AFRICAN UNION
UNION AFRICAINE
UNIÃO AFRICANA
African Commission on Human &
Peoples’ Rights
Commission Africaine des Droits de
l’Homme & des Peuples
No. 31 Bijilo Annex Lay-out, Kombo North District, Western Region, P. O. Box 673, Banjul, The Gambia Tel: (220) 441 05 05 /441
05 06, Fax: (220) 441 05 04 E-mail: au-banjul@africa-union.org; Web www.achpr.org
50ÈME ET 51EME RAPPORTS D’ACTIVITE COMBINES
DE LA COMMISSION AFRICAINE DES DROITS DE L’HOMME ET
DES PEUPLES
Soumis conformément à
l’Article 54 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples
1|Page
I.
RÉSUMÉ
1. Le 50ème et 51ème Rapports d’activités combinés de la Commission africaine des
droits de l’homme et des peuples (la Commission ou la CADHP) est présenté aux
Chefs d’État et de Gouvernement de l’Union africaine (UA), conformément à
l’Article 54 de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (la Charte
africaine) et couvre la période allant du 4 décembre 2020 au 5 décembre 2021.
2. Les activités présentées dans le Rapport combiné, menées par la Commission
durant la période couverte par le rapport, visent à la réalisation des domaines
prioritaires établis dans le Plan stratégique 2021-2025 de la Commission. En
conséquence, les réunions statutaires de la Commission ont été notamment
consacrées à l’amélioration de l’administration de la justice par le traitement des
Communications sur des violations présumées des droits de l’homme en
renforçant ainsi l’exécution par la Commission de son mandat de protection des
droits de l’homme et des peuples. Ceci est encore renforcé par les interventions de
la Commission sur des questions urgentes et pressantes en matière de droits de
l’homme par le biais de lettres d’appel urgent, de communiqués de presse, de
résolutions et de lettres de félicitations.
3. Les activités des Mécanismes spéciaux de la Commission et l’examen des rapports
des États parties à la Charte africaine sur la mise en œuvre des droits et des libertés
garantis par la Charte africaine ont contribué à l’amélioration des infrastructures
juridiques et institutionnelles nationales pour la promotion et la protection des
droits au niveau national par l’adoption de nouvelles lois, la révision des lois
existantes et la création ou la réforme des institutions pertinentes dans les États
parties. Le Rapport présente également des questions relatives aux finances, au
personnel et au fonctionnement de la Commission ainsi que des recommandations
de la Commission sur la situation des droits de l’homme sur le continent.
II.
CONTEXTE
4. La Commission est un Organe indépendant, créé en vertu des termes de l’Article
30 de la Charte africaine qui a été adoptée par la Conférence des Chefs d’État et de
Gouvernement de l’Organisation de l’Unité africaine (OUA) en 1981. La Charte
africaine a été ratifiée par tous les États membres de l’UA, à l’exception du
Royaume du Maroc qui a adhéré de nouveau à l’Union en janvier 2017. La
Commission est devenue opérationnelle en 1987 et son Siège se trouve à Banjul,
Gambie.
5. La Commission est composée de onze (11) Membres élus par les Chefs d’État et de
Gouvernement de l’UA, servant en leur qualité individuelle à temps partiel.
Durant la période couverte par le Rapport, les Honorables Commissaires Kayitesi
Zainabo Sylvie et Alexia Gertrude Amesbury ont démissionné de la Commission
et l’Honorable Commissaire Ndiamé Gaye est décédé. Trois nouveaux membres
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ont été élus et un membre a été reconduit. La Commission fonctionne actuellement
avec dix (10) Commissaires.1
6. La Commission, comme stipulé à l’Article 45 de la Charte africaine, a pour mandat
de :
i. Promouvoir les droits de l’homme et des peuples et notamment :
(a) rassembler de la documentation, faire des études et des recherches sur
les problèmes africains dans le domaine des droits de l’homme et des
peuples, organiser des séminaires, des colloques et des conférences,
diffuser des informations, encourager les organismes nationaux et
locaux s’occupant des droits de l’homme et des peuples et, le cas
échéant, donner des avis ou faire des recommandations aux
gouvernements ;
(b) formuler et énoncer, en vue de servir de base à l’adoption de textes
législatifs par les gouvernements africains, des principes et des règles
devant permettre de résoudre les problèmes juridiques relatifs à la
jouissance des droits de l’homme et des peuples et des
libertés fondamentales ;
(c) coopérer avec les autres institutions africaines ou internationales qui
s’intéressent à la promotion et à la protection des droits de l’homme et
des peuples ;
ii. assurer la protection des droits de l’homme et des peuples dans les
conditions fixées par la présente Charte ;
iii. interpréter toutes les dispositions de la Charte à la demande d’un État
partie, d’une Institution de l’UA ou d’une Organisation africaine
reconnue par l’UA ; et
iv. exécuter toutes autres tâches qui lui seront éventuellement confiées par
la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement.
III.
RÉUNIONS DES ORGANES DÉLIBÉRANTS DE L’UA, RÉUNIONS
STATUTAIRES, RÉUNIONS INSTITUTIONNELLES ET AUTRES
ORGANISÉES DURANT LA PÉRIODE VISÉE PAR LE RAPPORT
A. RÉUNIONS DES ORGANES DÉLIBÉRANTS DE L’UA
34ème Sommet de l’Union africaine, Addis-Abeba, Éthiopie
7. La Commission a pris part aux réunions des Organes délibérants de l’UA, tenues
à Addis-Abeba, Éthiopie, du 20 au 31 janvier 2021 et du 3 au 7 février 2021 selon le
calendrier suivant :
i. 41ème Session ordinaire du Comité des Représentants Permanents
(COREP) : 20 et 21 janvier 2021 ;
ii. 38ème Session ordinaire du Conseil exécutif : 3 et 4 février 2021 ; et
1
La liste de la composition actuelle des Commissaires est jointe en Annexe 1 au Rapport.
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iii. 34ème Session ordinaire de la Conférence des Chefs d’État et de
Gouvernement (la Conférence) : 6 et 7 février 2021.
8. Conformément à la Charte africaine et à la pratique établie, les 48ème et 49ème
Rapports d’activités combinés de la Commission ont été présentés devant la
41ème Session ordinaire du COREP. Suite aux discussions aux niveaux du
COREP et du Conseil Exécutif, la publication du Rapport d’activités a été
autorisée par la Décision EX.CL/Dec.1113(XXXVIII) adoptée par le Conseil
exécutif lors de sa 38ème Session ordinaire tenue virtuellement en février 2021.
Le Rapport a été publié sur le site Web de la Commission ainsi que les réponses
d’un certain nombre d’États parties, jointes en Annexe au Rapport combiné.
42ème Session ordinaire du COREP et 39ème Session ordinaire du Conseil
exécutif, Addis-Abeba, Éthiopie
9. La Commission a également pris part aux réunions suivantes des organes
délibérants tenues virtuellement, du 28 septembre au 9 octobre 2021,
physiquement les 14 et 15 octobre 2021 et virtuellement le 16 octobre 2021 :
i. 42ème Session ordinaire du Comité des représentants permanents
(COREP) : du 28 septembre au 1er octobre 2021 et du 05 au 09
octobre 2021 ;
ii. 39ème Session ordinaire du Conseil Exécutif (CE) : 14 – 15 octobre 2021 ;
iii. 3ème Réunion de coordination semestrielle entre les États membres,
l’Union africaine, les Communautés économiques régionales (CER) et
les Mécanismes régionaux : 16 octobre 2021.
10. Au cours de la 39ème Session ordinaire du CE, quatre (4) Membres de la
Commission ont été élus pour un mandat de six (6) ans, dont un réélu, à savoir:
i. Mme Ourveena Geereesha Topsy Sonoo, de la République de
Maurice ;
ii. Dr Solomon Ayele Dersso, de la République fédérale d’Éthiopie ;
iii. Mme Janet Ramatoulie Sallah-Njie, de la République de Gambie ; et
iv. Dr Idrissa Sow, de la République du Sénégal.
B. RÉUNIONS STATUTAIRES ET INSTITUTIONNELLES
31ème Session extraordinaire, 19 au 25 février 2021
11. La 31ème Session extraordinaire de la Commission s’est tenue virtuellement du 19
au 25 février 2021, pour cause de la pandémie en cours. Les détails des activités
menées par la Commission durant sa 31ème Session extraordinaire sont rapportés
dans le Communiqué final correspondant qui est consultable sur le site Web de la
Commission : www.achpr.org.
68ème Session ordinaire, 14 avril au 4 mai 2021
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12. La 68ème Session ordinaire a également été tenue virtuellement du 14 avril au 4 mai
2021, pour cause de la pandémie de Covid-19.
13. Au cours de cette Session, la Commission a examiné, inter alia, les Rapports
périodiques de la République du Malawi et de la République du Niger et organisé
les panels suivants :
i.
ii.
iii.
iv.
v.
vi.
vii.
Panel sur le lancement et la rédaction de l’Observation générale
proposée sur l’article 23 de la Charte africaine ;
Panel sur le lancement de la 9ème Lettre d’information du Comité pour
la prévention de la torture en Afrique ;
Panel sur le lancement des Lignes directrices sur le droit à l’eau en
Afrique ;
Panel conjoint sur la violence à l’égard des femmes en situation de
vulnérabilité ;
Panel sur les abus à l’égard des Migrants : La Feuille de route d’AddisAbeba ;
Panel sur les aspects des droits de l’homme liés aux arts, à la culture et
au patrimoine ; et
Panel sur les Défenseurs des droits de l’homme et les représailles en
Afrique.
14. Les Rapports d’intersession présentés par les Membres de la Commission et les
Rapporteurs spéciaux durant la 68ème Session ordinaire sont consultables sur le site
Web de la Commission : www.achpr.org.
15. Les détails des activités menées par la Commission durant sa 68ème Session
ordinaire sont rapportés dans le Communiqué final qui est consultable sur le site
Web de la Commission : www.achpr.org.
32ème Session extraordinaire, 12 mai 2021
16. La 32ème Session extraordinaire de la Commission s’est tenue virtuellement le 12
mai 2021. Au cours de cette Session, la Commission a examiné la situation des
droits de l’homme dans la région du Tigré, en République fédérale démocratique
d’Éthiopie, et a décidé de mettre en place la Commission d’enquête sur la
situation des droits de l’homme au Tigré, en Éthiopie. Les détails de cette Session
sont rapportés dans le Communiqué final qui est consultable sur le site Web de
la Commission : www.achpr.org.
33ème Session extraordinaire, 12 au 19 août 2021
17. La 33ème Session extraordinaire de la Commission s’est tenue virtuellement du
12 au 19 août 2021. Les détails des activités menées par la Commission durant
sa 33ème Session extraordinaire sont rapportés dans le Communiqué final qui
est consultable sur le site Web de la Commission :
HYPERLINK
"http://www.achpr.org".
5|Page
34ème Session extraordinaire, 24 août 2021
18. La 34ème Session extraordinaire de la Commission s’est tenue virtuellement le 24
août 2021. Au cours de cette Session, la Commission d’enquête a présenté à la
Commission un rapport à jour de ses conclusions sur la situation dans la région
du Tigré, en République fédérale démocratique d’Éthiopie. Les détails des
activités menées par la Commission durant la Session sont rapportés dans le
Communiqué final qui est consultable sur le site Web de la Commission :
www.achpr.org.
69ème Session ordinaire, 15 novembre au 5 décembre 2021
19. La 69ème Session ordinaire de la Commission s’est tenue à Dakar, République
du Sénégal, avec la participation physique de la Commission et de son
Secrétariat et la participation virtuelle des représentants des États, des
Organisations internationales, des Institutions nationales des droits de
l’homme et de la Société civile.
20. Au cours de cette Session, la Commission a examiné, inter alia les Rapports
périodiques de la République du Bénin, du Royaume d’Eswatini et de la
République de Namibie.
21. La Commission a également organisé les panels et les lancements ci-après :
i.
ii.
iii.
iv.
v.
vi.
vii.
Plaidoyer en faveur de la ratification du Protocole sur les droits des
personnes âgées et du Protocole sur les droits des personnes handicapées ;
Panel sur la situation des défenseurs des droits de l’homme en exil ;
Évaluation de la mise en œuvre du Pacte mondial sur les migrations par
les acteurs clés en Afrique ;
Lancement de la Lettre d’information No. 15 : Police et Droits de l’homme
en Afrique ;
Panel sur l’Étude du Groupe de travail sur les Industries
extractives/Lancement du Bulletin d’information du Groupe de travail ;
Panel sur la présentation et discussion de l’Étude sur la jurisprudence
relative à l’article 5 de la Charte et du Rapport sur la production, la vente
et l’utilisation d’instruments de torture en Afrique ; et
Panel sur la Peine de mort en Afrique et les engagements des États.
22. Les Rapports d’intersession présentés par les Membres de la Commission et les
Rapporteurs spéciaux au cours de la 63ème Session ordinaire sont consultables sur
le site Web de la Commission : www.achpr.org.
23. Les détails des activités menées par la Commission durant sa 69ème Session
ordinaire sont rapportés dans le Communiqué final qui est consultable sur le site
Web de la Commission : www.achpr.org.
6|Page
13ème Réunion des Bureaux conjoints de la Commission et de la Cour
Africaine, tenue le 28 septembre 2021 à Arusha, Tanzanie.
24. Conformément à leurs Règlements intérieurs respectifs, la Commission et la
Cour Africaine ont tenu la 13ème Réunion des Bureaux conjoints le 28 septembre
2021 à Arusha, en République Unie de Tanzanie. À cette occasion, les membres
des deux institutions ont adopté le Rapport de la 12ème Réunion des Bureaux,
évalué l’état d’avancement de la mise en œuvre des décisions adoptées lors de
la 12ème Réunion des Bureaux et de la 8ème Réunion conjointe annuelle, et
échangé sur les différentes activités conjointes, dont la commémoration
conjointe du 40ème Anniversaire de l’adoption de la Charte africaine.
9ème Réunion annuelle de la Commission et de la Cour africaine, tenue
virtuellement et en présentiel à Arusha, en Tanzanie, le 29 septembre 2021.
25. La 9ème Réunion annuelle conjointe de la Commission et de la Cour s’est tenue
de manière hybride le 29 septembre 2021. L’objectif général de la réunion
concernait le suivi de la mise en œuvre des recommandations adoptées lors de
la précédente réunion, en vue de renforcer la complémentarité des deux
institutions et d’améliorer la collaboration entre elles.
C. AUTRES ACTIVITÉS ET ENGAGEMENTS DE LA CADHP AUPRES DES
ORGANES DE L’UA
Commémoration du 40ème Anniversaire de l’adoption de la Charte africaine
des droits de l’homme et des peuples
26. La Commission a lancé, le 28 juin 2021, la célébration du 40ème Anniversaire de
la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, commémoré tout au
long de l’année 2021 sous le thème : « Réalités de 40 ans de mise en œuvre de la
Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples et le chemin à parcourir
vers l’Afrique que nous voulons ». La commémoration a été marquée par une
série d’événements organisés en collaboration avec diverses parties prenantes
et des acteurs clés intervenant dans la promotion et la protection des droits de
l’homme, notamment des représentants des États parties, des Organes et
Départements
de
l’UA,
des
Organisations
internationales
et
intergouvernementales, des Institutions nationales des droits de l'homme
(INDH), des Organisations de la société civile (OSC), des Universitaires et les
Médias.
Participation aux réunions techniques et politiques de la Deuxième
Plateforme de l’Architecture africaine de gouvernance (AGA), tenues les 20
et 21 octobre 2021 à Arusha, en Tanzanie.
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27. Le Bureau de la Commission a participé aux deuxièmes réunions techniques et
politiques de la plateforme de l’architecture africaine de la gouvernance (AGA),
tenues du 20 au 21 octobre 2021 à Arusha, en Tanzanie. Les réunions de la
Plateforme ont examiné la mise en œuvre des projets en cours de 2021, ont
réfléchi aux initiatives phares de la Plateforme AGA pour 2022, ont fait le point
sur le processus de fusion entre le Secrétariat de l’AGA et de l’APSA et ont
discuté des mises à jour de l’engagement auprès du Sous-comité du COREP sur
les droits de l’homme, la démocratie et la gouvernance. La réunion a également
constitué un nouveau Bureau et la Commission a été élue pour présider la
Plateforme africaine de gouvernance en 2022 et 2023, conformément au
Règlement intérieur de l’AGA.
IV.
ÉTAT DE PRÉSENTATION DES RAPPORTS PERIODIQUES
28. La Commission suit la mise en œuvre de la Charte africaine et d’autres instruments
juridiques pertinents, notamment le Protocole à la Charte africaine des droits de
l’homme et des peuples relatif aux droits de la femme en Afrique (le Protocole de
Maputo) et la Convention de l’Union africaine sur la protection et l’assistance aux
personnes déplacées en Afrique (la Convention de Kampala). Le suivi est effectué
à travers ce qui suit : réception et examen des rapports périodiques durant la
Session ordinaire ; engagement direct auprès de l’État sur le contenu du rapport ;
formulation de Conclusions et de recommandations générales sur les rapports ;
traçage également de la non-soumission de Rapports périodiques par les États
parties.
29. Comme déjà mentionné, lors de ses 68ème et 69ème Sessions ordinaires, la
Commission a examiné les 2ème et 3ème Rapports périodiques combinés de la
République du Malawi (2015-2019), le 15ème Rapport périodique de la République
du Niger (2017-2019), les Rapports périodiques combinés (6ème au 10ème) de la
République du Bénin (2009-2018), les Rapports périodiques combinés (1er au 9ème)
du Royaume d’Eswatini (2000-2021) ; et le 7ème Rapport périodique de la
République de Namibie (2015-2019). L’examen des 12ème et 13ème Rapports
périodiques combinés de la République du Kenya a été renvoyé à une autre
Session, à la demande de la République du Kenya.
30. Durant la période visée par le Rapport, la Commission a également reçu le 3 ème
Rapport périodique de la République des Seychelles sur la mise en œuvre du
Protocole de Maputo pour la période de 2006 à 2019.
31. Selon l’Article 62 de la Charte africaine, il est attendu des États parties qu’ils
soumettent un Rapport périodique tous les deux (2) ans. L’état de soumission de
Rapports périodiques à la Commission par les États parties depuis la période
précédente de soumission de Rapports à ce jour se présente donc comme indiqué
ci-dessous :
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Statut
État partie
Deux (2) États sont à
jour :
Eswatini et Kenya.
Neuf (9) États ont un
(1) Rapport en
retard :
Bénin, Cameroun, Gambie, Malawi, Maurice, Namibie, Niger,
Seychelles et Zimbabwe.
Sept (7) États ont
deux (2) Rapports en
retard :
Angola, Égypte, Érythrée, Lesotho, Nigeria, Rwanda, Togo.
Sept (7) États ont
trois (3) Rapports en
retard :
Afrique du Sud, Algérie, Botswana, Côte d’Ivoire, Mauritanie,
RDC, Tchad.
Vingt-trois (23) États
ont plus de trois (3)
Rapports en retard :
Burkina, Burundi, Cabo Verde, Congo, Djibouti, Éthiopie, Gabon,
Ghana, Guinée, Liberia, Libye, Madagascar, Mali, Mozambique,
Ouganda, RASD, RCA, Sénégal, Sierra Leone, Soudan, Tanzanie,
Tunisie, Zambie.
Six (6) États n’ont
jamais soumis de
Rapport :
Comores, Guinée-Bissau, Guinée Équatoriale, Sao Tomé-etPrincipe, Somalie et Soudan du Sud.
32. À ce jour, sur les 42 États parties au Protocole de Maputo, les 20 ci-dessous ont
déjà soumis un rapport, conformément à l’Article 26 du Protocole : Afrique du
Sud, Angola, Bénin, Burkina Faso, Cameroun, RD Congo, Eswatini, Gambie,
Kenya, Namibie, Lesotho, Malawi, Mauritanie, Namibie, Nigeria, Rwanda,
Sénégal, Seychelles, Togo, Zimbabwe.
33. À ce jour, 31 États parties ont ratifié la Convention de Kampala, à savoir :
Angola, Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Côte d’Ivoire, Congo,
Djibouti, Eswatini, Gabon, Gambie, Guinée-Bissau, Guinée Équatoriale,
Lesotho, Liberia, Mali, Mauritanie, Mozambique, Niger, Nigeria, Ouganda,
Rwanda, République arabe sahraouie démocratique, République
Centrafricaine, Sierra Leone, Somalie, Soudan du Sud, Tchad, Togo, Zambie et
Zimbabwe. Sur ces Trente-et-un (31) États susmentionnés, seul le Cameroun
s’est conformé à l’Article 14(4) de la Convention de Kampala relatif à
l’obligation de présenter des rapports sur les mesures législatives et autres
prises pour donner effet à ses dispositions.
V.
RÉSOLUTIONS ADOPTÉES PAR LA COMMISSION
34. Pendant la période visée par le rapport, la Commission africaine a adopté les
Résolutions suivantes :
9|Page
Session
31ème Session
extraordinaire
Résolutions adoptées
i.
ii.
iii.
68ème Session
ordinaire
i.
ii.
iii.
iv.
v.
vi.
Résolution sur la nécessité d’entreprendre une Étude sur les droits
de l’homme et des peuples et l’intelligence artificielle, la robotique
et d’autres technologies nouvelles et émergentes en Afrique ;
Résolution sur l’interdiction d’usage excessif de la force par la
police dans les États africains ; et
Résolution sur la nécessité de protéger l’espace civique et la liberté
d’association et de réunion.
Résolution sur la conduite d’une Étude sur l’impact de la COVID19 sur les populations/communautés autochtones en Afrique ;
Résolution sur l’instabilité militaire dans le nord du Mozambique ;
Résolution sur la situation des droits de l’homme au Niger ;
Résolution sur la situation des droits de l’homme au Bénin ;
Résolution sur la réattribution des mandats des Rapporteurs pays
et des Mécanismes spéciaux entre les Commissaires ; et
Résolution sur la nécessité d’une Étude sur les réponses africaines
à la migration et sur la protection des migrants en vue de
l’élaboration de Lignes directrices sur les droits fondamentaux des
migrants, des réfugiés et des demandeurs d’asile.
32ème Session
extraordinaire
i. Résolution sur l’enquête sur la situation des droits de l’homme au
Tigré.
33ème Session
extraordinaire
i.
ii.
iii.
iv.
34ème Session
extraordinaire
i.
Résolution sur la nécessité d’une meilleure protection des femmes
condamnées à mort ;
Résolution sur le respect du principe de non-refoulement des
demandeurs d’asile et des réfugiés ;
Résolution sur la commémoration du génocide contre les Tutsis au
Rwanda et la prévention du génocide et du négationnisme et du
révisionnisme du génocide ; et
Résolution sur les migrants et les réfugiés disparus en Afrique et
l’impact sur leurs familles.
Résolution sur le renouvellement du mandat de la Commission
d’enquête sur la situation dans la région du Tigré de la République
fédérale démocratique d’Éthiopie ; et
ii. Résolution sur la validation de la nomination des membres cooptés
de la Commission d’enquête sur la situation dans la région du Tigré
de la République fédérale démocratique d’Éthiopie.
10 | P a g e
69ème Session
ordinaire
11 | P a g e
i. Résolution sur la reconnaissance et la protection du droit de
propriété, de gouvernance et d’utilisation des ressources naturelles
par les populations autochtones en Afrique ;
ii. Résolution sur la dégradation de la situation générale des droits de
l’homme au Soudan suite au coup d’état du 25 octobre 2021 ;
iii. Résolution sur la nécessité d’élaborer un manuel de formation sur le
recours à la force par les responsables du maintien de l’ordre public
et les gardes pénitentiaires/correctionnels en Afrique ;
iv. Résolution sur les industries extractives et les droits fonciers des
populations/communautés autochtones en Afrique ;
v. Résolution sur le changement climatique et les effets sur les
déplacements forcés ;
vi. Résolution sur la violence à l’égard des femmes dans les conflits
armés en Afrique ;
vii. Résolution sur l’élaboration de procédures opérationnelles
standards du mécanisme d’alerte et de rapport à la CADHP relatif
aux situations de torture et actes connexes ;
viii. Résolution sur l’élaboration d’une Observation générale sur
l’interdiction des Mutilations génitales féminines en Afrique ;
ix. Résolution sur le renouvellement du mandat de la Commission
d’Enquête sur la situation dans la Région du Tigré, en République
Fédérale Démocratique d’Éthiopie ;
x. Résolution sur la réattribution des fonctions de Rapporteur pays
entre les Commissaires ;
xi. Résolution sur la recomposition du Comité des Résolutions ;
xii. Résolution sur la recomposition du Groupe de travail sur les
populations/communautés autochtones en Afrique ;
xiii. Résolution sur la reconstitution du Comité consultatif pour les
Questions Budgétaires et de Personnel ;
xiv. Résolution sur la reconstitution du Groupe de Travail sur les
questions spécifiques liées au travail de la Commission ;
xv. Résolution sur la recomposition du Groupe de Travail sur la peine
de mort, les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires et
les disparitions forcées en Afrique ;
xvi. Résolution sur la recomposition du Comité pour la protection des
droits des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) et des personnes à
risque, vulnérables et affectées par le VIH ;
xvii. Résolution sur la recomposition du Groupe de travail sur les
Communications ;
xviii. Résolution sur le mandat et la nomination du Rapporteur spécial
sur la liberté d’expression et l’accès à l’information en Afrique ;
xix. Résolution sur la nomination de la Rapporteure spéciale sur les
droits de la femme en Afrique ;
xx. Résolution sur la recomposition du Groupe de Travail sur les
industries extractives, l’environnement et les violations des droits
de l’homme en Afrique ;
xxi. La Résolution sur la recomposition du Groupe de travail sur les
droits des personnes âgées et des personnes handicapées en
Afrique;
xxii. Résolution sur la situation de violation continue des droits de
l’homme en République du Cameroun ; et
xxiii. Résolution sur la prolongation de la période de préparation d’une
Étude sur l’usage de la force par les agents chargés de l’application
de la loi en Afrique.
PLAINTES/COMMUNICATIONS RELATIVES AUX DROITS DE L'HOMME
DEVANT LA COMMISSION
Communications
35. Dans le cadre de son mandat de protection, la Commission est spécifiquement
chargée, en vertu de la Charte africaine, de recevoir et d’examiner les
Communications (plaintes) qui lui sont soumises sur des violations alléguées des
droits de l’homme.
36. Sur les deux cent seize (216) Communications pendantes devant la Commission au
début de la période couverte par le rapport, celles citées ci-dessous ont été
examinées durant ladite période :
31ème
Décisions adoptées sur le Fond – 3
Session
extraordinai 1. Communication 415/12 – Edouard Nathanaël ETONDE EKOTO c/
re
Cameroun ;
2. Communication 446/13 – Jennifer Williams et autres (représentés par
Zimbabwe Lawyers for Human Rights) c/Zimbabwe ; et
3. Communication 475/14 – Famille de feu Médard Ndayishimiye c/
Burundi.
Groupe de
travail sur
les
Communica
tions (GTC)
12 | P a g e
Admission - 9
Admises (6)
1. Communication 671/17 – Ahmed Abdel Hady El-Sihaimy (représenté
par AED et autres) c/Égypte ;
2. Communication 720/19 – Daniel Felipe da Silva Guerra et Rodrigo
Lima Dantas (représentés par Paulo Henrique Reis de Oliveira et
Silmara Veiga de Souza) c/Cabo Verde ;
3. Communication 746/21 – Peuple Ogoni déplacé (représenté par World
Service Authority) c/Bénin ;
4. Communication 752/21 – Conseil des droits des minorités Somalis
c/Somalie ;
5. Communication 753/21 – Kgagudi Kenneth Sekhukhune (représenté
par Shadrack Tebeile) c/Afrique du Sud ; et
6. Communication 754/21 – M. NZOKIRA Emmanuel c/Burundi.
Admise avec demande de Mesures conservatoires (1)
1. Communication 750/21 – Gehad El-Haddad (représenté par Center
for Human Rights & Humanitarian Law) c/Égypte.
Non Admises (2)
1. Communication 673/17 – Khalid Mohammed Abdel Raouf (représenté
par EDA, AMAN et Professeur Mostafa Metwally) c/Égypte ; et
2. Communication 755/21 – Alex Nain Saab Moran (représenté par Falana
et Falana’s Chambers) c/Cabo Verde.
Demande d’orientation – 4
1. Communication 376/09 – Acleo Kalinga (représented par REDRESS,
OMCT et CIRT) c/Ouganda ;
2. Communication 577/15 – Hassan Ishag Ahmed (représenté par African
Centre for Justice and Peace Studies et autres c/Soudan ;
3. Communication 399/11 – Minority Rights Group International et
UNIPROBA (au nom de la famille Bahakwaninda) c/Burundi ; et
4. Communication 650/18 – Kum Bezeng et 75 autres (représentés par le
Professeur Carlson Anyangwe) c/Cameroun.
68ème
Session
ordinaire
Décisions adoptées sur le Fond – 2
1. Communication 472/14 – Famille de Feu Audace Vianney
Habonarugira c/Burundi ; et
2. Communication 577/15 – Hassan Ishag Ahmed (représenté par
African Centre for Justice and Peace Studies et autres) c/Soudan.
Décisions adoptées sur la Recevabilité – 3
Recevables : 2
1. Communication 599/16 – Ethiopian Human Rights Project (représenté
par Robert F. Kennedy Human Rights et IHRDA) c/Ethiopie ; et
13 | P a g e
2. Communication 716/19 – Trois témoins de Jéhovah (représentés par
Lawyers Associated for Human Rights in Africa) c/Érythrée.
Irrecevables : 1
1. Communication 500/14 – Gérard Salamiate c/Congo.
Admission – 5
Groupe de
travail sur
les
Admises (4)
Communica
tions (GTC) 1. Communication 747/21 – Van-Heerden et 2 autres c/Afrique du Sud
2. Communication 751/21 – Mybourgh Le Roux c/Afrique du Sud ;
3. Communication 756/21 – NZOMUKUNDA Guy Fleury c/Burundi
4. Communication 758/2 – Queen Ntombikayise Ambe c/Afrique du Sud.
Admise avec demande de Mesures conservatoires (1)
33ème
Session
extraordi
naire
1. Communication 749/21 – M. Charles Kabwa (représenté par M. Lambert
Nigarura, Esq.) c/République du Burundi
Décision adoptée sur le Fond : 1
1. Communication 444/13 – Judge Thomas S. Masuku c/Eswatini.
Décision adoptée sur la Recevabilité
Recevables : 1
1. Communication 622/16
Démocratique du Congo.
–
Aline
BAHOGWERHE
c/République
Groupe
Admission – 6 Communications
de travail
Admises (1)
sur les
Communi 1.Communication 724/19 – AB (représentée par la Fédération internationale
cations
pour les droits humains (FIDH), le Centre africain d’études pour la justice et
(GTC)
la paix (ACJPS) et le Programme Afrique de la Commission internationale de
Juristes (CIJ) c/Soudan
Admises avec demande de Mesures conservatoires (4)
1. Communication 763/21 – William Sipai et 13 autres représentants du
Keekonyokie Clan of the Maasai People of Kitet (Clan Keekonyokie du peuple
Massaï de Kitet) (représentés par Dr Duncan Ojwang) c/Kenya
2. Communication 766/21 – Alex Nain Saab Moran (représenté par l’avocat
Femi Falana SAN) c/Cabo Verde ;
14 | P a g e
3. Communication 767/21 – Abdel Rahman Abdel Hamid Ahmad Al-Barr et
11 Autres (Représentés par Justice for Human Rights Organization)
c/République arabe d’Égypte ; et
4. Communication 768/21 – Abdul Rahman Albar et 25 autres (Représentés
par International legal representatives for the Freedom and Justice Party of
Egypt (FJP) c/République arabe d’Égypte.
Non Admises (1)
1. Communication 748/21 – Prince and Princess Charles Offokaja Foundation
c/Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste
Demande d’orientation (2)
1. Communication 376/09 – Acleo Kalinga (représenté par REDRESS, OMCT et
CIRT) c/Ouganda ;
2. Communication 399/11 – Minority Rights Group International et UNIPROBA
(au nom de la famille Bahakwaninda) c/Burundi ; et
69ème
Session
ordinaire
Décision adoptée sur la Recevabilité
Recevables : 3
i. Communication 529/15 – 22 Députés c/République du Burundi ;
ii. Communication 686/18 – Association des femmes avocates défenseurs des
droits humains, Institute for Human Rights and Development in Africa &
Equality Now c/République Démocratique du Congo
iii. Communication 693/18 – Bunyoro Kitara Reparations Agency Ltd
(BUKITAREPA) c/République de l’Ouganda
Demande d’orientation : 1
i. Communication 399/11 – Minority Rights Group International et UNIPROBA
(au nom de la famille Bahakwaninda) c/Burundi
37. Il ressort du tableau ci-dessus que, durant la période sous revue, la Commission a
admis onze (11) Communications ; a décidé de ne pas en admettre trois (3) ; a
accordé six (6) demandes de mesures conservatoires ; a déclaré six (6)
Communications recevables et une (1) irrecevable. La Commission a également
pris six (6) décisions sur le fond et donné des orientations sur six (6) autres
Communications.
15 | P a g e
38. Un tableau indiquant la répartition géographique et par pays de toutes les
Communications pendantes est joint en Annexe II au présent Rapport d’activités.2
VI.
DEMANDE DE STATUTS D’OBSERVATEUR ET D’AFFILIÉ
39.
Conformément à la Résolution CADHP/Rés.361(LIX)2016 sur les critères
d’octroi et de maintien du statut d’Observateur des organisations nongouvernementales intervenant dans le domaine des droits de l’homme et des
peuples en Afrique, lors de ses 68ème et 69ème Sessions ordinaires, la
Commission a accordé le statut d’Observateur à dix (10) ONG :
i.
ii.
iii.
iv.
v.
vi.
vii.
viii.
ix.
x.
SOS Information juridique multisectorielle ;
Plataforma Mulheres em Acão ;
Associacao Observatorio de Politicas Publicas da Perspective de Genero ;
Akina Mama wa Afrika ;
Association of the Egyptian Female Lawyers ;
Association des utilisateurs des technologies de l’information et de la
communication ;
Changement social Bénin ;
Institut Panafricain pour la Citoyenneté, les Consommateurs et le
Développement (CICODEV Afrique) ;
Paradigm Initiative for Information Technology Development ; et
Mouvement pour la défense de l’humanité et l’abolition de la torture
(MDHAT).
40. Cela porte le nombre total d’ONG jouissant du statut d’Observateur à cinq cent
trente-huit (538) à la fin de la période couverte par le rapport.
41. Conformément à la Résolution CADHP/Rés.370 (LX) 2017 sur l’octroi du statut
de membre affilié aux INDH et aux Institutions spécialisées dans les droits de
l’homme en Afrique, la Commission a accordé, lors de sa 69ème Session ordinaire,
le statut de membre affilié aux INDH et Institutions spécialisées suivantes :
i.
ii.
iii.
National Human Rights Commission of The Gambia ;
Commission Béninoise des Droits de l’Homme ; et
Institut des droits de l’homme et de la Paix de l’Université Cheikh Anta Diop.
42. Cela porte le nombre total d’INDH jouissant du statut d’affilié à trente-trois
(33) à la fin de la période couverte par le rapport.
2
Annexe II.
16 | P a g e
VII.
MISE EN ŒUVRE, PAR LES ETATS, DES DECISIONS, DES DEMANDES
DE MESURES CONSERVATOIRES, DES OBSERVATIONS FINALES,
DES RECOMMANDATIONS DES MISSIONS ET DES LETTRES D’APPEL
URGENT DE LA COMMISSION
43. L’état d’exécution, par les États parties, des Décisions, des Demandes de mesures
conservatoires, des Observations finales, des Recommandations des missions et
des Lettres d’appel urgent de la Commission, demeure faible, comme en
témoignent les informations ci-dessous :
Mise en œuvre des Décisions sur les Communications
44. Durant la période couverte par le rapport, la Commission n’a pas reçu
d’informations des États parties sur la mise en œuvre de ses décisions finales sur
les Communications, conformément à la Règle 125 de son Règlement intérieur de
2020.
45. Cependant, la Commission a reçu le rapport des Plaignants sur la mise en œuvre
de la décision dans la Communication 396/11 - Mohammed Abderrahim El
Sharkawi (représenté par Egyptian Initiative for Personal Rights (EIPR) et Open
Society Justice Initiative (OSJI)) c/République arabe d’Égypte, conformément à
l’Article 112(2) du Règlement intérieur de la Commission (2010) en vertu duquel
la Communication a été instituée. EIPR et OSJI ont informé la Commission que
l’État défendeur ne les a pas informés des mesures prises pour mettre en œuvre la
décision de la Commission sur la Communication.
46. La Commission a également reçu des nouvelles de la Plaignante dans la
Communication 389/10 – Mbiankeu Geneviève c/Cameroun, adoptée par la
Commission lors de sa 56ème Session ordinaire, tenue du 21 avril au 7 mai 2015.
L’État a partiellement mis en œuvre la décision en accordant à la Victime une
partie de la somme que la Commission avait demandée dans sa décision. La
dernière mise à jour, qui comprenait diverses correspondances avec les ministères
compétents de l’État défendeur, indiquait que la parcelle de terrain de même
valeur et de même nature dont la Commission avait demandé l’attribution à la
Victime était toujours en attente.
Mise en œuvre des demandes de Mesures conservatoires
47. Durant la période couverte par le rapport, la Commission n’a pas reçu de réponse
aux demandes de Mesures conservatoires émises durant cette période, comme
indiqué dans le tableau relatif aux Plaintes/Communications examinées au cours
de la période sous revue.
Mise en œuvre des Observations finales
48. Au cours de la période visée, la République du Bénin, le Kenya, le Niger et la
Namibie ont soumis, dans le cadre de leur processus d’établissement de rapport
17 | P a g e
périodique, l’état de la mise en œuvre des Observations finales formulées par la
Commission sur leurs derniers rapports ainsi que les difficultés rencontrées. Le
Royaume d’Eswatini a indiqué qu’il n’a pas pu répondre aux Observations finales
formulées par la Commission sur le rapport initial car le document n’a pas pu être
localisé au sein des départements gouvernementaux et que la recherche du
document se poursuit.
Mise en œuvre des Recommandations des Missions
49. Durant la période couverte par le rapport, la Commission n’a reçu aucun
rapport sur la mise en œuvre des recommandations formulées à la suite des
différentes missions effectuées dans certains États parties.
Mise en œuvre des Lettres de préoccupation et d’Appel urgent
50. Durant la période visée par le rapport, vingt-neuf (29) Lettres de préoccupation
et d’Appel urgent ont été adressées à des États parties concernant différentes
allégations de violations des droits de l’homme.
État
Question justifiant la Lettre
d’Appel urgent
Réponse de l’État
partie
République
19 novembre
du Zimbabwe 2020
Lettre
d’Appel
urgent
concernant le harcèlement
judiciaire contre l’avocate des
droits de l’homme, Mme
Beatrice Mtetwa.
République
algérienne
démocratique
et populaire
19 novembre
2020
Lettre
d’Appel
urgent
concernant l’état critique et
l’urgente nécessité de soins
médicaux et une chirurgie
cardiaque pour M. Abdullah
Benaoum.
L’État a répondu le 28
janvier
2021
pour
réfuter les allégations de
Mme Mtetwa selon
lesquelles elle a été
ciblée ou a fait l’objet
d’intimidation de la part
de l’État pour avoir
représenté
des
défenseurs des droits de
l’homme au Zimbabwe.
L’État a répondu le 21
janvier 2021, en
déclarant que le détenu
reçoit, en prison, les
soins médicaux
nécessaires pour sa
santé physique et
mentale.
7 septembre
2021
Lettre d’appel urgent
concernant la dissolution de
l’association Rassemblement
Action Jeunesse (RAJ)
18 | P a g e
Date de la
Lettre
L’État n’a pas encore
répondu
République
fédérale du
Nigeria
27 septembre
2021
Lettre d’appel urgent conjoint L’État n’a pas encore
sur la situation des droits
répondu
humains des Amazighs dans
le pays
30 novembre
2020
Lettre
d’appel
conjointe
concernant les représailles
exercées par des acteurs
étatiques et non-étatiques
contre les organisateurs et les
partisans soupçonnés de la
manifestation #ENDSARS.
Lettre
d’appel
urgent
concernant
la
récente
suspension indéfinie des
opérations de Twitter au
Nigeria.
Lettre
d’Appel
urgent
conjointe
concernant
la
répression dont fait l’objet le
personnel
de
Egyptian
Initiative for Personal Rights
Lettre
d’Appel
urgent
concernant la situation des
réfugiés
burundais
en
Tanzanie
L’État n’a pas encore
répondu
Lettre d’Appel concernant la
condamnation à mort de M.
Bambu Emmanuel Lokiri,
étudiant en médecine à
l’Université de Juba, suite à
des accusations de meurtres
d’une fratrie de trois enfants,
Noama, Blessing et Nura, le
1er août 2020 dans la zone
résidentielle de Rock City à
Juba.
Lettre
d’appel
urgent
concernant
des
rapports
d’exécutions extrajudiciaires
d’au moins 42 personnes,
dont des enfants et des
personnes âgées, ainsi que la
détérioration continue de la
paix et de la sécurité dans le
pays.
L’État n’a pas encore
répondu
9 juin 2021
République
arabe
d’Égypte
2 décembre
2020
RépubliqueUnie de
Tanzanie
15 décembre
2020
République
20 décembre
du Soudan du 2020
Sud
23 août 2021
19 | P a g e
L’État n’a pas encore
répondu
L’État n’a pas encore
répondu
L’État n’a pas encore
répondu
L’État n’a pas encore
répondu.
République
18 janvier
Démocratique 2021
du Congo
(RDC)
21 mars 2021
31 mai 2021
12 août 2021
République
fédérale
démocratique
d’Éthiopie
20 janvier
2021
République
du Soudan
16 mars 2021
République
de Djibouti
25 mai 2021
20 | P a g e
Lettre
d’Appel
urgent L’État n’a pas encore
concernant
l’arrestation répondu
arbitraire
d’activistes
de
LUCHA.
Lettre
d’Appel
urgent
conjointe concernant des
allégations
relatives
au
meurtre de quarante-six (46)
membres de la communauté
Batwa/Bambuti
par
un
groupe armé non identifié
dans le village de Masini dans
la province de l’Ituri, dans
l’Est de la RDC.
Lettre d’appel urgent sur la
condamnation à mort de
trente personnes par le
Tribunal de grande instance
de la Commune de Gombe,
Kinshasa, accusées de
violents heurts qui ont éclaté
le 14 mai 2021 entre deux
communautés musulmanes.
Lettre d’appel conjointe sur la
situation des droits de
l’homme en République
démocratique du Congo
L’État n’a pas encore
répondu
Lettre
d’Appel
urgent
conjointe concernant la mort
de plus de quatre-vingts (80)
civils éthiopiens, le 12 janvier
2021 à Daletti, dans la zone de
Metekel de la région de
Benishangul-Gumuz,
dans
l’Ouest de l’Éthiopie, due à la
violence ethnique dans cette
zone.
Lettre
d’appel
urgent
conjointe
concernant
l’exécution imminente des
ressortissants soudanais, M.
Amin Bushra et M. Yassin
Kuku.
Lettre d’appel urgent
concernant l’arrestation du
L’État n’a pas encore
répondu
L’État n’a pas encore
répondu
L’État n’a pas encore
répondu
L’État n’a pas encore
répondu
L’État n’a pas encore
répondu
République
de Maurice
République
du Ghana
Grande
Jamahiriya
arabe
libyenne
populaire et
socialiste
République
du Tchad
République
du Burundi
21 | P a g e
bloggeur Barkat
Abdoulwahab Oudoum,
arrêté à Addis-Abeba,
Éthiopie, le 30 mars 2021, sur
demande de la République de
Djibouti.
3 juin 2021
Lettre d’appel urgent
concernant les amendements
proposés à la loi sur les TIC,
sur la réglementation de
l’utilisation et la lutte contre
l’abus et la mauvaise
utilisation des médias sociaux
9 juin 2021
Lettre d’appel urgent sur
l’arrestation de 21 défenseurs
des droits de l’homme, dont
16 femmes et cinq hommes,
alors qu’ils suivaient une
formation para-juridique
pour la protection des droits
humains des minorités
sexuelles à Ho, au Ghana.
24 juin 2021
Lettre d’appel urgent sur
l’enlèvement du défenseur
des droits humains et
journaliste Mansour
Mohamed Atti Al-Maghrabi
par des individus non
identifiés
8 juillet 2021 Lettre d’appel urgent
concernant la condamnation
de M. Baradine Berdei
Targuio, à trois ans de prison
et 250 000 CFA d’amende.
26 juillet 2021 Lettre d’appel urgent sur les
allégations de disparition
forcée
de
M.
Elie
Ngomirakiza, responsable du
parti
d’opposition
CNL
d’Agathon Rwasa, dans la
province de Bujumbura rural.
L’État n’a pas encore
répondu
L’État n’a pas encore
répondu
L’État n’a pas encore
répondu
L’État n’a pas encore
répondu
L’État a répondu qu’il
rejette la procédure de
transmission directe de
lettres d’appels urgents
au Président de la
République. Il a par
ailleurs indiqué que les
éléments de réponse
seront fournis par les
services compétents dès
que la demande aura
respecté la procédure
normale.
République
du
Mozambique
29 juillet 2021 Lettre d’appel urgent
concernant l’existence d’un
réseau de travailleurs du sexe
composé de membres du
personnel de la prison pour
femmes de Ndlavela à
Maputo, ayant contribué à
l’exploitation sexuelles des
femmes détenues.
République
9 août 2021
Lettre
d’appel
urgent
de
concernant la crise alimentaire
Madagascar
due à la sécheresse au cours
de laquelle environ 340
personnes sont mortes et un
million de personnes qui
risquent de mourir de faim
dans le sud isolé de l’île.
République
24 août 2021 lettre d’appel concernant le
du Kenya
meurtre de deux jeunes gens
en garde à vue à la suite de la
brutalité policière et de
l’usage excessif de la force.
République
27 août 2021 Lettre
d’appel
urgent
du Soudan
concernant M. Moaz Abdel
Majid Ismael, poursuivi pour
crime de guerre et condamné
sans assistance judiciaire, à
l’amputation des mains et des
pieds des côtés opposés
(Hirabah Hadd)
République
8 septembre
Lettre d’appel urgent sur
du Zimbabwe 2021
l’arrestation de Mme Alice
Kuvheya après avoir obtenu,
au nom de CHITRET, une
ordonnance du tribunal
interdisant aux
gouvernements local et
central de démolir des
structures commerciales
informelles et des maisons à
Chitungwiza et Harare.
République
20 octobre
Lettre d’appel urgent
du Malawi
2021
concernant le revirement de
la décision de la Cour
suprême d’appel condamnant
à mort 26 personnes alors que
la Cour suprême avait déclaré
22 | P a g e
L’État n’a pas encore
répondu
L’État n’a pas encore
répondu
L’État n’a pas encore
répondu
L’État n’a pas encore
répondu
L’État n’a pas encore
répondu
L’État n’a pas encore
répondu.
Royaume
d’Eswatini
22 octobre
2021
que la peine de mort est
« inconstitutionnelle ».
Lettre
d’appel
urgent L’État n’a pas encore
concernant
la
coupure répondu.
partielle de l’internet lors de
manifestations
prodémocratiques.
VIII. LETTRES D’APPRÉCIATION/FÉLICITATIONS
51. Pendant la période visée par le rapport, neuf (9) lettres de félicitations ont été
adressées à des Chefs d’État et de Gouvernement :
État
République
du Kenya
République
de Zambie
RépubliqueUnie de
Tanzanie
23 | P a g e
Date de la
Lettre
21
décembre
2020
Question justifiant la Lettre de félicitations
Lettre de félicitations conjointe saluant la décision du
Gouvernement du Kenya d’accorder la citoyenneté à mille six
cent soixante-dix (1 670) membres de la communauté Shona et à
mille trois cents (1 300) apatrides d’origine rwandaise et
demandant au Gouvernement du Kenya d’élargir cette mesure à
d’autres groupes se trouvant dans la même situation, comme
solution nécessaire pour mettre fin à leur discrimination et à leur
exclusion des avantages liés à une citoyenneté égale.
25 mars
Lettre de félicitations à S. E. Uhuru Kenyatta, Président de la
2021
République du Kenya, pour l’importante décision de la Haute
Cour du Kenya de faire respecter l’interdiction des mutilations
génitales féminines (MGF), conformément à la Loi de 2011 sur
l’interdiction des MGF.
Lettre de félicitations concernant la décision du gouvernement de
10 février
2021
commuer les condamnations à mort de deux cent quarante-six
(246) détenus dans le couloir de la mort en emprisonnement à vie,
afin de décongestionner la prison surpeuplée de Mukobeko et de
protéger les détenus contre toute exposition à la COVID-19.
Lettre de félicitations à Son Excellence Samia Suluhu Hassan,
22 mars
2021
Présidente de la République-Unie de Tanzanie, pour sa prise de
fonction ; fait marquant une étape importante dans la
participation et le leadership politique des femmes dans le pays.
3 septembre Lettre d’appréciation relative à la réponse du gouvernement de
2021
Tanzanie au Communiqué de presse de la Commission publié le
28 juillet 2021 sur l’arrestation de M. Freeman Mbowe, Président
de CHADEMA, ainsi que de plusieurs dirigeants de partis, lors
d’un forum public.
25
novembre
2021
République
29 avril
du Zimbabwe 2021
République
de Gambie
République
Démocratique
du Congo
(RDC)
IX.
27 août
2021
26
novembre
2021
Lettre d’appréciation concernant le changement de position sur
une décision adoptée en 2017 qui interdisait aux filles enceintes
et aux mères adolescentes d’aller à l’école pour des raisons de
grossesse et de maternité et qui avait conduit à la privation
discriminatoire des petites filles du droit à l’éducation et du droit
à la non-discrimination.
Lettre de félicitations concernant la récente libération de trois
cent vingt (320) prisonniers de la plus grande prison du pays
dans le cadre d’un plan visant à alléger la surpopulation et lutter
contre la propagation de la COVID-19 dans les prisons
nationales.
Lettre de félicitations pour saluer l’adoption et la signature de la
loi sur l’accès à l'information en Gambie
Une lettre d’appréciation concernant l’initiative de la RDC de
suspendre la délivrance et la négociation des permis miniers et
d’auditer le registre minier du pays, comme mesure de lutte
contre la fraude dans le secteur minier du pays.
COMMUNIQUÉS/LETTRES DE CONDOLÉANCES
52. Au cours de la période considérée, le 11 mars 2021, le Président de la Commission
a publié une Déclaration sur le décès prématuré de l’Honorable Commissaire
Ndiamé Gaye, qui était membre de la Commission et Président du Groupe de
travail sur la peine de mort, les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou
arbitraires et les disparitions forcées en Afrique ; Membre du Comité pour la
prévention de la torture en Afrique et du Groupe de travail sur les droits
économiques, sociaux et culturels ; il a également été Rapporteur pays de la
Commission africaine sur la promotion des droits de l’homme en Guinée, en
Ouganda, en République arabe sahraouie démocratique, en République
Centrafricaine et en Sierra Leone.
53. Durant la période couverte par le rapport, le 22 mars 2021, le Président de la
Commission et le Rapporteur pays sur la situation des droits de l’homme en
Tanzanie ont transmis une lettre à Son Excellence Madame Samia Suluhu Hassan,
Présidente de la République-Unie de Tanzanie, lui présentant ses condoléances
ainsi qu’au gouvernement et au peuple de Tanzanie suite au décès de Feu le
Président John Pombe Joseph Magufuli, ancien Président de la République-Unie
de Tanzanie.
X.
DÉCLARATIONS À LA PRESSE ET COMMUNIQUÉS DE PRESSE
54. Durant la période visée par le Rapport, la Commission a publié quarante-quatre
(44) Communiqués de presse sur différentes questions liées aux droits de l’homme.
24 | P a g e
Les communiqués de presse sont consultables sur le site Web de la Commission :
www.achpr.org.3
XI.
MISSIONS DE PROMOTION ET D’ÉTABLISSEMENT DES FAITS
55. La Commission n’a pas effectué de mission de promotion ou d’établissement des
faits durant la période visée par le Rapport, essentiellement en raison de la
pandémie mondiale de COVID-19.
Mission d’établissement des faits dans la région du Tigré de la République
fédérale démocratique d'Éthiopie
56. Durant la période couverte par le rapport, la Commission a été saisie par S.E
Moussa Faki Mahamat, Président de la Commission de l’Union africaine (CUA),
suite à une réunion du Conseil de Paix et de Sécurité tenue le 9 mars 2021, au cours
de laquelle le Premier Ministre de la République fédérale démocratique d’Ethiopie,
S.E. Dr Abiy Ahmed, a fait part de sa volonté de charger la Commission d’enquêter
sur la crise en cours dans la Région du Tigré de la République fédérale
démocratique d’Éthiopie.
57. La Commission avait salué cette louable initiative de mener une enquête sur la
crise en cours dans la région du Tigré et, à cet égard, elle avait demandé au
gouvernement l’autorisation d’entreprendre une mission d’établissement des faits
dans la République fédérale démocratique d’Éthiopie. Malgré l’autorisation
accordée par les autorités éthiopiennes d’effectuer la mission sur le terrain, la
CADHP n’a pu trouver un terrain d’entente avec ces dernières concernant les
modalités de la conduite de la mission qui incluaient entre autres, la conduite
d’une mission conjointe sous la supervision du Procureur de la République, la
participation de l’État à la composition de la Délégation de la CADHP qui se
réservait le droit de révoquer les personnes qui ne lui convenaient pas et la
validation du rapport par les autorités éthiopiennes avant sa publication. Ces
termes et conditions qui ont, pour la Commission, des conséquences directes sur
son indépendance et sa neutralité, en plus d’enlever toute crédibilité à son travail.
58. Compte tenu de la dégradation de la situation des droits de l’homme, la
Commission a décidé de mettre en place une Commission d’enquête sur la
situation des droits de l’homme au Tigré, en Éthiopie, par la Résolution 482
(EXT.OS / XXXII) 2021, sur la mission d’enquête dans la région du Tigré de la
République fédérale démocratique d’Éthiopie, conformément à l’article 45(2) lu
conjointement avec l’article 46 de la Charte africaine des droits de l’homme et des
peuples (la Charte africaine). Dans l’accomplissement de sa mission, elle a organisé
diverses réunions avec différents acteurs, y compris les autorités éthiopiennes. Elle
a en outre tenu des auditions orales pour entendre des témoins et des victimes et
également reçus des rapports sur la situation des droits de l’homme dans la région
3
Annexe III.
25 | P a g e
du Tigré. Un rapport sur les conclusions et les recommandations y relatif sera
présenté à cet effet.
SITUATION DES DROITS DE L’HOMME SUR LE CONTINENT
59. Cette section a été introduite dans le Rapport d’activités, suite à la Décision
EX.CL/Déc.639 (XVIII) du Conseil Exécutif, adoptée lors de sa 18ème Session
ordinaire tenue en Janvier 2011 à Addis-Abeba, en Éthiopie, appelant la
Commission à informer les Organes délibérants sur la situation des droits de
l’homme sur le continent. La pratique de la Commission consiste à tirer le contenu
de cette section des échanges qu’elle a eus avec les États parties, les INDH
jouissant du statut d’Affilié et les ONG jouissant du statut d’Observateur auprès
d’elle au cours de ses Sessions ordinaires, en sus des informations collectées dans
le cadre de ses activités de surveillance de la situation des droits de l’homme dans
les divers États parties au cours de la période d’intersession.
a) Développements positifs
60. La Commission note avec satisfaction les développements positifs en matière des
droits de l’homme, observés au cours de la période considérée, notamment :
i.
ii.
iii.
iv.
v.
vi.
26 | P a g e
La ratification de la Convention pour la protection de toutes les
personnes contre les disparitions forcées par le Gouvernement du
Soudan ;
L’adoption d’une nouvelle Loi sur les médias en Éthiopie, le 2 février
2021, afin de renforcer la liberté d’expression et l’accès à
l’information, ainsi que la décriminalisation de la diffamation ;
L’adoption du Plan d’action national sur le viol et la diffamation et
du Plan d’action national sur les personnes atteintes d’albinisme,
spécifiquement destinés à répondre à la préoccupation suscitée par
le nombre croissant de cas de viol et de diffamation et à renforcer le
cadre de protection des personnes atteintes d’albinisme au Malawi ;
L’adoption de la Loi portant différentes modifications n°2 de 2021
par le Parlement de Tanzanie faisant officiellement du Kiswahili la
langue légale de la Cour et de rédaction de la législation dans le pays ;
Cette adoption a été suivie de directives visant la traduction de
toutes les lois de l’anglais au kiswahili pour les rendre accessibles au
public ;
L’adoption d'une nouvelle Constitution par la République
algérienne démocratique et populaire, renforçant toutes les garanties
des droits de l’homme, y compris la consécration expresse du respect
du droit à la vie
L’adoption d’une loi nationale protégeant les droits des personnes et
des communautés Pygmées autochtones, le 7 avril 2021, par
l’Assemblée Nationale de la RDC ;
Le jugement de la Cour constitutionnelle de l’Ouganda du 19 août
2021, ordonnant l’État d’indemniser les communautés autochtones
Batwa pour les expulsions illégales subies à la suite de la création des
réserves forestières et des zones protégées sur leurs terres
ancestrales ;
viii. L’adoption d’une Stratégie et d’un Plan national des droits de
l’homme comme mesure de protection et de promotion des droits de
l’homme en Angola, ainsi que l’entrée en vigueur du Code de
procédure pénale pénalisant les MGF et abolissant la discrimination ;
ix.
L’amendement de la Loi sur la procédure pénale de 1991 du Soudan
disposant de l’interdiction explicite de la torture des accusés et de la
protection contre la torture ;
x.
L’initiative conjointe des Présidents du Burundi et de la République
démocratique du Congo de collaborer en matière de sécurité
concernant les activités des groupes armés le long de leurs frontières;
xi.
La réaccréditation de la Commission nationale indépendante des
droits de l’homme du Burundi au statut « A » en juin 2021,
conformément aux principes des Nations Unies relatifs au statut des
institutions nationales (Principes de Paris) ;
xii.
L’engagement du Tchad, le 23 février 2021, à ratifier le Deuxième
Protocole facultatif se rapportant au PIDCP lors du panel semestriel
du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies sur la peine de
mort ;
xiii. La prise de fonctions de la première femme Présidente de la
Tanzanie, marquant une étape importante dans la participation et le
leadership politiques des femmes dans le pays et constituant un
autre exemple remarquable, dans la région est-africaine et le
continent en général, de la reconnaissance de l’égalité des droits des
femmes, y compris les droits des filles et des femmes âgées ;
xiv. La transition pacifique et démocratique du pouvoir au Niger ;
xv.
L’organisation réussie des élections et la passation de pouvoir
pacifique au Cabo Verde et à Sao Tomé-et-Principe.
xvi. La mise en place d’un gouvernement provisoire en Libye et le
processus en cours pour la convocation d’élections nationales au plus
tard en décembre 2021 ;
xvii. La décision de la Haute Cour du Kenya de maintenir l’interdiction
des MGF ;
xviii. La production d’un projet de « Plan national de développement des
peuples autochtones » visant à combattre la pauvreté et les inégalités
sociales des peuples autochtones au Cameroun ;
xix. L’octroi de la citoyenneté à mille six cent soixante-dix (1 670)
membres de la communauté Shona et à mille trois cents (1 300)
apatrides d’origine rwandaise, par le Gouvernement du Kenya ;
xx.
La signature de la Loi sur les Réfugiés par le Président du Kenya
qui les autorise à travailler ;
xxi. L’entrée en vigueur d’un nouveau Code pénal en Angola
criminalisant explicitement la torture et les mauvais traitements ;
vii.
27 | P a g e
xxii.
Le procès et la condamnation de trois (3) miliciens en RDC pour
crimes de guerre multiples tels que le viol en masse, le meurtre,
l’esclavage sexuel, les pillages et le recrutement d’enfants soldats.
Ces crimes ont eu lieu entre 2010 et 2014 sur les territoires Walikale
et Masisi, au Nord-Kivu, dans l’Est de la RDC ;
xxiii. La libération de trois-cent-vingt (320) prisonniers par le Zimbabwe ;
xxiv. La décision prise par certains États parties de commuer les
condamnations à mort en condamnations à perpétuité, notamment
la Tanzanie (256), le Niger (19) et la Zambie (246) ;
xxv. La promulgation de la loi abolissant la peine de mort en République
de Sierra Leone, le 8 octobre 2021 ;
xxvi. L’engagement du Président de la République Centrafricaine, lors de
son inauguration, le 30 mars 2021, de poursuivre ses efforts pour
abolir la peine de mort ;
xxvii. Le soutien continu à un moratoire sur le continent, exprimé dans le
vote du 16 décembre 2020 de la Résolution A/RES/75/183 de
l’Assemblée Générale des Nations Unies appelant à un moratoire sur
l’utilisation de la peine de mort ; et
xxviii. La nouvelle convention relative à l’extradition interdisant la peine de
mort, signée entre la France et l’Algérie, en décembre 2018, et entrée
en vigueur le 11 mars 2021.
Situation des droits de l’homme dans le contexte de la pandémie de COVID19
i.
ii.
iii.
Le rapide développement de vaccins sûrs et efficaces contre la COVID19 et le déploiement de la vaccination actuellement en cours sur tout le
continent ;
La libération de prisonniers ayant purgé l’essentiel de leur peine et de
prisonniers en détention préventive, par les autorités de plusieurs pays :
l’Afrique du Sud, l’Angola, le Cameroun, la RDC, le Soudan du Sud et
le Zimbabwe, afin de décongestionner les prisons et de freiner la
propagation éventuelle du virus ; et
La Grâce de cinq mille (5000) prisonniers par clémence présidentielle au
Burundi dans le but de désengorger les prisons.
b) Domaines de préoccupation
i.
La non-soumission des rapports périodiques à la Commission, en
violation de l’article 62 de la Charte africaine, avec six (6) États parties
n’ayant soumis aucun rapport ;
ii.
La non-soumission des rapports périodiques par les États parties, en
vertu du Protocole de Maputo et de la Convention de Kampala ;
iii.
Les troubles civils de longue date au Cameroun, entre le gouvernement,
les combattants anglophones et Boko Haram, qui ont continué à
provoquer de graves violations des droits de civils innocents,
notamment des attaques contre des bâtiments scolaires, de multiples
enlèvements et le déplacement forcé de populations ;
28 | P a g e
iv.
v.
vi.
vii.
viii.
ix.
x.
xi.
xii.
xiii.
xiv.
xv.
29 | P a g e
Les attaques incessantes et les enlèvements violents d’étudiants au
Nigeria, notamment le récent enlèvement de trente-neuf (39) étudiants
du Federal College of Forestry Mechanisation dans l'État de Kaduna et
de 200 étudiants de l’école islamique Salihu Tanko, dans l’État du Niger,
le 30 mai 2021 ;
L’usage excessif de la force par les forces de sécurité à l’occasion de
manifestations dans certains pays, notamment : le Nigéria, l’Ouganda,
Eswatini, le Niger, le Bénin, le Tchad, le Sénégal, la Guinée, le Togo, la
Côte d’Ivoire, la Tunisie et l’Afrique du Sud ;
La mort de deux jeunes individus alors qu’ils étaient en garde à vue, en
République du Kenya ;
Les arrestations et détentions systémiques, la surveillance accrue des
réseaux sociaux des défenseurs des droits de l’homme, le harcèlement
judiciaire et les actes d’intimidation et les menaces à l’endroit des
journalistes et des défenseurs des droits de l’homme sur le continent ;
Le rétrécissement de l’espace civique et les attaques contre les
défenseurs des droits de l’homme, notamment le meurtre de défenseurs
des droits de l’homme dans les industries extractives et agricoles ;
Les rapports persistants d’attaques contre des journalistes et d’autres
professionnels des médias, y compris des meurtres, des exécutions
extrajudiciaires, des actes de torture et d’autres formes de mauvais
traitements, des arrestations et des détentions arbitraires, des
enlèvements, des intimidations et des surveillances illégales par des
acteurs étatiques et non étatiques ;
L’utilisation de lois contre le blanchiment d’argent et le terrorisme pour
réprimer les organisations de défense des droits de l’homme, en
particulier celles qui sont impliquées dans des activités liées aux
élections et celles qui luttent contre la corruption, comme par exemple :
le gel des comptes bancaires des militants de #EndSARS au Nigeria et
de deux (2) ONG locales en Ouganda menant des activités d’observation
des élections ;
L’absence de législation nationale sur le droit d’accès à l’information
donnant lieu à l’absence de mécanismes juridiques et procéduraux pour
l’application de ce droit ;
L’existence de lois pénales sur la diffamation et les insultes, qui
constituent une atteinte grave à la liberté d’expression et peuvent
entraver le travail des journalistes et des autres professionnels des
médias ;
La fermeture des services Internet et de plateformes de médias sociaux,
en particulier, pendant les élections et les manifestations, empêchant
ainsi les journalistes et les défenseurs des droits de l’homme de signaler
les violations des droits de l’homme ;
Les rapports de violence contre les personnes atteintes d’albinisme au
Malawi, au Mozambique et en Zambie ;
Les rapports faisant état de la reprise de l’offensive militaire entre le
Gouvernement fédéral démocratique d’Éthiopie et le Front de libération
du peuple du Tigré (TPLF), dans la région du Tigré, en Éthiopie,
notamment des rapports faisant état de frappes aériennes (quatre en une
semaine) effectuées à Mekelle, en octobre 2021 ;
xvi. Le documentation sur des exécutions extrajudiciaires sur le continent,
comme la découverte d’un site de fosses communes au Burkina Faso où
cent quatre-vingts (180) corps ont été retrouvés près de la ville de Djibo,
dans le nord du pays ; l’identification des restes de soixante-onze (71)
civils disparus dans des fosses communes, par la Commission nationale
des droits de l’homme du Niger ; l’exécution de civils soupçonnés d’être
membres du Front populaire de libération du Tigré, en Éthiopie ; et les
rapports d’exécutions extrajudiciaires par la Division des Droits de
l’Homme et de la Protection, de la Mission multidimensionnelle intégrée
des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA)
xvii. La persistance des conflits civils, des tensions tribales/ethniques et des
conflits armés menaçant les conditions de vie quotidiennes des femmes,
notamment au Soudan du Sud, au Soudan et en Éthiopie où des
incidents violents majeurs exposent les communautés à davantage de
dommages, en permettant ainsi l’instauration d’une violence
systématique, notamment en favorisant et en normalisant les schémas
de violence sexuelle à l’égard des femmes et des filles ;
xviii. Les rapports de violence sexuelle contre les femmes dans la région du
Tigré, en Éthiopie, touchée par le conflit, considérée comme une arme
de guerre ;
xix. Les informations selon lesquelles, entre janvier et juin 2021, 948 civils au
moins ont été tués, blessés ou enlevés par des groupes armés ou ont
disparu pendant leur détention entre les mains des forces de défense et
de sécurité du Mali ;
xx.
La forte incidence de violences sexuelles et sexistes récurrentes, de
mariages forcés, de mariages d’enfants et d’exploitation sexuelle en
échange de nourriture, d’eau, de produits d’hygiène féminine et de
médicaments vitaux dans les camps de personnes déplacées à l’intérieur
du pays dans les États de Borno, d’Adamawa, de Yobe et à Abuja, au
Nigeria ;
xxi. Les importantes disparités dans l’accès aux services de soins de santé
maternelle, notamment l’absence d’accoucheuses qualifiées et de
médicaments essentiels pour les populations touchées par des conflits ;
xxii. L’interdiction pour les filles enceintes et les mères adolescentes de
fréquenter l’école en Tanzanie ;
xxiii. La discrimination et l’inégalité sexospécifique augmentant la
vulnérabilité des femmes et des filles à l’épidémie du VIH,
essentiellement leur capacité d’accès à des services et des opportunités
de soins de santé ;
xxiv. Les attaques de la Communauté Batwa/Bambuti par un groupe armé
non identifié dans le village de Masini, dans la province d’Ituri, dans
l’Est de la RDC, ayant causé la mort de quarante-six (46) membres de
cette communauté ;
xxv. La violence entre des membres de populations/communautés
autochtones et des forces de sécurité de la RDC à Kabamba, le 30
30 | P a g e
novembre 2020, où de jeunes autochtones du village de Lemera, à
Kalehe, avaient organisé une marche pacifique ;
xxvi. Les rapports indiquant qu’en juillet 2021, deux (2) membres de la
communauté autochtone Batwa et six (6) miliciens ont été tués lors d’une
opération de l’armée visant à déloger les Batwa du parc national de
Kahuzi-Biega, dans l’Est de la RDC ;
xxvii. La menace de déplacement de la communauté Dinde à Hwange, au
Zimbabwe, de ses terres, et d’autres violations de leurs droits dues aux
activités minières ;
xxviii. L’insécurité généralisée dans le nord du Mozambique, les graves
violations des droits de l’homme et les attaques armées ciblées
commises par des groupes armés non-étatiques, à l’origine du
déplacement forcé de milliers de personnes ;
xxix. La promotion de deux politiques nationales ayant des conséquences
directes sur les droits d’utilisation des terres autochtones en RDC. Les
rapports indiquent que ces politiques ne protègent pas les droits des
peuples autochtones, notamment leurs droits économiques, sociaux et
culturels et leurs droits liés à l’environnement ;
xxx. Les cas signalés d’attaques violentes à Idohu, en RDC, par les rebelles
des Forces démocratiques alliées (ADF), qui ont entraîné la mort de
treize (13) personnes, malgré l’état de siège décrété par le Parlement
congolais depuis le 6 mai 2021 ;
xxxi. Les cas signalés d’attaques violentes contre les habitants des villages de
Tchoma-Bangou, Zaroumadareye, Darey-Daye, dans la région de
Tillaberi, et des villages touaregs d’Intazayene, Bakorat et Wistane, au
Niger, attaques qui auraient été menées par des hommes armés à moto;
xxxii. La contrebande d’or ayant donné lieu à des flux financiers illicites au
Zimbabwe ;
xxxiii. L’absence de services publics adéquats et accessibles, tels que les soins
de santé, l’eau et l’assainissement, l’alimentation et la nutrition, le
logement, l’éducation et la sécurité sociale ;
xxxiv. Le taux élevé de chômage et l’absence d’opportunités, en particulier
chez les jeunes ;
xxxv. Le travail forcé d’enfants, en République du Ghana. Des rapports
indiquent que des milliers de garçons sont contraints de travailler sur le
Lac Volta comme esclaves des pêcheurs du Lac. Beaucoup d’entre eux
sont vendus par leurs parents pour seulement deux cent cinquante
dollars (250 USD). International Justice Mission estime à 50 000 le
nombre d’enfants travaillant dans l’industrie de la pêche au Ghana, la
plupart d’entre eux travaillant sur le Lac Volta ;
xxxvi. La persistance de l’application de la peine de mort, un exemple récent
étant l’exécution de deux (2) individus à Gaborone, au Botswana, et de
onze (11) détenus dans la prison « Borg al-Arab », en Égypte ;
xxxvii. L’imposition de peines de mort, les incidents récents étant les
condamnations à mort de trente personnes prononcées le 15 mai 2021
par le Tribunal de grande instance de la Commune de Gombe, à
Kinshasa, en RDC, et les condamnations à mort par peloton d’exécution
31 | P a g e
de quatre personnes, imposées par le Tribunal militaire de Buea, au
Cameroun ;
xxxviii.
La Situation de vingt-six (26) personnes dans le couloir de la mort
au Malawi qui ont été informées, à la suite d’un arrêt de la Cour suprême
d’appel du 28 avril 2021, qu’elles n’étaient plus soumises à la peine de
mort et qui doivent maintenant supporter l’effet psychologique d’une
nouvelle décision de la Cour suprême d’appel en août 2021, rétablissant
la peine de mort ;
xxxix. La persistance de la pratique de l’esclavage fondé sur l’ascendance au
Mali et les « vestiges » ou « héritages » de l’esclavage en Mauritanie,
soumettant ainsi des personnes à des traitements discriminatoires
portant atteinte à leur dignité, notamment sous la forme d’abus
physiques, de tortures psychologiques, de mesures vexatoires et
humiliantes, de violations de la liberté de circulation, de la liberté de
mariage, des droits de propriété, du droit à la santé et du droit à
l’éducation ;
xl.
Les arrestations arbitraires, la détention et la discrimination à l’égard des
personnes LGBTGI qui sont exclues de toutes les politiques, notamment
des soins de santé universels dans certains pays ;
xli.
xlii.
xliii.
xliv.
xlv.
La discrimination et l’exclusion matérielles, politiques et civiles dont
sont victimes l’ethnie haratine et les Africains noirs en Mauritanie en
raison de leur origine et de leur caste ;
La persistance de conflits sur le continent, en particulier dans la région
du Tigré, en Éthiopie, au Cameroun, au Soudan du Sud, au Soudan, en
Somalie, en RDC, au Niger, au Burkina Faso et au Nigeria, qui se traduit
par une augmentation des cas de disparitions forcées et de déplacements
de population à grande échelle ;
Le refus, par la Tanzanie, d’accorder une protection aux réfugiés et la
fermeture de ses frontières, ce, en violation du principe de nonrefoulement ;
La réalisation inadéquate des droits économiques, sociaux et culturels
avec, pour conséquence, des systèmes éducatifs et sanitaires de
mauvaise qualité, le chômage, la faiblesse des investissements et les
situations généralisées de pauvreté et de sous-emploi sur le continent ;
et
La situation de sécheresse à Madagascar, occasionnant une crise
alimentaire mettant en danger de famine un million de personnes dans
le sud isolé de l’Île.
Situation des droits de l’homme dans le contexte de la pandémie de COVID19
61. Tout en se félicitant des mesures mises en place par les États parties pour
contenir la propagation du Coronavirus et atténuer les effets de la pandémie,
la Commission déplore l’émergence de violations des droits de l’homme durant
cette période, notamment :
32 | P a g e
i.
ii.
iii.
iv.
v.
vi.
vii.
viii.
ix.
33 | P a g e
L’accès limité aux vaccins pour les pays et les communautés à
faible revenu, certains pays ne recevant que 4,5 % environ des
vaccins pour leur population ; ; et le refus de renoncer
temporairement aux brevets COVID-19, limitant ainsi l’accès aux
vaccins ;
Les atteintes aux droits de l’homme signalées dans les contextes
de poursuite des états d’urgence, de catastrophes et de calamités
déclarés dans de nombreux États parties en relation avec la
pandémie de COVID-19, notamment la remise en cause de l’état
de droit ; le recours à des pouvoirs législatifs extraordinaires pour
imposer des limitations et des restrictions, et le contournement
des protections constitutionnelles ; l’absence de contrôle
approprié des prolongations des états d’urgence et de
catastrophes ; le recours à l’armée pour faire appliquer les
mesures d’urgence liées à la COVID-19 ; l’application
discriminatoire des mesures à l’encontre de personnes et de
groupes particuliers ; les violations des droits socioéconomiques ;
l’accès restreint aux lieux de détention ; la restriction de l’accès à
la justice ; la violence sexiste ; les restrictions indues du droit à la
liberté d’association et de réunion et à la participation électorale ;
L’usage excessif de la force par les agents chargés de l’application
des lois dans l’application des mesures de réponse à la COVID19, telles que les ordres de confinement et de couvre-feu, le
recours continu à la détention comme moyen de sanctionner les
infractions à la réglementation liée à la COVID-19, avec des cas
signalés de brutalité policière se traduisant par des meurtres, des
tortures, des arrestations arbitraires et des mises en quarantaine
forcées imposées aux personnes violant ces mesures ;
Les restrictions continues à la liberté d’expression et de la presse
et la détention, souvent longue, d’activistes de la société civile
ainsi que les poursuites injustifiées de journalistes sous le couvert
de l’application de la réglementation associée à la COVID-19 ;
L’inadéquation de la fourniture d’équipements de protection
contre la COVID-19 et de l’accès à des installations
d’assainissement et d’eau potable de base dans les prisons ;
L’impact négatif de la pandémie de COVID-19 sur les droits
sociaux et économiques, le droit à la santé, à l’eau et à
l’assainissement, à la nourriture et à la nutrition, au logement, à
l’éducation et à une sécurité sociale ;
L’impact perturbateur de la COVID-19 sur les services liés au
VIH, y compris le dépistage, l’initiation au traitement et
l’orientation vers des services de soins ;
Le nombre accru de filles violées dans de nombreux pays
africains en raison des mesures de confinement imposées ;
Le nombre accru de filles non scolarisées en raison des mariages
d’enfants et des grossesses exacerbés par la COVID-19 ; et
x.
Le nombre accru de femmes tuées en Afrique du Sud durant la
pandémie, en particulier en 2020.
RECOMMANDATIONS
62. Au vu de ce qui précède, la Commission formule les recommandations
suivantes :
a) Aux États parties
i.
ii.
iii.
iv.
v.
vi.
34 | P a g e
Ratifier, mettre en œuvre et intégrer les différents instruments des
droits de l’homme de l’UA ; en particulier, le Protocole de Maputo,
la Convention de Kampala, le Protocole à la Charte africaine des
droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des personnes
âgées en Afrique, le Protocole à la Charte africaine des droits de
l’homme et des peuples relatif aux droits des personnes handicapées
en Afrique, le Protocole au Traité instituant la communauté
économique africaine relatif à la libre circulation des personnes, au
droit de résidence et au droit d’établissement, la Convention de
l’OUA régissant les aspects propres aux problèmes des réfugiés en
Afrique et la Charte de la renaissance culturelle africaine, pour ceux
qui ne l’ont pas encore fait ;
Ratifier le Deuxième Protocole facultatif se rapportant au Pacte
international relatif aux droits civils et politiques visant à abolir la
peine de mort et harmoniser les lois nationales en conséquence ;
Soutenir l’adoption du Projet de Protocole à la Charte africaine sur
les droits des citoyens à une protection sociale et à une sécurité
sociale et du Projet de Protocole à la Charte africaine sur les aspects
spécifiques du droit à une nationalité et l’éradication de l’apatridie
en Afrique ;
Retirer les réserves émises au Protocole de Maputo pour les États
parties ayant émis de telles réserves, afin de permettre à leurs
citoyens de jouir pleinement des droits prévus par le Protocole de
Maputo ;
Soumettre leurs Rapports d’État périodiques, conformément aux
Lignes directrices de la Commission relative à la présentation des
rapports d’État, notamment les Lignes directrices et Principes de
l’établissement des rapports d’État en vertu des Articles 21 et 24 de
la Charte africaine relatifs aux industries extractives, aux droits de
l’homme et à l’environnement ;
Soumettre leurs Rapports d’État périodique à la Commission en
application de l’Article 26 du Protocole de Maputo, conformément
aux Lignes directrices sur la rédaction des rapports d’État en vertu du
Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme relatif aux droits de la
femme en Afrique. Cela permettra à la Commission de suivre le niveau
vii.
viii.
ix.
x.
xi.
xii.
xiii.
xiv.
xv.
xvi.
xvii.
35 | P a g e
de mise en œuvre des droits qui y sont énoncées par un engagement
bilatéral constructif auprès de l’État partie et de formuler des
recommandations en vue de garantir une protection plus efficace de
ces droits ;
Mettre en œuvre les recommandations et les décisions de la
Commission, en particulier celles formulées dans les Observations
conclusives, les Appels urgents, les Résolutions et les
Communications ;
Renforcer l’interaction avec la Commission, notamment en
autorisant les missions de promotion, conformément à l’Article 45 de
la Charte africaine ;
Accélérer l’adoption de la législation sur l’accès à l’information,
conformément aux normes régionales élaborées dans la Loi type
pour l’Afrique sur l’accès à l’information, et mettre en place des
mécanismes pour assurer leur mise en œuvre effective ;
Veiller à la sécurité des journalistes et d’autres professionnels des
médias et créer un environnement qui leur soit favorable pour leur
permettre de pratiquer leur profession, en particulier durant les
périodes électorales ;
S’abstenir de toute action portant atteinte au droit d’accès ou de
communication sans entrave aux organes régionaux et
internationaux de défense des droits de l’homme et de tout acte
d’intimidation et de représailles à l’encontre de personnes travaillant
avec des organes de défense des droits de l’homme ;
S’abstenir de bloquer, d’interrompre ou de restreindre l’accès aux
services de télécommunication tels que l’internet, les plateformes de
médias sociaux et les services de messagerie, en particulier pendant
les périodes électorales, comme indiqué dans la Déclaration révisée
sur la liberté d’expression et l’accès à l’information en Afrique, et la
Résolution 362 (LIX) 2016 sur le droit à la liberté d’information et
d’expression sur Internet en Afrique ;
S’abstenir de bloquer ou de limiter l’accès à Internet ou à des
plateformes de médias sociaux, en particulier durant les périodes
électorales et/ou le processus électoral ;
Prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir que les
défenseurs des droits de l’homme exercent leurs activités à l’abri de
toute menace à leur intégrité physique et morale ;
Établir des mécanismes appropriés pour la réparation des griefs
subis par les défenseurs des droits de l’homme dans le cadre de leur
travail ;
Sensibiliser tous les détenteurs d’obligations aux principes énoncés
dans la Déclaration de principes sur la liberté d’expression et l’accès
à l’information en Afrique ;
Sensibiliser et renforcer les capacités des divers acteurs, en
particulier des défenseurs des droits de l’homme, concernant les lois
et règlements qui régissent la promotion et la protection des droits
de l’homme ;
xviii.
xix.
xx.
xxi.
xxii.
xxiii.
xxiv.
xxv.
xxvi.
xxvii.
xxviii.
xxix.
36 | P a g e
Abroger de toute urgence les lois sur la diffamation criminelle ou les
lois sur les insultes entravant la liberté d’expression, comme stipulé
dans la Charte africaine, la Déclaration de principes sur la liberté
d’expression et l’accès à l’information en Afrique et la Résolution 169
(XLVIII) 10 sur l’abrogation des lois sur la diffamation criminelle en
Afrique ;
Veiller à ce que les mesures prises par les États pour combattre le
terrorisme soient conforme à la Déclaration de principes sur la liberté
d’expression en Afrique et à la Résolution 88 sur la protection des
droits de l'homme et de l’état de droit dans la lutte contre le
terrorisme en Afrique ;
Coopérer avec d’autres États parties, sociétés civiles et organisations
régionales et internationales, afin de prévenir et de combattre le
terrorisme et les violations des droits de l’homme liées à la lutte
contre le terrorisme, et de rétablir la paix et la sécurité ;
Prendre des mesures législatives et autres pour la pleine réalisation
des droits économiques, sociaux et culturels, conformément à la
Charte africaine, aux Principes et directives sur les droits
économiques, sociaux et culturels, aux Lignes directrices sur le droit
à l’eau en Afrique et aux autres normes régionales et internationales
en matière des droits de l’homme, à tout moment, y compris en
période de crise de santé publique ;
Créer des opportunités d’emploi, en particulier pour les jeunes ;
Garantir l’accès à un logement et à un hébergement pour tous, y
compris les personnes les plus défavorisées et les plus vulnérables
de la société ;
Garantir l’accès à l’éducation pour tous, à tous les niveaux du
système éducatif ;
Réformer les systèmes de soins de santé et donner accès aux soins de
santé, notamment des installations et des services de soins de santé
effectifs pour tous ;
Prendre des mesures et faciliter l’accès à l’eau, à l’assainissement et
à d’autres soins de santé de base, comme conditions de sauvegarde
de la santé et de la vie du public ;
Veiller à ce que tous les plans de développement nationaux, y
compris les mécanismes de suivi et d’évaluation de ces plans, soient
axés sur les droits de l’homme et tiennent compte de leurs
obligations au titre de la Charte africaine, de l’Agenda 2063 et des
Objectifs de développement durable ;
Adopter des politiques qui promeuvent et protègent effectivement
les droits des défenseurs des droits de l’homme autochtones. Ces
politiques doivent être élaborées avec la participation pleine et
effective des peuples et des communautés autochtones en tant que
détenteurs de droits ;
Adopter des lois qui traitent de diverses questions touchant aux
droits des populations et des communautés autochtones, et adopter
également des stratégies pour les faire appliquer et les mettre en
œuvre ;
xxx.
xxxi.
xxxii.
xxxiii.
xxxiv.
xxxv.
xxxvi.
xxxvii.
xxxviii.
xxxix.
xl.
xli.
37 | P a g e
Garantir les droits à l’environnement, aux ressources et à la terre, des
peuples autochtones (y compris leur droit à un consentement libre,
préalable et éclairé) et accorder une réparation pour toute
dépossession de terres ancestrales ayant eu lieu avant la
promulgation de la loi sur les peuples autochtones ;
Garantir des enquêtes et des poursuites efficaces à l’encontre des
personnes responsables d’exécutions extrajudiciaires afin de rendre
justice aux familles des victimes ;
Intensifier les efforts et les mesures visant à combler au plan national
le fossé en matière d’égalité entre les sexes, notamment en assurant
une représentation égale des femmes dans la vie publique et aux
postes de direction et de décision ;
Promouvoir l’emploi de femmes dans les services de police et
pénitentiaires ;
Diffuser et mettre en œuvre la Stratégie de l’Union africaine sur
l’égalité entre les hommes et les femmes et l’autonomisation des
femmes (GEWE) dans le cadre de l’Agenda 2063 de l’Union africaine;
Veiller à ce que les efforts nationaux d’intégration de la dimension
de genre soient complets et incluent toutes les catégories de femmes,
en particulier celles des communautés rurales, les femmes âgées, les
femmes en situation de détresse et les femmes handicapées ;
Adopter des approches de la lutte contre le VIH fondées sur les droits
de l’homme afin de s’assurer que personne ne soit laissé pour
compte, en particulier les enfants, les adolescentes et les femmes, les
populations clés les plus exposées au risque d’infection au VIH et les
personnes vivant dans des zones reculées ;
Intensifier les investissements, les politiques et les actions en matière
d’éducation, ainsi que les interventions multisectorielles globales en
faveur des adolescentes et des jeunes femmes afin de prévenir le VIH
et d’en tirer des avantages économiques et sociaux ;
Prendre les mesures idoines pour augmenter l’allocation financière
au secteur de la santé en général, et aux services liés au VIH en
particulier, comme convenu dans la Déclaration d’Abuja de 2001 ;
Intensifier les réponses au COVID-19, y compris les vaccinations,
afin de donner une priorité adéquate aux réponses existantes au
VIH ;
S’attaquer aux barrières culturelles et patrimoniales empêchant les
femmes et les jeunes filles d’accéder aux services de santé de la
reproduction, notamment aux services d’avortement sans risque, en
particulier en cette période de pandémie de COVID-19 ;
Travailler en partenariat avec les organisations de la société civile
pour intensifier la mise en œuvre de la campagne de la Commission
africaine pour la Décriminalisation de l’avortement en Afrique
appelant à l’abrogation des lois sur l’avortement contraires à l’Article
14 du Protocole de Maputo et en violation des droits fondamentaux
des femmes et des filles ;
xlii.
xliii.
xliv.
xlv.
xlvi.
xlvii.
xlviii.
xlix.
l.
li.
lii.
liii.
38 | P a g e
Criminaliser la torture et d’autres mauvais traitements,
conformément aux Lignes directrices de Robben Island et à la
Convention des Nations Unies contre la Torture ;
Prendre des mesures pour améliorer les conditions de détention
conformément aux Lignes directrices sur les conditions d’arrestation,
de garde à vue et de détention provisoire en Afrique (les Lignes
directrices de Luanda) ;
Mettre en place des mesures garantissant l’accès à la justice et le suivi
de la protection des droits dans les lieux de détention ;
Adopter des mesures et des cadres juridiques efficaces pour
prévenir, combattre et mettre un terme aux exécutions
extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires et aux disparitions forcées
de manière permanente ;
Réviser les lois nationales afin de protéger les personnes contre les
disparitions forcées, la torture et les autres mauvais traitements en
interdisant la détention au secret, l’isolement prolongé et en
criminalisant l’utilisation de centres de détention secrets ou non
autorisés, conformément aux Lignes directrices de Robben Island et
au Protocole facultatif à la Convention contre la torture (OPCAT) ;
Éviter de recourir à des lois générales telles qu’une législation
antiterroriste, des lois sur l’état d’urgence et autres lois relatives à la
sécurité de l’État pour procéder à des arrestations, des perquisitions
et des détentions arbitraires contraires aux normes internationales et
régionales ;
Respecter et protéger les droits des personnes ou des groupes
exposés à un risque élevé d’actes de torture et d’autres mauvais
traitements, en particulier les personnes atteintes d’albinisme, les
personnes handicapées, les lesbiennes, les gays, les bisexuels, les
transsexuels et les intersexuels (LGBTI), les migrants, les réfugiés et
les personnes déplacées internes, et veiller à ce que les auteurs de ces
actes soient tenus pour responsables ;
Redoubler d’efforts pour protéger et aider les réfugiés, les
demandeurs d’asile, les personnes déplacées internes et les migrants
afin de restaurer leur dignité ;
Respecter les dispositions de la Convention de 1951 relative au statut
des réfugiés et de la Convention de l’OUA régissant les aspects
propres aux problèmes des réfugiés en Afrique, qui plaident en
faveur du principe du non-refoulement afin de protéger les réfugiés
;
Mettre en œuvre les objectifs garantis par le Pacte mondial sur les
Réfugiés et adopter des mesures visant à prévenir les déplacements
forcés des personnes, quelle qu’en soit l’origine.
Initier des enquêtes rapides, approfondies, indépendantes et
impartiales sur toutes les allégations de torture et autres mauvais
traitements et veiller à ce que les auteurs de ces actes soient tenus
responsables ;
Garantir que les victimes d’actes de torture et autres mauvais
traitements aient droit à toutes formes de réparation, notamment par
liv.
lv.
lvi.
lvii.
lviii.
lix.
lx.
lxi.
lxii.
lxiii.
lxiv.
lxv.
39 | P a g e
la restitution, l’indemnisation, la réhabilitation, la satisfaction et la
garantie de non répétition, conformément à l’Observation générale
n° 4 sur la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples ;
Mettre fin à la pratique du travail des enfants, notamment dans les
secteurs de la pêche et de l’exploitation minière ;
Enquêter effectivement sur tous les cas de trafic, d’exploitation et de
travail d’enfants et attraire tous les auteurs en justice ;
Assurer la réadaptation et l’accès à l’éducation de tous les enfants qui
ont été victimes de traite et soumis au travail d’enfants ;
Veiller à ce que tous les accusés risquant la peine de mort aient accès
à des procédures judiciaires conformes aux normes internationales
et régionales de procédure régulière et de procès équitable ;
Suspendre l’exécution des condamnés à mort et observer un
moratoire sur l’application de la peine de mort pour les
gouvernements qui la maintiennent encore ;
Renforcer au niveau national, le cadre juridique protégeant le droit à
la vie et à la dignité en soutenant l’adoption du projet de Protocole à
la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif à
l’abolition de la peine de mort en Afrique à tous les niveaux des
procédures internes de l’UA ;
Adopter un cadre législatif bien défini, pour réglementer le recours
à la force par les agents chargés de l’application des lois et d’autres
acteurs, conformément aux normes internationales, notamment aux
principes de nécessité et de proportionnalité ;
Créer ou désigner un institut indépendant de surveillance de la
police civile où les civils puissent accéder librement et signaler/se
plaindre des cas d’abus et de violence commis par des agents de
police ;
Travailler à l’initiation d’une révision législative qui permettrait la
décriminalisation des délits mineurs, qui reviennent généralement à
incriminer la pauvreté, y compris celle de la consommation de
drogues douces ;
Élaborer des programmes appropriés d’initiation et de formation
continue dans le domaine des droits de l’homme à l’intention des
policiers et intégrer une formation sur l’action des forces de l’ordre
en cas d’état d’urgence, de calamité et d’autres catastrophes ;
Adopter des lois et programmes de gestion des risques et autres
catastrophes afin qu’ils soient conformes aux normes internationales
en matière de droits de l’homme ;
Respecter les Lignes directrices pour le maintien de l’ordre par les
agents chargés de l’application des lois lors des réunions en Afrique
et les Lignes directrices et mesures d’interdiction et de prévention de
la torture et des peines ou traitements cruels, inhumains ou
dégradants en Afrique (Lignes directrices de Robben Island) pour
garantir que l’usage de la force par les forces de sécurité publique
soit conforme aux principes de légalité, de nécessité, de
proportionnalité et de responsabilité et qu’il ne mette pas en danger
la vie humaine ;
lxvi.
lxvii.
Créer ou désigner des organes nationaux indépendants chargés
d’effectuer des visites régulières dans les prisons et approuver les
demandes de visites dans les prisons introduites par les
organisations de la société civile et autres parties prenantes ; et
Allouer des fonds aux prisons et autres lieux de détention, rénover
les anciennes et construire de nouvelles prisons, conformément aux
Règles minima révisées pour le traitement des détenus (les Règles
Nelson Mandela) afin d’améliorer la norme/les conditions de
détention, en prenant en considération la période post-pandémique.
b) Au Comité des Représentants permanents (COREP)
i.
Poursuivre l’engagement auprès des organes et institutions de l’UA
dotés de mandats en matière de droits de l’homme et de gouvernance
en vue d’améliorer la coordination et la collaboration, notamment en
renforçant la synergie entre l’architecture africaine de gouvernance et
l’architecture africaine de paix et de sécurité (AAPS), conformément à la
Décision EX.CL/Dec. 1279(XXXVIII).
c) À la CUA
i.
ii.
iii.
iv.
v.
40 | P a g e
Reconnaître le rôle essentiel des défenseurs des droits de l’homme dans
la mise en œuvre effective des principes démocratiques, de l’état de
droit, de la bonne gouvernance et du développement durable en Afrique
et encourager les États membres et les organes de l’UA à mener des
campagnes de sensibilisation sur le rôle fondamental des défenseurs des
droits de l’homme ;
Créer des espaces de dialogue entre les États et les principaux acteurs
des droits de l’homme concernant les problèmes, les bonnes pratiques et
les avancées touchant à la promotion et à la protection des droits de
l’homme sur le continent ;
Encourager et soutenir une pleine collaboration entre les mécanismes
nationaux, régionaux et internationaux des droits de l’homme ;
Mettre en œuvre la Position commune africaine (PCA) sur l’efficacité
humanitaire, adoptée en janvier 2016 par le Sommet des Chefs d’État et
de Gouvernement, notamment par l’établissement de l’Agence
humanitaire africaine ;
Prendre des mesures pour faciliter et finaliser le processus d’adoption
du projet de Protocole à la Charte africaine relatif à l’abolition de la peine
de mort, du projet de Protocole relatif aux droits des citoyens à la
protection sociale et à la sécurité sociale, et du projet de Protocole relatif
aux aspects spécifiques du droit à la nationalité et à l’éradication de
l’apatridie en Afrique ;
vi.
S’engager dans la perspective d’une gouvernance régionale et mondiale
de la migration, en particulier par la mise en œuvre du cadre de la
Politique de migration pour l’Afrique et de son Plan d’action.
Recommandations en relation avec la pandémie de COVID-19 :
a) Aux États parties :
i.
Prendre toutes les mesures pour garantir le respect et la protection du
droit à la liberté d’expression et à l’accès à l’information par l’assurance
de l’accès à Internet et aux services de médias sociaux, en particulier
durant la pandémie de COVID-19 ;
ii.
Faciliter l'accès aux vaccins contre la Covid-19 pour tous les migrants
(notamment les migrants économiques, les demandeurs d’asile en
transit), conformément à la note d’orientation adoptée par les
mécanismes onusiens, africains et interaméricains ;
iii.
Continuer à dispenser des soins de santé essentiels, notamment de santé
sexuelle et reproductive, pendant toute la durée de la pandémie ;
iv.
Veiller à ce que toutes les personnes vulnérables aient accès à des
programmes de santé et soient intégrées dans les plans nationaux de
réponse à la pandémie à COVID-19.
v.
Veiller à ce que les tests et les traitements, comme les vaccins, mis au
point pour la COVID-19 soient abordables et accessibles à tous, tout en
s’assurant que les hôpitaux et les prestataires de soins de santé disposent
des ressources adéquates pour fournir ces soins ;
vi.
Accorder la priorité à la protection des femmes et des enfants dans la
conception, la planification, l’élaboration et la mise en œuvre des
mesures de réponse nationales à la COVID-19 et adopter des approches
sensibles à l’égalité des sexes pour assurer une protection adéquate des
droits des femmes et des filles, comme le prévoient la Charte africaine,
le Protocole de Maputo et d’autres instruments pertinents relatifs aux
droits de l’homme ;
vii.
Mettre en place des filets de sécurité sociale pour les groupes
vulnérables afin d’atténuer la perte des moyens de subsistance et de
garantir l’accès aux produits de première nécessité tels que la nourriture,
l’eau et des installations sanitaires adéquates ;
viii. S’abstenir d’invoquer à tort la pandémie de COVID-19 pour justifier les
restrictions et autres actes assimilables à des mauvais traitements ;
ix.
Mettre en place une éducation sexuelle complète et adaptée à l’âge des
adolescents scolarisés et non scolarisés afin de réduire le taux élevé de
grossesses non désirées et de mortalité maternelle chez les adolescentes
qui a été exacerbé par la pandémie de COVID-19 ;
x.
Adhérer et se conformer aux Recommandations provisoires de
l’Organisation mondiale de la Santé sur la préparation, la prévention et
la lutte contre la COVID-19 dans les prisons et autres lieux de détention
;
41 | P a g e
xi.
xii.
xiii.
xiv.
xv.
xvi.
Créer des conditions propices et garantir une répartition équitable des
vaccins pour toucher les populations cibles prioritaires ;
Intégrer une perspective genre dans toutes les stratégies déployées dans
la distribution de vaccins pour en garantir l’accès sans discrimination ;
Améliorer les services et systèmes de santé et améliorer les programmes
de vaccination pour de meilleurs services ;
S’assurer que les stratégies relatives au vaccin contre la COVID-19 font
partie intégrante des budgets des États, sans interférer avec les autres
budgets de vaccination systématique ;
Supprimer les brevets des vaccins contre la COVID-19 pour limiter les
restrictions d’accès ; et
Garantir le respect de la résolution 449 de la CADHP sur les droits de
l’homme en tant que pilier central des réponses réussies à la Covid-19 et
de la récupération de ses impacts socio-économiques, notamment en ce
qui concerne le respect des principes de légalité, de nécessité, de
caractère raisonnable, de proportionnalité et de précaution.
b) À la CUA
i.
XII.
Assurer un accès et une distribution équitables des vaccins
approuvés contre la COVID-19 à l’ensemble du personnel des
organes et institutions de l’UA, y compris les bureaux régionaux.
SITUATION ADMINISTRATIVE
COMMISSION
ET
FINANCIÈRE
DE
LA
a) Dotation en personnel
63. Le manque de personnel au Secrétariat reste l’un des facteurs qui entrave la
capacité de production de la Commission et du Secrétariat dans les domaines
essentiels de son travail. La Commission se félicite de la décision
EX.CL/DEC.1097(XXXVII) du Conseil exécutif, adoptée lors de sa 37ème Session
ordinaire tenue virtuellement en octobre 2020, qui autorise la CADHP à recruter
son propre personnel essentiel, avec l’assistance du Comité d’experts en
recrutement de l’UA (R10), conformément aux procédures de recrutement de l’UA.
64. A cet effet, des appels à candidature pour huit (8) postes vacants ont été publiés
dont les derniers en date ont été clôturés le 20 décembre 2021. Il s4agit des postes
de 3 interprètes/traducteurs (P4), 2 juristes principaux (P3), 1 juriste (P2), 1
responsable de la base de données des communications (P1) et 1 secrétaire (GSA4).
Le processus de leur recrutement suit son cours.
65. Pour une application effective de la décision du Conseil exécutif (EX.CL/DEC.
1097(XXXVII)), une demande pour la mise en place du Conseil de nomination, de
promotion et de recrutement (CNPR) propre à la Commission a été adressée au
Président de la CUA. Son octroi permettra non seulement de remédier au retard
42 | P a g e
excessif dans le recrutement du personnel conformément à l’organigramme actuel,
mais aussi d’aligner la CADHP sur les autres Organes.
XIII. MISE EN ŒUVRE DES DÉCISIONS
Recommandations de la Retraite conjointe du COREP et de la Commission
66. Suite à la décision EX.CL/Dec.1045(XXXIV) adoptée par le Conseil exécutif lors
de sa 34ème Session ordinaire tenue en février 2019, à Addis-Abeba, en Éthiopie,
qui demandait à la CADHP de faire rapport sur la mise en œuvre des
recommandations de la Retraite conjointe CADHP – COREP tenue en juin 2018,
la Commission voudrait souligner le rapprochement renforcé entre elle et les États
parties. La Commission se réjouit de la convocation d’une retraite conjointe de
suivi avec le COREP.
67. La Commission indique également que le Règlement intérieur révisé (2020),
adopté lors de la 27ème Session extraordinaire, conformément à l’Article 42(2) de la
Charte africaine, et entré en vigueur le 2 juin 2020, conformément à la Règle 145,
est devenu opérationnel depuis lors.
Décisions du Conseil Exécutif
a) Construction du Siège de la Commission
68. Conformément à la Décision Ex.Dec.1045 (XXXIV) du Conseil exécutif, adoptée
lors de sa 34ème Session ordinaire tenue en février 2019, à Addis-Abeba, en
Éthiopie, le Secrétariat de la Commission s’est rapproché du Gouvernement de la
République de Gambie pour discuter des modalités de mobilisation des fonds
nécessaires pour la construction du Siège de la Commission.
69. La Commission se félicite de la visite d’évaluation des Ministres des Affaires
étrangères et de la Justice de la République de Gambie dans les locaux abritant le
Secrétariat de la Commission, le 5 mars 2021 et elle se réjouit de leur engagement
à suivre la mobilisation des ressources pour la construction d’un Siège permanent
pour la Commission. À cet effet, la Commission prie instamment le Gouvernement
de la Gambie de diligenter les procédures de construction du Siège de la
Commission, conformément aux décisions du Conseil Exécutif.
b) Statut de la Commission
70. La Décision EX.CL. Dec. 1080 (XXXVI) du Conseil exécutif, adoptée lors de sa
36ème Session ordinaire tenue en février 2020 à Addis-Abeba (Éthiopie), a demandé
à la Commission de faire rapport sur la mise en œuvre du paragraphe 8 de la
Décision Assembly/AU/Dec. 200 (XI) de la Conférence, stipulant ce qui suit :
« prendre les mesures nécessaires pour pour faire régulariser le statut de la CADHP
comme organe de l’UA ». La mise en œuvre de cette décision sera examinée au cours
43 | P a g e
de la prochaine réunion avec l’Unité de réforme institutionnelle de l’UA, sur la
réforme de la Commission qui devrait avoir lieu avant décembre 2021, et un
rapport sera présenté à ce sujet à la Conférence de l’UA en février 2022.
XIV. DATES DES 70ÈME ET 71ÈME SESSIONS ORDINAIRES DE LA
COMMISSION
71. La 70ème Session ordinaire de la Commission se tiendra virtuellement du 23
février au 9 mars 2022. Les informations relatives à la 71ème Session ordinaire
seront communiquées en temps opportun sur le site Web de la Commission.
44 | P a g e