Rapports de Mission

Projet de rapport sur la Mission de promotion en République de Sierra Leone 23 – 29 février 2004

SIERRA LEONE- Draft Promotion Report, FR.doc.pdf
AFRICAN UNION UNION AFRICAINE UNIÃO AFRIQUENA African Commission on Human & Peoples’ Rights Commission africaine des Droits de l’Homme et des Peuples 48, Kairaba Avenue, P. O. Box 673, Banjul, The Gambia Tel: (220) 4392 962 Fax: (220) 4390 764 E-mail: achpr@achpr.org Web www.achpr.org Projet de rapport sur la Mission de promotion en République de Sierra Leone 23 – 29 février 2004 Commissaire E.V.O. Dankwa Septembre 2004
INTRODUCTION Dates de la visite et composition de la délégation Le Commissaire E.V.O. Dankwa a été chargé des activités de promotion dans la République de Sierra Leone et a entrepris une mission de promotion dans cette république du 23 au 27 février 2004. La visite avait pour objectif de rencontrer les diverses parties concernées dans le pays : gouvernement, ONG, organisations à base communautaire, organisations internationales et les médias sur la situation des droits de l’homme dans le pays. La visite avait également pour objectif de faire connaître la Commission africaine et son travail dans la promotion et la protection des droits de l’homme et des peuples. Sur la base de ses divers entretiens, la mission a formulé plusieurs recommandations inclues à la fin du présent rapport. Durant la mission, le Commissaire Dankwa était accompagné et assisté de M. Nega Girmachew Lulessa, Juriste au Secrétariat de la Commission africaine. INFORMATIONS GENERALES SUR LA SIERRA LEONE Historique La Sierra Leone a été un des premiers contacts des Européens avec l’Afrique de l’Ouest. En 1652, les premiers esclaves nord américains étaient amenés de Sierra Leone aux Sea Islands, au large des côtes du sud des Etats-Unis. Au cours du XVIIIème siècle, le commerce d’esclaves fut florissant depuis la Sierra Leone vers les plantations de Caroline du Sud et de Georgie où leurs compétences dans les rizières les rendaient particulièrement précieux. En 1787, les Britanniques aidèrent 400 esclaves libérés des Etats-Unis, de la Nouvelle Ecosse et de Grande Bretagne à retourner en Sierra Leone pour s’établir dans ce qu’ils appelèrent la “Province de la Liberté”. La maladie et l’hostilité des peuplades indigènes éliminèrent pratiquement le premier groupe de « rentrés au pays ». D’autres groupes d’esclaves libérés ou « Krio », comme ils furent appelés, vinrent ultérieurement rejoindre à cet établissement qui fut rapidement connu sous le nom de Freetown. En 1792, Freetown devint l’une des premières colonies britanniques en Afrique de l’Ouest. Au début du 19ème siècle, Freetown servit de résidence du gouverneur britannique qui dirigeait les établissements de la Gold Coast (aujourd’hui Ghana) et de la Gambie. La Sierra Leone était également le centre éducatif de l’Afrique de l’Ouest britannique. Fourah Bay College, créé en 1827, attira rapidement tous Africains anglophones de la côte occidentale. Pendant plus d’un siècle, il fut la seule université de style européen en Afrique sub-saharienne occidentale. Bien que l’histoire coloniale de la Sierra Leone n’ait pas été pacifique, la majeure partie de son histoire au 20ème le fut et le pays accéda à l’indépendance sans violence. La Constitution de 1951 servit de cadre à la décolonisation. La responsabilité ministérielle locale fut introduite en 1953 avec la nomination de Sir Milton Margai comme Chief Ministre. Il devint Premier Ministre après le succès des pourparlers constitutionnels de Londres en 1960. L’indépendance survint le 27 avril 1961 et la Sierra Leone opta pour 2
un système parlementaire au sein du Commonwealth britannique. La Sierra Leone après l’Indépendance Le Sierra Leone Peoples Party (SLPP) de Sir Milton conduisit le pays à l’indépendance et à la première élection générale au suffrage adulte universel en mai 1962. A la mort de Sir Milton, en 1964, son demifrère, Sir Albert Margai, lui succéda en tant que Premier Ministre. Lors des élections âprement disputées de mars 1967, le All Peoples Congress (APC) emporta la majorité des sièges parlementaires. En conséquence, le Gouverneur Général (représentant la Monarchie britannique) déclara Siaka Stevens—leader de l’APC et Maire de Freetown—nouveau Premier Ministre. Quelques heures plus tard, Stevens et Margai étaient tous deux placés en détention par le Brigadier David Lansana, Commandant en chef des Republic of Sierra Leone Military Forces (RSLMF) au motif que la détermination de cette position aurait dû attendre le suffrage des représentants tribaux à la chambre. Un autre groupe d’officiers montèrent aussitôt un autre coup pour être évincés par un troisième coup, la ‘révolte des sergents ’ et, en avril 1968, Stevens assuma enfin sa position de Premier Ministre aux termes de la Constitution restaurée. Il demeura chef de l’Etat jusqu’en 1985 et c’est sous sa férule qu’en 1978, la Constitution fut amendée et tous les partis politiques autres que l’APC au pouvoir furent interdits. En août 1985, l’APC nomma le commandeur militaire Major Général Joseph Saidu Momoh, le propre choix de Stevens, candidat du parti à la succession de Stevens. Momoh fut élu Président lors d’un referendum unipartite le 1er octobre 1985. En octobre 1991, Momoh fit encore une fois amender la Constitution pour rétablir un système multipartite. Sous Momoh, le pouvoir de l’APC se caractérisa par des abus croissants de pouvoir. La Guerre civile (1991-2002) En mars 1991, un petit groupe se faisant appeler le Revolutionary United Front (RUF) sous la direction d’un ancien caporal, Foday Sankoh, commença à attaquer des villages à l’est de la Sierra Leone sur la frontière libérienne. Et le 29 avril 1992, un groupe de jeunes officier militaires, menés par le capitaine Valentine Strasser, lança un coup militaire envoyant Momoh en exil en Guinée et établissant le National Provisional Ruling Council (NPRC) comme autorité dirigeant la Sierra Leone. Le NPRC échoua à repousser le RUF qui, en 1995, détenait la plus grande partie de l’intérieur et se trouvait aux portes de Freetown. Pour récupérer la situation, le NPRC recruta des centaines de mercenaires auprès de la société privée Executive Outcomes. Un mois plus tard, ils avaient repoussé les combattants du RUF dans leurs enclaves le long des frontières de la Sierra Leone. En réponse à la demande populaire et à la pression internationale montante, le NPRC accepta de céder le pouvoir à un gouvernement civil à l’issue d’élections présidentielles et parlementaires qui se déroulèrent en avril 1996. Ahmad Tejan Kabbah, diplomate ayant travaillé aux Nations unies pendant plus de 20 ans, remporta l’élection présidentielle. Toutefois, l’Armed Forces Revolutionary Council (AFRC), dirigé par le Major Johnny Paul Koroma, renversa le Président Kabbah le 25 mai 1997 et invita le RUF à rejoindre le gouvernement. 10 mois de pouvoir plus tard, la junte fut évincée par les forces de l’ECOMOG dirigées par la Nigeria et le gouvernement démocratiquement élu du Président Kabbah fut réinstallé en mars1998. Le 6 janvier 1999, le RUF se lança dans une nouvelle tentative de renversement du gouvernement. Les combats atteignirent certaines parties de Freetown, faisant des centaines de morts et de blessés. Les forces de l’ECOMOG repoussèrent l’attaque du RUF quelques semaines plus tard. 3
Avec l’assistance de la communauté internationale, le Président Kabbah et le leader du RUF Sankoh négocièrent l’Accord de paix de Lomé (Accord de Lomé) qui fut signé le 7 juillet 1999. L’Accord de Lomé faisait de Sankoh le Vice-président et offrait à d’autres membres du RUF la possibilité d’entrer dans le gouvernement. L’Accord de Lomé faisait également appel à une force internationale de maintien de la paix dirigée initialement par l’ECOMOG et les Nations unies. Le Conseil de sécurité de l’ONU établit la Mission d’assistance des Nations unies en Sierra Leone (United Nations Assistance Mission in Sierra Leone UNAMSIL) en 1999, dotée d’une force initiale de 6 000 hommes. Les forces de l’ECOMOG arrivèrent en avril 2000. Toutefois, le RUF commença à violer l’accord presque immédiatement, notamment en prenant en otage des centaines de membres de l’UNAMSIL et en se saisissant de leurs armes et de leurs munitions durant la première moitié de l’année 2000. Le 8 mai 2000, des membres du RUF firent feu et tuèrent 20 personnes manifestant contre les violations perpétrées par le RUF devant la maison de Sankoh à Freetown. En conséquence, Sankoh et d’autres responsables du RUF furent arrêtés et le groupe dut abandonner les positions qu’il occupait dans le gouvernement. Un nouvel accord fut signé à Abuja en novembre 2000. Les combats se poursuivirent néanmoins. A la fin de l’année 2000, les forces guinéennes entrèrent en Sierra Leone pour attaquer les bases du RUF à partir desquelles des attaques avaient été lancées contre des dissidents libériens en Guinée. Un second Accord d’Abuja, en mai 2001, servit de cadre à une réduction significative des hostilités. Le désarmement se poursuivit et le gouvernement commença à réaffirmer son autorité dans les zones précédemment détenues par les rebelles. Au début de l’année 2002, quelque 72 000 anciens combattants avaient été désarmés et démobilisés même si nombre d’entre eux attendaient encore une assistance à leur réintégration. Le 18 janvier 2002 le Président Kabbah déclarait la guerre civile officiellement finie, l’état d’urgence ayant été levé l’année précédente. En mai 2002 le Président Kabbah et son parti, le SLPP, remportaient des victoires écrasantes aux élections présidentielle et législatives. Kabbah était réélu pour un mandat de cinq ans. L’aile politique du RUF, le RUFP, ne remportait pas un seul siège au Parlement. Les élections furent marquées par des irrégularités et des allégations de fraude mais pas à un degré affectant significativement les résultats. L’Accord de Lomé en appelait également à l’établissement d’une Commission de Vérité et de Réconciliation (Truth and Reconciliation Commission) susceptible d’offrir un forum tant aux victimes qu’aux auteurs de violations des droits de l’homme durant le conflit pour raconter leurs histoires et faciliter ainsi une authentique réconciliation. Puis, le gouvernement sierra léonais demanda à l’ONU de l’aider à établir une Cour Spéciale pour la Sierra Leone qui jugerait ceux qui « portent la plus lourde responsabilité des crimes contre l’humanité, des crimes de guerre et des graves violations du droit international humanitaire ainsi que des crimes relevant de la loi sierra léonaise perpétrés sur le territoire de la Sierra Leone depuis le 30 novembre 1996." La Commission Vérité et Réconciliation et la Cour spéciale commencèrent toutes les deux à fonctionner au cours de l’été 2002. En novembre 2002, l’UNAMSIL commença à réduire graduellement ses effectifs qui avaient atteint un chiffre maximum de 17 500 hommes. Sous la pression des Britanniques, ce retrait fut ralenti de telle sorte qu’en octobre 2003, le contingent de l’UNAMSIL comptait encore 12 000 hommes. Le plan de retrait faisait toutefois appel à un retrait total, sous réserve d’un environnement sécuritaire, pour la fin de l’année 2004. Le 13 janvier 2003, un petit groupe d’hommes armés tentèrent en vain de s’introduire dans l’arsenal de Freetown. L’ancien leader de la junte AFRC, Johnny Paul Koroma disparut après avoir été associé à ce raid. En mars, la Cour spéciale pour la Sierra Leone rendait ses premiers actes d’accusations pour crimes de guerre durant la guerre civile. Foday Sankoh, déjà détenu, fut inculpé ainsi que le notoire commandant 4
en chef du RUF Sam “Mosquito” Bockarie, Johnny Paul Koroma, le Ministre de l’Intérieur et ancien chef de la Civil Defense Force, Hinga Norman, et plusieurs autres. Norman fut arrêté lorsque les inculpations furent prononcées tandis que Bockarie et Koroma couraient toujours. Le 5 mai, Bockarie était tué au Liberia. Quelques semaines plus tard, selon des rapports émanant du Libéria, Johnny Paul Koroma avait été également tué. En juin, la Cour spéciale annonçait l’inculpation de Taylor qui a depuis reçu l’asile du gouvernement nigérian. Sankoh, qui était malade depuis un certain temps, mourut en prison à Freetown le 29 juillet d’une crise cardiaque. L’économie Riche en minéraux, la Sierra Leone a basé son économie sur le secteur minier, en particulier les diamants. Dans les années 70 et 80, le taux de croissance ralentit en raison du déclin du secteur minier et de l’augmentation de la corruption parmi les responsables du gouvernement. Dans les années 90, l’activité économique déclina et l’infrastructure économique se dégrada sérieusement. Au cours de la décennie suivante, l’économie de la Sierra Leone fut dévastée par la guerre civile. Depuis la cessation des hostilités en janvier 2002, de massives infusions d’assistance extérieure ont aidé la Sierra Leone à commencer à récupérer. 60 à 70% des dépenses du gouvernement sont financées par le soutien de donateurs. Le secteur manufacturier est minime, les exportations rares et les années de combats et les décennies de corruption et de mauvaise gestion ont abouti à la dévastation de l’infrastructure. Près des deux tiers de la population s’adonnent à une agriculture de subsistance. En dépit du fait que la plupart des Sierra léonais en vivent, l’agriculture ne représente que 42 % du revenu national. Le gouvernement s’efforce d’accroître la production de cultures vivrières et de cultures de rapport et d’améliorer les compétences des petits fermiers. Le gouvernement oeuvre également de concert avec plusieurs donateurs étrangers pour opérer un développement rural intégré et des projets agricoles. La terre et les hommes La Sierra Leone est située sur la côte occidentale de l’Afrique et partage une frontière avec la Guinée (au nord et à l’est) et le Libéria (au sud-est). Ses 400 Km de littoral longent l’Océan Atlantique Nord. Le pays peut grossièrement être divisé en trois zones : marais de mangrove et plages le long de la côte; ceinture de terre boisée de basse altitude et l’intérieur immédiat et un plateau montagneux atteignant 2 000 mètres d’altitude plus à l’intérieur. Le climat est de type tropical avec une saison des pluies chaude et humide de mai à décembre et une saison sèche d’hiver de décembre à avril. La population est estimée à 5 732 681 d’habitant (2003) avec un taux de croissance de 2,94 %. La population est âgée à 52 % de 15 à 64 ans. La population indigène est composée de dix-huit groupes ethniques. Les Temne au nord avec 30 % et les Mende au sud avec 29 % de la population constituent les groupes les plus importants. Quinze autres groupes ethniques représentent 39 % et les Créoles (Krio) environ 2 %. Les autres groupes représentés dans la population sont les réfugiés de la guerre civile au Liberia, un petit nombre d’Européens, de Libanais, de Pakistanais et d’Indiens. 60 % de la population s’identifie comme étant musulmane, 30 % ont des croyances indigènes et 10 % se disent chrétiens. Structure politique actuelle La Sierra Leone est une République démocratique constitutionnelle avec un système juridique basé sur le droit anglais et le droit coutumier indigène des tribus locales. Le pays est divisé en trois divisions 5
administratives (Eastern, Northern et Southern), une zone (western) et la capitale Freetown. Le Président, dont la fonction est limitée à deux mandats de cinq ans, est directement élu et a la double qualité de chef de l’Etat et chef du gouvernement. Le pouvoir législatif est constitué d’un parlement à une chambre de 124 sièges. 112 sièges sont élus par vote populaire et des chefs suprêmes (souverains) élus séparément occupent les 12 autres. Les uns et les autres sont élus pour des mandats de cinq ans. A l’heure actuelle, le Sierra Leone Peoples Party (SLPP) détient 70 % des sièges au parlement. Le Cabinet est composé de Ministres d’Etat qui sont nommés par le Président avec l’approbation du Parlement. Structure du système judiciaire Le système judiciaire continue d’être appliqué pour les cas civils mais il est sévèrement handicapé par le manque de ressources et de personnel qualifié. Il est constitué d’une Cour suprême, d’une Cour d’Appel et d’une Haute Cour avec des juges nommés par le Président sur avis de la Judicial and Legal Service Commission et avec l’approbation du Parlement. Il existe également des tribunaux d’instance et locaux à partir desquels les appels sont interjetés devant les courts of judicature supérieures. La Constitution de 1991 a créé un Ombudsman responsable des enquêtes sur les plaintes d’abus émanant de responsables publics. En 2000, le gouvernement de Sierra Leone a promulgué l’Anti-Corruption Act pour combattre la corruption endémique. Mais en octobre 2003, le Gouvernement de Sierra Leone n’avait poursuivi que deux cas de haut niveau. L’armée et la police en Sierra Leone L’armée et la police de la Sierra Leone sont devenues, au fil des années, la source d’une instabilité considérable, de corruption et de violations des droits de l’homme et elles ont joui d’une immunité quasitotale de toute poursuite. Les efforts menés par l’International Military Advisory and Training Team (IMATT) menée par les Britanniques qui, depuis 1999, s’efforce de réformer, restructurer et réhabiliter l’armée, ont abouti à une amélioration considérable du professionnalisme de cette force. La tentative de coup d’état de janvier 2003 par plusieurs anciens soldats et soldats en exercice a échoué à susciter un appui dans les rangs et s’est achevée par l’arrestation et le procès pour accusation de trahison de quelque 15 suspects. Si des améliorations ont été enregistrées dans le comportement de la police, selon certains rapports, l’extorsion, la corruption et les conduites non professionnelles sont encore monnaie courante. LES VISITES Le Ministère des Affaires étrangères, 23 février 2004 La délégation a été reçue par M. Abdul Rahman Wurise, Directeur Général, Direction des Affaires politiques du Ministère. Etaient également présents : M. Alex Fakondo, Directeur de la Direction des Affaires politiques, M. Donald Ngegba, Directeur de la Direction économique et technique, et Mme Khadijatu Bassir, Directrice adjointe de la Direction des Affaires politiques. En raison d’engagements antérieurs, le Ministre des Affaires Etrangères n’a pas pu rencontrer la délégation. Le Commissaire Dankwa a présenté la Commission africaine comme étant un organe intergouvernemental composé d’Etats membres de l’Union Africaine à l’exception du Maroc. Il a expliqué que la Commission compte 11 Commissaires à temps partiel qui se réunissent deux fois par an pour examiner la situation des droits de l’homme en Afrique et qui ont des relations de travail avec des organes 6
comme les institutions intergouvernementales, les institutions nationales de défense des droits de l’homme et des organisations non gouvernementales. La Commission entend également les allégations de violations des droits de l’homme à l’encontre des Etats parties à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (la Charte africaine) en session restreinte. Dans le cadre de son mandat, la Commission reçoit et examine également les rapports émanant des Etats parties à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, obligation dont ils doivent s’acquitter chaque année en vertu de l’Article 62 de la Charte africaine, mais la Sierra Leone n’a jamais soumis de rapport. Il a révélé que, lors de sa première visite dans la République trois ans auparavant, les responsables avaient promis d’envoyer le rapport du pays. Il a incité le Ministère à veiller à ce que le travail préparatif à cette obligation commence rapidement. Il a également exhorté les autorités à s���assurer que la République ratifie le Protocole établissant la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples et le Protocole sur les Droits des femmes en Afrique. En expliquant en outre, les mandats de promotion de la Commission, le Commissaire Dankwa a déclaré qu’à des fins promotionnelles, les Etats parties étaient répartis entre 11 Commissaires dont certains sont également chargés de questions thématiques méritant un suivi plus étroit comme les droits des femmes, les prisons et les conditions de détention, les exécutions extrajudiciaires et la situation des défenseurs des droits de l’homme. Le Directeur Général a, pour sa part, remercié le Commissaire pour sa brève présentation de la Mission et de la Commission africaine. Il a déclaré qu’il pensait que la République avait déjà signé le Protocole sur les Droits des femmes en Afrique et a noté la nécessité de ratifier le Protocole sur la Cour africaine. Il a conclu en assurant le Commissaire que son bureau suivrait la soumission de rapports par la République à la Commission africaine. Le Bureau du Vice-président, 23 février 2004 Lors de sa réunion avec le Vice-président, Son Excellence Solomon Berewa, le Commissaire Dankwa a exprimé sa gratitude pour l’audience accordée à la délégation de la Commission. Après avoir brièvement présenté la Commission africaine, le Commissaire Dankwa a attiré l’attention de Son Excellence sur trois questions. La première étant qu’à ce jour, la Sierra Leone n’a soumis aucun rapport à la Commission africaine ; la seconde étant que la République commence à prendre un intérêt actif dans les travaux de la Commission africaine, en particulier en participant à ses sessions biannuelles et la troisième étant que Son Excellence veille à ce que la République ratifie prochainement le Protocole établissant la Cour africaine. Son Excellence M. Berewa, pour sa part, a déclaré que l’échec à soumettre des rapports à la Commission africaine était dû à la difficulté d’identifier une personne focale pour cette obligation. Mais dans la mesure où la Sierra Leone soumettait des rapports à d’autres organes internationaux, il devrait être possible d’en faire de même avec la Commission africaine. Eu égard à l’échec de la République à participer aux sessions de la Commission, M. Berewa a déclaré qu’il ne pouvait comprendre quelle était l’origine du problème compte tenu de la présence de la République à des réunions tenues dans des contrées aussi éloignées que la Mongolie et compte tenu du fait que Banjul, qui est le siège de la Commission africaine, n’est pas si éloignée de la Sierra Leone. Eu égard à la ratification du Protocole sur la Cour, M. Berewa a déclaré qu’il y a confusion entre les personnes focales du Ministère des Affaires étrangères et celles du Ministère de la Justice, problème affectant la conclusion du processus. Il a promis d’attirer l’attention du Ministère des Affaires étrangères sur la nécessité d’identifier une personne focale assurant la liaison avec la Commission africaine à cet 7
égard. Interview sur SCBSTV, 23 février 2004 A la fin de sa réunion avec Son Excellence le Vice-président, le Commissaire Dankwa a accordé un bref entretien à un journaliste des Sierra Leone Broadcasting Services attaché au Bureau du Vice-Président. Ministère de la Justice, 23 février 2004 La délégation a été reçue par Son Excellence M. Eke Halloway, Ministre de la Justice et Attorney General. Etaient présents à cette réunion M. Lahai Farmer, Senior StateCounsel, M. Eku Roberts, Consultant, M. Tunde E. Cole, Solicitor General, et le Directeur du Ministère public. Le Commissaire Dankwa a présenté la délégation et a brièvement présenté la Commission africaine. Il a demandé si le Ministre était conscient des difficultés et des problèmes auxquels était confrontée la République en échouant à soumettre des rapports à la Commission africaine, à assister aux sessions de la Commission et à ratifier le Protocole établissant la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples. Le Ministre et son équipe ont répondu aux préoccupations du Commissaire. Le Ministre a expliqué que l’envoi de rapports doit être interdépartemental sur initiation du Ministère des Affaires étrangères. Eu égard à la Commission africaine, le Ministère de la Justice essaiera de soulever la question auprès du Ministère des Affaires étrangères. Les changements fréquents de personnel et les moyens financiers limités ont également eu leur part de responsabilité dans la non soumission des rapports et la nonparticipation aux sessions de la Commission africaine. En outre, le manque de partage d’informations entre le Ministère des Affaires étrangères et celui de la Justice qui, par exemple a affecté l’aptitude de ce dernier à donner un avis sur les instruments que la République devrait ratifier. La Commission africaine pourrait donc, lorsqu’elle envoie des informations ou des communications pertinentes au Ministère des Affaires étrangères, en adresser une copie à celui de la Justice. Eu égard à l’administration de la justice, le Ministre a indiqué que la République était confrontée à un grave manque de ressources humaines et matérielles, ces dernières rendant impossible le recrutement d’un nombre suffisant de juges et de magistrats. La situation est si grave que le Ministère a dû se rabattre sur les services de juges ou de magistrates retraités sur la base de contrats annuels pour assurer l’administration de la justice. Avec l’assistance de la communauté internationale, le Ministère a pu fournir des palais de justice. Des juges de paix formés président aujourd’hui les tribunaux d’instance en l’absence de magistrats résidents. Il existe une présence judiciaire dans les provinces et, pour pallier la pénurie de juges/magistrats, des justices of the court ont été installés et des formations ont été initiées à l’intention des greffiers et des huissiers. Le Ministre a fait remarquer que l’accès à la justice existe dans tout le pays même s’il y a quelques défaillances en certains endroits. Il a ajouté que le règlement alternatif des conflits entrepris par la société civile, notamment l’ONG Conciliation Resources, a soulagé le poids qui pesait sur les tribunaux. Dans la magistrature, les policiers sont également formés à poursuivre les délits moins graves. Eu égard aux cas de corruption, le Commonwealth et le Département britannique pour le Développement international (DFID) ont fourni les services de trois juges de Grande-Bretagne, d’Irlande et de Christmas Island. Il est regrettable, selon le Ministre, qu’à cause du manque de personnel, la Direction des Affaires internationales et constitutionnelles du Ministère ne puisse fonctionner. Lawyer’s Centre for Legal Assistance (LAWCLA), 24 février 2004 8
Ont assisté à cette réunion M. Alimamy Baba-Sillah, Responsable administratif, M. Abdul Samad Kamara, Responsable de l’information, M. Madda Soyee, Responsable financier, et M. Maigore J. Bengeh, Responsable des activités para juridiques. Commissaire Dankwa a présenté la délégation et a brièvement présenté la Commission africaine. Il a insisté particulièrement sur les bonnes relations de travail de la Commission africaine avec les ONG africaines et internationales. Il a expliqué que les ONG contribuent beaucoup à informer la Commission africaine sur les diverses violations des droits de l’homme et des peuples sur le Continent. Après avoir brièvement expliqué le mécanisme du statut d’observateur accordé aux ONG auprès de la Commission africaine, le Commissaire Dankwa a encouragé l’ONG à en solliciter le statut. Pour leur part, les membres de LAWCLA ont exposé leurs travaux à la délégation. Etablie en 2001 par un groupe de juristes convaincus que l’assistance juridique devrait être accessible à ceux qui n’ont pas les moyens de faire appel à un avocat, LAWCLA est une institution indépendante dont les activités sont ciblées sur l’assistance juridique et les procès d’intérêt public. La Sierra Leone sortant d’une longue guerre civile, le traitement des violations des droits de l’homme représente une préoccupation essentielle pour la consolidation de la paix. Le judiciaire est confronté à une demande croissante de justice et, partant, le rôle d’ONG comme LAWCLA ne peut être passé sous silence. LAWCLA comprend une unité chargée des procès généraux, une unité chargée de la justice transitionnelle, une unité chargée de la recherche et du plaidoyer genre et une unité chargée de la justice et du plaidoyer et une unité à travers lesquelles elle offre une représentation /assistance gratuite aux membres indigents du public. Elle entreprend également des recherches sur les questions relatives aux droits de l’homme et facilite la formation à l’application des lois et à d’autres responsables publics en matière de droits de l’homme. Dépendant de donations et de dons, LAWCLA a son siège à Freetown et des bureaux régionaux à Makeni (Province du Nord), à Bo (Province du Sud) et à Kenema (Province de l’Est). Répondant aux questions des membres de LAWCLA, le Commissaire Dankwa a déclaré que la Commission africaine dépendait de ses partenaires, tant individus qu’ONG, pour attirer son attention sur des cas d’allégations de violations des droits de l’homme et des peuples pour lui permettre de prendre les mesures nécessaires Outre l’admission de réclamations, la Commission africaine a recours à divers mécanismes de promotion et de protection des droits de l’homme et des peuples sur le continent, y compris des missions de promotion et /ou d’enquête et des rapporteurs spéciaux sur diverses questions thématiques. Il a insisté sur le fait que la Commission africaine fonctionnait à un autre niveau que ne le font normalement les systèmes intérieurs où le respect des décisions par les accusés est assuré par diverses sanctions, y compris l’incarcération. Il a toutefois insisté sur le fait qu’en dépit de l’absence de système de sheriff/police pour veiller au respect de ses décisions, la Commission africaine enregistrait un succès relatif dans son travail global de promotion et de protection des droits de l’homme et des peuples en Afrique. Ministère des Affaires intérieures, 24 février 2004 La délégation a été reçue par Son Excellence l’Honorable George Banda Thomas, Ministre suppléant des Affaires intérieures. Etaient également présents Mme Khadjatou Bassir, Directrice adjointe, et M. Momodou A. Wurrie, tous deux du Ministère des Affaires étrangères. Le Commissaire Dankwa a présenté la délégation et fait une brève présentation de la Commission africaine et de l’objectif de la mission. Il a expliqué que ces missions permettaient à la Commission 9
africaine de découvrir ce qui se faisait en termes de promotion et de protection des droits de l’homme et des peuples dans les pays concernés, d’encourager les autorités gouvernementales, les ONG et la société civile à lutter pour une meilleure protection des droits de l’homme et des peuples et de se rendre compte, dans la perspective de formuler des recommandations réalisables, des diverses difficultés auxquelles les autorités pouvaient être confrontées à cet égard. Concernant la Sierra Leone, le Commissaire Dankwa a rappelé à l’honorable Ministre que la République avait beaucoup de retard dans son obligation de compte rendu aux termes de la Charte africaine. Il a également informé l’Honorable Ministre des dates de la 35ème Session ordinaire devant se tenir en mai 2004 à Banjul, Gambie, et l’a pressé de veiller à ce que la Sierra Leone soit représentée à cette session. En présentant certains documents de la Commission africaine, le Commissaire Dankwa a demandé si l’Honorable Ministre pourrait informer la délégation sur le travail du Ministère, les défis auxquels il était confronté et la manière de progresser dans l’exercice de sa mission. Pour sa part, le Ministre a remercié la délégation pour la brève présentation du travail de la Commission africaine et les publications de la Commission africaine remises au Ministère auxquelles, dit-il, il serait fait référence dans les tentatives de la République d’élaboration de sa stratégie nationale de progression et de protection des droits de l’homme. Il a insisté sur le fait que son Ministère croyait en l’indivisibilité et en l’interdépendance des droits de l’homme et que les divers instruments relatifs aux droits de l’homme, y compris la Charte africaine, procuraient à la République une base pour faire avancer et promouvoir les droits de l’homme. En tant que Ministère responsable des affaires intérieures de la République, y compris la Police, les Prisons, l’Immigration et d’autres départements, il considérait les droits de l’homme comme étant le cœur de ses activités. Eu égard à la Police, le Ministre a déclaré que le Ministère, en collaboration avec ses partenaires, a essayé et relativement réussi à transformer la Police en une force professionnelle à travers diverses formations. Il a expliqué qu’un des fondamentaux mis en exergue dans leurs formations était le respect des droits humains de tous, qu’ils soient suspects, détenus ou condamnés. La Police bénéficie également de partenariats à travers lesquels elle travaille avec les communautés locales établissant ainsi des relations cordiales. Les départements de la Police se sont également organisés de manière à traiter les réclamations à l’encontre de ses services. Concernant les prisons, le Ministre a informé la délégation que le gouvernement a essayé d’informer les responsables pénitentiaires par diverses formations et /ou des cours maison sur la nécessité d’observer et de respecter les droits humains des détenus. Le Rapport de la Croix rouge internationale montre une satisfaction raisonnable des conditions dans les prisons sierra léonaises. Le traitement internationalement attendu des suspects et des prisonniers sierra léonais par les responsables des prisons et de la police s’étend aux Libériens et aux autres étrangers internés. Les internés sont nourris, abrités et reçoivent des soins médicaux. Le Ministre a affirmé qu’à l’heure actuelle, le Gouvernement de la République de Sierra Leone ne pouvait pas être pris à défaut en termes d’avancement et de promotion des droits de l’homme. Il a fait remarquer que la République était fière d’être membre de l’UA et qu’elle observerait toujours les règles et les conventions relatives aux droits de l’homme. La République croyait dans la dignité humaine qui devrait être protégée à tout moment de possibles abus. En réponse aux questions du Commissaire Dankwa de savoir si certains membres de la Police étaient poursuivis pour faute et si le Ministère est confronté à des défis croissants en raison de la surpopulation urbaine due à la guerre et à la jeunesse sans emploi lucratif, le Ministre a ainsi répondu. Eu égard aux plaintes contre la Police, le Ministre a déclaré qu’elles pouvaient être traitées de deux manières selon le 10
type de plainte : elles pouvaient soit être brièvement traitées par une action administrative ou tout autre moyen interne pertinent, ou portées devant les tribunaux. Il a ajouté qu’une accusation de voie de fait de journalistes avait été portée contre des officiers de police et que l’affaire était pendante devant un tribunal. Toutefois, dans la vaste majorité des cas, les officiers de police trouvés en défaut dans leur interaction avec des membres du public sont traités de manière appropriée de manière administrative. Eu égard au problème de la métropole envahie par de jeunes chômeurs et de nombreuses personnes (IDP) ayant fui la guerre, le Ministre a admis qu’il s’agissait là d’un grave défi qui demeurait une préoccupation pour le Gouvernement. Il a ajouté que ce problème n’était toutefois pas spécifique à Freetown et qu’il se posait également à Bo, à Kenema, à Makeni et dans les autres villes majeures du pays. La République avait désormais dépassé la phase post-conflit. Initialement, l’ère suivant immédiatement le conflit, le gouvernement avait essayé d’étendre son autorité à toutes les zones, aux zones provinciales et/ou frontières pour prévenir la récurrence de ces problèmes. Par la suite, le gouvernement a entrepris de convaincre les IDP et les autres échoués dans les villes de retourner dans leurs lieux d’origine respectifs. Un bon nombre d’entre eux l’ont fait tandis qu’un grand nombre est resté. Les anciens combattants sont du nombre de ceux qui on refusé de retourner. Dans le cadre de divers programmes, on leur a fourni des compétences et des outils (par exemple, du matériel de couture). Même certains de ceux qui ont suivi ces programmes et étaient rentrés chez eux sont revenus dans les villes après avoir vendu leurs outils. Les autres groupes exacerbant la situation étaient les enfants non scolarisés et les personnes rentrées de Guinée et du Liberia. Quelque sombre que paraisse le tableau, le gouvernement n’a pas perdu espoir et a intensifié ses efforts pour assurer un environnement incitatif et attractif à travers, par exemple, la sécurité alimentaire et l’assistance agricole. Certains d’entre eux peuvent également trouver un emploi une fois l’économie de la République relancée grâce à des moyens comme l’investissement étranger et les travaux publics. Ministère des Affaires sociales, des Affaires relatives au Genre et aux Enfants, 24 février 2004 Son Excellence Mme Shirley Gbujama, Ministre des Affaires sociales, des Affaires relatives au Genre et aux Enfants, a reçu la délégation. Etaient également présents Mme Sarah Lewis, Secrétaire permanente, M. Alhaji Bangoura, Secrétaire adjoint principal, et M. Frank Kalone, Responsable du Développement social, tous trois du Ministre des Affaires sociales, des Affaires relatives au Genre et aux Enfants. Mme Khadjatou Bassir, Directrice adjointe, et M. Momodou A. Wurrie, tous deux du Ministère des Affaires étrangères, accompagnaient la délégation. Ayant brièvement présenté la Commission africaine et l’objectif de la Mission, le Commissaire Dankwa a aimablement invité l’Honorable Ministre à éclairer sa délégation sur le travail de son Ministère, les divers défis auxquels il est confronté et les progrès qu’il a enregistrés. En réponse, la Ministre a informé la délégation que son Ministère était très concerné et impliqué dans la promotion et la protection des droits de l’homme. Elle a révélé que le Ministère est actuellement en cours d’élaboration d’une politique dans la ligne de la Charte africaine sur les Droits et le Bien-être des enfants et de la Convention de l’ONU sur les Droits de l’enfant. Elle a déclaré que le Ministère traitait des divers problèmes de violence contre les femmes et les enfants durant la guerre et, à une moindre échelle, de problèmes similaires au niveau domestique. Le Ministère, en collaboration avec la Police et avec la coopération du Commonwealth et du Department of Foreign Affairs and International Development (UK-DFID) britannique, fait dispenser des formations à certains de ses responsables à une meilleure gestion de ces questions. Le département britannique insistant sur l’établissement d’un “Rainbow Centre », endroit à aller visiter d’urgence. 11
Concernant les problèmes auxquels le Ministère était confronté, la Ministre a indiqué que le Ministère manquait encore de ressources humaines dans la mesure où il n’y a pas eu de recrutement depuis un certain temps. Le Ministère manquait également de personnel adéquatement formé pour gérer les cas de violence contre les enfants. Elle a évoqué le problème récent, dans un centre préventif, d’un enfant battu à mort et d’un autre blessé. Elle a toutefois indiqué que le fait de battre un enfant dans son foyer est devenu un délit pénal et qu’il existe un centre de réhabilitation pour les enfants qui servait également de centre pour les personnes déplacées. Le Ministère dispose d’un réseau de partenaires impliqués dans la protection des enfants avec lequel il a de bonnes relations de travail. Secrétariat national d’Amnesty International (AI), 25 février 2004 Au Secrétariat national du siège d’Amnesty International, M. Momoh A. Jimmy, Directeur national suppléant et Responsable Substantive Campaign and Development, a reçu la délégation. Après avoir brièvement présenté la délégation et l’objectif de la Mission, le Commissaire Dankwa a invité M. Jimmy à renseigner la délégation sur le travail du Secrétariat national. M. Jimmy a donc expliqué que son bureau et la Commission africaine avait des objectifs similaires. Il a expliqué que la responsabilité première du Secrétariat national était la protection et la promotion des droits de l’homme. Il a également déclaré qu’avant 2002, la situation des droits de l’homme en Sierra Leone était déplorable avec les horreurs de la guerre la torture, l’amputation de membres, des services de police militaires sans aucune formation aux normes relatives aux droits de l’homme. Mais il faut beaucoup pour que le gouvernement soit engagé dans les droits de l’homme au niveau international : la ratification des instruments des droits de l’homme, par exemple, doit être accélérée. Concernant le problème du TPI (Statut de Rome) établissant le Tribunal pénal international, il a déclaré que si la signature en était encouragée, celle d’un accord avec les Etats-Unis d’Amérique en vue d’exempter les soldats américains et les citoyens opérant en Sierra Leone de la compétence du TPI n’était pas acceptable. En dépit de fortes pressions locales et régionales contre cette exemption, le gouvernement avait toutefois entrepris d’adopter une loi à cet effet. Les normes relatives aux droits de l’homme devraient être sacro-saintes et ne doivent pas être compromises pour raison de guerre ou de pauvreté. Son opinion était que la capacité des ONG devrait être renforcée de manière à ce qu’elles deviennent des partenaires au développement et qu’elles exercent des pressions sur le gouvernement concernant les diverses questions relevant des droits de l’homme. Elles devraient être formées de manière à pouvoir s’engager dans la sensibilisation et des activités de prise de conscience du public. En réponse à l’observation du Commissaire Dankwa sur l’attitude du public en général à embrasser le pardon et à aller de l’avant dont le Commissaire avait été témoin lors de sa première visite dans la République en février 2000, et sur l’application de la peine de mort dans la République, M. Jimmy a relaté que les Sierra léonais était en réalité incroyablement tolérants et qu’ils croyaient au pardon. C’est pourquoi la Commission Vérité et Réconciliation (Truth and Reconciliation Commission - TRC) avait été établie avant la Cour spéciale (Special Court - SC). La capacité limitée de cette dernière à attraire en justice les soi-disant auteurs de ces crimes pourrait ne pas être appréciée de l’homme de la rue. Pourtant, le sentiment d’AI était que la SC traitait également des problèmes d’impunité. M. Jimmy se demandait ce qui arriverait une fois que la SC aurait achevé sa mission. Il a mentionné qu’en ce qui concerne la peine de mort dont l’application n’était pas encouragée par l’ONU, AI plaidait en faveur d’un moratoire national. Le gouvernement devait accorder une chance au moratoire dans la mesure où le pays avait vécu suffisamment de tuerie lors de son récent épisode de guerre. La plupart des situations difficiles actuelles du pays trouvent leur origine dans le comportement des gouvernements passés. Les meurtres 12
extrajudiciaires, les disparitions et les accusations forgées ont tous contribué à faire fi des droits de l’homme élémentaires et à nourrir l’intolérance. Speaker du Parlement et du Comité parlementaire sur les Droits de l’homme (PCHR), 25 février 2004 L’Honorable Juge, M. Edmond Cowan, Speaker du Parlement, a reçu la délégation. Etaient également présents l’Honorable Hardy Sheriff, l’Honorable Ansu Kaikai, l’Honorable Gombu Smart et l’Honorable Mathew G. Alpha, tous membres du Comité parlementaire sur les Droits de l’homme. Après avoir remercié M. Cowan pour l’accueil chaleureux réservé à la délégation, le Commissaire Dankwa a brièvement présenté celle-ci et a expliqué l’objectif de la. La présente Mission étant la 2nde effectuée dans la République, le Commissaire Dankwa a demandé s’il y avait des questions pertinentes en matière de droits de l’homme dont l’Honorable Speaker du Parlement et les membres du PCHR souhaiterait discuter avec lui et des problèmes et développements qu’ils souhaiteraient actualiser avec lui. L’Honorable Speaker du Parlement, pour sa part, a déclaré que le Commissaire devrait plutôt s’entretenir avec les journaux privés du respect des droits d’autrui de manière à ce qu’ils puissent comprendre que le gouvernement et ses institutions ont aussi des droits qui devraient être respectés par la presse. Les journaux devraient noter qu’ils peuvent imprimer en toute liberté grâce à la protection des droits garantis par la Constitution. Il a insisté sur le fait que la presse devrait être amenée à comprendre que les lois sur la diffamation et autres réglementant la presse émanaient de la nécessité de protéger les droits d’autrui. Il a déploré que la presse, les organisations de défense des droits de l’homme et l’attention internationale se préoccupent tant de ce qui touchait une petite section de la société. L’intérêt de la majorité devrait être sauvegardé. Il a réitéré que tous devaient opérer dans les limites de la Règle de droit et que personne ne devrait prendre ombrage d’être interrogé par la loi régissant son comportement. En réponse à la question du Commissaire Dankwa concernant les divers cas de journaux auxquels l’Honorable Speaker du Parlement faisait référence, celui-ci a insisté sur le fait que tous les journaux et rédacteurs faisant l’objet de poursuites prétendaient que leurs droits humains ont été violés alors qu’en réalité la majorité d’entre eux ont publié des informations sans aucun fondement. Il a ensuite noté que les droits de l’homme sont un processus à deux voies. Il a incité la Commission africaine et tous ceux qui suivent la situation des droits de l’homme à s’intéresser aux droits de tous et non pas d’une fraction de la société, stade auquel le Commissaire Dankwa l’a assuré que la Commission africaine avait une approche globale de la promotion et de la protection des droits de l’homme et des peuples sur le continent. L’Honorable Speaker du Parlement a révélé qu’un projet de loi était devant le Parlement pour l’établissement d’une Commission nationale des Droits de l’homme. Les membres du PCHR, pour leur part, ont exprimé le plaisir que leur inspirait cette visite bien qu’ils n’en aient été prévenu que très tardivement par les autorités concernées. Ils ont mentionné que le PCHR était un très jeune comité formé d’une base multipartite en février 2003. Il est composé de 15 membres, dont 5 femmes. Il est destiné à encourager le débat sur les droits de l’homme au niveau des circonscriptions d’où il recueille les informations sur diverses violations de ces droits à porter à l’attention du Parlement. Il visite également les prisons et vérifie les conditions des divers centres de détention. Il intervient également dans certains cas gérés par la Police où celle-ci a fait preuve de laxisme dans la recherche de résultats ou d’investigations sur les allégations. Le PCHR s’efforce d’examiner particulièrement les cas qui seraient normalement ignorés par la presse. Toutefois les membres ont révélé que le PCHR ne relevait d’aucun Ministère et qu’il continuait d’être confronté au défi majeur d’identifier des sources de financement pour ses diverses activités. Ila toutefois bénéficié de l’assistance du PNUD et d’autres organes similaires pour 13
organiser des séminaires et couvrir certaines de ses activités dans les provinces. Abordant certains des questions des membres du PCHR, le Commissaire Dankwa a mis l’accent sur le fait que c’est l’Etat qui avait la responsabilité première d’éduquer les citoyens sur ces droits. La Commission africaine ne va pas vers les communautés pour leur enseigner les droits de l’homme qui devraient être inscrits dans les programmes scolaires. Il a ajouté qu’outre l’Etat concerné, la Commission africaine encourageait les ONG et les OSC engagées dans ce type d’activités avec lesquelles elle avait des relations fortes et formalisées. Il a toutefois déploré que certains Etats continuent de faire fi des droits de l’homme sous prétexte d’intérêt national/d’Etat. L’Ombudsman, 25 février 2004 Au Bureau de l’Ombudsman, la délégation a été reçue par M. Francis A. Gabbidon, Ombudsman. A la suite de la brève présentation de la délégation et des objectifs de la mission par le Commissaire Dankwa, M. Gabbidon a relaté que le Bureau de l’Ombudsman avait été créé par la Constitution de 1991, puis la législation relative à sa mise en vigueur en 1997. L’actuel (et premier) Ombudsman a été nommé en 2000. En vue d’assurer la protection des individus contre l’injustice bureaucratique, l’Ombudsman, enquête entre autres sur les plaintes contre les départements, les agences et les autorités du gouvernement, offre des informations au public, enseigne au public ses droits et ses devoirs dans le contexte de la bureaucratie et promeut un service public répondant efficacement aux citoyens. M. Gabbidon a ajouté que son bureau souhaitait établir des antennes dans les provinces pour en développer l’accès. Eu égard aux droits de l’homme, il a mentionné qu’il y avait actuellement un projet de loi devant le Parlement pour l’établissement d’une commission des droits de l’homme avec laquelle son bureau travaillerait en étroite collaboration. A l’heure actuelle, l’Ombudsman n’est pas habilité à traiter des plaintes en matière des droits de l’homme. Son Bureau transmet ce type de plaintes à LAWCLA. L’adoption du projet de loi sur l’établissement d’une institution chargée des droits de l’homme a été reportée pour permettre au public d’y contribuer. Eu égard aux relations entre la République et la Commission africaine, M. Gabbidon a noté que son pays n’a pas pris activement part aux travaux de cette dernière. Même si le gouvernement accorde la plus grand sérieux aux droits de l’homme, compte tenu de son récent passé, il a déclaré que son Bureau souhaitait voir progresser la participation du gouvernement dans le travail de la Commission africaine. Il a noté la nécessité de s’engager dans l’organisation régionale et a souhaité que cela se réaliserait plus facilement, une fois la Commission nationale des droits de l’homme établie. Il a apprécié la nécessité de rapprocher la Commission africaine des populations en les sensibilisant à son travail et en suscitant des projet de sensibilisation. En guise de conclusion, M. Gabbidon s’est également penché sur l’Accord de Lomé dans lequel il a été personnellement impliqué. Même si la réaction initiale du public a été négative, après l’avoir aidé à appréhender les potentialités de cet accord, les gens l’ont aujourd’hui accepté. L’Accord de Lomé stipulait deux conditions essentielles : l’établissement d’un TRC et d’un HRC national. Le gouvernement a rempli la première condition et le processus de réalisation de la seconde est en cours. La Section des droits de l’homme Section de la Mission de l’ONU en Sierra Leone (UNAMSIL), 25 février 2004 Après avoir reçu la délégation, le Dr. Ahowanou A. Agbessi, Responsable des Droits de l’homme, a déclaré que la section des droits de l’homme de l’ UNAMSIL employait 23 personnes, 16 internationales 14
et 7 locales ainsi que des volontaires de l’ONU impliqués dans des activités telles que le suivi, le reporting et le renforcement des capacités en matière des droits de l’homme et l’appui aux institutions de justice transitionnelle. La Commission Vérité et Réconciliation, la Cour spéciale, le Forum national pour les Droits de l’homme et les autres institutions nationales reçoivent également l’appui de son Bureau. Eu égard au suivi, le Dr. Agbessi a déclaré que l’UNAMSIL visitait des cellules de police et des centres de détention pour voir s’ils répondaient aux normes /conditions. Il a déclaré qu’au fil des années, l’UNAMSIL a pu remarquer diverses déviations des normes internationales sur les prisons, parmi lesquelles la surpopulation et la ventilation. Les conditions de détention dans les commissariats de police sont parfois en deçà de la norme internationale et la séparation des catégories n’est pas respectée. A cet égard, les autorités sont conscientes du problème et s’efforcent de faire de leur mieux avec l’appui de l’UNAMSIL. Eu égard à l’administration de la justice par le judiciaire, le pays est également confronté au manque de magistrates qui a exacerbé la surpopulation dans les prisons ou dans les commissariats de police en raison de l’immense charge de travail incombant au nombre limité de juges et de magistrats. Il n’y a pas suffisamment d’avocats, de greffiers ni de juges. Il en est de même pour les fournitures de bureau. Pour pallier cela, des programmes de Juges de paix (JP) ont été introduits à l’issue desquels les JP ainsi formés peuvent siéger et traiter de délits mineurs, allégeant ainsi l’encombrement des rôles. Pourtant, de nombreux cas sont encore renvoyés parce que le plaignant ou l’accusé sont absents. Si le plaignant n’apparaît pas pendant un certain temps, le Code de procédure pénale prévoit la libération de l’accusé mais, la plupart du temps, celui-ci est maintenu en prison. Lors d’une audience du tribunal d’instance de Kabala, 19 des 25 cas ont été renvoyés et tout le monde renvoyé en prison. Il est fait état de décès en prisons et de tentatives d’évasion. Eu égard au système de “Roving Magistrates”, (Magistrats itinérants) le Dr. Agbessi a fait remarquer que cette pratique pose problème aux magistrats qui se voient affecter 2 ou 3 districts qu’ils ne sont pas en mesure de couvrir dans des délais raisonnables pour assurer le droit à un procès rapide. Il faut parfois des mois aux magistrats pour faire le tour de leurs districts aboutissant à un confinement des détenus en prison sans y avoir été condamnés. Cette situation est encore aggravée du fait que les tribunaux préfèrent renvoyer plusieurs fois les cas pour lesquels le plaignant /la victime ne se présente pas plutôt que les clôturer. Eu égard aux institutions de justice transitionnelle, le Dr. Agbessi a relaté que le TRC fonctionnait très bien et était en voie de préparer son rapport final qui comportera les résultats et les recommandations que le gouvernement devrait mettre en oeuvre. Les responsables des droits de l’homme de l’UNAMSIL ont participé à la sensibilisation du public sur le rôle du TRC à travers divers ateliers destinés à une réconciliation finale. L’autre institution de justice transitionnelle de l’UNAMSIL est impliquée dans la Cour spéciale. Outre sa présence aux audiences, la section des droits de l’homme de l’UNAMSIL suit les conditions de détention des accusés, les prestations juridiques à leur disposition, leur alimentation. Un comité a été établi par la CS comprenant des représentants de la section des droits de l’homme de l’UNAMSIL et du public en général pour définir comment la CS est perçue par les gens. A l’heure actuelle, il a été suggéré que la CS réserve des sièges aux avocats et aux juges sierra léonais pour leur permettre d’observer les procédures et échanger des expériences. Eu égard à une institution nationale des droits de l’homme, l’UNAMSIL est intervenue dans rédaction d’un projet de loi pour l’établissement de cet organe. Il est espéré qu’elle poursuive le travail de l’UNAMSIL. 15
Répondant à la question du Commissaire Dankwa sur l’assistance aux victimes d’amputation, le Dr. Agbessi a fait référence à un projet de rapport préparé par l’UNAMSIL sur les victimes d’amputation en Sierra Leone et soumis au TRC. Il a révélé que l’UNAMSIL conservait une base de données sur les victimes d’amputation et que sur le grand nombre de celles qui ont été interrogées à Freetown, environ 150 étaient victimes d’amputations délibérées. L’étude a effectué des recherches sur les auteurs, les victimes, les circonstances des incidents, la vie actuelle des victimes d’amputation et leur situation vis-à-vis de leur famille. L’assistance aux victimes d’amputation n’a pas toujours été évidente. Selon le projet de rapport, certaines d’entre elles s’étaient organisées en associations et avaient pu bénéficier d’une certaine assistance humanitaire comme, par exemple celles séjournant à l’Amputee Camp de Freetown. En revanche, d’autres sont restées dans des zones rurales reculées sans jamais rien recevoir. L’UNAMSIL a établi un projet de porcherie destiné aux victimes d’amputation pour un coût de US $ 15 000. La National Commission for War Affected Children (NaCWAC), 25 février 2004 Mme Bintu J. Magona, Secrétaire exécutive, a reçu la délégation. Etaient également présents M. M. S. Kanneh, Directeur exécutif adjoint, M. Pat Lewis, Responsable du plaidoyer et des communications, et Mme Augustin Conteh, Responsable/assistante de programme, tous de la NaCWAC. A la suite de la brève présentation par le Commissaire Dankwa de la délégation et de l’objectif de la Mission, Mme Magona a déclaré qu’elle en comprenait l’importance. Sur recommandation du Représentant spécial du Secrétaire général (SRSG) pour les Enfants et les Conflits armés en 1999, la NaCWAC a été établie en tant qu’organe statutaire par une loi du Parlement en janvier 2001. Elle est essentiellement chargée de la protection des droits des enfants affectés par la guerre en Sierra Leone en vue de veiller à ce que leurs besoins soient pris en considération à tous les niveaux de la planification nationale. Elle était nécessaire du fait que les dix années de guerre civile avaient gravement affecté les enfants, en tant que victimes et en tant qu’auteurs de crimes. Les rebelles aussi bien que l’armée avaient contraint des enfants à prendre les armes et des drogues tandis que d’autres étaient séparés de leurs parents, abusés sexuellement et privés d’éducation, d’accès aux soins médicaux et aux autres nécessités de base. Les autres membres de la NaCWAC ont également expliqué que, depuis ses débuts, la NaCWAC a réussi à entreprendre plusieurs projets, parmi lesquels l’offre de conseils psychosociaux, de formation à des compétences, le financement d’écoles pour enfants âgés de 6 à 12 ans et de foyers de placement pour enfants dont les parents n’ont pu être retrouvés. Dans le cadre de ces projets, la Commission a identifié 298 parents adoptifs et offert un soutien éducatif à 903 enfants dans l’enseignement primaire, secondaire et supérieur. Elle a également entrepris des programmes de sensibilisation dans diverses langues à l’intention du public en général sur la nécessité de s'occuper des enfants affectés par la guerre. La Cour spéciale (SC) de Sierra Leone, 26 février 2004 M. Paul Packham, Responsable administratif des services de soutien, et Mme Kaoru Okuizumi, Conseiller juridique de l’Enregistrement, ont reçu la délégation. Répondant aux questions de la délégation, M. Packham a déclaré que la CS pour la Sierra Leone avait été établie conjointement par le Gouvernement de Sierra Leone et les Nations unies avec pour mandat de juger ceux qui portent la plus lourde responsabilité des graves violations du droit humanitaire international et du droit sierra léonais perpétrées sur le territoire de Sierra Leone depuis le 30 novembre 1996. En tant qu’organe impartial, la CS n’a pas de départements des affaires civiles ou des droits de l’homme mais se concentre exclusivement sur son mandat d’attraire en justice les responsables. Le 16
Commissaire Dankwa a toutefois suggéré que le travail de la Cour spéciale traitait des droits de l’homme par excellence. Eu égard au travail de la CS, Mme Okuizumi a expliqué que la CS est composée de quatre organes : l’accusation, la défense, les chambres et l’enregistrement. La moitié des 250 personnes employées sont sierra léonaises. Les juges viennent du monde entier, y compris d’Afrique. Elle a procédé à ses inculpations initiales en mars l’année dernière. Sur 13 inculpations à ce jour, deux ont été abandonnées (Foday Sankoh et Sam Bokari, aujourd’hui tous deux décédés), tandis que 9 des accusés sont en détention et que 2 courent encore : Charles Taylor et Johny Paul Koroma. Les procédures d’accusation concernent quatre groupes d’inculpés : les leaders supposés des anciennes Civil Defence Forces (CDF), les leaders supposés de l’ancien Revolutionary United Front (RUF), les leaders supposés de l’ancien Armed Forces Revolutionary Council (AFRC) et les autres qui courent encore. Les détenus ont demandé que leur soit assignée une défense. Un avocat international assigné à un détenu doit avoir un homologue sierra léonais pour garantir qu’il y ait quelqu’un qui réponde à ses besoins. Eu égard au service des peines, Mme Okuizumi a indiqué qu’elles peuvent être servies en Sierra Leone ou dans un autre pays, similairement à la pratique de l’ICTY et de l’ICTR. La CS était en train de conclure des accords avec divers pays relativement au service des peines. Ministère de l’Information et de la Diffusion, 26 février 2004 Le Ministre de l’Information et de la Diffusion, S.E. M. Septimus M. Kaikai, a reçu la délégation. Etait également présent M. PaBell du Ministère. Après avoir présenté la délégation, le travail de la Commission africaine et le contexte de la Mission, le Commissaire Dankwa a rappelé au Ministre que la Sierra Leone échouait à soumettre des rapports à la Commission africaine. Il a imploré le Ministre d’appuyer de tout son poids le rappel par la mission à toutes les autorités concernées de la négligence de la République à soumettre des Rapports d’Etat. Il a également formé le voeu de voir un représentant du Gouvernement de Sierra Leone assister à la prochaine Session ordinaire de la Commission. Il a demandé quelle était la réglementation des journaux dans la République. L’Honorable Ministre a réitéré l’importance des droits de l’homme pour la Sierra Leone, indépendamment du fait que la République n’ait soumis aucun rapport à la Commission africaine. Il a rappelé le rôle joué par la guerre dans la violation étendue des droits de l’homme pendant plus de dix ans. Eu égard à la réglementation des journaux dans la République, le Ministre a indiqué qu’il existait 56 journaux publiés et que leur nombre continuait de croître. L’Independent Media Commission (IMC) joue essentiellement un rôle de supervision tant pour la presse écrite que pour les medias électroniques. Ses membres sont indépendants. Outre cela, il existe des lois relatives à la sédition pour les personnes ayant subi un préjudice du fait des médias. En conclusion, il a rappelé les graves violations des droits de l’homme perpétrées pendant la guerre et a insisté sur le fait qu’elles n’avaient pas été perpétrées par des Sierra Léonais mais par des étrangers. Visite du Camp des victimes d’amputation à Freetown, 26 février 2004 Outre les réunions avec les divers responsables du gouvernement concernés, la d��légation a visité le camp des victimes d’amputation de Freetown. Elle a eu des entretiens avec certains résidents du camp, parmi 17
lesquels M. Sahr M. Tarawalie, Secrétaire général de l’Association des amputés. De ces entretiens, la délégation a retenu les éléments suivants. Situé sur la Route d’Aberdeen, à Freetown, l’Amputee Camp héberge quelque 230 victimes d’amputation, dont les bras, les mains, les jambes ou les pieds ont été sectionnés par divers groupes actuellement devant la Cour spéciale. Il héberge également plus de 1 000 membres de leur famille. Le Camp est entretenu par l’assistance nationale et internationale par des donations et par des contributions d’ONG et interreligieuses. Au moment de la visite, le Camp ne comptait que quelques résidents mais témoignait encore des atrocités de la guerre décrites ci-dessus. Concernant les divers services nécessaires aux victimes d’amputation, ils ont indiqué que les plus importantes prestations se sont arrêtées en 2000 avec le départ de Médecins Sans Frontières (MSF). A l’heure actuelle, le Camp reçoit deux fois par mois la visite de l’équipe médicale de l’UNAMSIL. Il a été expliqué que le manque d’attention médicale résultait de la mort de certaines des victimes d’amputation. Avec l’assistance du Gouvernement et du Norwegian Refugee Council (NRC), certaines d’entre elles ont pu retourner dans leurs villages respectifs. Pourtant, ceux qui avaient accepté de rester dans le camp ne recevaient pas de soins médicaux. La nourriture était rare et l’éducation des enfants demeurait une préoccupation majeure. Peu d’attention semblait leur être accordée en comparaison des anciens combattants qui étaient assistés dans leur réintégration sociale. Le Barreau, 26 février 2004 En présence du Vice-Batonnier, M. Fio Edwards, du Secrétaire général, M. Reginald Fynn, et de la trésorière, Mme Oceanna George, le Commissaire Dankwa a brièvement exposé aux étudiants en droit les objectifs de la Mission et le travail de la Commission africaine. Les étudiants et le personnel devant retourner à leur calendrier chargé, la délégation n’a pas pu prolonger ses entretiens. Le Forum des femmes, 26 février 2004 La délégation a été reçue par Mme Mana Pratt, Coordonnatrice du projet, Mme Maud Peacock, Mme Rosaline Mareathy et Mme Gladys Hastings, membres du groupe de travail du Forum des femmes, et Mme Mabel Rolings, Assistante administrative au Forum. Le Commissaire Dankwa a présenté la délégation, le travail de la Commission africaine et l’objectif de la Mission. Il a particulièrement insisté sur le travail de la Commission au regard de la promotion et de la protection des droits des femmes en Afrique. Attachant une haute importance aux droits des femmes sur le continent, il a indiqué que la Commission africaine se trouve au centre du processus de délibération devant amener à l’adoption ultérieure du Protocole sur les droits des femmes en Afrique. Il a ajouté que, consciente de la vulnérabilité de la situation des femmes en Afrique, la Commission africaine avait désigné un Rapporteur spécial sur les droits des femmes en Afrique avec pour mandat spécifique la supervision de la promotion et de la protection des droits des femmes. Il a déclaré que le Rapporteur spécial de la Commission africaine chargé actuellement de ce thème particulier est le membre mozambicain de la Commission africaine, le Dr. Angela Melo avec laquelle il a encouragé de prendre contact. Mme Pratt, pour sa part, a expliqué que le Forum des femmes avait été créé en1994 en tant que réseau de plusieurs organisations de femmes en Sierra Leone avec mission initiale de galvaniser l’effort collectif des femmes en vue de préparer Beijing 1995 et d’assister le gouvernement dans la préparation du rapport de la Sierra Leone à cette rencontre. Son travail a été guidé par CEDAW avec qui la République a signé en 1998 et pour qui un rapport initial était en cours de préparation. Il est apparu que le Forum a également 18
travaillé sur le Protocole africain sur les droits des femmes dont la République est signataire. Concernant les activités du Forum, Mme Pratt a expliqué qu’il est engagé dans un certain nombre d’activités dans le domaine de la sensibilisation. Il se consacre, entre autres, à la violence basée sur le genre, la participation des femmes aux élections et à la réforme des lois discriminatoires envers les femmes. Le Forum a assisté le TRC dans la formulation de questionnaires destinés aux femmes et qu’il a joué un rôle dans la conclusion de l’Accord de Lomé. Elle a conclu en insistant sur le fait que le Forum rêvait d’une situation en Sierra Leone où les droits des femmes seraient protégés et où elles travailleraient dans un environnement dépourvu de violence. Conférence de presse, Ministère des Affaires étrangères, 27 février 2004 Organisée par le Ministère des Affaires étrangères, la délégation a tenu une conférence de presse au cours de laquelle le Commissaire Dankwa a répondu à plusieurs questions posées par les membres du gouvernement et des médias privés qui y étaient représentés. Ci-après, un résumé des réponses du Commissaire Dankwa. Comparant la situation durant ses deux visites dans le pays, le Commissaire Dankwa a fait remarquer que la 1ère Mission de promotion en République of Sierra Leone avait eu lieu en février 2000 dans des conditions tendues, dans un contexte de destruction massive et de lourde présence militaire. Au cours de cette 2nde Mission, la délégation a noté que l’atmosphère générale était relativement détendue et des signes évidents de reconstruction de la nation, en dépit de bâtiments incendiés et portant les cicatrices de la guerre. Plusieurs journaux et stations de radio étaient autorisés. Le nombre d’ONG et d’organisations communautaires a également augmenté, bénéficiant du droit d’association et, par là, contribuant au développement de la République à travers la réconciliation. Il a toutefois noté que le chemin était encore long et pourrait s’avérer ardu. Eu égard au travail et à l’efficacité de la Commission africaine, le Commissaire Dankwa a déclaré que, depuis ses débuts en 1987, la Commission africaine a instruit plus de 250 communications introduites par des individus, des ONG, des OIG et des Etats parties. Bien qu’elle ait pris de nombreuses décisions constatant la violation par des Etats parties de dispositions de la Charte africaine, la Commission africaine ne dispose pas de mécanisme efficace d’application. Elle compte sur les voies diplomatiques, le Sommet des chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union africaine et la volonté politique des Etats parties pour veiller à l’application de ses décisions. Elle publie également ses décisions et ses rapports qui contribuent à accroître la pression sur les Etats parties concernés pour les amener à se conformer à ses décisions. Il a déclaré que certains cas ont été réglés de manière amiable. Le Commissaire Dankwa a toutefois prévenu que la tâche de la Commission africaine n’était pas si aisée et que le respect de ses décisions n’était pas toujours évident. Il a insisté sur le fait que la Commission africaine n’était efficace que dans les limites que les Etats parties étaient enclins à lui accorder. Concernant les dispositions de la Charte africaine, le Commissaire Dankwa a déclaré que tous les droits étaient égaux, interdépendants et applicables. En Afrique, la moralité jouait un rôle important influençant la Charte africaine à y faire fortement allusion. La Charte insistait également sur les droits des peuples émanant de la structure de base de la société africaine. Eu égard aux droits de la presse, il a fait observer que la presse jouissait de droits indéniables mais qu’elle avait également des obligations envers autrui. Les droits sont accompagnés de devoirs. La presse devait faire preuve de professionnalisme dans la mesure où le public en dépendait pour être informé et elle se devait de ne porter préjudice à quiconque. Elle devait saisir ce moment pour contribuer aux efforts de 19
développement du pays au moment où l’ordre du jour était à la paix. Recommandations La Mission remercie le Gouvernement de la République de Sierra Leone et les nombreux individus et organes qui ont facilité sa mission et contribué à son succès. La Mission est vivement consciente des importants défis sociaux, économiques et politiques auxquels sont confrontés le gouvernement et le peuple de Sierra Leone et elle formule les recommandations suivantes avec la conviction que, si elles sont mises en œuvre, elles contribueront à répondre aux défis et aux problèmes dressés devant la Sierra Leone. A l’intention du gouvernement : 1. Le Gouvernement de la République de Sierra Leone devrait remplir son obligation aux termes de l’Article 62 de la Charte et soumettre son Rapport d’Etat initial longtemps attendu à la Commission africaine ; 2. Le Gouvernement de la République of Sierra Leone doit, dans la mesure du possible, impliquer tous les départements gouvernementaux chargés de la promotion et de la protection des droits de l’homme, les partis d’opposition, les ONG, les ODC et les médias privés dans la préparation des Rapports de la République devant être soumis à la Commission africaine pour veiller à ce qu’ils soient une illustration authentique de la situation des droits de l’homme dans le pays ; 3. Le Gouvernement de la République de Sierra Leone devrait ratifier le Protocole de la Charte africaine sur l’Establissement d’une Cour africaine des droits de l’homme et des peuples et le Protocole de la Charte africaine sur les Droits des femmes en Afrique ; 4. En tant qu’Etat partie à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, le Gouvernement de la République de Sierra Leone devrait s’intéresser au travail de la Commission africaine et s’efforcer, entre autres choses, de participer aux Sessions ordinaires bisannuelles de cette dernière ; 5. Le Gouvernement de la République de Sierra Leone devrait accélérer le processus d’établissement d’une Commission nationale des Droits de l’homme indépendante répondant aux Principes de Paris relatifs au statut et au fonctionnement des institutions nationales de protection et de promotion des droits de l’homme ; 6. Le Gouvernement de la République de Sierra Leone devrait procurer à l’Ombudsman des ressources humaines, matérielles et financières, y compris un siège et des antennes, lui permettant de remplir son mandat ; 7. Le Gouvernement de la République de Sierra Leone devrait énoncer des principes directeurs clairs sur l’accès aux institutions gouvernementales ; 20
8. Le Gouvernement de la République de Sierra Leone devrait oeuvrer dans le sens du maintien d’une indépendance effective des medias indépendants ; 9. Le Gouvernement de la République de Sierra Leone devrait formuler des politiques allant dans le sens de pallier le grave problème du nombre limité de juges et de magistrats. Il devrait également s’efforcer d’étendre la gratuité de l’aide juridique aux indigents ; 10. Le Gouvernement de la République de Sierra Leone devrait poursuivre la formation du personnel chargé de l’application de la loi, au niveau de la Police, des Prisons, de l’administration pénitentiaire et de l’immigration ainsi que de l’armée ; 11. Le Gouvernement de la République de Sierra Leone devrait oeuvrer dans le sens de créer un environnement offrant des emplois à la grande population oisive du pays ; 12. Le Gouvernement de la République de Sierra Leone devrait formuler un plan de procès rapide pour les prisonniers en détention préventive et les jeunes et également améliorer les conditions d’hébergement des détenus en détention préventive ; 13. Le Gouvernement de la République de Sierra Leone, en collaboration avec les partenaires au développement, les ONG, les OIG et les ODC, devrait oeuvrer dans le sens de l’amélioration des conditions de vie des victimes d’amputation et des enfants affectés par la guerre, en particulier des personnes vivant dans l’Amputees’ Camp sur la Route d’Aberdeen, à Freetown, dans la perspective de leur donner les moyens de subvenir à leurs propres besoins et ultérieurement de se réintégrer dans la société ; 14. Le Gouvernement de la République de Sierra Leone devrait s’assurer que ses politiques prennent en considération leurs besoins et ceux des groupes vulnérables qui pourraient être aisément marginalisés en raison de leur statut socio-économique ; 15. Le Gouvernement de la République de Sierra Leone devrait intervenir sur son moratoire de fait de la peine de mort en vue de son abolition ultérieure ; 16. Le Gouvernement de la République de Sierra Leone devrait introduire l’enseignement civique et des Droits de l’homme dans les programmes de toutes les institutions éducatives dans la perspective de l’établissement d’une culture des droits de l’homme ; 17. Le Gouvernement de la République de Sierra Leone devrait renforcer la Commission de lutte contre la corruption et garantir son indépendance pour assurer son indépendance et lui permettre d’éradiquer la corruption dans tous les secteurs et dans toutes les sociétés ; 18. Le Gouvernement de la République de Sierra Leone devrait intensifier ses efforts de sensibilisation du public au VIH/SIDA ; les campagnes du gouvernement devraient, en particulier, cibler les groupes vulnérables que sont les jeunes, les femmes et les fillettes. A l’intention du Gouvernement et des médias privés : 21
19. Le Gouvernement et les medias privés devraient s’acquitter de leurs devoirs avec la plus grande diligence et le plus grand professionnalisme dus à leur pratique, en gardant toujours à l’esprit tant leurs droits que leurs obligations ; 20. Le Gouvernement et les médias privés devraient diffuser des informations véridiques et faire connaître au public les droits de l’homme et des peuples en général et la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples en particulier ; 21. Il est recommandé qu’ils se familiarisent à la Déclaration des Principes sur la Liberté d’expression en Afrique de la Commission africaine ; A l’intention des ONG, des OBC, des OIG et de la Communauté internationale : 22. Les ONG, les OBC, les OIG et la Communauté internationale en général devraient soutenir le Gouvernement de la République de Sierra Leone dans ses initiatives de construction de la paix et de réconciliation ; 23. Les ONG et OCB locales sont encouragées à plaider vigoureusement et à éduquer le public dans le sens d’une République de Sierra Leone démocratique où les droits de l’homme seraient respectés et où l’urne des suffrages, contrairement aux balles, servirait à changer les gouvernements ; 24. L’UNAMSIL devrait oeuvrer dans le sens de laisser derrière elle une armée bien entraînée et capable de protéger les libertés et les droits des Sierra Léonais. Commissaire E.V.O. Dankwa, Commissaire chargé des activités de promotion dans la République de Sierra Leone 22
ANNEXE Officiels et personnalités rencontrées par la délégation 1. Bureau du Vice-Président • S.E. M. Solomon Berewa, Vice-président 2. Ministère des Affaires étrangères • • • • • M. Abdul Rahman Wurise, Directeur général, Direction des Affaires politiques M. Alex Fakondo, Director, Direction des Affaires politiques Mme Khadijatu Bassir, Directriceadjointe, Direction des Affaires politiques M. Donald Ngegba, Directeur, Direction économique et technique M. Momodou A. Wurrie 3. Ministère de la Justice • • • • • S.E. M. Eke Halloway, Ministre de la Justice et Attorney General M. Lahai Farmer, Senior State Counsel M. Eku Roberts, Consultant M. Tunde E. Cole, Solicitor General Le Directeur du Ministère public 4. Ministère des Affaires intérieures • S.E. Hon George Banda Thomas, Ministre suppléant des Affaires intérieures 5. Ministère des Affaires sociales des Affaires relatives au Genre et aux Enfants • S.E. Mme Shirley Gbujama, Ministre des Affaires sociales, des Affaires relatives au Genre et aux Enfants • Mme Sarah Lewis, Secrétaire permanente • M. Alhaji Bangoura, Secrétaire adjoint principal • M. Frank Kalone, Responsable du Développement social 6. Ministère de l’Information et de la Diffusion • S.E. M. Septimus M. Kaikai, Ministre de l’Information et de la Diffusion • M. PaBell, membre du Ministère 23
7. Speaker du Parlement et Comité parlementaire sur les Droits de l’homme (PCHR) • • • • • Hon. Juge Edmond Cowan, Speaker du Parlement Hon. Hardy Sheriff, Membre, PCHR Hon. Ansu Kaikai, Membre, PCHR Hon. Gombu Smart, Membre, PCHR Hon. Mathew G. Alpha, Membre, PCHR 8. Lawyer’s Centre for Legal Assistance (LAWCLA) • • • • M. Alimamy Baba-Sillah, Responsable administratif M. Abdul Samad Kamara, Responsable de l’Information M. Madda Soyee, Responsable financier M. Maigore J. Bengeh, Responsable, Affaires parajuridiques 9. Secrétariat national d’Amnesty International (AI) • M. Momoh A. Jimmy, Directeur national suppléant, Responsable Substantive Campaign and Development 10. Bureau de l’Ombudsman • M. Francis A. Gabbidon, Ombudsman 11. Section des Droits de l’homme Section de la Mission de l’ONU en Sierra Leone (UNAMSIL) • Dr. Ahowanou A. Agbessi, Responsable pour les Droits de l’homme 12. The National Commission for War Affected Children (NaCWAC) • • • • Mme Bintu J. Magona, Secrétaire exécutive M. M. S. Kanneh, Directeur exécutif adjoint M. Pat Lewis, Responsable du Plaidoyer et des Communications Ms. Augustin Conteh, Responsable/Assistant de Programme 13. Cour spéciale (SC) de Sierra Leone • M. Paul Packham, Responsable des services de soutien administratif • Mme Kaoru Okuizumi, Conseiller juridique à l’enregistrement 14. The Amputee Camp d’Aberdeen, Freetown 24
• M. Sahr M. Tarawalie, Secrétaire général de l’Association des victimes d’amputation 15. Le Barreau • M. Fio Edwards, Vice-batonnier • M. Reginald Fynn, Secrétaire général • Mme Oceanna George, Trésorière 16. Forum des femmes • • • • • Mme Mana Pratt, Coordonnatrice du projet Mme Maud Peacock, Membre, Groupe de travail du Forum des femmes Mme Gladys Hastings, Membre, Groupe de travail du Forum des femmes Mme Rosaline Mareathy, Membre, Groupe de travail du Forum des femmes Mme Mabel Rolings, Assistante administrative 17. Conférence de presse dans le Hall du Ministère des Affaires étrangères • • • • • • • • • • • • • • • • • M. Theophilus S. Gisenda, Standard Times M. Amadou Daramy, The New Citizen Press M. Joseph Komeh, The New Storm Newspaper M. Tamba Borbor, Awoko Newspaper Mme Jemilatu Nababa, Concord Times Communication M. Francis-Clarkson Momoh, Stagiaire, Milton Margai College of Education and Technology (MMCET) M. Patel A. Sesay, Stagiaire, MMCET M. Abubakar Mansaray, Stagiaire, MMCET M. Alex Kandeh, Stagiaire, MMCET M. Sheriff A. Sesay, Stagiaire, MMCET Ms. Chrispin Brima Komeh, Stagiaire, MMCET M. Abubakar Sidique Bagwe, Stagiaire, MMCET M. Abdulai R. Kamara, Stagiaire, MMCET M. Sheku Kamara, Stagiaire, MMCET M. Ahmed Barrie, Stagiaire, MMCET Ms. Elizabeth F. Alpha, Stagiaire, MMCET M. Fredson J. Keika, Stagiaire, MMCET 25

Created 1 juil. 2026 · Edited 1 juil. 2026