Rapports de Mission

Rapport de la mission conjointe de promotion des droits de l’homme en République de Djibouti du 25-31 mai

Rapport de la mission conjointe de promotion des droits de l’homme en République de Djibouti du 25-31 mai.pdf
AFRICAN UNION UNION AFRICAINE UNIÃO AFRICANA // African Commission on Human & Peoples’ Rights No. 31 Bijilo Annex Lay-out, Kombo North District, Western Region, P. O. Box 673, Banjul, The Gambia Tel: (220) 441 05 05 /441 05 06, Fax: (220) 441 05 04 E-mail: au-banjul@africa-union.org; Web www.achpr.org RAPPORT DE LA MISSION CONJOINTE DE PROMOTION DES DROITS DE L’HOMME EN REPUBLIQUE DE DJIBOUTI Du 25 au 31 Mai 2015 1
REMERCIEMENTS La Commission africaine des droits de l’homme et des Peuples (la Commission) voudrait exprimer sa gratitude au Gouvernement de la République de Djibouti pour avoir autorisée la mission conjointe de promotion des droits de l’homme effectuée par une délégation de la Commission du 25 au 31 mai 2015. La Commission adresse ses sincères remerciements aux plus Hautes Autorités du pays pour avoir mis à la disposition de la Délégation toutes les facilités nécessaires ainsi que le personnel requis pour le bon déroulement de la mission. Elle adresse ses remerciements en particulier à M. Ministre de la Justice et des Affaires Pénitentiaires, chargé des Droits de l’Homme et ses collaborateurs pour les efforts déployés dans l’organisation des différentes rencontres en vue de garantir le succès de la mission. La Commission voudrait également remercier les différentes institutions nationales, les organisations internationales et intergouvernementales, l'Association nationale des femmes djiboutiennes, pour avoir accepté de de rencontrer la Délégation et lui fournir des informations utiles sur la situation des droits de l'homme à Djibouti. 2
ACRONYMES ET ABRÉVIATIONS CADHP AIDS APEF APRM AU CARITAS CAT CEDAW CRPD CSOs ECAP FGM HIV ICCPR ICESCR Rights IOM MOU NCHR NGOs ONARS UNDP UNESCO Organisation UNHCR UNICEF UNFED USD Commission africaine des droits de l’homme et des peuples : Acquired Immune Deficiency Syndrome : : African Peer Review Mechanism : African Union : Confederation of Catholic relief, development and social service organisations : Convention against Torture and Other Cruel, Inhuman or Degrading Treatment or Punishment : Convention on the Elimination of all forms of Discrimination against Women : Convention on the Rights of Persons with Disabilities : Civil Society Organisations : European Capabilities Action Plan : Female Genital Mutilation : Human Immunodeficiency Virus : International Covenant on Civil and Political Rights : International Covenant on Economic, Social and Cultural : International Organisation for Migration : Memorandum of Understanding : National Commission for Human Rights : Non-governmental Organisations : National Office for Assistance to Refugees and Disaster Victims : United Nations Development Programme : United Nations Education, Scientific and Cultural : United Nations High Commissioner for Refugees : United Nations Children’s Fund : National Union of Djiboutian Women : United States Dollars 3
PREMIERE PARTIE I. INTRODUCTION 1. La Charte africaine des droits de l’homme et des peuples (la Charte africaine), adoptée le 21 juin 1981 par l’Assemblée des Chefs d’Etat et de Gouvernement à Nairobi au Kenya, est entrée en vigueur le 21 Octobre 1986. Elle établit en ses articles 30 et suivants que la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (la Commission), demeure à ce jour, le principal organe de promotion des droits de l’homme de l’Union africaine (UA). 2. Aux termes de l’Article 45 de la Charte africaine, la Commission africaine a pour mandat de promouvoir les droits de l’homme et les libertés fondamentales garantis par ladite Charte, d’en assurer la protection, de veiller au suivi de sa mise en œuvre, d’interpréter ses dispositions, et d’émettre des avis juridiques à la demande de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement. En outre, elle doit rassembler de la documentation, faire des études et des recherches sur les problèmes africains dans le domaine des droits de l'homme et des peuples, organiser des séminaires, des colloques et des conférences, diffuser des informations, encourager les organismes nationaux et locaux s’occupant des droits de l’homme et des peuples. 3. C’est dans le cadre de la mise en œuvre de ce mandat de la Commission que l’Honorable Commissaire Kayitesi Zainabo Sylvie, Présidente de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples et Présidente du Groupe de Travail sur la peine de mort, les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires en Afrique,, a conduit une mission conjointe de promotion des droits de l’homme à Djibouti avec - l’Honorable Commissaire Maya Sahli Fadel, Rapporteure Spéciale sur les réfugiés, les demandeurs d'asile, les personnes déplacées et les migrants en Afrique; - l’Honorable Commissaire Soyata Maiga, Rapporteure Spéciale sur les droits des femmes en Afrique et présidente du Groupe de travail sur les populations/communautés autochtones en Afrique. - M. Frederick W.K. Tamakloe, Administrateur, Mme Marie Saine et Melle Estelle Nkounkou Ngongo, Juristes au Secrétariat de la Commission. II. TERMES DE REFERENCE DE LA MISSION 4. Les objectifs de la mission étaient les suivants : - Promouvoir la Charte africaine, Protocole à la Charte Africaine des droits de l'homme et des Peuples relatif aux droits de la Femme (protocole de Maputo) et tous les autres instruments juridiques régionaux et universels relatifs aux droits de l’homme ; - Renforcer les relations entre la Commission et la République de Djibouti dans le domaine de la promotion et de la protection des droits garantis par la Charte et les autres instruments juridiques nationaux, régionaux et universels pertinents ; 4
- - - - - - - - - III. Engager le dialogue avec le Gouvernement de la République de Djibouti sur les mesures législatives et autres prises pour donner plein effet aux dispositions de la Charte Africaine, du Protocole de Maputo et des autres instruments régulièrement ratifiés; Echanger les points de vue et partager les expériences avec le Gouvernement Djiboutien ainsi que les autres acteurs travaillant dans le domaine des droits de l'homme dans le pays, sur les stratégies d'amélioration de la jouissance de ces droits; Recueillir toutes informations pertinentes sur la situation des droits des femmes et des enfants, et relever les bonnes pratiques et les mesures d'action positive, et le cas échéant, les défis persistants ; Recueillir les informations sur la situation des personnes âgées, des personnes handicapées à Djibouti; Evaluer le niveau de jouissance des droits économiques, sociaux et culturels des citoyens djiboutien, les mesures prises par le gouvernement pour la mise en œuvre de ces droits; Recueillir les informations sur la situation des défenseurs des droits de l'homme en République du Djibouti et engager les diverses parties prenantes à comprendre les problèmes, le cas échéant, qui entravent la jouissance effective de leurs droits de l'homme; Echanger des points de vue et recueillir des informations sur le secteur des industries extractives, et évaluer l’impact des industries extractives sur la vie des citoyens et sur l’environnement; Recueillir les informations relatives à la question du VIH SIDA et s’enquérir des mesures et politiques mises en place par le Gouvernement pour la prévention de cette pandémie ainsi que la protection des droits des personnes vivant avec le virus et les personnes à risque, vulnérables et affectées par la maladie; Rencontrer tous les acteurs impliqués dans le domaine des droits de l’homme en vue d’échanger entre autres, sur leurs programmes, leur appréciation de la situation des droits de l’homme dans le pays ainsi que sur les difficultés rencontrées dans l’exercice de leurs activités; Visiter les prisons et les autres centres de détention afin de prendre connaissance des conditions de détention des personnes incarcérées ; Visiter les camps de Réfugiés afin de prendre connaissance des conditions de Réfugiés. CONTEXTES HISTORIQUE, GEOGRAPHIQUE ET INSTITUTIONNEL DE LA REPUBLIQUE DE DJIBOUTI A. Aper��u Historique, socio-économique et géographique 5 La République de Djibouti a obtenu son indépendance en 1977.Le Pays a connu une guerre civile qui a fortement affecté la situation socioéconomique dès 1990 et a engendré de graves violations des droits de l’Homme. Avec la signature des 5
accords de paix de 1994, un Gouvernement d’Union nationale voit le jour et l’arrivée au pouvoir d’Ismail Omar Guelleh en 1999. 6 Le recensement général de la population et de l’habitat de 2013 estime à 872 159, le nombre d’habitants dans le pays. La population est fortement citadine et essentiellement jeune. Elle est également caractérisée par une présence importante de nomades et d’immigrés venus des régions affectées par les guerres et les difficultés économiques. 7 Du fait de sa position stratégique privilégiée de carrefour commercial entre l’Asie et l’Europe, l’économie Djiboutienne est essentiellement une économie de rente reposant sur les infrastructures portuaires et les bases militaires mais marquée par un important secteur informel. 8 Malgré les initiatives pour lutter contre la pauvreté, une enquête a montré qu’entre 1996 et 2002, l’extrême pauvreté a considérablement augmenté et s’est généralisée. B- Cadre juridique a) instruments relatifs aux droits de l’homme ratifiés 9. La République de Djibouti a ratifié les principaux instruments internationaux et régionaux suivants : Internationaux : - Convention sur les Droits de l'Enfant (CDE), en 1990 - Deux Protocoles facultatifs relatifs à la CDE, en 2009 - Pacte international relatif aux Droits civils et politiques (PIDCP) et ses protocoles facultatifs, en 2002 - Pacte international relatif aux Droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC) et ses deux protocoles facultatifs, en 2002 - Convention sur l'Élimination de toutes les Formes de Discrimination raciale (CERD), en 2007 - Convention sur l'Élimination de toutes les Formes de Violence à l'égard des Femmes (CEDEF), en 1998 - Convention contre la Torture et les autres Peines ou Traitements cruels, inhumains ou dégradants (CCT), en 2002 - Convention sur les Droits des Personnes handicapées (CDPH) et son Protocole facultatif, en 2009 - Convention sur le Travail forcé, 1930 (N° 29), en 2004 - Convention sur la liberté d'association et la protection du droit syndical, 1948 (N° 87), en 2004 - Convention sur les Travailleurs migrants, 1949 (N° 97), en 2004 - Convention sur l'Égalité de Rémunération entre la main d’œuvre masculine et la main d’œuvre féminine pour un travail de valeur égale, 1951 (N° 100), en 2004 6
- Convention sur l'abolition du travail forcé, 1957 (N° 105), en 2004 Convention sur la Discrimination (emploi et profession), 1958 (N° 111), en 2004. Régionaux - Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples en 1991; Protocole portant création de la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples, en 2004 Protocole à la Charte africaine des Droits de l'Homme et des Peuples relatif aux Droits de la Femme en Afrique (Protocole de Maputo), en 2005 Convention de l'OUA du 10 septembre 1969 sur les Réfugiés, en 2006 Charte africaine sur les Droits et le Bien-être de l'Enfant, en 2009 10. La République de Djibouti est en train de mener les consultations nécessaires pour ratifier la convention pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées et la Convention pour les droits des travailleurs migrants et les membres de leur famille, ainsi qu’une consultation concernant la Convention de Kampala. b) Textes de lois sur le plan national 11. La Constitution proclame l’attachement de Djibouti à la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH) et à la Charte africaine dont les dispositions sont directement intégrées dans la Constitution. 12. La Constitution consacre les droits et principes fondamentaux suivants : le caractère inviolable de la personne humaine, le droit à la vie, à la liberté, à la sécurité et à l’intégrité des individus ; l’interdiction de la torture, des sévices et traitements inhumains, cruels, dégradants ou humiliants ; le principe de la nondiscrimination et de l’égalité devant la loi ; le droit à un procès juste et équitable et les droits civiles et politiques. 13. Les lois et décrets suivants permettent de préciser l’exercice et l’application des dispositions de la Constitution : - loi organique no1/AN/92/3ème L modifiant la loi relative aux élections ; loi organique no2/AN/92/2èmeL relative à la liberté de communication loi organique n°4/AN/93/2ème L fixant les règles d’organisation et de fonctionnement du Conseil constitutionnel ; loi no 174/AN/02/4ème L portant Statut des régions ; loi no140/AN/06/4ème L portant mise en place de la politique nationale de gestion des risques et des catastrophes ; loi no 48/AN/99/4ème L instaurant la nouvelle politique de santé ; loi no96/AN/OO/4ème L portant orientation du système éducatif ; loi no 133/AN/05/5ème L portant Code du Travail ; loi sur le statut particulier des fonctionnaires ; 7
- - loi no 212/AN/07/5ème L portant création de la Caisse Nationale de Sécurité sociale ; loi no79/AN/04/5ème L portant Code de la nationalité ; décret no99-OO59/PRE portant création du Ministère chargé de la Promotion de la Femme, du Bien-Être Familial et des Affaires Sociales (MPFBFAS) ; remplacer par loi de 2012 décret no2008-0093/PRE instituant le Secrétariat d’Etat chargé de la solidarité nationale ; loi no152/AN/02/4ème L portant Code de la famille ; loi no192/AN/02/4ème L imposant le système de quotas dans les fonctions électives et l’administration centrale en faveur des femmes ; loi no51/AN/99/4èmeL relative au Médiateur de la République ; décret n°2008-0103/PRE portant création de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH); loi n°210/AN/07/5èmeL relative à la lutte contre le trafic des êtres humains ; loi no106/AN/00/4ème L portant sur le cadre de l’environnement ; loi no59/AN/94 portant Code pénal ; loi no60/AN/94 portant Code de Procédure pénale ; loi organique n°16/AN/12/6eme L, portant modification de l’article 33 de la loi de 1992 relative aux élections. c) Cadre institutionnel 14. Le régime politique de Djibouti est de type présidentiel. Ainsi, le Chef de l’Etat détermine et conduit la politique nationale, détient le pouvoir règlementaire et autonome promulgue les lois adoptées par l’Assemblée nationale. 15. L’Assemblée nationale est l’organe législatif ; la création d’un Senat est en vue. L’Assemblée nationale vote la loi, contrôle l’action du Gouvernement et amende la loi des finances, de règlement et de programme. 16. Le Pouvoir judiciaire est indépendant. L’ordre judicaire obéit à un ordre unique et au principe du double degré de juridiction. Le contrôle de Constitutionnalité des lois incombe au Conseil Constitutionnel. IV. METHODOLOGIE 17. Au cours de la mission, la Délégation a rencontré divers représentants du Gouvernement et d'autres acteurs impliqués dans la protection et la promotion des droits de l'homme à Djibouti, afin d'échanger les idées et de recueillir les informations nécessaires pour évaluer la situation des droits de l'homme dans le pays. 18. A chacune des rencontres, la chef de délégation, a fait une brève présentation de la Commission à travers son organisation, sa composition, son mandat, son fonctionnement, et ses mécanismes subsidiaires. Elle a rappelé la récente 8
présentation du rapport initial de Djibouti au cours de la 56éme session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples qui s’est tenue du 21 avril au 7 mai 2015 à Banjul en République de Gambie. La chef de délégation a ensuite présenté les objectifs de la mission tout en insistant qu’il est question pour la délégation de partager les bonnes pratiques existantes dans les domaines concernés par la mission, de relever les difficultés ou les obstacles qui perdurent en vue de formuler des recommandations appropriées. Les autres membres de la Délégation ont à leur tour, pris la parole pour se présenter ainsi que les mandats dont ils sont en charge au sein de la Commission 19. La Délégation a rencontré certaines des plus hautes autorités gouvernementales de Djibouti, telles que Son Excellence le Premier Ministre, les Ministres des affaires étrangères, de la justice, de la promotion de la femme, de l'énergie et des ressources naturelles, de la santé, de l'éducation et de l'intérieur. 20. La Délégation a également eu des entretiens avec le Médiateur, le Président de la Commission nationale des droits de l'homme, le Vice-Président de l'Assemblée nationale et certains députés de l'Assemblée nationale, le Procureur de la Cour d'appel, l'Inspecteur des services judiciaires, le bâtonnier de l’ordre des avocats, ainsi que les membres du Comité interministériel chargé de rédiger les rapports étatiques. Elle a également rencontré l'Union nationale des femmes djiboutiennes. 21. La Délégation a eu des séances de travail avec des représentants du HautCommissariat pour les réfugiés (HCR), de l'UNICEF, du PNUD ainsi qu'avec les membres de l'ONARS (Office national d'assistance aux réfugiés et aux victimes de catastrophes) sur la situation des réfugiés, des enfants et des droits de l’homme en général. 22. La Délégation s'est rendue dans le camp d'Ali Adde afin de s’enquérir des conditions de vie des réfugiés. Elle a également visité la prison de Gabode où elle a échangé avec les autorités pénitentiaires ainsi que les détenus. 23. Il est important de souligner que la mission a bénéficié d’une couverture médiatique à travers la presse écrite et audio-visuelle d’Etat. La mission s'est terminée par une conférence de presse et la lecture du communiqué final de la mission. 9
DEUXIEME PARTIE I. DEROULEMENT DE LA MISSION 24. Cette partie du rapport porte sur les points saillants issues des rencontres tenues avec les divers intervenants impliqués dans la protection et la promotion des droits de l'homme à Djibouti. A. MINISTERES 1. RENCONTRE AVEC LE MINISTRE DES AFFAIRES ETRANGERES ET DE LA COOPERATION INTERNATIONALE, PORTE-PAROLE DU GOUVERNEMENT 25. La Délégation a rencontré le Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération internationale, Porte-parole du Gouvernement, M. Mahamoud Ali Youssouf ; afin de présenter les objectifs de la mission. Après avoir remercié l’Etat de Djibouti pour la présentation de son rapport et avoir autorisé la présente mission de promotion. Les débats ont essentiellement porté sur les instruments de droits de l’homme non encore ratifiés par Djibouti, la nécessité pour l’Etat de renforcer les droits de l’homme, la coexistence religieuse, la parité au sein des institutions de l’Etat, la question des réfugiés. 26. Le Ministre a répondu aux différentes préoccupations de la Commission par un résumé de la situation générale des droits de l’homme dans le pays. Ainsi, il a précisé que Djibouti déployait tous les moyens afin de préserver la coexistence pacifique, malgré les velléités intégristes. Il a informé la délégation qu’il y avait un projet de 32 milles logement sociaux dont 2 milles étaient déjà prêt, et qu’il y avait d’autres projets à réaliser avec le soutien des fonds arabes pour le développement ; afin d’atteindre l’objectif de zéro bidonvilles d’ici 2020. Sur la question du travail, il a parlé du Code du travail djiboutien qui est assez ouvert et que l’Etat pratiquait une économie libérale pour encourager l’émergence d’un secteur privé et qu’il n’y avait aucune contrainte sur la circulation des capitaux. 27. Sur d’autres questions comme la justice, il à informer la délégation des nombreux amendements apportés au Code de procédure pénale dont le dernier concernait notamment la consécration de l’acte de piraterie. Il s’est également exprimé sur la question des migrants et des réfugiés. Selon les propos du Ministre, Djibouti est souvent accuser de ne pas lutter contre le flux des migrants et le trafic des êtres humains 28. Le Ministre à informer la délégation que le gouvernement travaillait à intégrer le processus de Khartoum dans la lutte contre le trafic humain. Sur la question des réfugiés, le Ministre à déclarer que le pays était envahi par les réfugiés venant du Yémen ; Djibouti étant l’un des rares pays ayant accepté d’accueillir les réfugiés, cependant, vue le flux grandissant des réfugiés, il devenait de plus en plus difficile pour l’Etat de faire face aux besoins quotidiens de ces réfugiés. 10
2. RENCONTRE AVEC LE MINISTRE DE LA JUSTICE ET DES AFFAIRES PENITENTIAIRES, CHARGE DES DROITS DE L’HOMME 29. La délégation a eu une séance de travail avec le Ministre de la Justice et des Affaires Pénitentiaires, Chargé des droits de l’homme M. Ali Farah Assoweh, avec lequel elle a échangé sur diverses questions, notamment l’accès à la justice, la mise en œuvre des instruments juridiques et des traités et conventions ratifiés, le système d’aide judiciaire, d’un programme de formation sur les droits de l’homme et la formation continue des magistrats, d’un Conseil Supérieur de la Magistrature et sa composition. La délégation a également voulu s’informer sur l’application de la sharia et de comment elle s’harmonisait avec les traités et les conventions ratifiés par Djibouti, ainsi que l’organisation juridictionnelle, de deux systèmes juridiques parallèles. 30. La Délégation a voulu également s’enquérir sur la justice des mineurs ainsi que sur la durée de la détention préventive et les conditions de détentions des prisonniers condamnés à perpétuité. 31. Le ministre s’est focaliser a indiqué qu’il ne répondrai pas aux questions, les violences contre les femmes ; notamment les Mutilations Génitales Féminines (MGF) et les mariages précoce qui seraient abordées avec par son homologue du Ministère de la promotion de la femme et du planning familial chargé des relations avec le Parlement. 32. En réponse aux préoccupations de la Délégation, le ministre a évoqué le Conseil Supérieur de la magistrature, basé sur les textes français et dont le président de la République était le premier magistrat. Par contre il n’y avait pas d’école de la magistrature, mais qu’il y avait un système de formation continue sur place en coopération avec la France, les magistrats avaient bénéficié de la formation « European Capabilities Action Plan » (ECAP) sur la lutte contre la piraterie. Par contre il n’y a pas de plan national sur la formation des droits de l’homme et ce mandat revient à la Commission nationale des droits de l’homme. Des magistrats ont également été formés sur la justice juvénile. 33. S’agissant de l’intégration des instruments internationaux des droits de l’Homme ratifiés dans l’ordre juridique interne, ces instruments ont selon la Constitution, une autorité supérieure à celle des lois ordinaires. Djibouti a par ailleurs incorporé dans sa législation, les dispositions de certains instruments internationaux. 34. Le ministre a informé la Délégation que la durée de la détention préventive était de 6 mois avec possibilité de rallongement. Concernant le traitement des prisonniers de longue date, il a déclaré que ceux-ci étaient bien traités et que Djibouti traitait les prisonniers de guerre érythréen ; équitablement alors qu’ils n’avaient pas des nouvelles des citoyens djiboutiens détenus par l’Erythrée, suite à la guerre ayant opposée les deux pays. 11
3. RENCONTRE AVEC LA MINISTRE DE LA PROMOTION DE LA FEMME ET DU PLANNING FAMILIALE CHARGE DES RELATIONS AVEC LE PARLEMENT 35. Au Cours de son entretien avec la Ministre de la Promotion de la femme et du Planning familial chargé des Relations avec le Parlement, Mme Hasna Barkat Daoud, la Délégation a échangé sur les grandes politiques et les programmes pour la protection des droits de l’homme , particulièrement ceux de la femme ; de la lutte contre la discrimination, notamment envers les femmes ; de la lutte contre les violences domestiques, la prise en charge des femmes handicapées, a lutte contre les MGF, qu’elle était la part du budget consacrée au ministère, l’autonomisation des femmes ainsi que leur présence au sein des instances de prises de décisions. 36. Pour répondre aux questions de la Délégation, la ministre a tenu à préciser que les droits de la femme ont véritablement commencé avec l’avènement du président actuel en 1990. Elle a informé la Délégation de l’existence d’une cellule du genre crée en 2000 et rattaché à la présidence. Le ministère est encore jeune et possède cinq directions. Son budget est moins d’un pourcentage (-1%) par an et ils continuent le plaidoyer afin d’obtenir son augmentation. 37. Il y a une forte présence féminine dans le corps des magistrats (52%) alors qu’il n y a que 2 femmes avocates, toutes deux basées à Djibouti ville Le ministère mène des activités, pour la lutte contre les violences basées sur le genre, qui est selon le ministère liée à la pauvreté, malheureusement, les femmes ne les dénoncent que rarement à cause des pesanteurs culturelles, religieuses et la coutume. Le ministère lutte contre la culture du silence afin de les amener à parler et à dénoncer les violences dont elles sont victimes. Par contre, le Code de la famille a mis en place la judiciarisation du divorce et les femmes peuvent le demander. 38. Les personnes handicapées sont prises en charge par une cellule crée à cet effet. Il existe un fonds de solidarité nationale qui vient en aide aux femmes. Le ministère conduit avec le ministère de la santé une politique en matière de planification familiale, de prévention des risques liés à la santé maternelle et infantile, la sensibilisation aux bonnes pratiques liées à la petite enfance. Il a également des programmes de prévention des comportements à risque, notamment sur e VIH/SIDA à l’endroit des jeunes en collaboration avec le ministère de la jeunesse et des sports. 39. Le ministère a signé avec le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) à Djibouti, un document de projet d’appui à la promotion du Genre pour l’année 2015. Le protocole d’accord vise également au renforcement de capacités institutionnelles du département ministériel en charge de la condition féminine. 12
40. Sur le plan politique avant la ratification de la CEDEF par Djibouti en 1998, la représentation de la femme dans les sphères politique et de prise de décision était alors quasi inexistante. A titre d’exemple, il n’y avait aucune femme au Parlement, aucune femme dans les représentations Communales, aucune femme n’avait été Ministre ou Secrétaire Générale ni Présidente de Commune encore moins présidente d’un parti politique. Des reformes ont été faite afin de remédier à cette situation , ainsi une loi instituant le système des quotas d’au moins 10% dans les fonctions électives de l’un ou de l’autre sexe et les hautes fonctions de l’Etat a été adoptée (novembre 2002), ainsi que la Stratégie Nationale pour l’intégration de la femme dans le développement en Juillet 2002 et le fameux décret présidentiel d’application pour les hautes fonctions de l’Etat à au moins 20% pour les femmes (novembre 2008). 41. Malgré toutes les campagnes de sensibilisation et de plaidoyer, et l’existence d’une loi interdisant les MGF, l’excision reste encore répandue sur le territoire national. Le ministère prévoit de renforcer la collaboration avec la Commission nationale des Droits de l’Homme (CNDH) sur ce point. 42. Sur la question de l’autonomisation de la femme, des plans de micro-crédits ont été mis en place afin d’aider les femmes à mettre sur pieds des projets générateur de revenus. 4. RENCONTRE AVEC LE MINISTRE DE L’EDUCATION NATIONALE ET DE LA FORMATION PROFESSIONNELLE 43. La délégation a été reçue par le Dr. Djama Elmi Okieh, ministre de l’éducation nationale et de la formation professionnelle, afin de s’enquérir de la situation du système éducatif de Djibouti. La Délégation à demander des informations sur le budget alloué à l’éducation et s’il était conforme avec les recommandations de l’UNESCO, elle s’est également informée de la formation des enseignants ; notamment la formation continue, des mesures prise pour améliorer la qualité de l’enseignement, les programmes mis en place pour lutter contre l’analphabétisme, le problème de la déscolarisation des filles, l’enseignement dans les zones rurales, la scolarisation des enfants réfugiés, la formation des femmes évoluant dans le secteurs informel, l’alphabétisation dans les langues nationales. 44. La délégation désirait également des informations concernant la scolarisation des personnes vivant avec un handicap tel que la surdité ; la malvoyance ou le handicap moteur, ainsi que la stratégie nationale de l’éducation et le taux de scolarisation dans les différentes cycles pour les filles et les garçons entre autres questions. 45. Après avoir remercié la délégation pour sa visite et l’intérêt qu’elle portait à la question de l’éducation à Djibouti, le ministre a déclaré que l’éducation était une priorité pour le gouvernement et que l’école était obligatoire pour tous les 13
enfants jusqu’à l’âge de 16 ans et que les parents qui ne respectaient pas cette loi était passible de poursuites. Concernant le budget, le ministre a informé la délégation que son ministère était celui qui avait le budget le plus important (entre 23 à 24%) auxquels s’ajoutaient les accompagnements des partenaires comme l’UNICEF, l’UNESCO etc. 46. Sur le contenu du curricula, il y a eu quelques changement notamment en géographie, économie et histoire afin qu’ils reflètent la réalité djiboutienne, car avant il était majoritairement basé sur le curricula français. Ainsi, la plupart des ouvrages scolaires sont publier à Djibouti ; ce qui réduit considérablement les coûts. La qualité de l’éducation s’améliore et le taux de scolarisation est d’environ 70%. Néanmoins il subsiste encore des problèmes dans les régions et des écoles itinérantes ont été mises en place afin de pouvoir procurer une éducation aux enfants de nomades. 47. La scolarisation des enfants réfugiés pose problème, notamment sur le contenu du curricula qui est celui du Kenya et qui ne peut être validé par le ministère de l’éducation djiboutien, ce qui fait que de nombreux enfants réfugiés n’ont pas de diplômes reconnus. Cette question est en cours de discussion avec les réfugiés, les responsables de l’éducation dans les camps et le ministère de l’éducation ainsi que le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) et tous les partenaires impliqués en vue de trouver une solution pérenne. 48. Le ministère travaille afin de doter les écoles de l’informatique et l’accès à l’internet. Il existe des centres de formations pour les enseignants et ils projettent de rendre la formation continue systématique dans un futur prochain. Le ministère est en train d’élaborer un guide de l’enseignant et la valorisation des ressources humaines des enseignants ont été intégrés dans la fonction publique. 49. Afin d’encourager les enseignants dans leur noble métier, la République récompense les meilleurs enseignants en les décorant et on leurs octroyant une prime au cours de la journée nationale de l’éducation. Par décret présidentiel, il a été décidé que 30% des logements dans les futures cités seront réservés aux enseignants avec des facilités de crédit auprès des banques. 50. Il existe deux types d’éducation à Djibouti, qui sont essentiellement, celle des enfants et celle s’adressant aux adultes particulièrement celui des femmes qui est coordonnée avec le ministère de la promotion de la femme. Les élèves handicapés bénéficié d’une scolarisation adaptée. Il existe une école mère-enfant qui s’occupe principalement des sourds et des muets et une autre qui accueillent les aveugles. L’insertion des élèves handicapés se fait dans le système normal selon le degré d’handicap. 14
51. Il y a un projet de développement de l’enseignement dans les langues nationales, l’école est gratuite et les livres sont subventionnés dans le public ; d’ailleurs tous les élèves de la première année ont reçu une tablette didactique. 52. Pour ce qui est de la parité dans la scolarisation, il y a une prévalence des filles, et la réussite au Baccalauréat au cours de l’année précédente était de 60%. La formation professionnelle est aussi prise en charge avec l’existence des lycées technique, et du système de validation des acquis professionnels et des formations professionnelle ponctuelle dédiées aux personnes déscolarisées (formation en sécurité, pêche, conduite de poids lourds, etc.) 5. RENCONTRE AVEC LE MINISTRE DE L’INTERIEUR 53. Au cours de sa rencontre avec le Ministre de l’intérieur M. Hassan Omar Mohamed Bourhan la délégation s’est enquise sur la structuration des partis politiques, des lois nationales sur le multipartisme ; le fonctionnement de la police judiciaire et son impact sur les cas dont elle se charge ; s’il existait des unités de genre au sein des commissariats, notamment pour accueillir les femmes victimes des violences sexuelles. La délégation voulait également savoir s’il y avait une école de formation pour la police et s’il existait un programme d’application des droits de l’homme. Si l’Etat avait entrepris des mesures de rapprochement de l’administré avec l’administration. 54. La délégation s’est aussi intéressée à savoir si Djibouti possédait une loi sur la liberté d’association, de réunion, la liberté de manifeste et la liberté de culte, ainsi que le nombre d’organisations non gouvernementales (ONG) nationales et internationales de même que la procédure de délivrance du récépissé. Elle a également voulu savoir si la police avait reçu une formation pour appréhender les individus lors des manifestations. La délégation a également voulu connaitre la proportion des réfugiés et migrants en détention. 55. Après avoir souhaité la bienvenue à la délégation, le ministre a informé, que Djibouti régissait les associations avec la Loi française de 1901 sur les associations et qu’il y avait 876 associations ayant le récépissé. Il existait également une loi sur les partis politiques et 8 partis enregistrés, cependant, la Constitution de Djibouti ne limitait pas le nombre de partis politiques. Il y a aucune restriction de la liberté de culte. 56. Le ministre a déclaré que la police était au service de la population et qu’il avait reçu plusieurs formations sur différentes thématiques et qu’il existait des cellules de droits de l’homme au sein de la police. Pour ce qui était de l’accueil des femmes victimes de violences dans les postes de police, le ministre a suggérer de discuter avec le chef de la police qui était plus indiqué pour fournir les informations adéquats à la délégation. 15
57. Le ministre a ensuite informé la délégation qu’il y avait environ 16 709 réfugiés à Djibouti au temps de la rencontre car, les réfugiés en provenance du Yémen ne cessaient d’affluer. Ainsi, il y aurait 11800 somaliens, 2480 éthiopiens, 812 érythréens, 3 syriens, 5 palestiniens ,1 iranien et 1608 yéménites. 58. La situation des réfugiés en provenance du Yémen était assez préoccupante ; car Djibouti en recevait pratiquement tous les jours, depuis le début de la crise, bien que nombreux d’entre eux n’étaient juste en transit pour une autre destination, la grande majorité demeurait à Djibouti, sous la responsabilité de l’Etat qui avait de plus en plus du mal à faire face à la situation. Parmi les réfugiés venant du Yémen, ils ont reçus 37 blessés par balle venant d’Aden. Plus de 7000 réfugiés d’autres nationalités venant du Yémen ont été rapatrié dans leurs pays d’origine par leurs gouvernements. 59. Le Gouvernement travaille avec le HCR pour trouver des solutions sur le long terme au problème des réfugiés ; et il a intégré plus de 6000 réfugiés dans la fonction publique. 6. RENCONTRE AVEC LE MINISTRE DE L’ENERGIE CHARGE DES RESSOURCES NATURELLES 60. Au cours de la rencontre avec le ministre chargé de l’énergie chargé des ressources naturelles, M. Ali Yacoub Mahamoud, la délégation a voulu s’informer de l’impact de l’exploitation des ressources naturelles, sur les droits de l’homme, sur le développement de la femme et les populations rurales. La délégation a également voulu s’informer sur les besoins de la préservation des ressources naturelles, si il existait un code minier et si ce dernier était susceptible de révision. Des questions sur la géothermie et ses répercussions éventuelles sur les populations ont également été évoquées ainsi que les mesures protections que doivent garantir les industries extractives envers les populations. 61. En réponse aux diverses questions de la délégation, le ministre a répondu que son ministère avait trois mandats qui étaient, de faciliter l’accès à l’électricité, l’exploitation des hydrocarbures et l’exploitation des richesses minières. D’ici 2020, le gouvernement projette d’utiliser l’énergie verte à 100%. Pour le moment ils en sont à 65% grâce à l'interconnexion a été réalisée en mai 20111, permettant à Djibouti d'acheter l'électricité d'origine hydraulique produite par les barrages construits ces dernières années en Éthiopie.1 Cependant ils ont un potentiel en matière de géothermie (eau, soleil, vent). 1 En novembre 1999, la République de Djibouti et la République fédérale et démocratique d'Éthiopie ont conclu un accord de coopération sur l’interconnexion électrique des deux pays. https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lectricit%C3%A9_de_Djibouti 16
62. Il existe une société d’exploitation des hydrocarbures qui importe les hydrocarbures sous financement de la banque arabe internationale pour s’affranchir du monopole de Total et Oil Libya. Le pays prévoit également de réduire les taxes sur les produits tels que le gaz et le kérosène pour encourager leur utilisation et réduire la coupe du bois. La population a également bénéficié de deux baisses de prix de l’électricité. La construction d’un nouveau pipeline est également prévue, celui-ci tiendra compte de l’impact sur les populations vivant dans la zone de passage. 63. Le Ministère travaille à l’installation des kits solaire et a l’utilisation de l’énergie éolienne ; afin d’assurer l’accès à l’énergie pour tout le monde. Il prévoit de développer la création des villages intégrés utilisant l’énergie verte. En matière de ressources minières, le ministère travaille à la finalisation de la carte des ressources minières suite à un inventaire effectuer préalablement. Ceci permettra d’identifier des domaines porteurs d’emplois. La délivrance des permis d’exploitation est du ressort du gouvernement. Celui-ci délivre deux types de permis ; les permis industriels et les permis artisanaux (individuels) les permis artisanaux concernent les exploitations individuelles. La redevance du permit individuel est très faible. 64. Djibouti exploite le sel, et les permis d’exploitation et les procédures d’octroi de ces permis sont gérer par un comité ministériel présidé par le ministère de l’énergie. Certains périmètres autour du mac sont réservés aux populations qui vivent autour. le gouvernement encourage les populations à devenir sédentaires, mais avec beaucoup de difficultés. L’exploitation industriel illégal existe mais pas à grande échelle. 65. La préservation de la faune et de l’environnement sont une obligation pour les entreprises qui viennent exploiter les ressources naturelles et elles doivent en faire profiter les populations. L’Etat leur demande donc de construire les infrastructures pour les populations, notamment des puits, des routes, des écoles et des centres de santés. 66. l’Etat s’investit beaucoup dans la lutte contre les changements climatiques et à la réalisation de plusieurs projets de constructions d’infrastructures transfrontalières ; comme des hôpitaux régionaux ; notamment avec l’Ethiopie. Pour conclure le ministre a déclarer que Djibouti avait des grands projets , mais que la main d’œuvre n’était pas encore formé et qu’ils y travaillaient. 7. RENCONTRE AVEC LE MINISTRE DE LA SANTE 67. La rencontre entre la Délégation et le Ministre de la Santé, Dr. Kassim Issak Osmana porté sur les questions de la mortalité maternelle et infantile, les grandes politiques de santé publique ; la prise en charges des personnes âgées et celles vivant avec un handicap, la prise en charge des personnes atteintes du VIH/SIDA, de la protection sociale, le programme de santé de la prison, la 17
formation du personnel de santé ; les structures sanitaires publique et privées, ainsi que l’organisation du secteur pharmaceutique. La Délégation a également voulu avoir des informations sur l’accès aux soins par les réfugiés et les migrants. 68. En réponse aux questions de la délégation, le ministre a déclaré que l’accès aux soins était ouvert à tous sans discriminations, qu’il y avait une gratuité des soins qui s’accompagnait de la gratuité des médicaments de base jusqu’en 2004 (pour les médicaments) Djibouti compte 13 centres de santé communautaires et 7 hôpitaux. Il y a 3 médecins par régions (Djibouti possèdent 5 régions) qui sont majoritairement des généralistes. 69. Il y a deux instituts de formation de santé, dont la formation s’étend sur une durée de 3 ans et ils forment les sages-femmes ; les infirmiers et les laborantins. Cependant il y a un manque de médecins spécialistes, mais ceci sera réglé ; grâce à la première promotion qui sortira de la nouvelle faculté de médecine, et certains anciens médecins iront faire des spécialités, pour pouvoir répondre aux besoins des patients.Il existe également une médecine traditionnelle, mais elle n’est pas très développer. 70. L’Etat est en train de mettre en place l’assurance maladie universelle, afin de réduire les coûts liés à la santé pour l’Etat. Les traitements pour le VIH/SIDA, le paludisme et la tuberculose sont pris en charge à 100%. La stigmatisation des malades du Sida a diminué et Djibouti a adopté une loi condamnant la stigmatisation et une autre sur les droits des personnes vivants avec le VIH/SIDA. 8. RENCONTRE AVEC LE DEBRIEFING SESSION PREMIER MINISTRE ET SESSION DE 71. La délégation a rencontré le premier ministre son excellence Monsieur Abdoulkader Kamil Mohamed afin de lui présenter ses hommages et lui rendre compte des résultats préliminaires de la mission de promotion conduite sur le territoire djiboutien. 72. Ainsi la délégation a fait le résumé des constats tiré des différents rencontres et séances de travail, qu’elle avait eu avec les différents acteurs et elle a formulées quelques recommandations préliminaires sur la situation des droits de l’homme à Djibouti. 73. Ainsi, elle relever les bonnes pratique de la République de Djibouti ; notamment dans la promotion des droits de la femme avec l’égalité des salaires entre les hommes et les femmes, l’adoption du décret présidentiel sur le quota de 10% de femmes dans les postes de directions ainsi que l’adoption de diverses lois, notamment sur les MGF, la sécurité sociale et la retraite. Elle a également félicité 18
l’Etat Djiboutien pour l’accueil des réfugiés, notamment les réfugiés yéménites malgré le peu de moyens dont il dispose. B- AUTRES FONCTIONNAIRES GOUVERNEMENTAUX 1. RENCONTRE AVEC LE SECRETAIRE GENERAL DU MINISTERE DE LA JUSTICE 74. La délégation a eu une séance de travail avec le Secrétaire général du ministère de la justice M. Abdi Ismael Hersi, pour échanger sur les questions liées à la justice, notamment la gestion de l’aide judicaire, la formation des magistrats et l’administration de la justice. 75. Pour ce qui est de l’aide judiciaire, le Secrétaire général a informé la délégation que celle-ci fonctionne sur la base d’une loi de 2011. Cette loi prévoit les personnes bénéficiaires. Il y a un bureau mis en place pour gérer ces demandes, la composition du bureau en charge d’examiner les demandes est contenu dans la loi. Cependant un montant conséquent doit être prévue dans le budget du ministère afin d’être affecter à l’aide judiciaire. Le bureau décide des dossiers éligibles et demande au barreau de désigner un avocat commis d’office. Il n y a pas de barème de rémunération de l’avocat, cela se fait sur la base d’une facture après examen par le bureau. 76. Concernant l’organisation judiciaire, toute la structure judiciaire est concentrée à Djibouti-ville. Jusqu’en 1977, il y avait un système de 3 justices ; qui comprenait, la justice coutumière, la Charia et le droit commun. Maintenant il ne reste que deux systèmes ; la Charia et le droit commun. Il y a un projet de création de tribunaux régionaux (sud, nord et centre) et également des maisons de justice pour répondre aux besoins des populations. 77. Le gouvernement a mis en place le Médiateur qui s’occupe des problèmes locaux (blessures mineures, loyers, problèmes de voisinages, etc.), les procèsverbaux du médiateur lient les parties et lorsqu’elles signent, elles ne peuvent plus porter l’affaire devant les tribunaux. Il existe également des audiences foraines, qui concernent principalement les affaires familiales. 78. Sur la justice administrative, Djibouti ne possède pas de Conseil d’Etat, les décisions en dernier recours vont à la Cour d’Appel. Il y a un tribunal des mineurs, mais il n’est pas encore très fonctionnel ; il n’y pas de cabinet d’instruction spécial pour les mineurs, mais il existe une procédure spécifique pour les cas concernant les mineurs. 79. Il y a des grands manquements sur le plan de la justice, mais des efforts sont en cours pour y remédier. Jusqu’en 2000, le statut de la magistrature n’existait pas seulement une loi fixant leur émolument. Il a été finalement établit en 2001, ainsi que la création du Conseil Supérieure de la Magistrature. Le recrutement des 19
magistrats se fait sur la base d’un concours, de 25 magistrats en 2000, ils sont passés à 143 en 2015. Les émoluments des magistrats ont également évolués et sont passés de 400 USD à 1640 USD, qui comprennent les indemnités de logement, déplacement, quota de communication et internet. Pour le moment tous les magistrats sont basés à Djibouti-ville et sont pour la grande majorité assigné au tribunal de première instance. 80. Concernant la formation des citoyens sur les droits de l’homme, en dehors de quelques séminaires, il n’y a pas de programmes spécifiques. Cependant, le ministère travaille à la mise en place une grande bibliothèque juridique tant physique qu’électronique pour accompagner le travail de la justice et aider le justiciables à mieux connaitre leurs droits. 2. RENCONTRE AVEC LE PROCUREUR GENERAL 81. Avec le procureur général M. Djama Souleiman Ali, la délégation a échangé sur les arrestations, les délais de la garde à vue, l’assistance judiciaire, l’organisation judiciaire, la longueur de la détention préventive et la lutte contre la torture. 82. De prime abord, le procureur a présenté succinctement la composition des tribunaux à Djibouti. Ainsi, il y a un tribunal de première instance, une seule Cour d’Appel et une Cour Suprême qui fait aussi office de Cour de Cassation. Ils sont tous basé à Djibouti ville. 83. Le procureur général répond devant la Cour d’Appel et la Cour Suprême. A côté il y a la juridiction du statut personnel qui est régit à la fois par le droit musulman et le droit positif, c’est un système parallèle mais qui est harmonisé au niveau de la Cour Suprême. Le tribunal de première instance est présidé par un juge. En quelques années le système est passé de 10 magistrats à environ 130 magistrats qui sont pour la grande majorité des femmes. 84. Toutes les juridictions pénales sont concentrées à Djibouti ville mais il y a une certaine décentralisation au niveau du droit civil et du statut personnel. Le procureur a un contrôle sur la police judicaire. Il y a une mauvaise gestion de la garde à vue à cause du manque d’effectifs et il y a eu des annulations de procédure suite à des plaintes de torture de la part des forces de polices. 85. Pour ce qui est de la longueur de la détention préventive, le Code ne prévoit pas sa prolongation en matière criminelle, cependant la lenteur des traitements des dossiers au niveau du tribunal de première instance fait que parfois elle s’allonge. Pour tenter d’y remédier, ils ont accéléré le traitement des cas criminels afin d’en réduire le nombre, au moment de la rencontre il y avait environ 25 dossiers criminels en attente datant de 2010,2011, 2014 et un ou deux de 2006 ou 2008. 20
86. 80% des crimes sont des crimes sexuels (viols collectif) surtout chez les jeunes, mais il y a également des condamnations pour trafic de drogues, agression des parents. Djibouti n’a pas de juges d’application des peines ce qui rend cette tâche un peu ardue pour la justice. Il y a bien un article dans le code à ce sujet, mais il est difficile d’application en l’absence d’une loi donnant les compétences précises et élargies au juge, jusqu’alors il n’a compétence que sur la liberté conditionnelle. 87. La délégation a voulu également savoir si il y avait un projet de réforme de la carte judiciaire pour rendre la justice plus proche des justiciables et aussi les projets concernant la formation du personnel judiciaire. Le procureur a assuré que cela était à l’étude car avec l’ampleur de l’afflux migratoire, il était urgent d’avoir un tribunal au nord de Djibouti. Par contre il n’y avait pas de centre de formation pour les procureurs, il y avait quelques séminaires, mais ceux-ci se font de moins en moins il y a un manque criant de formation. Sur la question de l’assistance judicaire, il a déclaré qu’il fallait une campagne de sensibilisation afin de mieux la faire connaitre aux usagers 3. RENCONTRE AVEC LE COMITE INTERMINISTERIEL 88. Le Comité interministériel a été mis en place en 2008 suite à un atelier auquel avait participé le représentant du Haut-commissariat aux droits de l’homme des Nations Unies. En 2008, Djibouti avait ratifié pratiquement tous les instruments mais n’avait présenté aucun rapport excepté celui sur les droits de l’enfant. 89. Le Comité a pour mandat de prendre en charge la rédaction des rapports relatifs aux textes des droits de l’homme. Au départ il y avait 23 membres multisectoriels et des membres de la société civile. Ils ont préparé deux rapports, l’un sur la Convention relative aux droits des personnes handicapées et l’autre sur la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale. 90. A la question de savoir pourquoi ils avaient tardé à présenter leur rapport devant la Commission africaine, le Comité a répondu que l’éloignement de la Commission africaine qui est basée à Banjul et la souplesse de celle-ci envers les Etats dans la soumission des rapports y était de beaucoup. 91. La Comité manque de moyens, ce qui a fortement contribué à la réduction de ses membres ; car n’étant pas rémunérer. La méthode de travail du Comité, consiste en la collecte d’informations auprès des personnes indiquées et après rédaction d’un premier avant- projet, celui-ci est validé au cours d’un atelier ; avant la finalisation du rapport. Le Comité rencontre des nombreuses difficultés dans la réalisation de son mandat, notamment la difficulté d’obtenir la nomination des personnes focales au sein des ministères par les ministres, et le manque de financement freine également son travail. 21
B. RENCONTRES AVEC LES INSTITUTIONS NATIONALES 1. RENCONTRE AVEC LA COMMISSION NATIONALE DES DROITS DE L’HOMME (CNDH) 92. Au cours de sa rencontre avec la CNDH, la délégation voulait s’informer de son indépendance, sa représentation régionale, la régularité de la soumission des rapports, le nombre des commissaires et si ils existaient des commissions permanentes au sein de la commission. Quel était le cadre d’échange avec les ONGs, notamment les organisations féminines, la collaboration avec la société civile sur les questions des MGF et leurs projets pour l’année des droits de l’homme (2016). 93. Enfin, la délégation a voulu savoir si la CNDH utilisait les langues nationales dans la sensibilisation et la promotion des droits de l’homme et si la CNDH avait un plan de communication. 94. La délégation a été reçu par M. Ali Mohamed Abdou, président de la CNDH a informé que la CNDH a été créée en 2008 par un décret présidentiel, avec pour mandat de faire la promotion et la surveillance des droits de l’homme en République de Djibouti. Pour ce faire, elle organise des ateliers de formation et sensibilisation sur les droits de l’homme. Elle reçoit également des plaintes et accompagne les plaignants dans leurs démarches auprès de la justice. 95. La délégation a été informée qu’au début, la CNDH était composé de 21 membres qui n’étaient pas permanents sauf le président et le secrétaire général, maintenant elle fait l’objet d’une nouvelle loi, qui réforme le décret présidentiel et qui nomme les commissaires permanent, ce qui va faciliter le travail de la CNDH. Il y a différentes sous- commissions ont également été mise en place au sein de la CNDH. 96. La composition actuelle de la CNDH est structurée comme suit : un membre de la société civile, un représentant des religieux, un membre du barreau et un membre du ministère. Les membres élisent le président de la CNDH, 3 des commissaires doivent être des femmes. Les commissaires bénéficient de l’immunité au même titre que les parlementaires durant leur mandat. Il ne dispose que d’un petit budget autonome. La CNDH est membre de plusieurs réseaux arabes et francophones des droits de l’homme, mais elle n’est pas encore affiliée à la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples et ne possède pas encore le statut A selon les Principes de Paris. 97. La CNDH a réalisée des nombreuses activités de promotion des droits de l’homme c’est ainsi qu’elle a produit des guides juridiques sur les mutilations génitales féminines, le VHI/SIDA pour les officiers de police judiciaire (OPJ).Elle encourage le dialogue entre les citoyens et les pouvoirs publics. Notamment en collaboration avec plusieurs ministères pour la mise en œuvre des 22
recommandations des différents mécanismes des droits de l’homme pour leur application. La CNDH formule également ses propres recommandations. 98. Elle a d’ailleurs fait une revue à mi-parcours de la mise en œuvre des recommandations qui est plus ou moins acceptable, mais nécessite une amélioration. La CNDH n’a pas prendre part aux élections en tant qu’observateur, mais a fait de la sensibilisation sur ce sujet, elle va continuer le plaidoyer ; afin d’être associer aux prochaines élections. Elle va également solliciter une augmentation de son budget afin d’être plus performant et mener à bien ses activités. 2. RENCONTRE AVEC LE MEDIATEUR DE LA REPUBLIQUE 99. Les discussions entre la délégation et le médiateur de la République M. Souleiman Miyir Ali ont porté sur le contenu du mandat, les défis de la mise en œuvre, le mandat unique non renouvelable de 5 ans, la compétence, l’accessibilité, les recommandations et leur mise en œuvre ainsi que le suivi, ainsi que les relations que le médiateur entretient avec la CNDH, les femmes, notamment dans sa saisine, et ses relations avec les parlementaires et la société civile. 100. Après avoir souhaité la bienvenue et remercier la délégation pour l’intérêt porté à son mécanisme ; le médiateur a fait l’historique de la médiature. Celle-ci a été créée par la loi n°51 du 21 août 1999, elle possède des délégations au niveau régional, il y a une majorité d’hommes dans les délégations régionales mais au niveau de Djibouti ville la majorité du personnel est féminin. Le rôle essentiel du médiateur consiste à la promotion de la bonne gouvernance, de droits des citoyens et usagers des services publics. La saisine se fait par le biais des députés, les citoyens saisissent par écrit ou viennent dénoncer des abus. 101. Le médiateur n’a qu’un rôle consultatif, il formule beaucoup de recommandations, mais très peu sont suivis d’effets. Il y a une certaine réticence des services de l’Etat à reconnaitre ses erreurs ; auxquels s’ajoutent la méconnaissance des lois et des droits des uns et des autres. Il y a un projet de loi relatif aux relations entre l’administration et les usagers ; qui fait obligation de motiver ses décisions est en préparation. Une nouvelle loi organique, sur la médiature va introduire la saisine directe en plus de la saisine indirecte (par le biais d’un député), ainsi que l’auto saisine. L’une des nouvelles attributions du médiateur qui découlera de cette nouvelle loi, sera la compétence de ce dernier, vis-à-vis des problèmes concernant les enfants et leur protection. 102. Le médiateur entretient des bonnes relations avec la CNDH et le ministère de la Justice. Il n’intervient pas pendant une procédure judicaire, mais il le fait dans l’exécution de la décision. Il est également compétent à connaitre les litiges portant sur les droits sociaux économiques, notamment au remboursement des retraités. L’un des défis majeurs auxquels il fait face est celui de pouvoir rester à équidistance entre l’Etat et le citoyen, afin de conserver sa crédibilité. 23
3. RENCONTRE AVEC LES REPRESENTANTS DE L’ASSEMBLEE NATIONALE 103. La délégation a eu une séance de travail avec le président de l’Assemblée son Excellence l’ambassadeur Ismael Goulal Boudine et certains députés. Les discussions ont portés sur la composition de l’Assemblée, la promotion des droits de l’homme, l’existence d’un comité de droits de l’homme au sein de l’Assemblée, la présentation du rapport de la CNDH, la ratification des instruments de droits de l’homme ainsi que leur mise en œuvre. La Délégation a également voulu savoir la proportion des femmes à l’Assemblée et leur présence dans les instances de prise de décisions. 104. Si dans leurs prérogatives ils avaient la possibilité de discuter des questions prioritaires, comme la situation des réfugiés par exemple, si les députés possédaient des représentations au niveau régional, quel était le processus d’adoption de la loi organique et les relations entre l’opposition et la majorité. La Délégation a également voulu savoir si l’Assemblée faisait le contrôle parlementaire et s’il y a eu des interprétations du premier ministre ou du ministre de la justice à ce sujet. 105. Le président de l’Assemblée a remercié la délégation pour sa visite et a informé cette dernière sur la composition de l’Assemblé, qui comprends 65 députés dont 55 issue de la majorité UNB (Union pour la Mouvance présidentielle) et 10 députés de l’opposition. Il n’y a que 7 femmes députés. Il y a 5 partis d’opposition réunis au sein d’une coalition. La répartition des sièges du parlement est faite par tribu et les chefs de tribus étant des hommes il a été difficile de les convaincre de donner des places aux femmes. 106. L’Assemblée possède un bureau qui comporte 5 membres, un président, 2 vice-présidents, 1 questeur et un secrétaire générale. Il y a plusieurs souscommission qui s’occupe de différentes thématiques (sécurité, environnement, affaires étrangères, affaires sociales/droits de l’homme). Une commission paritaire a été mise en place avec en son sein 4 députés de l’opposition et 4 de la majorité présidentielle. Cette commission a pour objectif de faire aboutir les réformes. 107. L’Assemblée a pour charge d’intégrer les dispositions des traités et conventions ratifiés dans les lois nationales, elle adopte les lois et le président les promulguent. La Loi organique doit être votée par les 2/3 de l’Assemblée, les lois sont soumises au contrôle à priori de la Cour Constitutionnelle. L’Assemblée fait le contrôle des actions du gouvernement et organise des caravanes parlementaire, sorties organisées dans les régions dans un objectif de faire le suivi et le contrôle des actions du gouvernement sur le terrain. Ainsi ils ont interpellé le ministère de l’intérieur concernant la structuration des ONGs. 24
108. L’insuffisance des femmes dans les instances de prise de décision s’explique par la présence récente des femmes (2000) dans la vie politique ; le ministère chargé de la femme n’a été créée qu’en 1998. Le changement des mentalités sur l’implication des femmes en politique a été amorcé mais demeure très lent. Toutefois, malgré leur petit nombre les femmes sont très actives, elles ont notamment été à l’origine des lois sur les MGF, sur la sécurité sociale et la retraite. Les femmes parlementaires entretiennent des relations d’amitiés avec d’autres groupes parlementaires. 109. L’Assemblée a engagé le pays dans le processus du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP), et entretien des relations avec des groupes parlementaires de différents pays (France, Belgique, Japon, Ethiopie et la Chine). 4. RENCONTRE AVEC LE BATONNIER 110. Au cours de sa rencontre avec le Bâtonnier de Djibouti, la délégation a échangé sur l’accès à la justice, les conditions d’accès à la profession d’avocats, l’organisation judiciaire ; les conditions de la garde à vue, l’aide judiciaire et l’application de la loi contre les MGF entre autres sujets. 111. L’accès à la justice est libre par principe, l’aide juridictionnelle est revue depuis deux ans mais la procédure est lourde et peu connue du public. Elle ne fonctionne pas très bien ; Il y a aussi des problèmes de langues concernant la divulgation des textes beaucoup reste à faire sur ce point. 112. La Commission africaine est connu à travers les textes mais le Barreau n’inter acte pas avec, car étant un peu isolé. L’accès à la fonction d’avocat est subordonné à une autorisation par décret présidentielle, seul les djiboutiens peuvent être avocat. Il n y a actuellement que 30 avocats tous basé à Djibouti dont une femme. Cependant 4 autres femmes seront bientôt nommées. 113. Le système judicaire est divisé en trois parties : le droit coutumier, le statut personnel et le droit positif. Le statut personnel est régit par la Charia qui est appliquée par les Cadis ; ceux-ci sont nommés de façons héréditaire. Il y a une discrimination au niveau du statut personnel de la femme notamment en matière successorale. 114. Il a un bon texte sur la garde à vue (48h) avec possibilité d’allongement. L’avocat n’a pas accès au gardé à vue pendant cette période pourtant la Constitution garantit ce droit. La détention préventive (6 mois et plus). Il n’y a que deux sessions criminelle dans l’année (99% des criminels sont des étrangers). Dans les campagnes c’est plus les audiences foraines ou les juges se déplacent. 25
115. Il existe des tribunaux pour les mineurs mais ils ne fonctionnent pas correctement et il n y a pas de centre de réinsertion pour les jeunes. La corruption existe et mine l’indépendance des juges mais pas une grande échelle. Le corps des magistrats est constitué de femmes (80%) il n y a pas d’école de formation des juges et ils sont pour la plupart formés sur le tas. D’ailleurs il n y a jamais eu de ministre de la justice ayant eu une formation juridique. L’application de la loi sur les MGF rencontre des résistances au niveau de la société, même si les MGF se font de moins en moins ; il n y a pas eu beaucoup de condamnation des femmes exciseuses, surtout à cause de l’absence des plaintes. 5. RENCONTRE AVEC L’UNION DJIBOUTIENNES (UNEB) NATIONALE DES FEMMMES 116. La délégation a eu une séance de travail avec l’Union nationale des femmes djiboutiennes. Cette séance de travail avait pour objectif de connaitre les objectifs de l’association, ses acquis et ses défis en matière de lutte contre les mariages précoces, la présence des femmes dans les instances de prise de décisions, est ce qu’elle avait un répertoire des femmes cadres ? Est-ce qu’elle travaillait avec ONUFEM, que faisait-elle pour valoriser son travail à l’extérieur. 117. L’association a un programme de lutte contre les MGF dans la capitale et dans les régions, il y a plus de 300 associations qui travaillent avec eux dans tout le pays, notamment dans la collecte d’infos la sensibilisation. Elle travaille également avec les sites présents dans les différents quartiers de la capitale. 118. L’association a mis en place un centre d’écoute en collaboration avec d’autres associations, il est géré par les paras juristes et aide les personnes en détresse, particulièrement les femmes. Elle intervient également sur les questions du genre. Elle a un protocole d’accord en cours avec les ministères de la justice, la santé, la promotion de la femme, afin de collaborer sur certaines questions spécifiques aux droits de la femme. Sur la question de l’éducation, elle s’implique sur deux volets à savoir : l’alphabétisation et « l’école de la deuxième chance » qui est offre des formations aux enfants déscolarisé et qui subventionnée par l’Etat. Elles sont également impliquées dans le financement de projets commerciaux pour les femmes en leur donnant des formations sur ce thème. 119. L’Association a élaboré un guide sur les violences sexuelles à l’attention des populations. Par contre elle n’a pas de fonds de micro-crédit, mais un projet de formation des femmes sur la gestion des petits projets. La délégation a félicité les membres de l’association pour les efforts fournis et les a encouragés à continuer. Elle leur a demandé de postuler afin d’obtenir le statut d’observateur auprès de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples, afin de pouvoir échanger avec d’autres ONG pour partager leur expérience et faire 26
connaitre leurs réaliser et ainsi participer à la promotion et la protection des droits de la femme au niveau régional. 6. RENCONTRE AVEC LES REPRESENTANTS DE L’OFFICE NATIONAL D'ASSISTANCE AUX REFUGIES ET AUX SINISTRES (ONARS) 120. La délégation a rencontré les représentants de l’Office national d'assistance aux réfugiés et aux sinistrés (ONARS), afin de s’enquérir sur ses relations avec le HCR dans le processus d’identification des réfugiés, la prise en charge de l’afflux des réfugiés en provenance du Yémen, particulièrement les citoyens djiboutiens venant du Yémen. 121. Le représentant de l’ONARS a informé la délégation que l’office avait été créé en février 1978 en situation d’urgence et avait une mission humanitaire : Il gère 3 camps de réfugiés, constitués dans leur grande majorité par les réfugiés somaliens et éthiopiens. Récemment il a été obligé de prendre en charge les refugies en provenance du Yémen, malgré les difficultés financières auxquels ils font face. En effet, ils n’ont pas reçu de financement pour faire face à cet afflux. 122. De plus les refugies yéménites refusent de rejoindre les camps de réfugiés préférant rester au port, ce qui complique une situation déjà très critique, notamment dans l’identification de ses réfugiés. L’ONARS a également fait part de la difficulté qu’ils rencontrent dans la gestion des camps ; notamment la question de l’éducation des réfugiés vivant dans les camps. C- AUTRES PARTENAIRES ET ORGANISATIONS INTERNATIONALES 1. RENCONTRE AVEC LE HAUT-COMMISSARIAT AUX REFUGIES (HCR) 123. La délégation a rencontré la représentante du Haut-Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies (HCR), Mme Honorine Sommet Lange ; afin d’échanger sur la situation des réfugiés à Djibouti. 124. La délégation a posé un certains nombres de questions à la représentante, notamment celles concernant les défis auxquels ils font face, les programmes spécifiques qu’ils ont mis en place, l’origine des réfugiés, la lutte contre les violences sexuelles dans les camps, les programmes de réinsertion, la formation des réfugiés, le dépistage du VIH/SIDA dans les camps, l’assistance envers les personnes âgées et les personnes vivant avec un handicap. Comment le HCR gérait la situation des réfugiés de long terme, est ce qu’ils pensaient faire des opérations de rapatriement volontaire. Comment se faisait l’identification des réfugiés, était-ce une identification prima facie? 125. La délégation s’est aussi intéressée aux relations du HCR avec l’Office national d'assistance aux réfugiés et aux sinistrés (ONARS), et les éventuels partenariats qu’avait le HCR avec les ONG locales dans l’assistance aux 27
réfugiés, Particulièrement s’ils recevaient des demandes d’asiles de la part des migrants et comment ils s’organisaient pour faire face à l’afflux des réfugiés venant du Yémen. 126. La Représentante a remercié la délégation pour sa visite et l’intérêt qu’elle portait à la question des réfugiés qui était assez crucial à Djibouti. Elle a affirmé que le gouvernement a une politique généreuse d’accueil des réfugiés, mais il y a une restriction des mouvements des réfugiés depuis l’attentat de l’année 2014. Il y a environ 16 milles réfugiés sur le territoire djiboutien. Le HCR a suspendu ses activités et les réfugiés sont maintenant dans un centre de transit. Officiellement la frontière est fermé, mais le passage à pied se fait encore, les camions venant du Somaliland ne pénètrent plus sur le territoire. L’arrivée des réfugiés somaliens a également été suspendue. Le HCR fait le plaidoyer pour que la situation change, car les restrictions de mouvements ont un grand impact sur la vie des réfugiés, particulièrement ceux qui travaillent. Pour débloquer cette situation ils ont demandé la réactivation des cartes de circulation des réfugiés visés par l’ONARS et le HCR, ce qu’ils ont fait après un long plaidoyer. 127. Pour ce qui est de l’origine des réfugiés, aux somaliens et éthiopiens qui constituent la grande majorité des réfugiés, il y a des érythréens qui continuent à arriver et les yéménites qui débarquent pratiquement tous les jours. Dans le temps il y a eu 205 érythréens qui ont été réinstallés aux Etats Unies, et les déserteurs de l’armée érythréenne ont été installés dans le camp d’ALI ADEH. 128. La menace El-Shebab est réelle et ils veulent frapper des cibles des Nations Unies et les représentations de la Communauté internationale. La collaboration avec le gouvernement est bonne mais il y a une mésentente sur la question des solutions durables, notamment l’intégration locale, le plaidoyer continue sur cette question. Pour lutter contre l’apatridie, le gouvernement a commencé à délivrer des actes de naissances depuis juillet 2013 et aussi des jugements supplétifs (environ 5000 enfants ont besoin d’un jugement supplétif). Le HCR a mis en place des mesures incitatives pour que les parents déclarent leurs enfants, comme le refus d’inscrire l’enfant sur la carte de rationnement s’il n’est pas déclaré et prise en charge du timbre fiscal. 129. La Représentante a informé la Délégation que malgré l’afflux de nouveaux réfugiés; notamment ceux venant du Yémen, leur financement n’est pas garanti, Djibouti n’étant pas une priorité pour les donateurs. Au niveau national l’intégration locale n’étant pas accepté par les autorités, ils vont essayer l’intégration socio-économique pour les réfugiés de long terme, par la construction des maisons semi-permanentes. La réinstallation des réfugiés somalies devient de plus en plus difficile, les pays d’accueil refusant de les accueillir ou alors sur la base de quotas très limités. Le Représentant du HCR travaille à revitaliser l’intérêt sur les réfugiés somaliens afin de résoudre leur problème à long terme. 28
130. La scolarisation des réfugiés se fait avec des programmes en anglais par le biais d’une ONG ; les enseignants ont été trouvé parmi les réfugiés mais le curricula qui est Kenyan ne sera pas validé par le ministère de l’éducation de Djibouti, car n’étant pas le sien, ceci découragent les parents d’envoyer leurs enfants à l’école. Récemment les parents ont acceptés que leurs enfants reçoivent un enseignement basé sur le curricula djiboutien et les discussions sont en cours avec le ministre de l’éducation et la première dame afin que les enfants réfugiés soient enrôlés dans les écoles publiques djiboutiennes à la prochaine rentrée. 131. Le HCR a également mis en place des mesures incitatives pour encourager la scolarisation des filles (un bidon d’huile par famille si la fille est scolariser). Dans le camp de réfugiés d’Ali Adeh, il y a eu quelques cas de viols mais le suivi est fait au niveau de la justice. L’une des contraintes majeures c’est le manque de spécialiste, notamment dans le suivi psychologique des femmes victimes de violences sexuelles. 132. Le HCR a des programmes de financement d’activités générateurs de revenus, mais ils n’ont pas de financements actuellement pour leur mise en œuvre Cependant, 250 réfugiés ont bénéficié d’une formation faite par une ONG américaine en collaboration avec l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM). Le HCR suit ses réfugies afin qu’ils puissent trouver du travail. Ainsi, ils sont en discussion avec les autorités sur la loi renforçant le droit au travail pour les réfugiés. 133. Il y a des dépistages systématique du VIH/SIDA dans les camps, mais l’accès aux antirétroviraux (ARV) a été un peu perturber mais les réfugiés ont intégrer le programme nationale afin de distribution des ARV. L’identification se fait prima facie pour les réfugiés somaliens, pour ceux du Somaliland, de l’Ethiopie et de l’Erythrée, l’identification est individuelle. Il n’y a pas de cas d’expulsion à sa connaissance, pour le moment il n’y a pas de rapatriement au centre de la Somalie, mais dans les autres régions il y en a. Le HCR fait de la sensibilisation sur le rapatriement. 134. Ils ont des bonnes relations avec l’ONARS, avec lequel il travaille à la sensibilisation et à la formation et ils ont deux autres partenaires ; qui sont l’Union nationale des femmes djiboutiennes (UNFED) et une ONG Kenyane APEF. Les autres agences des Nations Unies intègre les réfugiés dans leurs différents programmes pour ce qui est des migrants demandant asile ; les migrants somaliens demandent asile lorsqu’ils sont arrêtés, mais les éthiopiens jamais. 29
2. RENCONTRE AVEC LE FOND DES NATIONS UNIES POUR L’ENFANCE (UNICEF) 135. La délégation a été reçue par la Représentante résidente de l’UNICEF pour discuter des champs d’intervention de l’UNICEF dans la scolarisation des filles, le mariage des enfants, l’assistance au gouvernement sur la thématique des droits de l’enfant, le partenariat avec le ministre de la femme, le problème des enfants mendiants entre autres préoccupations. 136. Différents programmes, concernant le droit d’accès à l’eau et à l’eau potable, l’éducation, la santé entre autres, le droit à la santé est primordial, car le système de santé est faible, l‘UNICEF apporte un appui conséquent à la campagne de vaccination et il finance aussi des programmes de renforcement de capacités des fonctionnaires de santé. 137. Ils ont également des programmes d’hygiène et sur l’assainissement de l’eau. Le secteur de la nutrition est aussi vitale car le problème de la malnutrition est très élevé, environ 17% et dans d’autre régions, elle atteint 25% : Les différentes cause de malnutrition c’est l’absence d’eau, l’arrêt de l’allaitement maternel trop tôt et le manque d’aliments. Une grande partie de la population dépend des rations du Fonds mondial pour l’alimentation (PAM). L’UNICEF a un programme avec le ministère de la santé sur la lutte contre la malnutrition. 138. Concernant l’éducation, une étude menée conjointement avec le ministère de l’éducation a démontré que 25% d’enfants ne sont pas scolarisé et une grande majorité de ses enfants ne sont pas djiboutien. Ils financent des kits scolaires, la construction d’écoles, font des prêts scolaires et travaille avec le ministère pour l’école formelle et avec les femmes pour les écoles communautaires. 139. La question de la scolarisation des filles est étroitement liées à la culture, la distance entre la maison et l’école, surtout à l’arrivée au collège, les parents sont réticents à envoyer les filles aller étudier dans une autre ville. Il ya quelque mariage d’enfants mais leurs nombres n’est pas très élevé et ne cela ne constitue pas réellement une cause de déscolarisation. Ils s’impliquent aussi dans la formation des professeurs car beaucoup d’enfants sorte de l’école sans savoir lire et écrire. Il y a également un problème de langue qui cause une barrière, car certains enfants passent les premières années à apprendre le français. 140. L’UNICEF travail en collaboration avec d’autres partenaires et des ministères sur des thématiques données, ainsi sur la lutte contre les MGF, il collabore de la cadre légal défini par le ministère de la justice, pour la protection sociale avec le secours catholique (CARITAS), notamment dans la prise en charge des enfants des rues, pour ce qui est des enfants réfugiés, ils travaillent avec le ministère de l’intérieur. 30
141. Il n y a pas de statistique concernant le pourcentage d’enfants des rues, il n’y a malheureusement pas de service sociaux et ils essaient de pousser la mise en place d’assistant sociaux pour accompagner les enfants dans le cadre de l’élaboration du nouveau Code de l’enfant. 142. Ils travaillent avec le gouvernement sur le Code de l’enfant, celui-ci devrait introduire la mise en place des mesures alternatives à la détention, car la justice des mineurs est très récente, elle a été mise en place en 2010. La question de l’enregistrement des naissances se heurte à plusieurs obstacles qui sont ; le coût lié à l’enregistrement, l’absence des papiers des parents, et la coutume qui considère que la déclaration n’est pas importante. 143. La nouvelle législation (Code de l’enfant) prévoit un service ambulatoire pour l’enregistrement et les directeurs d’écoles font le relais, mais ceci n’est pas officiel et la nouvelle législation, veut donner ce rôle aux chefs de village. Les MGF sont encore très présentes, malgré une loi adoptée depuis 1995, le taux était de 93% en 2006, cependant en assiste un passage de la forme la plus sévère à la forme moins sévère. Mais il reste encore beaucoup à faire, en effet le premier cas a été rapporté à la justice seulement cette année et un policier avait même refusé de prendre la plainte, le procureur s’en est saisit directement. 3. RENCONTRE AVEC LA REPRESENTANTE RESIDENTE DU PROGRAMME DES NATIONS UNIES POUR LE DEVELOPPEMENT (PNUD) 144. La délégation a rencontrée Mme Valérie Cliff Coordonnatrice Résident du Système des Nations Unies et Représentante Résidente du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). Au cours de la rencontre, la Délégation à solliciter des informations sur les programmes sur l’autonomisation des femmes, notamment dans le cadre de l’année des droits de l’homme de l’Union Africaine et aussi la situation générale des droits de l’homme dans le pays. 145. Le Gouvernement djiboutien est en train de faire beaucoup d’efforts afin d’améliorer la situation des droits de l’homme dans le pays. La situation est plus ou moins bonne, quoique des efforts, doivent être faits notamment dans le domaine de la liberté d’expression et d’association. L’absence d’une opposition et d’une société civile forte ne le motive pas à faire plus d’efforts. Ainsi, Il n y a qu’un seul journal et qui est contrôler par le gouvernement et la principale association féminine des droits de l’homme n’encourage pas vraiment les gens à parler de leurs droits et n’atteint pas les populations de bases. Il n y’a pas beaucoup d’ONG à Djibouti et les ONG internationale travaillent principalement avec les réfugiés. 146. Parce que Djibouti se trouve dans une position militaire stratégique, la plupart des pays y ayant des troupes ne les poussent pas vraiment à faire plus 31
sur d’autres plans de peur de perdre leur bénéfice stratégique de la situation du pays. Il y a également le « khat » drogue douce qui développe une dépendance profonde avec des répercussions néfaste sur le développement des activités. Le climat aride et le manque de pluies, n’encourage pas les investisseurs étrangers et le développement d’activités générateur de revenus. 147. L’économie est basée essentiellement sur le commerce du khat et sur les échanges commerciaux avec l’Ethiopie, et le problème de la corruption freine les investissements. Djibouti est un pays musulman qui pratique un islam modéré ou coexiste d’autres religions. Cependant il fait face à certains défis ethniques entre les trois ethnies majeures, qui sont les Afar, les Somalis (qui sont au pouvoir) et les yéménites. Le taux de MGF est toujours élevé malgré les efforts du gouvernement, ceci principalement à cause des mères qui poussent leurs filles à subir cela. 148. La Représentante du PNUD a relevé les actions positives entreprises par le gouvernement, notamment dans l’accueil des réfugiés yéménites malgré le peu de moyens dont il dispose. E. VISITES 1. VISITE DE LA PRISON DE GABODE 149. La délégation a visité la prison de Gabode, la principale prison de Djibouti. Il y a deux autres prisons, dont l’une se trouve à Dikhat qui a été fermé pour rénovation et une autre a Hohelo qui accueille 25 prisonniers. Une nouvelle prison est en construction dans la banlieue de Djibouti ville. 150. Au cours de sa visite la délégation s’est entretenue avec le directeur de la prison le Commandant Mohamed Djama Yonis, sur l’effectif de la population carcérale ; les problèmes de surpopulation, les femmes incarcérés 2 à 3%. Les contraintes de sécurité et judiciaire, ordonnance judiciaire de liberté, détention préventive peut aller jusqu’à 2 ans à cause de la mobilité des juges et la rareté des audiences pénales. 151. Ainsi, les autorités pénitentiaires, font des rapports au procureur concernant les cas des prisonniers. Les gardes ont eu une formation sur les droits de l’homme et les prisonniers ont 3 repas par jour, qu’ils préparent eux-mêmes. L’accès aux soins est assuré par la présence d’un dispensaire avec un médecin et deux aides-soignantes et deux infirmiers il y en a deux autres qui sont en formations à la faculté de médecine et un autre médecin en formation en guinée. 152. Ils reçoivent des visites de la croix rouge chaque mois et les visites des familles programmer le lundi pour les détenus préventifs et les vendredis pour 32
les détenus condamnés. Il y a plusieurs nationalités parmi les prisonniers, ainsi il y a 365 djiboutiens, 115 éthiopiens, 24 somaliens, 4 érythréens (prisonniers de guerre) entre autres. Parfois il y a des migrants en détention ; il n y a qu’un seul condamné à perpétuité. 153. La prison a mis en place des petits programmes de formation, il y a une salle de classe et un atelier de couture pour les femmes et pour les hommes c’est la fabrication des parpaings. Au moment de la visite de la délégation, la prison accueillait, 13 mineurs en détention dont une fille détenue pour vol le plus jeune a 14 ans la majorité sont détenus pour viols et un seul pour crime ils ont tous djiboutiens, 9 sont en détention préventifs. Les autorités de la prison essayent d’identifier les mineurs scolarisés ou non afin de pouvoir les suivre convenablement. Depuis2010 il y a 13 bacheliers parmi les prisonniers. 2. VISITE DU CAMP DE REFUGIES D’ALI ADEH 154. Au cours de la visite du Camp de réfugiés d’Ali Adeh, la délégation a eu l’occasion d’échanger avec les réfugiés, sur leurs conditions de vie et leurs problèmes. La délégation s’est également entretenue avec les responsables du camp. Il y a trois principales communautés dans le camp ; les somaliens, communauté majoritaire qui est dans le camp; depuis 1991, les éthiopiens et les érythréens. 155. Les conditions de vie dans le camp sont plus ou moins acceptables. Néanmoins, les réfugiés se plaignent des rations qui ne sont pas suffisantes, il y a des cas d’anémie et de malnutrition parmi les enfants. Le camp est situé dans une zone montagneuse et les femmes et les enfants doivent aller chercher le bois de chauffe sur des longues distances. Il n’y a pas de terres arables et il est difficile de cultiver, ce qui les rend totalement dépendant du HCR. 156. Il y a des programmes de formation financés par l’OIM, mais il n’y a pas de débouché professionnel, ce qui fait qu’ils sont toujours à la charge du HCR. La reconnaissance des diplômes délivrés au sein du camp, par l’Etat djiboutien est également une préoccupation. D’autre concerne l’accès aux services de santés qui n’est pas satisfaisants, selon les réfugiés, depuis qu’une ONG a pris en charge la santé au sein du camp, la situation s’est dégradée. Par ailleurs, il n y a qu’une seule ambulance pour tout le camp. Les réfugiés sont divisé en trois grandes sections (somaliens, éthiopiens et érythréens) et les sections sont plus ou moins distantes des uns des autres, ils demandent à ce qu’il y est au moins une sage-femme par section, pour éviter certains drames. Le HCR a déclaré comprendre cette situation, mais qu’il n’y pouvait pas grand-chose, son budget santé a diminué du tiers depuis 2011 à 2015, cependant les réfugiés bénéficient d’une prise en charge totale sur le plan de la santé. 157. Les principales préoccupations diffèrent selon les communautés, ainsi la grande majorité des somaliens veulent être réinstallés et réfutent toutes 33
propositions de solutions durables au niveau locale. Les éthiopiens ne veulent pas être réinstallé, mais demandent à être autoriser à travailler sur le territoire djiboutien, car ils ne veulent pas être des mendiants internationaux à vie. Ils sont diplômés et ne demandent qu’à pouvoir subvenir à leurs besoins par euxmêmes. Certains ont déclaré à la délégation, que « lorsque vos enfants pensent études, les notre pensent ration et cela ne devrait pas être le cas ». Enfin, il ya le cas des soldats érythréens arrivés en 2012 suite au conflit armé entre Djibouti et l’Erythrée, qui ne sont pas éligibles au statut de réfugiés, du fait de leur statut de soldat. Le cas est assez problématique, car ils ne peuvent pas repartir par peur de représailles, mais ne peuvent demeurer indéfiniment sans un statut précis sur le sol djiboutien. 158. Il y a de plus en plus des candidats à la migration surtout chez la seconde génération des réfugiés, notamment ceux né dans les camps ; car les ne voient aucune autre issue pour changer leur situation. Le HCR a indiqué que les discussions étaient en cours avec l’Etat djiboutien afin qu’il accepte une intégration des réfugiés de long terme. F- RENCONTRE AVEC LES MEDIAS 159. La Chef de délégation, l’honorable Commissaire Sylvie Zainabo Kayitessi a donné une conférence de presse à la fin de la mission de promotion. Plusieurs journalistes de la presse écrite et de l’audiovisuel y ont pris part. Les échanges ont porté sur l’objet et le déroulement de la mission, ainsi que les observations préliminaires de la Commission. Le communiqué de presse de la mission a été mis la disposition des représentants des médias à la fin de la conférence de presse. 34
TROISIEME PARTIE I. OBSERVATIONS ET ANALYSE SUR LA SITUATION DES DROITS L’HOMME A DJIBOUTI 160. Cette partie du rapport présente les observations de la Mission concernant la situation des droits de l'homme à Djibouti sur la base des informations issus des échanges avec les différentes parties prenantes et des visites effectuées au cours de ladite mission. Ces observations sont classées en aspects positifs et négatifs. A. ASPECTS POSITIFS General 161. La Commission à constater les aspects positifs suivant au cours de sa mission de promotion, à savoir ; i. L'autorisation de la Mission de promotion en République de Djibouti témoigne de la volonté politique du gouvernement à coopérer et à s'engager auprès de la Commission dans la promotion et la protection des droits de l'homme de ses citoyens; ii. Les réunions et les séances de travail que la délégation a tenues avec les parties prenantes en charge de la promotion et la protection des droits de l'homme à Djibouti ainsi que les visites du camp de réfugiés et de la prison ont permis d'évaluer la situation des droits de l'homme dans le pays, notamment les progrès accomplis et les défis existants. Sur le plan normatif i. La volonté du Gouvernement djiboutien à promouvoir et renforcer la protection des droits de l'homme des djiboutien à travers la ratification d’un certain nombre d'instruments juridiques régionaux et internationaux relatifs aux droits de l'homme; comprenant : - la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples; la Charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant; Le Protocole portant création de la Cour africaine des droits de l'homme et des peuples; la Convention de l'OUA régissant les aspects spécifiques des problèmes des réfugiés en Afrique; le Pacte international relatif aux droits civils et politiques; le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels; la Convention relative aux droits de l'enfant; le Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l'enfant concernant l'implication d'enfants dans les conflits armés; le Protocole facultatif sur la vente, la Convention relative aux droits des personnes handicapées; le Protocole facultatif à la Convention relative aux droits des personnes handicapées, la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale; la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes; la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, 35
inhumains ou dégradants; la Convention (no 29) sur le travail forcé, 1930; la Convention sur la liberté syndicale et la protection du droit syndical, 1948 (n° 87); la Convention (no 97) sur les travailleurs migrants, 1949; la Convention (no 100) sur l'égalité de rémunération, 1951; la Convention (no 105) sur la suppression du travail forcé, 1957 et la Convention (no 111) sur la discrimination (emploi et profession), 1958. ii. L'adoption et l'examen d'un certain nombre de lois ayant une incidence positive sur la situation des droits de l'homme dans le pays, notamment: - Lors de la visite, la délégation a noté la surpopulation et la vétusté de la prison et a recommander à ce qu’elle soit rénovée et que les prisonniers aient plus d’espace, loi organique no1/AN/92/3ème L modifiant la loi relative aux élections ; loi organique no2/AN/92/2èmeL relative à la liberté de communication ,loi organique n°4/AN/93/2ème L fixant les règles d’organisation et de fonctionnement du Conseil constitutionnel ; loi no 174/AN/02/4ème L portant Statut des régions ;loi no140/AN/06/4ème L portant mise en place de la politique nationale de gestion des risques et des catastrophes ; loi no 48/AN/99/4ème L instaurant la nouvelle politique de santé ; loi no96/AN/OO/4ème L portant orientation du système éducatif ; loi no 133/AN/05/5ème L portant Code du Travail ; loi sur le statut particulier des fonctionnaires ; loi no 212/AN/07/5ème L portant création de la Caisse Nationale de Sécurité sociale ; loi no79/AN/04/5ème L portant Code de la nationalité ; décret no99-OO59/PRE portant création du Ministère chargé de la Promotion de la Femme ; du Bien-Être Familial et des Affaires Sociales (MPFBFAS) ; remplacer par loi de 2012, décret no2008-0093/PRE instituant le Secrétariat d’Etat chargé de la solidarité nationale ; loi no152/AN/02/4ème L portant Code de la famille ; loi no192/AN/02/4ème L imposant le système de quotas dans les fonctions électives et l’administration centrale en faveur des femmes ; loi no51/AN/99/4èmeL relative au Médiateur de la République ; décret n°2008-0103/PRE portant création de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH); loi n°210/AN/07/5èmeL relative à la lutte contre le trafic des êtres humains ; loi no106/AN/00/4ème L portant sur le cadre de l’environnement ; loi no59/AN/94 portant Code pénal ; loi no60/AN/94 portant Code de Procédure pénale ;loi organique n°16/AN/12/6eme L, portant modification de l’article 33 de la loi de 1992 relative aux élections. iii. La République de Djibouti a présenté ses rapports périodiques devant plusieurs organes/mécanismes relatifs aux droits de l'homme, dont la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples, le Conseil des droits de l'homme au titre de l'Examen périodique universel et le Comité pour l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes. iv. La création d'institutions nationales en vue de renforcer la promotion et la protection des droits de l'homme à l'échelle nationale, telle que la Commission nationale des droits de l'homme, le Bureau du Médiateur, le Bureau national d'assistance aux réfugiés et aux victimes de catastrophes; et le projet de mettre un place une Commission en charge des questions relatives à la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption. 36
v. vi. vii. Les diverses politiques et programmes mis en place ainsi que les activités qui ont été ou sont entreprises dans divers domaines pour respecter et remplir ses obligations en matière de droits de l’homme. L'engagement soutenu du gouvernement de continuer à promulguer des lois, d'établir des institutions et fournir des ressources afin d’améliorer la situation des droits de la personne. Le statut accordé aux instruments juridiques internationaux au niveau national. Spécifique Education i. Priorité donnée à l’éducation, par le Gouvernement, avec un budget de 23-24% ; ii. Rendre l’éducation légalement obligatoire pour tous les enfants, jusqu’à l’âge de 16 ans, en prévoyant des poursuites contre les parents/tuteurs qui ne respectent pas la loi ; iii. Récompenser des enseignants chaque année, à l’occasion des célébrations de la Journée nationale de l’Education, et mettre à disposition des logements et des facilités de prêt pour inciter les éventuels candidats à embrasser la profession d’enseignant ; iv. Création d’une école mère-enfant pour les sourds et les aveugles ; v. Mesures prises pour collaborer avec les parties prenantes dans le but de résoudre de manière définitive le problème du programme d’éducation des enfants réfugiés. Santé i. Prise en charge, par l’Etat et pour tous, de la totalité des coûts liés au traitement du VIH/SIDA, du paludisme et de la tuberculose. ii. Création d’Unités des droits de l’homme dans toutes les stations de police ; Promulgation, en 2001, d’une loi portant création du Haut Conseil de la Magistrature ; Augmentation du salaire des Magistrats, passé de 40 à 1640 dollars US , notamment grâce à des indemnités de logement, de transport, de communication et de connexion Internet ; Organisation d’audiences foraines dans le but essentiel de trancher les litiges familiaux. Justice iii. iv. v. Réfugiés i. Création d’une Institution nationale chargée de la question de la protection des réfugiés ; 37
ii. Engagement des autorités djiboutiennes en faveur de la protection des droits de l’homme et engagement de Djibouti à accueillir des réfugiés, en particulier ceux du Yémen, en sus des réfugiés à long terme de Somalie et d’Ethiopie. Femmes i. Création d’un ministère de la Femme ; ii. Intégration, dans le Code de la Famille, de dispositions qui autorisent la femme à demander le divorce et, par conséquent, lui permettent dorénavant de lancer une procédure dans ce sens ; iii. Création d’un fonds national de solidarité qui fournit un soutien aux femmes ; iv. Mise en œuvre de la politique du Gouvernement sur la planification familiale, la prévention des risques associés à la santé maternelle et infantile et diffusion des meilleures pratiques relatives à la petite enfance en collaboration avec le ministère de la Santé ; v. Adoption, en novembre 2002, d’une loi prévoyant que 10% au moins des fonctions électives ou des emplois supérieurs de l’Etat doivent être occupés par l’un ou l’autre genre ; Adoption, en juillet 2002, de la Stratégie nationale d’intégration des femmes dans le développement et signature, en novembre 2008, d’un Décret présidentiel aux termes duquel 20% au moins des emplois supérieurs de l’Etat doivent être occupés par des femmes ; Promulgation de lois pénalisant la pratique des MGF ; Augmentation du nombre de magistrates à 52%. vi. vii. viii. PVVIH i. Adoption d’une loi interdisant la stigmatisation des patients du SIDA et d’une loi protégeant les droits des personnes vivant avec le VIH/SIDA. i. Construction d’une nouvelle prison pour lutter contre le problème de la surpopulation carcérale ; Fourniture de 3 repas par jour aux prisonniers ; Fourniture de moyens de formation/éducation aux prisonniers ; Création d’une infirmerie gérée par des professionnels de la santé afin de prendre en charge la santé des prisonniers. Prisons ii. iii. iv. 38
B. DOMAINES DE PRÉOCCUPATION 162. Malgré les aspects positifs mentionnés ci-dessus, la Délégation est préoccupée par les nombreux défis identifiés dans différents domaines et qui freine la pleine réalisation et la jouissance des droits de l'homme par les djiboutiens, il s’agit notamment: Sur le plan normatif i. Nécessité d’accélérer la finalisation du le Code de l’enfant et son adoption ; ii. Djibouti n’a pas fait la déclaration prévue à l'article 34 (6) du Protocole à la Charte africaine des Droits de l'Homme et des Peuples portant création d’une Cour africaine des Droits de l'Homme et des Peuples pour reconnaître la compétence de la Cour à recevoir directement des plaintes initiées par des individus et des organisations non gouvernementales (ONG); iii. Manque de moyen dévolu au Comité interministérielle de rédaction des rapports et organiser des formations pour les secrétaires généraux et directeurs des ministères en collaboration avec la Commission nationale des droits de l’homme ; iv. La discrimination envers les femmes au niveau du système de la Charia, doit également être corrigée afin d’être en conformité avec les différents textes ratifiés par Djibouti, notamment le Protocole de Maputo. Administration de la justice i. La nécessité de mener des réformes sur la mise à jour de la carte judiciaire ; ii. Absence de centres de formation pour les magistrats et de formation continue pour le personnel judiciaire ; iii. Les longs délais de la détention préventive; iv. Difficultés d’accès au système d’assistance judiciaire gratuite pour les personnes vulnérables, démunies et celles poursuivies dans le cadre des procédures pénales; v. Absence d’une sur les droits de l’homme à l’endroit des de la police judicaire, et des agents de sécurité; vi. Nécessité d’augmenter la construction des tribunaux dans le pays en particulier dans les régions pour rendre la justice plus proche des justiciables. Santé i. ii. La faiblesse du budget alloué à la santé ; l’usage abusif du khat2 et les dégâts considérable qu’il cause, notamment la dépendance et les maladies comme le diabète et l’hypertension. 2 Le khat sont des feuilles dont la structure chimique, la cathinone ressemble beaucoup à celle des amphétamines, cependant malgré le danger qu’il représente pour la santé, il est toujours à légal à 39
iii. La lenteur dans la mise en place du processus de mise en place de l’assurance maladie universelle ; L’absence de mesures adéquates pour l’assainissement de l’eau. Difficulté d’accès aux services de santé pour tous les citoyens en particulier ceux des zones rurales. iv. v. Prisons i. ii. iii. iv. v. vi. La vétusté de la prison et le manque d’espace disponibles pour les prisonniers Mauvaises conditions sanitaires et hygiéniques; Problème de la surpopulation carcérale ; Absence d’infrastructures sportives permettant aux prisonniers de se distraire ; Absence de prisons spéciales pour les enfants ; Faible de la formation du personnel de prison. Femmes i. La poursuite de la pratique des MGF malgré l’interdiction de a loi; ii. Le problème des violences sexuelles à l’égard des femmes et la réticence de ses dernières à porter plainte; iii. La faiblesse des mesures pour faciliter l’accès des femmes à la santé sexuelle et reproductive; iv. La persistance des mariages forcés et précoces, malgré les mesures adoptées pour lutter contre le phénomène. Enfants i. ii. iii. La persistance de la malnutrition infantile; L’accroissement de la mendicité des enfants; Près de 25% d’enfants ne sont pas encore scolarisé. Liberté d’expression i. ii. iii. iv. Absence d’émissions radiotélévisées sur les droits de l’homme ; a presse privée pour un meilleur exercice de la liberté d’expression Assurer la protection des journalistes ; Prendre des mesures pour garantir un environnement concluant dans lequel la société civile pourra évoluer. Réfugiés Djibouti et cause de nombreuses maladies telles que le diabète, les cancers de la bouche et de la gorge, la paranoïa etc. 40
i. ii. Le problème de l’insécurité dans les camps de réfugiés, particulièrement pour les femmes; La nécessité d’une plus forte implication du Ministère de l’intérieur dans sa collaboration avec le HCR en vue de l’adoption de solution durable pour les réfugiés de long terme; Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) i. ii. iii. Nécessité de se mettre en conformité avec les principes de Paris ; Faiblesse des capacités humaines, matérielles, techniques et financières de la CNDH Faible implication dans la vulgarisation des instruments universels et régionaux relatifs aux droits de l’homme ; Société civile i. II. Quoiqu’elle a pu rencontrer l’Union nationale des femmes djiboutienne, cette organisation n’est pas représentatif de la société civile, la Délégation n’a donc pas pu évaluer le niveau de celle-ci et constater s’il existe une société civile capable d’accompagner convenablement l’Etat dans son travail. CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS 163. La Délégation a constaté des notables progrès, cependant il apparait que la république de Djibouti fait encore face à des nombreux défis qui nécessitent la mise en place de mesures idoines afin de garantir la protection et le respect effectifs des droits de l’homme dans le pays c’est dans cet objectif que les recommandations suivantes sont formulées à l’endroit des autorités djiboutiennes et de ses partenaires. Sur le plan normatif i. ii. iii. iv. Finaliser le Code de l’enfant et son adoption ; Prendre les mesures nécessaires pour ratifier les instruments régionaux et internationaux des droits humains qui n’ont pas encore été ratifiés ; Faire la déclaration prévue à l'article 34 (6) du Protocole à la Charte africaine des Droits de l'Homme et des Peuples portant création d’une Cour africaine des Droits de l'Homme et des Peuples pour reconnaître la compétence de la Cour à recevoir directement des plaintes initiées par des individus et des organisations non gouvernementales (ONG); Poursuivre la mise à jour de la présentation des rapports aux différents mécanismes des conventions ratifiés par la République de Djibouti ; 41
v. Financer le Comité interministérielle de rédaction des rapports et organiser des formations pour les secrétaires généraux et directeurs des ministères en collaboration avec la Commission nationale des droits de l’homme. Administration de la justice i. ii. iii. iv. v. vi. Entreprendre des réformes sur la mise à jour de la carte judiciaire ; Créer un centre de formation pour les magistrats et instituer la formation continue pour le personnel judiciaire ; Prendre les mesures nécessaires afin de respecter les délais de la détention préventive telle prescrite par la loi ; Prendre des mesures nécessaires afin de rendre le système d’assistance judiciaire gratuite pour les personnes vulnérables, démunies et celles poursuivies dans le cadre des procédures pénales plus performant ; accessible et connu de tous ; Prendre des mesures nécessaires pour la formation de la police judicaire, les agents de sécurité sur les droits de l’homme ; Augmenter la construction des tribunaux dans le pays en particulier dans les régions pour rendre la justice plus proche des justiciables. Santé i. ii. iii. iv. Consacrer 15% du budget national à la santé comme le requiert la Déclaration d’Abuja ; Accélérer les processus de la mise en en place l’assurance maladie universelle ; Prendre les mesures nécessaires pour l’assainissement de l’eau. Faciliter l’accès de la santé pour tous les citoyens en particulier dans les zones rurales. Éducation i. ii. iii. Poursuivre les efforts pour l’accès à l’éducation à tous les citoyens en particulier les filles ; Construire un centre de formation pour les métiers du droit ; Poursuivre les efforts pour la scolarisation des enfants réfugiés et la validation de leurs diplômes par l’Etat djiboutien. Prisons i. ii. iii. Rénover la prison et donner plus d’espace aux prisonniers Améliorer les conditions sanitaires et hygiéniques dans les prisons ; Résoudre définitivement le problème de surpopulation carcérale ; 42
iv. v. vi. Mettre sur pied des infrastructures, notamment sportives permettant aux prisonniers de se distraire ; Construire des prisons spéciales pour les enfants ; Renforcer et améliorer la formation du personnel de prison. Femmes i. ii. iii. iv. v. vi. Poursuivre la lutte contre les mutilations génitales féminines ; Prendre les mesures nécessaires pour mieux lutter contre les violences sexuelles à l’égard des femmes et encourager ses dernières à porter plainte en mettant toute l’assistance requise à leur disposition ; Prendre des mesures appropriées afin de renforcer la scolarisation des femmes et faciliter davantage leur accès à la santé sexuelle et reproductive; Renforcer les mesures existantes pour lutter contre les mariages forcés et précoces. Poursuivre les efforts faits en faveur de la présence des femmes dans les instances de prise de décisions. Renforcer tous les efforts faits sur la question de l’autonomisation de la femme. Enfants i. ii. iii. Prendre les mesures nécessaires pour lutter contre la malnutrition infantile; Lutter contre la mendicité des enfants ; Lutter contre toutes les formes d’exploitation et abus contre les enfants. Liberté d’expression i. ii. iii. iv. v. Prévoir des émissions radiotélévisées sur les droits de l’homme ; Prendre toutes les mesures nécessaires en vue de garantir pleinement la liberté d’expression à tous ; Encourager la presse privée pour un meilleur exercice de la liberté d’expression Assurer la protection des journalistes ; Prendre des mesures pour garantir un environnement concluant dans lequel la société civile pourra évoluer. Réfugiés i. ii. iii. Prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité dans les camps de réfugiés, particulièrement pour les femmes; Renforcer l’implication du Ministère de l’intérieur dans la collaboration avec le HCR en vue de l’adoption de solution durable pour les réfugiés de long terme; Garantir le droit à l’éducation des réfugiés; 43
iv. Faciliter l’accès des réfugiés aux terres arables en vue de leur permettre de subvenir à leurs besoins alimentaires avec le soutien du HCR. Commission nationale des droits de l’homme i. ii. iii. iv. v. vi. Prendre toutes les mesures nécessaires afin de rendre la CNDH conforme aux principes de Paris ; Renforcer les capacités humaines, matérielles, techniques et financières de la CNDH Soumettre des projets auprès des partenaires afin d’obtenir les moyens financiers et matériels lui permettant de réaliser son mandat ; Contribuer à la vulgarisation des instruments universels et régionaux relatifs aux droits de l’homme ; Faire une demande auprès de la Commission afin d’obtenir le statut d’affilié ; Exercer son mandat avec impartialité. Société civile i. ii. Accroitre les efforts dans la protection des droits de l’homme Postuler afin d’obtenir le statut d’observateur auprès de la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples. Union Africaine i. Prendre les dispositions nécessaires pour appuyer la République de Djibouti dans l’accueil et la prise en charge des Réfugiés. Agences du système des Nations Unies HCR ii. iii. Augmenter son budget afin de mieux assurer la protection des droits des réfugiés ; Renforcer son personnel afin de mieux gérer l’augmentation du nombre de réfugiés à Djibouti. UNICEF i. ii. iii. Poursuivre ses efforts visant à lutter contre la déscolarisation des enfants, Continuer les programmes de lutte contre la malnutrition; Renforcer les efforts pour la protection des droits des enfants en conformément aux conventions ratifiés par le pays. 44
PNUD i. Poursuivre et renforcer la collaboration avec le gouvernement et la société civile à travers divers projets de développement. 45

Created 16 juin 2026 · Edited 30 juin 2026