumes mais peut être considéré comme résiduel. 198.En ce qui concerne le mariage précoce ou le mariage forcé, il faut retenir que ce sont des pratiques inexistantes. Cependant, le grand nombre d’unions libres faits que les filles enceintes sont mariées de fait. 199.L’AFJC a fait état des énormes difficultés qu’elle rencontre en matière de financement pour exécuter ses activités de proximité. Le concours de la Commission a été sollicité à cet égard et la Commissaire Sawadogo a répondu que la Commission est davantage disposée à apporter un appui technique/intellectuel et dans certaines mesures en matière de documentation. En revanche, l’institution n’a pas les ressources pour apporter du financement aux ONG. 200.La Commissaire a en outre donné l’information sur les systèmes/mécanismes spéciaux de la Commission en insistant afin que l’AFJC se mette en contact avec la Rapporteure Spéciale sur les Droits de la Femme en Afrique. 201.L’AFJC a mis en exergues les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre des droits de la femme qui sont pourtant garantis par la Constitution du Congo. Elle a également posé certaines questions sur le contenu et le processus de ratification du Protocole relatif aux Droits de la Femme en Afrique. En écho, la Commissaire a apporté des explications sur le statut actuel du Protocole et sur certaines de ses dispositions, notamment celles se rapportant à la polygamie, à la succession. • Rencontre avec la Presse6 202.La Commissaire Sawadogo remercié les journalistes et présenté la délégation de sa mission. Elle a fait un exposé détaillé sur la Commission Africaine et sur ses activités avant d’aborder les objectifs de la mission en République du Congo. Elle a mis en exergues les rôles que jouent les Etats, les ONG et autres acteurs de la société civile dans la promotion et la protection des droits de l’homme sur le continent. 6 40 journalistes et hommes des média appartenant à une vingtaine d’organes/structures de presse ont pris part à cette rencontre. Voir la liste des organes de presse présents en annexe 35
203.La Commissaire a, en particulier, insisté sur l’importance du rôle des média dans l’œuvre dissémination de l’information concernant les droits de l’homme et a encouragé les journalistes à s’intéresser davantage à cette question car, a t-elle ajouté, la promotion des droits de l’homme concourt efficacement à la prévention de la violation desdits droits. 204.La Commissaire a parlé aux journalistes du mécanisme (Point Focal) existant au sein de la Commission, pour s’occuper du respect de la liberté de presse par les Etats parties. Elle a en outre évoqué les lignes directrices que la Commission a adoptées en faveur de la liberté de la presse. Elle a encouragé les journalistes à garder le contact avec la Commission Africaine pour échange d’information relatives aux droits de l’homme. 205.Au titre des questions abordées avec les acteurs rencontrés durant la mission, la Commissaire a fait un point rapide en insistant sur les 3 instruments des droits de l’homme que le Congo doit ratifier, le rapport périodique en retard que le Congo doit présenter à la Commission (article 62 de la Charte Africaine). 206.Les journalistes ont posé des questions à la Commissaire, se rapportant à la situation générale des droits de l’homme au Congo, la protection de la liberté de la presse, les moyens de fonctionnement de la Commission Africaine, les retards accusés par le Congo dans la présentation de son rapport périodique, la question dite des ‘‘disparus du Beach’’ 207. A ces questions, la Commissaire a répondu en se référant aux dispositions de la Charte Africaine, à la pratique de la Commission Africaine et aux informations qui lui avaient été communiquées par les acteurs rencontrés et aux constats faits par la mission. Evoquant l’histoire récente du Congo marqué par des conflits violents, la Commissaire a rendu compte des avancées mais également des insuffisances identifiées par la mission dans le domaine des droits de l’homme et a encouragé les autorités à faire mieux. IV- Conclusions et Recommandations 208.A l’issue de la mission en République du Congo, les conclusions ci-après sont tirées et les recommandations subséquentes formulées en direction du Gouvernement et de tout acteur concerné, en vue d’une meilleure promotion des droits de l’homme et des peuples en République du Congo. A- Conclusions 209.Les entretiens que la mission a eus avec les différents acteurs rencontrés, tant au niveau des autorités de l’Etat que de la société civile ont été empreints de sérieux et de convivialité. Les problèmes qui se posent au niveau des droits de l’homme au Congo ont été abordés avec franchise. Les principaux constats sont relatifs à : ➢ La nécessité pour le Gouvernement Congolais de présenter son rapport périodique en retard à la Commission Africaine dans les meilleurs délais ; 36
➢ La nécessité pour le Congo de ratifier les instruments pertinents des droits de l’homme, notamment le Protocole portant création d’une Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples et le Protocole relatif aux Droits de la Femme en Afrique et la Charte Africaine des Droits et du Bien-Etre de l’enfant ; ➢ La nécessité pour les acteurs des services judiciaires (magistrats, avocats et leurs auxiliaires) ainsi que les agents des forces de sécurité et tous les autres acteurs concernés, d’être formés en matière des droits de l’homme afin qu’ils respectent davantage lesdits droits dans leur travail quotidien ; ➢ Le fait que les conséquences des différents conflits violents qui ont secoué le Congo pèsent encore dans le contexte socio-politique et économique du pays et affectent la situation générale des droits de l’homme ; ➢ Le fait que les droits des groupes minoritaires comme les pygmées et les albinos au Congo doivent être mieux pris en compte; ➢ Les problèmes du système judiciaire : détentions arbitraires, surpopulation des prisons, lenteurs dans l’examen des dossiers, indépendance des magistrats ; Jouissance des droits de la défense dès l’enquête préliminaire (coopération entre avocats et OPJ) ; ➢ La nécessité d’améliorer la couverture sanitaire du pays. 210.Les autorités politiques et les responsables des organisations de la société civiles que la mission a rencontrés ont montré un très vif intérêt pour les droits de l’homme et pour le travail de la Commission Africaine. 211.Le manque de ressources financières est largement avancé par les autorités comme explication à beaucoup d’insuffisances remarquées ici et là en matière des droits de l’homme. Ainsi, le Médiateur de la République, la CNDH, le Conseil Supérieur de la Magistrature (CSM), ainsi que plusieurs autres structures ne sont pas encore totalement opérationnelles ; 212.Le Gouvernement de la République du Congo a exprimé sa pleine disposition à tout mettre en œuvre afin de donner effet aux dispositions de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, en soumettant et en présentant son Rapport Périodique à la Commission Africaine dans les meilleurs délais et en engageant des actions nécessaires dans le domaine de la promotion et de la protection des droits de l’homme dans le pays, notamment en comblant les insuffisances relevées par la mission dans la mesure de leurs possibilités. 213.Les textes juridiques existent en général et sont même avant-gardistes pour certains, mais leur mise en œuvre pose très souvent problème, soit par manque de ressources, soit en raison manque de volonté politique, du fait de préjugés sociaux ou de contextes sociopolitiques défavorables. B- Recommandations 214.La mission recommande au Gouvernement de la République du Congo de : 37
➢ Prendre les dispositions nécessaires pour préparer et présenter son rapport périodique en retard à la Commission Africaine dans les meilleurs délais ; ➢ Développer davantage d’efforts en vue la vulgarisation des instruments africains des droits de l’homme, en particulier, la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples auprès des populations congolaises afin que ces dernières soient au fait des droits et obligations qui leur incombent en vertu desdits instruments. Une telle entreprise pourrait se réaliser en incorporant l’enseignement de la Charte et des autres instruments dans les programmes scolaires et universitaires ; ➢ Initier ou accélérer selon le cas, les procédures de ratification des instruments pendants, notamment, la Charte Africaine des Droits et du Bien-Etre de l’Enfant, le Protocole portant création d’une Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples et le Protocole relatif aux Droits de la Femme en Afrique ; ➢ Intensifier les efforts en vue d’allouer les ressources nécessaires au démarrage du fonctionnement effectif des institutions et structures de promotion et de protection des droits de l’homme, notamment la Commission Nationale des Droits de l’Homme, le Bureau du Médiateur de la République et le CSM et de garantir leur indépendance; ➢ Intensifier le travail de formation des acteurs du système judiciaire et de sensibilisation de la population dans son ensemble sur les questions des droits de l’homme afin de créer ou d’ancrer la culture des droits de l’homme chez les fonctionnaires et les citoyens congolais ; ➢ Prendre les mesures idoines pour accélérer et conclure les procédures relatives à certains dossiers judiciaires, en particulier en ce qui concerne l’affaire dite des ‘‘disparus du Beach’’ ; ➢ Intensifier les efforts en faveur de groupes vulnérables ou minoritaires en vue de leur assurer la pleine jouissance de leurs droits tels que reconnus par les instruments des droits de l’homme, en particulier la Charte Africaine ; ➢ Prendre toutes dispositions en vue d’instaurer une couverture sanitaire adéquate sur l’ensemble du territoire. ANNEXES • Liste des personnalités rencontrées durant la mission 1. SE M. Jean Martin Mbemba, Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme 2. SE M Rodolphe Adada, Ministre des Affaires Etrangères, de la Coopération et de la Francophonie 3. SE M Thystère Tchicaya, Président de l’Assemblée Nationale 38
4. M. Ernest Apani, Directeur de Cabinet du Ministre de l’Enseignement Primaire, Secondaire, chargé de l’Alphabétisation 5. SE M. Placide Lenga, Premier Président de la Cour Suprême 6. Madame Jeanne Françoise Leckomba Loumeto Pombo 7. SE M. Hilaire Mounthault, Médiateur de la République 8. M. Alphonse Dinard Moubangat-Moukounzi, Procureur de la République de Brazzaville 9. Monsieur Bernard Mantele, Directeur de Cabinet du Ministre de la Santé et de la Population 10. M. Lambert M. Nzebo, Inspecteur Général des Services Sociaux et Humanitaires du Ministère des Affaires Sociales, de la Solidarité, de l’Action Humanitaire, des Mutilés de Guerre et de la Famille (MASSAHMGF) 11. M. Niama Florent, Directeur Général de l’Action Sociale et de la Famille (MASSAHMGF) 12. M. Tomby Jean Clotaire, Directeur Général des Personnes Handicapées et des Mutilés de Guerre (MASSAHMGF) 13. M. Ontsira Gabriel, Directeur de l’Information et de la Promotion du Droit International Humanitaire (MASSAHMGF) 14. Mme Maleka Christiane-Marie, Directrice des services Sociaux Spécialisés et de la Catégorie (MASSAHMGF) 15. Mme Micheline N Goulou, Directrice de l’Insertion socioprofessionnelle, (MASSAHMGF) 16. M. Biaka Bakang Georges, Directeur des Politiques de Réadaptation, (MASSAHMGF) 17. M. Essieke Clément, Directeur de l’Assistance Humanitaire (MASSAHMGF) 18. Mme Georgette Infani-Sambéko, Directrice de la Coordination des Actions de Solidarité (MASSAHMGF) 19. M. Elangoloki Jean, Directeur des Mutilés de Guerre (MASSAHMGF) 20. Mme Pembe Benoîte, Inspectrice Divisionnaire de la Solidarité et de l’Action Humanitaire (MASSAHMGF) 21. Mme Honorine Massamba, Directrice de la Famille (MASSAHMGF) 22. M. Jean Marie Tombet, Directeur de la Promotion Sociale (MASSAHMGF) 23. M. André Bolanga, Directeur de la Protection Sociale (MASSAHMGF) 24. M. Antoine Mfoukou, Directeur Administratif et Financier (MASSAHMGF) 25. L’Honorable Lekoundzou Itihi Ossetoumba Justin, Président du Groupe Parlementaire de la Majorité Présidentielle (Parti Congolais du Travail – PCT) 26. L’Honorable Emile Ouosso, Député, Membre du GP de la Majorité Présidentielle 27. Honorable Pierre Mabiala, Député, Membre du GP de la Majorité Présidentielle 28. l’Honorable Joseph Kignoumbi Kia Mboungou, député, Président du Groupe Parlementaire du parti politique Union Populaire (UPADES) et affiliés 29. SE M. André Milongo, Président de l’Union pour la Démocratie et la République ‘‘Mounyinda’’ 30. SE Madame Emilienne Raoul., Ministre des Affaires Sociales, de la Solidarité, de l’Action Humanitaire, des Mutilés de Guerre et de la Famille (MASSAHMGF) 31. Madame Céline Tchissambou Bayonne, Directrice de Cabinet du MASSAHMGF • Liste des ONG des droits de l’homme rencontrées durant la mission 1. ADDC 2. Association pour la Défense des Droits de l’Homme en Milieu Carcéral (ADHUC) 3. ONG INPACT 39
4. APTS/FECODHO 5. Observatoire Congolais des Droits de l’Homme (OCDH) 6. Association des Femmes Juristes du Congo (AFJC) • Liste des médias et organes de presse rencontrés durant la mission 1. Radio Brazzaville 2. Radio Canal FM 3. Congo Site Internet 4. Tam-Tam d’Afrique 5. Télé Congo 6. Radio Liberté 7. Carrefour du Citoyen 8. Le Coq 9. La Semaine Africaine 10. Le Reporter Insolite 11. La Nouvelle République 12. Radio Congo 13. Africa No 1 14. Canal d’Afrique 15. Le Choc 16. La Dépêche de Brazzaville 17. Les Echos du Congo 40

Created 30 juin 2026 · Edited 30 juin 2026