Rapports de Mission

RAPPORT DE LA MISSION DE PROMOTION EN ANGOLA 19-26 AVRIL 2010

Fr-Rapport de Mission en Angola_ 19-26 april 2010.pdf
AFRICAN UNION UNION AFRICAINE UNIÃO AFRICANA African Commission on Human & Peoples’ Rights Commission Africaine des Droits de l’Homme & des Peuples 31 Bijilo Annex Layout, Kombo North District, Western Region, P. O. Box 673, Banjul, The Gambia Tel: (220) 4410505 / 4410506; Fax: (220) 4410504 E-mail: achpr@achpr.org; Web www.achpr.org PROJET DE RAPPORT DE LA MISSION DE PROMOTION EN ANGOLA Page 1 19-26 AVRIL 2010 1
République d’Angola / Republica de Angola Page 2 Carte de la République d’Angola 2
REMERCIEMENTS La Commission Africaine voudrait exprimer sa gratitude au Gouvernement et aux plus Hautes Autorités de la République de l’Angola pour avoir bien voulu accueillir, une mission de promotion dans le pays, du 19 au 26 Avril 2010 et pour avoir mis à la disposition de la délégation, toutes les facilités nécessaires ainsi que le personnel requis pour le bon déroulement de la mission. Elle adresse ses sincères remerciements en particulier à son excellence Mr. Assuncao dos Anjos, Ministre des Relations Extérieures, pour sa disponibilité et sa sollicitude, durant tout le temps de la mission. Page 3 Les remerciements de la Commission Africaine vont également à l’Ambassadeur, Mr. NELSON M. Cosme, Directeur du département Afrique et Moyen Orient et à Mr. Aguinaldo Baptista, point focal/droits humains en Afrique au Ministère des Relations Extérieures, pour les efforts qu’ils ont déployés en vue de garantir le succès de la mission. 3
LISTE DES ABBREVIATIONS AGOA: l’African Growth and Opportunity Act, AN : l’Assemblée Nationale, CADHP : Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, CEDAW : Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes, FIFA : Fonds international de développement agricole, FLEC : Front de libération de l’enclave du Cabinda, FMI : Fonds monétaire international, HCR : Haut Commissariat aux refugiés, MPLA : Mouvement populaire de libération de l’Angola, OUA : Organisation de l’Unité Africaine, ONG : Organisations Non Gouvernementales, OPEP : l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, OIM : l’Organisation internationale pour les migrations, PNUD : Programme des Nations Unies pour le développement, UNWGAD : Groupe de travail des Nations Unies sur les détentions arbitraires, Fonds des Nations Unies pour l’Enfant, UNITA : l’Union Nationale pour l’Indépendance Totale de l’Angola, Page 4 UNICEF : 4
TABLE DES MATIERES INTRODUCTION----------------------------------------------------------------------Paragraphe 1 à 9 INFORMATION DE BASE SUR LA REPUBLIQUE D’ANGOLA--------------------- 10 à 28 Population, géographie, climat et économie Ressources naturelles Catastrophes naturelles Economie SITUATION GENERALE DES DROITS DE L’HOMME EN ANGOLA---------------29 à 56 Droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de la personne Administration de la justice et Etat de droit Liberté de circulation Liberté de religion ou de croyance, d’expression, d’association et de réunion pacifique et droit de participer à la vie publique et politique Droit au logement et expulsions forcées Égalité hommes-femmes et institutions sociales en Angola Code de la famille Intégrité physique Droit de propriété Libertés civiles Informations sur la ratification d’instruments des droits de l’homme TERMES DE REFERENCE DE LA MISSION EN ANGOLA----------------------------57 à 59 DEROULEMENT DE LA MISSION EN ANGOLA----------------------------------------60 à 181 Entretien avec l’ambassadeur Nelson M. Cosme, directeur du département Afrique et moyen orient au ministère des relations extérieures Entretien avec le ministre des relations extérieures Mr. Assuncao Dos Anjos Entretien avec le président de l’assemblée nationale, Mr Antonio Paulo Cassoma Entretien avec le groupe parlementaire de l’opposition Entretien avec le groupe de femmes parlementaires Entretien avec la commission interdisciplinaire chargée de l’élaboration des rapports périodiques Page 5 Entretien avec le secrétaire général du Mouvement pour la Libération totale de l’Angola (MPLA), Mr. Juliao Mateus Paulo 5
Entretien avec le ministre de la famille et de la promotion de la femme Mme Genoveva Line Entretien avec la secrétaire d’Etat aux droits de l’homme Mme Ana Celeste Januarior Entretien avec le vice-ministre de la justice Entretien avec le Vice-ministre de l’intérieur DR. JOSE BAMOQUINA ZAU Entretien avec le directeur de l’immigration Entretien avec le procureur général Mme. Joao Maria Moreira de Souza Entretien avec le bâtonnier de l’ordre des avocats Entretien avec la coordonatrice des Nations Unies, Mme Jocelline Bazile-Finley Entretien avec le médiateur de la République MR. PAULO TJIPILIKA. Entretien avec l’association des femmes juristes de l’Angola Entretien avec l’organisation de la femme angolaise Entretien avec le maire de Luanda, Governadora Senhora Francisca Do Espirito Santo Visite à l’hôpital général de Luanda : commémoration de la journée mondiale de lutte contre le paludisme Visite à la municipalité de Viana et au centre de conseil familial Visite de la maison de détention pour femmes de Viana Séance de débriefing avec le ministère des affaires étrangères OBSERVATIONS ET ANALYSE DE LA CADHP--------------------------------------182 à 195 FACTEURS DE SATISFACTION-------------------------------------------------------196 (i à xxiii) Page 6 POINTS DE PREOCCUPATION------------------------------------------------------------197 à 198 RECOMMANDATIONS------------------------------------------------------------------- 199 (i à xxiv) 6
INTRODUCTION 1. La Charte Africaine des Droits de l’homme et des Peuples (la Charte africaine) est entrée en vigueur le 21 octobre 1986 après ratification par le nombre requis d’Etats parties. Elle établir en ses articles 30 et suivants, la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (la Commission africaine ou CADHP). Les premiers membres de la Commission africaine ont été élus lors de la 23ème Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’OUA en juillet 1987 rendant ainsi possible la tenue de la session inaugurale en novembre 1987 à Addis Abéba. Depuis 1989, la Gambie a été choisie pour abriter le siège de la CADHP. 2. Aux termes de la Charte africaine, la Commission africaine a pour mandat, entre autres, de promouvoir les droits de l’homme et les libertés fondamentales garantis par la Charte africaine; d’en assurer la protection ; de veiller au suivi de la mise en œuvre de la Charte ; d’interpréter les dispositions de la Charte africaine; et d’émettre des avis juridiques à la demande de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement et d’émettre des avis juridiques à la demande de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement. 3. L’Article 45 de la Charte Africaine investit la Commission africaine de la mission de promouvoir les droits de l’homme et des peuples notamment à travers des recherches, des études et des visites dans les Etats parties afin de recueillir des informations sur la mise en œuvre de la Charte et en vue de formuler des principes et des règles pouvant servir de base dans l’élaboration de législations et de politiques dans le domaine des droits de l’homme. 4. L’Angola a régulièrement ratifié la Charte Africaine, le 02 Mars 1990 et s’est par conséquent engagé à coopérer pleinement avec la Commission Africaine, notamment dans le cadre des missions de promotion sur son territoire. Page 7 5. La présente mission s’est déroulée du 19 au 26 Avril 2010 en République d’Angola et s’inscrit dans le cadre de l’exécution du mandat de promotion de la Commission Africaine. 7
Information générale sur l’Angola 1. L’Angola 1, officiellement connu sous le nom de République d’Angola, est un pays situé en Afrique australe qui partage ses frontières avec la Namibie au sud, la République Démocratique du Congo au nord et la Zambie à l’est. Il est bordé à l’ouest par l’Océan Atlantique. L’enclave de la province de Cabinda est frontalière de la République du Congo et de la République Démocratique du Congo. 2. Du 16ème siècle jusqu’en 1975, année où il accéda à l’indépendance, l’Angola était une colonie portugaise. De 1975 à 2002, le pays a connu une guerre civile fratricide, longue et intense opposant le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA), dirigé par José Eduardo Dos Santos, l’actuel Président de la République d’Angola et, l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (UNITA) dirigée par Jonas Savimbi. 3. En 1994, un accord de paix signé entre le gouvernement (MPLA) et l’UNITA permit l’intégration des anciens insurgés de l’UNITA dans le gouvernement et les forces armées. Un gouvernement d’unité nationale fut instauré en avril 1997 mais de graves combats reprirent à la fin de l’année 1998 avec leur cortège de morts et de sans abris. Selon certaines sources, environ 1,5 million de personnes auraient péri dans les combats durant le dernier quart de siècle. La mort du chef insurgé de l’UNITA, Jonas Savimbi, en 2002, et le cessez-le-feu qui s’ensuivit, avaient été considérés comme annonçant de bons augures pour la paix et le développement dans le pays. 4. Il faut signaler la présence d’un groupe de guérilla séparatiste toujours actif dans l’enclave du Cabinda au nord.[4] Environ 65 % du pétrole de l’Angola provient de cette région. En août 2006, un traité de paix fut signé avec une faction du Front de libération de l’enclave du Cabinda (FLEC). Page 8 5. En septembre 2008, des élections législatives ont été organisées à la suite desquelles le MPLA sous la direction de José Eduardo Dos Santos remporta 81,6 % des sièges, pendant que l’UNITA en gagnait 10,4 %. Les élections présidentielles qui étaient supposées se tenir en 2009, ont été par la suite reportées. En janvier 2010, le Parlement a adopté une nouvelle Constitution qui 1 http://en.wikipedia.org/wiki/Angola 8
a supprimé les élections présidentielles. Désormais, c’est le chef du parti qui remporte les élections législatives qui devient le Président de la République. Cette modification constitutionnelle garantit le maintien du Président Dos Santos au pouvoir jusqu’aux prochaines élections législatives prévues en 2012. POPULATION, GEOGRAPHIE, Climat et économie 6. La République d’Angola a une population de 10.593.171 habitants (estimation de juillet 2002) avec pour capitale Louanda En chiffres désagrégés, la population angolaise se décompose comme suit selon des données statistiques de 2002: • Structure d’âge : 0-14 ans : 43,3 % (hommes : 2.318.326, femmes : 2.272.726) ; • 15-64 ans : 53,9 % (hommes : 2.904.595, femmes : 2.806.430) ; • 65 ans et plus : 2,8 % (hommes : 131.316, femmes : 159.778) ; • Taux de croissance de la population : 2,18 % ; • Taux de natalité : 46,18 naissances/population de 1.000 ; • Taux de mortalité : 24,35 décès/population de 1.000; • Taux de mortalité infantile : 191,66 décès/1.000 naissances vivantes; 7. Le peuple angolais est composé de plusieurs groupes ethniques, notamment : Ovimbundu : 37 %, Kimbundu : 25 %, Bakongo : 13 %, Métis : 2 %, Européens 1 %, Autres : 22 %. 8. En matière de cultes religieux, les Angolais sont composés comme suit : Croyances autochtones : 47 %, Catholiques romains : 38 %, Protestants : 15 % ; 9. Les langues parlées sont le Portugais (langue officielle), le Bantou et d’autres langues africaines. Ressources minières : 10. L’Angola est le deuxième producteur de pétrole et de diamant en Afrique subsaharienne. En plus du pétrole et du diamant, on y trouve du fer, du phosphate, du cuivre, de l’or, du bauxite et de l’uranium. Economie 2 Page 9 11. Malgré la croissance rapide de l’économie essentiellement due à l'extraordinaire boom pétrolier, l’existence d’abondantes ressources naturelles et l’augmentation du PIB par habitant, l’Angola était classé 146ème sur 169 pays dans l’Indice de 2 http://www.traveldocs.com/ao/economy.htm 9
développement humain 2010 du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) 3. Selon les estimations du Fonds monétaire international (FMI), le PIB réel de l’Angola a augmenté de 16 % en 2008. Mais la croissance du PIB en 2009 est restée au point mort en raison de la baisse significative des cours du pétrole due à la crise financière mondiale. Les premières projections pour 2010 font entrevoir que l’Angola retrouvera à nouveau une croissance réelle à deux chiffres. Le pays est encore en train de se remettre de ses années de guerre, presque continue. L’agriculture de subsistance fait vivre un tiers de la population. 12. Le secteur pétrolier en rapide expansion a atteint le cap établi par l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) de 2 millions de barils par jour en 2008. Mais la production angolaise a été réduite à 1,51 million de barils par jour en janvier 2009 par un mandat de l’OPEP en réponse à la chute des cours du pétrole. La production pétrolière demeure largement offshore et n’a guère de liens avec les autres secteurs de l’économie bien qu’une initiative relative à la teneur en éléments d'origine locale promulguée par le gouvernement angolais appelle les compagnies pétrolières à s’approvisionner auprès des entreprises locales. Le gouvernement appelle aussi les compagnies pétrolières à augmenter le nombre d’employés angolais. 13. Le diamant constitue la majorité des autres exportations de l’Angola avec une production annuelle de 6 millions de carats. Mais la crise financière a fait lourdement chuter les cours du diamant en 2009, réduisant subitement les exportations en diamant et obligeant à un certain moment l’Entreprise nationale des diamants d’Angola, Endiama, à acheter toute la production pour faire des réserves et maintenir les opérateurs en action. La vente de diamants a été approximativement de 1,1 milliard USD en 2006. 14. Pendant les dix dernières années de la période coloniale, l'Angola était un important exportateur agricole africain. A cause de la guerre, ayant entraîné le déplacement massif des populations rurales ainsi que la pose de mines antipersonnel, dans tout le pays, les activités agricoles ont été presque paralysées et le pays importe aujourd’hui plus de la moitié de ses besoins alimentaires. La production agricole à petite échelle a décuplé au cours des 5 dernières années grâce aux efforts de déminage, à l'amélioration des infrastructures et à la possibilité pour les rapatriés et les personnes déplacées, de retourner en toute sécurité dans les zones agricoles. Toutefois la production de la plupart des cultures vivrières, reste inférieure à celles de 1974. Page 10 15. Une initiative de réforme économique lancée en 1998 n’a enregistré qu’un succès limité, à cause de plusieurs facteurs endogènes. En avril 2000, l’Angola a été placé sous un programme de contrôle (SMP) du FMI. Le programme a pris fin en juin 2001, mais les progrès enregistrés ne sont pas significatifs. Dans le cadre du programme, le Gouvernement de l’Angola a réussi à unifier les taux de 3 www.undp.org 10
change et à rapprocher les prix du combustible, de l'électricité et de l'eau des taux du marché. En mars 2007, le gouvernement a annoncé qu’il ne souhaitait pas un programme formellement structuré du FMI mais qu’il continuerait à participer aux consultations et aux autres assistances techniques sur une base ponctuelle au titre de l’Article IV des dispositions du FMI. En novembre 2009, à la suite des efforts déployés par l'Angola pour accroître la transparence des recettes pétrolières, le FMI a approuvé un “Accord de confirmation” (SBA) de 27 mois avec l’Angola d’un montant d’environ 1,4 milliards USD pour aider le pays à faire face aux effets de la crise économique mondiale. 16. En décembre 2002, le Président de la République a procédé à la nomination d’une nouvelle équipe chargée de superviser les efforts des réformes en cours. Cette équipe a réussi à réduire les dépenses globales du gouvernement en rationalisant le taux de change du Kwanza, en comblant les vides réglementaires qui autorisaient les dépenses extrabudgétaires et en intégrant toutes les recettes dans le budget de l’Etat. De nouvelles procédures ont été mises en œuvre pour suivre les flux d’argent entre le Trésor, la Banco Nacional de Angola (la banque centrale) et la Banco de Poupança e Credito, la banque d’Etat qui gère le budget. 17. L’Angola est le troisième partenaire commercial des Etats-Unis en Afrique subsaharienne, essentiellement en raison de ses exportations de pétrole. Les exportations américaines vers l’Angola sont essentiellement composées de produits et services industriels tels que le matériel pour les champs pétrolifères, le matériel d’exploitation minière, les produits chimiques, les avions et les produits alimentaires. Le 30 décembre 2003, le Président George W. Bush a approuvé l'éligibilité de l'Angola à la préférence douanière dans le cadre de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA). COMPOSITION DE LA DELEGATION Page 11 18. La délégation était composée de la Commissaire Me. Soyata MAIGA membre de la Commission Africaine chargée de la promotion des droits de l’homme en Angola et Rapporteure Spéciale sur les Droits de la Femme en Afrique. Elle était assistée par Mr. Chafi Bakari, Conseiller Juridique Principal au Secrétariat de la Commission Africaine et de Mme Mampurane Caron Kgomo, Assistante Technique de la Rapporteure Spéciale. La mission s’est déroulée sous forme de rencontres et d’entretiens avec les autorités politiques et administratives, et les autres acteurs impliqués dans la promotion et la protection des droits de l’homme en Angola. 11
TERMES DE REFERENCE DE LA MISSION EN ANGOLA 19. La mission en République d’Angola vise à renforcer les relations de la CADHP avec l’Etat-partie, dans le domaine de la promotion et la protection des droits garantis par la Charte Africaine et les autres instruments juridiques nationaux, régionaux et internationaux pertinents. L’objectif principal est de rencontrer tous les acteurs concernés, dans le cadre d’un dialogue constructif autour des questions d’intérêt commun. Il s’agira aussi de poursuivre le dialogue initié avec les autorités angolaises, lors de la dernière mission de la Commission Africaine, effectuée en 2002, sur les progrès réalisés et les défis rencontrés dans la mise en œuvre effective des droits de l’homme en Angola. 20. De façon spécifique, la mission a pour objectifs de : Engager le dialogue avec le Gouvernement de la République d’Angola sur les mesures législatives et autres prises pour donner plein effet aux dispositions de la Charte Africaine, des Protocoles y afférent et des autres instruments régulièrement ratifiés;  Echanger avec le Gouvernement de la République d’Angola sur les défis auxquels il est confronté dans la satisfaction par les citoyens angolais de leurs droits humains et l’assistance que pourrait lui apporter la Commission africaine ;  Rencontrer les autres acteurs impliqués dans le domaine des droits de l’homme en vue d’échanger, sur leurs programmes ainsi que sur leur appréciation de la situation des droits de l’homme dans le pays ;  Disséminer la Charte Africaine, le Protocole de Maputo,, les résolution sur l’octroi du statut d’observateur aux ONG ainsi que les autres instruments juridiques pertinents du système africain des droits de l’homme;  Faire connaître les mécanismes spéciaux de la Commission Africaine, à travers leur composition et leur mandat et donner des informations sur les activités des Rapporteurs spéciaux en soulignant l’importance d’établir une synergie entre ces mécanismes et les ONG de défenseurs des droits de l’homme et les associations de femmes;  Obtenir des informations actualisées sur le statut de la femme angolaise et sur la situation des défenseurs des droits de l’homme quant au niveau de jouissance des droits garantis par la Charte africaine et les autres instruments pertinents des droits de l’homme ; Page 12   Obtenir des informations sur les programmes, les plans d’action, les réformes juridiques et toutes autres mesures en cours, au plan national, ayant un impact 12
sur la vie des femmes ainsi que sur les progrès effectivement enregistrés en faveur de cette couche vulnérable de la société;  Encourager une collaboration plus étroite entre la Commission africaine, l’Etatpartie d’une part et entre la Commission africaine et les organisations de la société civile, d’autre part, notamment à travers la participation régulière aux sessions ordinaires et aux autres activités;  Discuter de l’état de mise en œuvre des recommandations contenues dans le rapport de la mission effectuée par la Commission Africaine du 27 septembre au 2 octobre 2002;  Encourager le Gouvernement angolais à présenter régulièrement ses Rapports périodiques, conformément à l’Article 62 de la Charte Africaine, en relevant les défis rencontrés et en veillant à illustrer les progrès réalisés dans la mise en œuvre des droits de l’homme, notamment par la mise à disposition de données statistiques actuelles. DEROULEMENT DE LA MISSION EN ANGOLA 21. La mission a débuté par une interview organisée, dans les salons de l’aéroport de Luanda par l’Agence Angolaise de Presse, lors l’arrivée de la délégation. L’interview qui a été conduite par Mr John Manuel Damba, journaliste à ladite agence, a tourné autour des objectifs de la mission en Angola et des perspectives futures quant aux axes de collaboration que la Commission Africaine entend développer avec l’Etat-partie. 22. La mission s’est déroulée sous forme d’entretiens, et de séances de travail avec les plus hautes Autorités Angolaises ainsi qu’avec les acteurs engagés dans la promotion et la protection des droits de l’homme en Angola. Pour des raisons de calendrier, la délégation n’a pu se rendre à l’intérieur du pays, mais elle a pu visiter les quartiers périphériques de la capitale et certaines réalisations socio économiques d’envergure, en cours d’achèvement. 23. Chacune des rencontres a débuté par un bref exposé sur les objectifs de la mission en Angola, la présentation de la Commission Africaine à travers notamment, son organisation, sa composition, son mandat, son fonctionnement, et ses mécanismes spéciaux. Les échanges ont porté également sur les progrès qu’elle a réalisés depuis sa création, les défis auxquels elle fait face ainsi que sur la nécessité d’établir une meilleure collaboration avec les Etats- parties, dans la perspective de les engager davantage dans le combat en faveur de la protection des droits de l’homme sur le continent. Page 13 24. La mission en République d’Angola a bénéficié d’une très large couverture médiatique à travers la presse écrite et audio-visuelle d’état. C’est ainsi que chaque réunion ou séance de travail a été clôturée par une interview accordée par la 13
délégation à la section de l’Agence Angolaise de Presse de l’institution, du département ministériel ou de l’organe concerné. 25. La rencontre prévue avec les ONG de défense des droits humains n’a pu avoir lieu en raison du fait que certaines semble-t-il, n’étaient pas régulièrement enregistrées. Toutefois la délégation a pu échanger avec des représentants d’ONG ayant le statut d’observateur auprès de la CADHP. REUNIONS TENUES AU COURS DE LA MISSION SEANCE DE BRIEFING AVEC L’AMBASSADEUR NELSON M. COSME, DIRECTEUR DU DEPARTEMENT AFRIQUE ET MOYEN ORIENT AU MINISTERE DES RELATIONS EXTERIEURES 26. La délégation a débuté la mission de promotion par une séance de briefing avec Mr. Nelson Cosme, Directeur du département Afrique et Moyen Orient. Au cours de cet entretien, la Commissaire MAIGA, a adressé les remerciements de la Commission Africaine au gouvernement de l’Angola, pour avoir accepté d’accueillir la mission malgré son calendrier chargé. Elle a informé Mr. le Directeur qu’elle conduisait cette mission en sa qualité de Commissaire Chargée de la promotion des droits de l’homme en Angola. Elle lui a présenté les termes de référence et a exprimé le souhait de voir élaborer un programme de travail et de visite, adapté auxdits termes de référence. 27. Elle a expliqué les différentes étapes de la mission de promotion qui visent entre autres, à renforcer le dialogue constructif que la Commission Africaine entretient avec les Etats parties, et à donner une bonne visibilité du travail de la Commission et de ses mécanismes qui restent encore mal connus des autorités et des populations africaines. Page 14 28. Elle a mis l’accent sur l’importance pour la délégation de rencontrer des représentants du Gouvernement et des institutions de la République et d’échanger avec tous les autres acteurs de la société civile pour s’informer largement sur les progrès réalisés dans le domaine de la promotion et de la protection des droits de l’homme en Angola, et sur les défis auxquels ils restent confrontés dans la mise en œuvre effective des droits et libertés garantis dans la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples et les autres instruments juridiques pertinents ratifiés par l’Angola. 29. La Commissaire MAIGA a ensuite procédé à la présentation de la Commission Africaine qui est le principal organe africain de promotion et de protection des 14
droits de l’homme et des peuple, en insistant sur la qualité de l’expertise qu’elle a su développer depuis 20 ans et dont, l’Angola peut s’inspirer dans l’élaboration et la mise en œuvre de programmes et de stratégies novatrices pour une meilleure protection des droits des citoyens. 30. Suite à l’intervention de la Commissaire Maiga, Mr. Nelson Cosme a souhaité la bienvenue à la délégation et l’a informée de l’implication de son département dans la préparation de la mission, en raison du bénéfice que son pays peut tirer des enseignements qui découleront des échanges entre les plus hautes autorités et les membres de la Commission. 31. Mr. Nelson a relevé l’importance que revêt la mission de la CADHP pour l’Angola, au moment où le pays s’est engagé dans la voie de la reconstruction des institutions détruites lors des événements douloureux qu’a connu le pays. Il a informé la délégation de l’existence d’une commission technique composée de membres de la société civile et de représentants du gouvernement chargée de l’élaboration des rapports périodiques de l’Angola. Il a fait noter l’implication de son pays dans la préparation du projet de la Charte africaine de la démocratie, des Elections et de la Gouvernance en Afrique. 32. La Commissaire Maiga a mis l’accent sur l’importance pour la délégation d’avoir des informations sur ce qui a été fait par l’Angola pour mettre en œuvre les recommandations contenues dans le rapport de la dernière mission effectuée en 2002. Elle a ensuite abordé la question de la ratification des nouveaux instruments juridiques régionaux. Elle a en outre formulé les vœux de voir l’Angola abriter une session prochaine de la Commission africaine. RENCONTRE AVEC LE MINISTRE DES RELATIONS EXTERIEURES Mr. ASSUNCAO DOS ANJOS 33. Cet entretien a eu lieu en présence de plusieurs collaborateurs de Mr. le Ministre dont Mr. Nelson M. Cosme, Directeur Afrique et Moyen Orient et le Secrétaire d’Etat aux Affaires politiques, Mr. Georges Chicoty. Page 15 34. Dans son mot introductif, Mr. le Ministre a exprimé les attentes de son Gouvernement quant aux conclusions de la mission, ceci, pour améliorer l’observance des droits de l’homme en Angola. Il a indiqué que son pays s’est non seulement doté d’une nouvelle constitution qui comporte des dispositions pertinentes, relatives aux droits de l’homme, mais il a mis en place également des institutions de mise en œuvre des instruments pertinents des droits de l’homme ratifiés par l’Angola. Parmi ces institutions, on peut citer notamment, les directions des droits de l’homme créée au sein de chaque Ministère, le médiateur de la République, le Centre du Conseil National pour famille. Il a souligné la volonté 15
des plus hautes autorités de respecter de la parité entre hommes et femmes au niveau des organes de prise de décisions, et ce, même dans les domaines traditionnellement réservés aux hommes. Ainsi par exemple, le Maire de Luanda est une femme a-t-il souligné. 35. Prenant la parole, la Commissaire Maiga a commencé par un bref exposé sur les objectifs de la mission en Angola, et une présentation de la Commission Africaine des droits de l’homme et des peuples à travers notamment son organisation, sa composition, son fonctionnement, ses mécanismes spéciaux, les progrès qu’elle a réalisés depuis sa création, les défis auxquels elle fait face ainsi que ses perspectives d’avenir. Elle a évoqué les efforts de l’Angola dans la pacification du pays en insistant sur la nécessité de consolider la culture de la paix, en tant que gage d’un développement durable. Elle a relevé le nombre de rapports périodiques dus par l’Angola, en rappelant que les Etats parties étaient autorisés à les combiner. 36. Elle a exhorté par la suite les autorités angolaises à prendre les mesures nécessaires en vue de la ratification des instruments non encore ratifiés par l’Angola à savoir le protocole à la Charte africaine sur l’établissement d’une cour africaine des droits de l’homme. Elle a par ailleurs relevé la nécessité de se servir de l’expertise développée par la Commission Africaine dans l’élaboration de programmes et politiques relatifs aux droits de l’homme. La Commissaire a souligné que l’importance des visites dans les pays est de toucher du bout des doigts ce qui est fait et de relever par la même occasion les valeurs positives africaines dans le but d’échanger les bonnes expériences et pratiques sur la mise en œuvre de la Charte africaine. 37. Le Ministre a conclu en relevant que le développement humain est une vision et un objectif que le gouvernement Angolais s’est fixé d’atteindre car sa plus grande richesse est constituée de ses hommes et femmes. Il a souligné que les autorités étaient préoccupées par la recherche de solutions durables aux moments difficiles qu’a connus le pays, circonstances tirant certainement leur source dans les effets néfastes des temps coloniaux. Aussi, la réconciliation entre les différentes factions, la paix qui s’en est suivie ainsi que la reconstruction en cours des institutions, participent tous de l’engagement du gouvernement quant à l’instauration d’un Etat de droit. Pour finir, le Ministre a exprimé la disponibilité de l’Angola de mettre à profit l’expertise de la Commission Africaine dans le domaine de la formation de ses cadres en droits de l’homme. Page 16 RECONTRE AVEC LE PRESIDENT DE L’ASSEMBLEE NATIONALE, Mr Antonio Paulo Cassoma 38. La Commissaire Maiga a commencé cet entretien par une présentation des objectifs de la mission et un exposé succinct sur la CADHP. Elle a relevé 16
l’importance pour la délégation d’échanger avec l’institution de l’Assemblée nationale qui, de par la nature de son mandat, participe à la promotion et à la protection des droits de l’homme. C’est pourquoi, a t-elle souligné, la délégation est venue recueillir des informations sur les progrès réalisés et les défis à relever dans ce domaine en Angola, par les différentes institutions concernées. 39. Le Président de l’AN a souhaité la bienvenue à la Commissaire Maiga et a fait noter que de telles visites donnent de la visibilité aux institutions africaines et constituent la preuve, qu’elles sont toutes aussi capables de travailler efficacement que les institutions européennes ou autres. Il a déclaré que les droits humains font partie des droits fondamentaux du peuple angolais, c’est pourquoi l’Assemblée Nationale a mis en place en son sein, une commission spécialisée en droits humains qui a besoin de renforcer ses capacités et de se mettre au diapason des politiques africaines en matière de droits de l’homme. En plus de l’AN, il a fait référence aux autres organes traitant des questions des droits de l’homme tels que le Médiateur de la République. Il a enfin formulé l’espoir de recevoir quelques recommandations préliminaires á la fin de la mission. 40. La Commissaire Maiga a exprimé sa satisfaction quant á l’intérêt que le Président de l’AN porte aux questions des droits de l’homme en Afrique en général et en Angola en particulier. Elle a mis l’accent sur le rôle important que joue l’AN, étant donné que c’est elle qui vote les lois, et veille au suivi de leur mise en œuvre par l’exécutif. Elle a émis le vœu de rencontrer la commission parlementaire chargé des droits humains, le groupe parlementaire de l’opposition et s’est interrogée sur la place accordée aux femmes au sein du parlement. Elle a souligné l’importance du soutien des parlementaires á la promotion et á la protection des droits de l’homme, en interpellant tous les parlementaires africains dans l’accomplissement de cette tâche. Elle a en outre émis le souhait de voir l’Angola ratifier la Charte Africaine de la Démocratie, des élections et de la Gouvernance. 41. Le Président de l’AN a indiqué que toutes les dispositions seront prises en vue de la ratification par l’Angola des conventions africaines telles que la Charte sur la Démocratie, dans le but de renforcer le cadre juridique de protection des droits de l’homme. 42. La rencontre a été suivie d’une interview accordée á la section presse de l’AN, qui a donné l’occasion à la Commissaire MAIGA de livrer ses impressions sur les échanges qu’elle venait d’avoir avec le Président du parlement. Page 17 RENCONTRE AVEC LE GROUPE PARLEMENTAIRE DE L’OPPOSITION 43. Suite á l’entretien que la délégation a eu avec le Président de l’AN, elle a rencontré le groupe parlementaire de l’opposition. 17
44. Au cours de la rencontre, la Commissaire Maiga a présenté les objectifs de la mission en Angola ainsi que ceux, de la visite à l’AN. Elle a rappelé les devoirs des Etats parties à la Charte africaine quant à la mise en œuvre des obligations par eux prises dès leur adhésion à cet instrument juridique obligatoire. Elle a mis l’accent sur le rôle qui incombe au parlement dans le suivi et l’évaluation de la réalisation de ces obligations. Elle a ensuite soulevé la question du rôle et de la place de l’opposition au sein du parlement, en insistant sur la responsabilité qui est la sienne, dans la construction de la démocratie, au sein de Etats parties. 45. L’intervention de la Commissaire Maiga a suscité un débat interactif entre les membres de l’opposition parlementaire et la délégation. Ainsi, après avoir exprimé leur satisfaction quant à l’intérêt de la Commission Africaine au travail des parlementaires, ils ont indiqué que tout ce qui se fait dans la vie quotidienne reste intimement lié aux droits de l’homme. Ils ont déclaré que les gouvernements africains ont la responsabilité d’améliorer davantage les droits de l’homme et la gouvernance pour éviter les conflits et leurs conséquences sur la vie des populations. Selon eux, l’opposition parlementaire s’implique dans différents domaines pour apaiser les tensions sociales qui ont conduit à la guerre civile que le pays a connue, car si la guerre civile a pris officiellement fin, des poches de conflits persistent dans certaines parties du pays. 46. Pour l’opposition parlementaire, la question de la réalisation d’une véritable paix se pose encore en Angola. Ils ont souligné que, la nouvelle constitution de l’Angola comporte des dispositions relatives aux droits de l’homme et établit des institutions comme le Médiateur de la République ainsi qu’un Secrétariat aux droits de l’homme. Mais, dans la pratique, du fait de la pression de la majorité parlementaire qui est toujours en faveur de l’exécutif, il se pose un problème de suivi effectif de la mise en œuvre des programmes, lois et politiques. Par ailleurs, ils ont fait noter que les élections de 2008 ont été entachées d’irrégularités, de la part du parti majoritaire. Ils ont salué la présence d’un nombre important de femmes à l’AN tout en notant qu’il y a beaucoup de travail à faire en terme de formation, pour consolider ce groupe dans le but de faire avancer l’agenda du genre et non celui d’un parti ou un autre. Page 18 47. Sur les progrès réalisés dans le domaine des droits de l’homme, l’opposition parlementaire a relevé l’abolition de la peine de mort dans la nouvelle constitution ainsi que les efforts consentis dans le sens d’un contrôle étroit des deniers publics par des tribunaux spécialisés. Le groupe a invité la délégation à visiter l’intérieur du pays et surtout les zones affectées par la guerre civile pour se rendre compte des besoins et des préoccupations des populations. 48. La Commissaire Maiga a observé que le groupe parlementaire de l’opposition joue un rôle important dans le jeu démocratique et à défaut de faire passer 18
toutes ses propositions, il contribue à élever le niveau du débat et à faire entendre le message de ses militants. Elle a indiqué que l’essentiel n’est pas de voter des lois, mais aussi de les mettre en œuvre, et en cela, le groupe parlementaire devrait rester vigilant. Elle a indiqué que le système africain des droits de l’homme dont la CADHP est l’organe principal, a prévu un mécanisme de plaintes, ouvert aux individus et aux ONG, sur la base des violations des droits garantis dans la Charte africaine. Il y a aussi la Cour africaine des droits de l’homme qui a été créée pour renforcer le mandat de protection de la Commission Africaine, ce qui prouve qu’il y a un mouvement vers la réalisation d’une culture des droits de l’homme en Afrique, même si beaucoup reste à faire. Il est dès lors de la responsabilité de tous les citoyens de s’investir à tous les niveaux, tant national que local pour améliorer les choses. 49. La Commissaire Maïga a voulu prendre l’avis du groupe parlementaire de l’opposition sur deux questions importantes ayant un impact sur les droits de l’homme ; à savoir les violences faites aux femmes et les expulsions massives des étrangers hors de l’Angola. Sur les violences, elle a indiqué qu’il s’agit d’une question qui relève du judiciaire, mais les parlementaires aussi ont un rôle à jouer dans l’adoption de nouvelles lois pour renforcer le cadre juridique existant et pour favoriser un meilleur accès des femmes au service public de la justice. S’agissant de la question du traitement de l’immigration, elle a fait noter que la police des frontières angolaise n’a pas bonne presse en Afrique et est souvent accusée d’être peu regardante sur le respect des droits des étrangers vivant dans le pays. Or s’il est vrai que les pays doivent contrôler les flux migratoires et les conditions d’établissement des étrangers, à l’intérieur de leurs frontières il est important pour les services de l’état chargés de ces tâches, de respecter les droits et la dignité des personnes reconduites aux frontières ou frappées d’expulsion. Page 19 50. Les parlementaires ont exprimé leur préoccupation quant à la question des violences faites aux femmes et en particulier, s’agissant des violences domestiques pour un pays comme l’Angola qui a connu la guerre civile. Ils ont toutefois souligné que si les femmes sont engagées dans cette lutte, les hommes ne semblent pas s’y intéresser. Selon eux, il faut traiter le problème, dès le niveau de la structure familiale et s’assurer de l’application effective des lois qui protègent les femmes et les filles. Ils ont indiqué que les violences domestiques contribuent à la désintégration des familles mais des campagnes de sensibilisation peuvent s’avérer efficaces. S’agissant de la police de l’immigration, ils ont fait noter que certains comportements des agents de la police s’expliquent par l’afflux des étrangers vers l’Angola après la fin de la guerre civile. Cependant, les expulsions devraient se faire dans le respect de la légalité. D’après eux, la brutalité policière est décriée non seulement, dans les rapports des agents vis-à-vis des étrangers mais aussi, à l’égard des citoyens angolais et ce n’est pas seulement la police des frontières qui est la seule mise en cause. Sur toutes ces questions, les parlementaires de l’opposition ont 19
remercié la délégation de la qualité des échanges et l’ont rassurée de leur implication dans l’adoption de mesures adéquates, devant être envisagées. RENCONTRE AVEC LE GROUPE DES FEMMES PARLEMENTAIRES 51. Cet entretien a été l’occasion pour la Commissaire Maiga de rappeler l’objet de la visite en Angola et celui de la visite au parlement. Elle a procédé à une brève présentation sur la Commission africaine et du mandat de la Rapporteure Spéciale sur les droits de la femme en Afrique. Elle a mis l’accent sur les espoirs légitimes des femmes angolaises qui attendent de leurs sœurs parlementaires, une contribution de qualité en vue de renforcer le cadre juridique existant dans le domaine des droits de la femme. 52. Elle a relevé l’importance que revêt une représentation de 40% de femmes à l’AN tout en s’interrogeant sur l’accompagnement des femmes par l’AN, dans leur double rôle, d’élues et de mères de famille. Elle a par la suite informé les parlementaires de l’obligation de l’Angola de soumettre des rapports périodiques devant la Commission Africaine incluant les mesures prises pour donner plein effet aux dispositions du Protocole de Maputo qu’il a ratifié depuis 2007, ainsi les progrès réalisés et les défis qu’il rencontre dans la mise en œuvre des droits de la femme. 53. Les femmes parlementaires ont informé la délégation de l’existence du groupe depuis 1996. La direction du groupe se renouvelle tous les deux ans selon le niveau de représentativité de chaque parti au parlement. Actuellement, il est composé uniquement des élues de l’UNITA et du MPLA présents au parlement et travaille selon un programme établi. Il mène des activités de solidarité avec d’autres associations et travaille avec la société civile dans le cadre de la sensibilisation sur le phénomène des violences domestiques, et la situation des orphelins. Il a eu une session conjointe avec l’église sur les grossesses précoces. De même, le groupe s’intéresse à la question du microcrédit en faveur des femmes pour lutter contre la pauvreté et l’exclusion. Le groupe a effectué une visite à la prison des femmes pour s’informer des conditions carcérales des femmes en conflit avec la loi, et sur leurs besoins, pour favoriser leur réinsertion sociale. Page 20 54. La Commissaire Maiga a exprimé sa satisfaction face au travail abattu par le groupe, en particulier en ce qui concerne le partenariat avec les organisations de la société civile et l’Eglise. Elle a rappelé l’adoption par les Etats membres de l’Union Africaine de la Déclaration Solennelle sur l’égalité entre hommes et femmes, au titre de laquelle ils se sont engagés à réaliser la parité, dans le domaine politique. Elle a indiqué qu’il appartient aux femmes, d’aider à la création de conditions d’une meilleure représentation féminine au sein des organes dirigeants des partis politiques et dans les postes électifs, par la 20
formation, la mobilisation et la solidarité en faveur des candidatures féminines. Elle a fait noter le besoin et l’importance pour les femmes parlementaires africaines constituées en réseaux dans plusieurs pays, de procéder au partage d’expériences à travers les voyages, les études et les échanges. RENCONTRE AVEC LA COMMISSION INTERDISCIPLINAIRE CHARGEE DE L’ELABORATION DES RAPPORTS PERIODIQUES EN ANGOLA 55. Cet entretien a eu lieu en présence de Mme la Secrétaire d’Etat aux droits de l’homme Mme Ana Celeste Januarior et a donné l’occasion pour la Commissaire Maiga de présenter la CADHP et les objectifs de la mission. Elle a informé les membres de la commission interdisciplinaire des attentes de la Commission africaine quant au respect par les états parties de leur obligation de soumettre leur rapport périodique tous les deux ans conformément á l’article 62 de la Charte africaine. Elle a aussi fait un exposé sur le processus d’élaboration qui doit inclure les organisations de la société civile, en indiquant que la Commission Africaine a élaboré des lignes directrices pour la rédaction du rapport d’Etat. Ces lignes ont été complétées par des directives additionnelles pour la prise en compte des questions de Genre par les Etats parties, en vertu des dispositions du Protocole de Maputo. Ainsi, le rapport doit indiquer les mesures prises pour donner effet aux droits contenus dans la Charte africaine et dans protocole de Maputo., les progrès réalisés et les défis auxquels font face les Etats parties. Elle a mis l’accent sur l’importance de disposer de données statistiques désagrégées, pour illustrer les progrès réalisés, et permettre à la Commission Africaine de les apprécier, d’un rapport à un autre. Elle a relevé que l’Angola doit au moins 5 rapports au moment de la visite car le dernier rapport a été présenté en 1998. 56. En réponse, Mme la Secrétaire d’Etat aux droits de l’homme a précisé que la Commission interdisciplinaire a été créée par Résolution 128 du 22 Décembre 2009. La mise en place d’un tel organe participe du souci des plus hautes autorités de voir l’Angola, préparer et présenter ses rapports devant les instances régionales et internationales, dans les délais requis. La commission est composée de membres venant de tous les secteurs. Elle a fait noter que bien que cette commission existe depuis 2005, elle a été officiellement installée en 2009 pour tenir compte de la nécessité d’associer les organisations de la société civile. La plupart des membres présents ont posé des questions de clarification à la délégation et ont mis l’accent sur la nécessité d’une interaction permanente entre leur commission et la CADHP ainsi qu’avec les autres institutions africaines similaires. Page 21 57. Sur les défis que la commission rencontre a précisé qu’il s’agit surtout de l’absence de discussions autour d’une table ronde sur les questions d’intérêt national. 21
58. La Commissaire Maiga a souligné que ce défi existe même à l’échelle de l’Union Africaine et qu’il n’est pas spécifique à l’Angola. Elle a encouragé les membres de la Commission interdisciplinaire de prendre les dispositions utiles pour résorber le retard accumulé par l’Angola dans la présentation de ses rapports périodiques RENCONTRE AVEC LE SECRETAIRE GENERAL DU MOUVEMENT POUR LA LIBERATION TOTALE DE L’ANGOLA (MPLA), Mr. Juliao Mateus Paulo 59. Après le mot de bienvenue du Secrétaire général, la Commissaire Maiga a expliqué l’objet de la mission en Angola ainsi que le but de la rencontre avec le MPLA. Elle a fait le tour d’horizon des différentes rencontres que la délégation a eues depuis son arrivée. 60. Le Secrétaire général a ensuite pris la parole pour remercier la Commissaire Maiga au nom du MPLA. Il a précisé que son parti est représenté dans 18 provinces, 64 districts en raison d’un comité par district. Le parti est aussi représenté dans 100 préfectures et dispose de 111 membres au comité central. Il existe 7,800.000 membres du parti parmi les lesquels il faut compter 2000 jeunes. Le parti est très enraciné à la base et c’est pourquoi le MPLA est au pouvoir depuis le 11 Novembre 1975. Il a précisé qu’après la guerre et la paix conclue en Avril 2002, le pays est en train de reconstruire les infrastructures qui ont été détruites et chaque citoyen fait ce qu’il peut pour maintenir la paix. Les opérations de désarmement et la lutte contre la pauvreté continuent. Dans le cadre de la lutte contre la pauvreté, des microcrédits accordés par deux banques angolaises permettent d’aider la population rurale. A ces microcrédits, il faut ajouter les coopératives qui assistent les populations en milieu rural. 61. Le Secrétaire général a indiqué qu’en raison de la forte implantation du parti dans le pays, il participe à toutes les actions de sensibilisation en faveur d’une culture de la paix en Angola et contribue à la prise en compte des droits politiques, civils et socio-économiques de tous les citoyens angolais. Les femmes et les jeunes constituent deux composantes essentielles du parti et oeuvrent aux côtés des militants hommes, à la consolidation de la réconciliation nationale. RENCONTRE AVEC LE MINISTRE DE LA FAMILLE ET DE LA PROMOTION DE LA FEMME MME GENOVEVA LINE Page 22 62. Cet entretien a eu lieu en présence des membres du cabinet de Mme la Ministre, qui a commencé la séance par un mot introductif de bienvenue, avant de procéder à la présentation des missions de son département et des objectifs de la politique nationale de promotion de la femme en Angola. Elle a indiqué que son ministère a pour objectif principal la promotion des droits de la famille et joue un rôle catalyseur, dans la réalisation d’une société pacifique pour un développement durable en l’Angola. Ainsi, il intervient dans plusieurs domaines stratégiques et de développement notamment, la réduction de la pauvreté, le droit á l’éducation, au 22
logement, á la santé, et les violences faites aux femmes et á la petite fille etc... Il entretient des relations de collaboration avec les partenaires au développement et les organisations de la société civile, dans la réalisation de sa mission. 63. La Commissaire Maiga pour sa part a fait un exposé sur les objectifs de la mission, le mandat de la Commission africaine et en particulier le mandat de la Rapporteure Spéciale sur les droits de la femme en Afrique. Elle a précisé que le but de la visite de la délégation au Ministère est de s‘enquérir des progrès réalisés ainsi que des défis rencontrés dans le domaine de la mise en œuvre des droits de l’homme en général et des droits de la femme en particulier. 64. La Commissaire Maiga a par la suite soulevé une série de questions à savoir: Les efforts entrepris pour éradiquer la violence à l’égard des femmes ; S’il existe des programmes de formation des magistrats et des agents de la police sur la question ; la représentation politique des femmes et l’existence ou non d’une loi sur le quota ; celle de l’existence ou non de programmes spécifiques en terme de formation et d’appui financier aux activités politiques des femmes, pour leur permettre de soutenir la compétition á tous les niveaux; celle de l’existence d’un fonds d’autonomisation des femmes dans le cadre de la politique nationale de réduction de la pauvreté; le niveau de la mortalité maternelle en Angola et les mesures prises dans ce domaine ; la question de l’existence de programmes sur la santé maternelle et la part du budget allouée au ministère ; l’existence ou non de programmes de sensibilisation à l’endroit des d’hommes pour favoriser leur implication dans la promotion des droits de la femme. 65. La Commissaire Maïga a enfin voulu connaître les défis rencontrés dans le cadre de l’exécution du mandat du ministère en mettant l’accent sur l’expertise qu’a développée la Commission Africaine en matière des droits de la femme et l’assistance qu’elle peut être amenée á apporter aux Etats parties, par l’organisation de séminaires de formation sur le Protocole de Maputo et sur la Déclaration sur le Genre de l’Union Africaine. Page 23 66. En réponse aux questions soulevées par la Commissaire Maiga, Mme la Ministre a indiqué que la Constitution angolaise prend en compte toutes les catégories de droits. Elle a reconnu cependant la nécessité d’amender certaines dispositions du code de la famille pour tenir compte de l’évolution des droits de la femme et aux exigences de la nouvelle constitution. Elle a fait noter qu’un projet de loi sur les violences domestiques est en discussion devant l’A.N. et qu’un centre pour les femmes victimes de violences est en cours de construction. Sur le plan politique, elle a informé la délégation de l’existence d’une législation sur le quota en faveur de la représentation des femmes dans les instances de prise de décisions. Elle a souligné que bien que la loi électorale impose aux partis politiques une représentation de 30%, la politique du gouvernement est de ne pas forcer les femmes à faire de la politique. 23
67. La Ministre a informé la délégation que son département bénéficie d’une assistance financière dans le cadre des programmes de réduction de la pauvreté en faveur des femmes qui couvrent les 18 provinces de l’Angola. S’agissant des programmes de sensibilisation sur les droits des femmes, elle a indiqué que des équipes de sensibilisation des femmes se déplacent à l’intérieur du pays et touchent également les hommes. Sur les rapports dus par l’Angola dans le cadre de la mise en œuvre de la Déclaration sur le Genre de l’Union Africaine, elle a précisé que quatre rapports ont été produits qui font le point de la situation sur les droits de la femme en Angola. Ces rapports démontrent que les femmes occupent des postes très élevés tant au niveau de l’armée que de la police. Le budget alloué au Ministère représente au moins 3% du budget national, mais il a été revu à la hausse pour les années à venir. Le Ministère réalise plusieurs de ses activités grâce au financement des organisations internationales et des lignes de crédit accordées par la coopération bilatérale. 68. S’agissant de l’autonomisation des femmes, elle a indiqué que le Ministère s’est investi dans la recherche de fonds pour aider les femmes dans leurs activités génératrices et revenus. Il a pu développer un programme de micro-crédit à partir d’un fonds de 50 000 Dollars. Lorsque le Ministère a eu une certaine visibilité, auprès des femmes bénéficiaires, il a cessé la remise directe des sommes aux femmes et a aidé à leur orientation vers une institution financière qui les accompagne, sur la base d’une sélection. L’intervention du Ministère se fait à travers la formation des femmes et le renforcement des capacités. Les 18 provinces de l’Angola sont couvertes par les programmes de mico-crédit qui bénéficient également aux femmes rurales. Page 24 69. Sur les défis, elle a relevé l’inexistence de plateforme pour la participation des hommes à l’épanouissement des femmes ; l’autre défi reste encore, les besoins en renforcement de capacités des femmes comme dans la plupart des pays africains. Concernant le volet coopération, il y a toujours la volonté de collaborer avec les institutions nationales et internationales a précisé Mme la Ministre. Sur la résolution 1325 elle a fait noter que la question du désarmement a été discutée avec les Nations Unies et les négociations sont en cours avec les commissions régionales. Sur l’accès des femmes à la terre, des pesanteurs socioculturelles subsistent et la terre semble appartenir plus à l’homme qu’à la femme, malgré l’existence d’une loi qui autorise les femmes à acquérir la terre et à devenir propriétaires. En matière d’héritage, malgré la loi constitutionnelle qui garantit l’égalité, dans certaines parties du pays, en cas de décès du mari, sa famille s’accapare de tous les biens y compris les terres. Cependant devant les tribunaux, la loi prévoit que les héritiers sont la femme et les enfants. Sur la question de l’accès des femmes au logement, elle a indiqué que des logements sociaux sont en cours de construction et certains buildings seront livrés avant la fin de l’année 2010. Le Ministère coopère avec un consortium pour créer des conditions favorables pour l’accès aux logements sociaux des familles des anciens combattants et des veuves, y compris au niveau des provinces. 24
RENCONTRE AVEC LE SECRETAIRE D’ETAT AUX DROITS DE L’HOMME 70. Lors de cet entretien, le Secrétaire d’Etat a commencé par donner l’historique du Secrétariat qui a été crée en 2008 et qui a pour mandat entre autres, de traduire dans les langues locales la constitution, les lois et autres instruments tant nationaux qu’internationaux pour une dissémination large au niveau des populations qui ne savent ni lire et écrire. Le Secrétariat a aussi dans ses missions, l’accompagnement de la situation globale du statut spécial de la Province de Cabinda. Dans le cadre de son mandat, il mène des activités pour faire connaître les droits de l’homme et pour rechercher des informations sur l’étendue et la jouissance des droits de l’homme par les angolais. Pour atteindre ses objectifs, il effectue des visites à l’intérieur du pays, mais les droits de l’homme sont un sujet sensible avec les conséquences de la guerre. Il faut adopter une politique bien élaborée, ainsi que des stratégies et des programmes. 71. Selon la Secrétaire d’Etat, la création des services du Médiateur de la République par le Président de la République constitue une avancée de taille dans la protection des droits de l’homme. Il a relevé l’organisation par l’Angola d’une grande conférence continentale, qui vient de s’achever, à l’occasion de la 3ème Assemblée générale des médiateurs en Afrique. Les droits de l’homme ont été au cœur des échanges, ce qui marque la volonté des plus hautes autorités de traiter le sujet avec beaucoup de responsabilité. Il a souligné que pour un pays qui a connu 27 années de guerre l’application des lois est fondamentale pour le respect des droits de l’homme. S’agissant de la province du Cabinda, il a ajouté que le gouvernement entend restaurer la paix et que les démarches ont été engagées pour résoudre le conflit armé résiduel et c’est pour cela que le gouvernement a donné un statut spécial qui tienne compte de la spécificité de cette région. 72. Aux dires de la Secrétaire d’Etat, le gouvernement travaille à la promotion de la démocratie et de la bonne gouvernance, des droits de la femme et des enfants, des droits des populations déplacées. Il œuvre au renforcement des relais sociaux pour lutter contre la discrimination sociale. La gestion des conflits, la promotion de la justice, de la liberté d’expression et la coopération entre les hommes tant au plan interne qu’international constituent des axes dans lesquels le Secrétariat d’Etat travaille en partenariat avec d’autres ministères et ONG européennes et internationales. Page 25 73. Pour sa part, la Commissaire Maiga a fait un bref exposé sur la CADHP et ses mécanismes spéciaux, ainsi qu’une présentation succincte sur son mandat de Rapporteure Spéciale sur les droits de la femme en Afrique. Elle a mis l’accent sur l’expertise qu’a développée la CADHP dans tous les domaines des droits de l’homme au cours de son existence et la nécessité pour les Etats parties de la consulter chaque fois que le besoin se fait sentir. Elle a fait observer que la création d’un Secrétariat d’Etat aux droits de l’homme en Angola est unique en 25
soit qui doit être encouragée car, dans la plupart des Etats parties, les droits de l’homme sont confiés à une structure relevant du Ministère de la Justice. 74. Elle a posé la question de savoir s’il existe des relations entre le Secrétariat d’Etat et le Ministère de l’éducation dans le cadre des programmes de formation des magistrats en droits de l’homme. Elle également voulu s’informer sur la manière dont le Secrétariat mène ses activités en direction des forces de l’ordre, en particulier pour l’éradication de la torture dans les lieux de détention et de garde à vue. Elle a mis l’accent sur le rôle important du partenariat avec les organisations de la société civile dans la promotion des droits de l’homme. Sur les droits de la femme, la Commissaire Maiga a relevé que le Secrétariat devrait travailler en synergie avec le Ministère de la promotion de la famille en vue de renforcer les programmes développés par ce département en direction des femmes. 75. En ce qui concerne la province du Cabinda, la Commissaire Maiga a déclaré que la paix est intimement liée à la promotion des ’droits de l’homme et au développement. Il est donc important de mettre en œuvre des programmes sociaux de reconstruction en consultation avec tous les acteurs impliqués dans la question pour aider le gouvernement à mener à bien son mandat de réaliser une paix durable en Angola. Page 26 76. Le Secrétaire d’Etat a conclu en indiquant que les relations qui existent actuellement entre son département, le médiateur de la République, le Ministère de la Justice, le ministère de l’intérieur et celui chargé des relations extérieures, sont à leur début mais elles ont besoin de se renforcer, pour dissiper ce qu’il est convenu d’appeler « l’infection nationale » qui impacte négativement, encore aujourd’hui sur la société angolaise. En effet selon lui l’Angola, est comme un organisme humain avec une infection dans son sein : La guerre. C’est pourquoi, il est impératif que le Secrétariat d’Etat exhorte les différents acteurs à inclure la culture des droits de l’homme dans les mœurs. Il a informé la délégation qu’au cours de ses visites à l’intérieur du pays il a toujours insisté sur la nécessité de connaître les problèmes des droits de l’homme qui se posent aux populations. Il a déclaré que c’est grâce aux conclusions et aux recommandations formulées par ses services à ces occasions, que le Ministère de l’intérieur a commencé à travailler dans le sens de l’amélioration des conditions de prisons. S’agissant de la torture, il a admis que le phénomène est complexe, surtout dans un pays qui sort de guerre et qui a intégré dans les forces de sécurité, les anciens agents issus des milices et factions. Il a indiqué que la plupart des agents de police actuellement en poste ont été recrutés pendant la guerre et n’ont reçu aucune formation appropriée sur la torture et les droits de l’homme. 77. La Commissaire Maiga a pour sa part, insisté sur la nécessité d’approfondir les relations entre le Secrétariat d’Etat aux droits de l’homme et la CADHP dans le 26
cadre des programmes de renforcement des capacités des agents chargés de la sécurité. Elle s’est prêtée à la fin de la rencontre aux questions de la presse et elle a livré ses impressions sur l’entretien ainsi que sur les objectifs de la mission. RENCONTRE AVEC LE VICE-MINISTRE DE LA JUSTICE 78. En l’absence de Mme la Ministre de la Justice, la délégation a été reçue par le Vice Ministre. Il a tenu à préciser que les droits de l’homme relèvent des attributions du Secrétariat aux droits de l’homme et du Ministère de la Justice. Il a indiqué que le pays a commencé à se construire en 2002, après les deux guerres qu’il a connues. La constitution de 1992 traitait déjà des questions de droits de l’homme mais avec la guerre, il était difficile de les respecter et de les mettre en œuvre. Il est cependant d’avis qu’avec la fin de la guerre, les décisions de justice devraient être empruntes des droits de l’homme. 79. Dans son intervention, la Commissaire Maiga a fait un bref exposé sur la CADHP et sur les mécanismes établis en son sein. Elle a présenté l’objectif de la mission en Angola et a fait référence à la première visite effectuée en 2002. Elle a rappelé le rôle important que joue le Ministère de la justice dans la promotion et la protection des droits de l’homme. C’est pourquoi, les magistrats et les auxiliaires de justice sont tenus de recevoir une formation adéquate en droits de l’homme. Elle a mis l’accent sur la nécessité de mettre les instruments des droits de l’homme à la disposition du plus grand nombre à travers la traduction dans les langues locales. Elle a soulevé un certain nombre de questions sur le rôle du Ministère de la justice dans la mise en œuvre de la Charte Africaine. Au nombre de ces questions, elle a relevé les problèmes liés à la garde à vue, aux détentions préventives, aux droits successoraux de la femme et à l’accès à la terre, aux violences faites aux femmes (sexuelles et domestiques), à la corruption et à la faculté pour les citoyens qui le désirent de porter plainte contre les magistrats, à l’existence ou non de prisons pour femmes et pour enfants, et enfin, à la surpopulation carcérale. Elle a souligné qu’il est important que l’Etat prenne des lois dans ces différents domaines. Page 27 80. Répondant aux questions soulevées par la Commissaire, le Vice-ministre a précisé que l’Angola a deux conseils supérieurs de la magistrature qui sont deux indépendants, dont l’un s’occupe du judiciaire et traite de tous les problèmes des juges, avec à sa tête le Président de la République. L’autre est spécifique au Ministère public et comporte en son sein des avocats et des représentants de l’Assemblée National et des membres nommés par le Président de la République. L’Angola est dotée d’une école de la magistrature et la formation des magistrats comporte un volet de droits de l’homme qui avait été d’ailleurs une des exigences de feu Maître Alioune Blondin Beye, dans les années 1980. Le pays est doté de centres d’assistance judiciaire qui procèdent à des conciliations et fournissent des conseils aux citoyens. La prise en charge financière est assurée par le Ministère qui paie les services de l’avocat lorsque les justiciables justifient leur 27
insuffisance de moyens. Dans le domaine des textes, il a indiqué qu’en Angola, on continue d’appliquer des textes coloniaux qui sont toujours en vigueur, mais une réforme du droit et de la justice est en cours pour l’adoption de nouveaux codes : Code pénal/ procédure pénale/ Code civil. Il a précisé que, la nouvelle constitution dispose que les coutumes ne sont pas source de droit, mais lorsqu’elles ne sont pas contraires à la loi, elles peuvent être appliquées. 81. S’agissant des droits successoraux, le Vice-ministre a déclaré, qu’en tant qu’ancien magistrat, son expérience personnelle en Guinée Bissau, au Mozambique et au Cape Vert lui permet de dire que ces droits sont d’une application difficile. Dans ces pays, bien qu’il existe un droit positif en la matière, il a toujours demandé aux locaux comment la succession était dévolue selon la coutume et il procédait de cette façon car les règles coutumières persistent encore et il est difficile de les écarter dans l’application de la loi. 82. Sur le code de la famille, il a indiqué que le droit positif ne peut pas être contraire aux réalités sociales et coutumières. Il a déclaré qu’une loi spéciale sur les violences domestiques a été élaborée au niveau des organes supérieurs et va être adoptée pour lutter avec plus de force contre les violences faites aux femmes. Sur le problème des détentions, il a précisé qu’elles dépendent du Ministère de l’intérieur, mais il y a un organe au niveau du ministère de la justice où sont représentés l’Ordre des Avocats et les organisations de la société civile et qui réfléchit sur les cas d’excès en matière de détentions préventives. Les activités de cet organe ont permis de réduire la durée des détentions préventives. Cependant, il a fait noter l’insuffisance des ressources humaines (Magistrats et au auxiliaires de justice) et des tribunaux qui est entrain d’être résolu à travers les projets en cours, malgré la crise économique actuelle. S’agissant des mineurs, il a précisé qu’il existe des centres d’accueil où ils sont conduits après le jugement. Le système judiciaire angolais comporte 19 tribunaux provinciaux qui couvrent les 18 provinces de l’Angola et la capitale Luanda, à l’exception de la province de Bengela qui, compte tenu de son importance, est dotée de tribunaux à part. RENCONTRE AVEC LE VICE-MINISTRE DE L’INTERIEUR DR. JOSE BAMOQUINA ZAU 83. Le Vice-ministre entouré de ses collaborateurs, a commencé par présenter les excuses du Ministre empêché au moment de la rencontre. Il a fait le tour d’horizon des missions principales assignées au Ministère en mettant l’accent sur la sécurité et l’intégrité territoriale chères à l’Angola. Page 28 84. Pour sa part, la Commissaire Maiga a présenté les objectifs de la mission en Angola et ceux de la visite au Ministère de l’intérieur. Cet entretien a permis par ailleurs à la Commissaire Maiga de relever les questions relatives à la formation des forces de l’ordre, à la détention préventive, la garde à vue, la question de la 28
torture, les relations entre Avocats – magistrats et policiers. Elle a souligné l’importance d’inclure les droits de l’homme dans le cursus de formation des agents de la police. Le pays étant engagé sur la voie de la paix, la Commissaire a mis l’accent sur la nécessité de concilier les droits de l’homme à la recherche de la paix. Elle a aussi recueilli l’avis du Vice-ministre sur les rapatriements auxquels a procédé le pays. 85. En réponse aux questions soulevées par la Commissaire Maiga, Mr. le Viceministre a fait noter que les années 90 ont coïncidé avec l’ouverture de l’espace démocratique et ces efforts ont été maintenus durant tout le long de la guerre. Avec la fin de la guerre en 2002, la démocratie a été complètement consacrée dans les textes en Angola. La nouvelle constitution consacre les éléments suivants qui sont placés sous la tutelle du Ministère de l’intérieur: la police nationale, la police de l’immigration, les services pénitentiaires et les sapeurs pompiers. Il a précisé qu’il existe à Luanda deux écoles de formation de la police conforme aux normes et un institut moyen de police. Les curriculas intègrent les droits de l’homme et l’étude de la constitution. Les agents reçoivent une formation suffisante qui leur permet d’appliquer les droits de l’homme. Cependant, pour un pays qui vient de sortir de la guerre, il est difficile de contrôler les mentalités des uns et des autres, il s’agit là d’une situation sur laquelle le Ministère continue de travailler pour imprimer progressivement, au sein de la population, de nouvelles habitudes qui cadrent avec les réalités nouvelles. Page 29 86. Sur les prisons et les conditions de détention, il a indiqué qu’il existe 38 établissements pénitentiaires supportés par le budget de l’Etat, pour une population de 18,000 détenus. Chaque détenu dispose de 3 repas quotidiens et coûte 15 dollars aux contribuables angolais soit un total de 100 millions de dollars par an, ce qui constitue un effort immense en faveur de l’humanisation des prisons. Les services pénitentiaires sont également chargés de la réhabilitation des détenus. Ainsi ils comportent un département de rééducation pénale (mentale ou sociale) à travers l’art et les métiers, un département d’animation et de sécurité des prisonniers. La population pénitentiaire est inégalement répartie entre Luanda et les autres villes. Les droits de l’homme des prisonniers sont respectés à travers l’éducation civique et morale dispensées. Chaque département du Ministère est doté d’un coordinateur. S’agissant de la sécurité et la garantie des droits des prisonniers, il a fait noter qu’il existe une représentation du procureur de la République dans chaque prison. Il y a un service d’inspection générale au niveau du Ministère qui permet à chaque détenu de porter plainte contre toute atteinte à ses droits. Par ailleurs il existe dans les prisons, des cliniques et des salles d’alphabétisation. Il a précisé que beaucoup de partenaires accompagnent le ministère dans ses activités et ses actions en faveur de l’amélioration des conditions de vie des prisonniers. 29
87. Quant à la police de l’immigration, il a précisé que cette dernière est formée aux dernières technologies qui permettent de traiter avec plus de célérité les problèmes de l’immigration. Sur la police en général, il a précisé qu’elle fait usage des moyens qui sont mis à sa disposition. 88. En ce qui concerne la province de Cabinda, il a informé la délégation que depuis 2007 un statut spécial a été conféré à cette partie du pays et ce, en tenant compte de sa position géographique. 89. Parlant de la représentativité des femmes, le Vice-ministre a indiqué que les femmes ont toujours combattu aux cotés des hommes et qu’elles sont représentées dans la police dans toutes les provinces de l’Angola. Dans les concours d’entrée à l’école de police, on peut noter que la plupart des candidats sont des femmes, cependant le taux des femmes dans la police (15%) reste encore faible. Il a indiqué que le Président de la République a instruit les institutions à l’effet d’atteindre un taux de 30% de représentativité des femmes dans les instances de prise de décisions. Les séminaires et ateliers relatifs aux droits de l’homme sont organisés à l’intention des agents de la police et de la population, mais de telles tâches méritent assez de moyens et le budget du ministère n’est pas suffisant. 90. S’agissant de la question des violences faites aux femmes, le Vice Ministre a souligné que des efforts sont en train d’être faits pour les réduire, grâce aux campagnes de sensibilisation. 91. En matière de défis, il a cité l’insuffisance des ressources financières et a souligné qu’il serait important que le gouvernement prête une attention spéciale au Ministère de l’intérieur pour lui permettre d’exécuter et de réussir ses missions. Il a précisé que de nouveaux bâtiments dotés d’équipements de dernière technologie sont en train d’être construits mais qu’il faut des moyens pour installer et maintenir lesdits équipements. Il a souligné que la police angolaise serait intéressée par des programmes de formation sur des questions comme la torture, les droits des femmes etc.. 92. La Commissaire Maiga a remercié le Vice-Ministre et ses collaborateurs, elle a mis l’accent sur la nécessité de partager des expériences en matière de lutte contre les violences faites aux femmes, avec d’autres pays africains comme l’Ethiopie qui a développé de bonnes pratiques, comme les unités genre dans les commissariats de police, et les centres d’accueil pour femmes et mineurs victimes de violences. Page 30 93. En réponse à la question sur les relations entre la police et les avocats, le ViceMinistre a relevé qu’il y a une avancée significative dans ce domaine, en raison de l’existence d’une certaine liberté d’expression en Angola, et aucun avocat ne 30
peut dire qu’il a été brutalisé par la police. En outre, il y a une participation active des avocats dans les activités organisées par la police. La nouvelle constitution consacre la profession d’avocat et il y a des réunions périodiques de concertation entre le corps judicaire, et les auxiliaires de justice pour une meilleure administration de la justice et le respect des droits de l’homme. Il a conclu en émettant l’espoir que la visite servira à dissiper l’image négative que l’Angola pourrait renvoyer à l’extérieur. RENCONTRE AVEC LE DIRECTEUR DE L’IMMIGRATION 94. Après son mot de bienvenue, le Directeur a fait un exposé sur son département qui a pour mission de contrôler la politique migratoire de l’Angola. S’agissant des citoyens étrangers, il a fait la distinction entre ceux qui quittent leur pays pour des raisons politiques et autres, ceux qui choisissent de s’installer en Angola et ceux qui sont en transit, car il y a un grand flux migratoire entre l’Angola et les pays comme la Namibie et la Zambie. 95. Dans son intervention, la Commissaire Maiga a donné un bref aperçu sur la CADHP à travers sa création, son mandat conformément à la Charte africaine, les mécanismes spéciaux établis en son sein, le travail abattu depuis sa création, les progrès réalisés ainsi que les défis à relever. Elle a également expliqué les objectifs de la mission en Angola et le but particulier de la visite aux services de l’immigration. Elle a précisé qu’il est important de savoir les mesures prises par rapport aux flux migratoires, dans toutes les catégories, qu’il s’agisse de refugiés ou d’immigration choisie. Elle a soulevé la question de savoir les mesures législatives qui sont prises et la nature des relations entre les services d’immigration et les Nations Unies. 96. Le Directeur a précisé que ses services travaillent en collaboration avec les Nations Unies surtout en ce qui concerne les refugiés et qu’en cela, le droit international est respecté. Il a ajouté que l’Angola sert de terre d’asile ou de refuge depuis la fin de la guerre en 2002 et que bien avant cela le pays comptait déjà plus de 13,000 refugiés de la RDC depuis 1994. Depuis 1994 l’Angola a reçu des refugiés venus du Rwanda. Par ailleurs, une loi No. 8/90 de 2002 a permis aux pays de recevoir des refugiés du Liberia, de la Sierra Leone, de Côte d’Ivoire et au moment de la visite plus de 3000 sont enregistrés. En terme de politique interne, il a précisé que les lois communautaires ont commencé à voir leur mise en œuvre à partir de la constitution. Le principal défi à relever selon le Directeur est l’accomplissement des droits et devoirs par la population africaine qui ne sait ni lire ni écrire et partant ne saurait connaitre ses droits compte tenu du taux élevé de l’analphabétisme. Il est d’avis que cet obstacle peut être levé à travers un travail communautaire. En ce concerne l’assistance, il a précisé qu’un organe d’assistance sociale aux refugiés Page 31 97. 31
a été mis sur pied. Sur les expulsions massives, il a expliqué que beaucoup d’africains viennent de partout et transitent par la RDC vers la partie nord de l’Angola qui fait frontière avec la RDC. Une fois que les services de l’immigration sont saisis, ils procèdent au rapatriement des étrangers installés illégalement vers leurs pays respectifs, malgré le coût d’une telle opération pour l’Angola, a souligné Mr. le Directeur. Le cas des Gambiens qui ont été rapatriés de l’Angola et qui a fait l’objet de la Communication 292/04 traitée par la Commission africaine fait partie de cette situation. Le rapatriement d’étrangers ne touche pas seulement les africains, car même les européens qui ne sont pas en règle ont été rapatriés chez eux. La gestion de la question des refugiés constitue un défi à relever par l’Angola car les opérations de rapatriement reviennent chères a souligné le Directeur. 98. La Commissaire Maiga a informé le Directeur de l’adoption d’une nouvelle convention de l’Union Africaine sur protection et l’assistance aux personnes déplacées en Afrique, adoptée à Kampala le 23 Octobre 2009. La question du traitement des réfugiés est toujours en discussion, compte tenu de la persistance des conflits en Afrique. Mais ladite convention n’a été ratifiée par trois états membres et n’est pas encore entrée en vigueur. RENCONTRE AVEC LE PROCUREUR GENERAL Mme. Joao Maria Moreira de Souza 99. Cet entretien a commencé par un mot de bienvenue du procureur à la délégation et l’expression de son souhait de pouvoir s’enrichir des recommandations qui sortiront du rapport de mission. Cet entretien a eu lieu en présence de deux collaborateurs dont le Procureur Adjoint Mme Margarida Philomena N. Goncalves. Page 32 100. Après avoir remercié le procureur général pour l’intérêt qu’elle accorde à la CADHP, la Commissaire Maiga a procédé à une présentation générale de l’institution qu’elle représente en mettant l’accent sur le mandat de protection et en particulier la procédure des communications. Elle a souligné l’intérêt de la délégation à rencontrer les magistrats après l’entretien qu’elle a eu avec le Viceministre de la justice. Au nombre des questions soulevées par la Commissaire Maiga, on peut noter celles relatives à la carte judiciaire de l’Angola, à l’accès à la justice, aux réformes en cours, à l’assistance judiciaire aux victimes d’actes sexuels, à la formation des magistrats en droits de l’homme, aux dispositions prises pour la relecture des textes coloniaux, à la manière dont opèrent les tribunaux en matière de succession, à la détention préventive, à la réforme pénale pour tenir compte de la torture, à la discrimination à l’égard des femmes, à la connaissance par les magistrats des textes ratifiés par l’Angola, à la corruption des magistrats, à la peine de mort, au nombre de femmes magistrates, et enfin aux défis que rencontre la justice en Angola. Elle a relevé que le manque de sensibilisation dans certains pays à travers la traduction des textes en langues 32
locales empêche la majorité des citoyens de s’approprier des instruments juridiques. 101. Avant de répondre aux questions de la Commissaire Maiga, le Procureur General a observé que la mission contribuera à une meilleure réalisation des droits de l’homme en Angola. Sur la question relative à la carte judiciaire elle a précisé que les cours et tribunaux sont géographiquement distribués par provinces et districts. Au niveau de Luanda elle a fait noter qu’il existe des tribunaux, la Cour suprême, la Cour constitutionnelle. La constitution prévoît la création de la Cour des comptes, et des tribunaux administratifs et maritimes. Au niveau des provinces, il existe un tribunal central divisé en chambres (Affaires générales administratives, civiles, pénales, enfants); il y a ensuite les tribunaux de district. La direction nationale d’investigation est spécialisée dans la recherche et la lutte contre les crimes. Elle a précisé que la constitution en vigueur depuis Janvier 2010 définit clairement les attributions des Cours et Tribunaux. Elle a indiqué que les fonds mis à disposition ne sont pas suffisants, mais la question de l’assistance judiciaire a été réglée par la loi et elle permet aux indigents de se faire aider par l’Etat. 102. Sur les violences faites aux femmes, elle a mis l’accent sur la force de la femme angolaise à défendre ses droits. Pour la défense des intérêts de la famille, elle a souligné que le droit civil angolais a été clair sur les successions, mais le pays est large et il y a des régions où les coutumes sont plus fortes que le droit positif qui ne s’applique pas. Dans les milieux urbains le droit positif est respecté et les héritiers ne sont pas privés de ce qui leurs revient de droit. S’agissant de la formation, elle a informé la délégation de l’existence d’un institut des études judiciaires qui forme à la fois les magistrats et les auxiliaires de justice. Il existe par ailleurs un Conseil Supérieur de la magistrature qui est l’organe de discipline. Pour l’heure, les avocats sont des professionnels formés en cabinet après l’obtention de leur licence en droit. Les relations entre avocats et magistrats sont bonnes. La réforme judiciaire est en cours depuis quelques années mais la nouvelle constitution permettra désormais d’aller plus vite. Neuf codes sont à l’étude, à l’exemple du nouveau code pénal qui contient des dispositions sur la pédophilie et les violences faites aux femmes. Elle a précisé que cependant, certains textes coloniaux restent encore en vigueur comme dans la plupart des pays africains. Concernant la torture, il a indiqué que, bien que des actes isolés existent et sont poursuivis, elle a été toujours interdite et passible de peines criminelles en Angola. Elle a précisé que la question de la dissémination des instruments ratifiés par l’Angola à travers la traduction en langues locales sont pris en compte par la nouvelle constitution qui exige que ces instruments internationaux se traduisent dans les lois. Page 33 103. Sur la présence des femmes au niveau de la magistrature, Mme Margarida Philomena a précisé que la faible représentation des femmes s’explique par le fait que la magistrature n’était pas une profession réservée aux 33
femmes mais la tendance a changé et l’on note de plus en plus de femmes qui s’intéressent à la profession. 104. En ce qui concerne la peine de mort, le Procureur Général a indiqué que l’Angola est un pays abolitionniste car si la peine de mort a été instituée en 1979 pendant une période difficile que connaissait le pays, elle n’a été applicable que contre les personnes coupables de crimes spécifiques comme le placement de bombes dans les lieux publics, elle n’a jamais été appliquée cependant depuis 1979. Avec la nouvelle constitution, la peine de mort a été abolie. 105. Relativement à la garde à vue et à la torture, elle a déclaré qu’il existe une unité au niveau du parquet au niveau de chaque maison d’arrêt chargée de veiller à l’application de la loi. 106. S’agissant des défis, elle a précisé qu’ils sont constitués d’abord par la modernisation qui implique une amélioration des conditions de travail et de formation continue après la formation initiale. A titre d’exemple elle a cité les nouvelles technologies dans lesquelles la justice angolaise est encore en retard. RENCONTRE AVEC LE BATONNIER DE L’ORDRE DES AVOCATS 107. Cet entretien a eu lieu en présence du Vice-président de l’ordre. Le Bâtonnier de l’ordre a tenu à remercier la délégation et à travers elle la CADHP pour l’intérêt qu’elle porte à l’Angola et surtout à la question de la jouissance des droits de l’homme dans le pays. Il a souligné que la paix est une condition sine qua none de la jouissance des droits et que la guerre et tout aux autres conflits constituent un frein à cette jouissance. Il a précisé que l’ordre des avocats est sensible à la question du genre et que cependant, l’accent est mis sur la qualité de la formation et non sur le genre. Page 34 108. Dans son intervention, la Commissaire Maiga a fait un bref exposé sur la CADHP et précisé l’objet de la mission en Angola qui est de s’enquérir des changements intervenus dans le pays depuis la fin de la guerre. Elle a partagé avec le bâtonnier, les constats de la délégation depuis son arrivée, à travers les différents entretiens qu’elle a eus avec les personnalités rencontrées. Ainsi a-telle relevé la création du Secrétariat d’Etat aux droits de l’homme et les progrès réalisés en matière de genre qui constituent des avancées constatées. Elle a soulevé la question de savoir les relations du barreau avec le Secrétariat d’Etat aux droits de l’homme, le Ministère de la Justice, la police et les magistrats. Elle a ensuite demandé, ce que fait le barreau en matière de respect des délais de garde à vue ainsi que la nature de l’appui de l’Etat sur la question de la formation des avocats. 34
109. Répondant aux questions soulevées par la Commissaire Maiga, le Bâtonnier a relevé que des consultations relatives aux droits de l’homme ont eu lieu avant l’adoption de la nouvelle constitution, mais il y a constamment de nouveaux développements qui méritent des échanges à travers un cadre de concertation entre tous les acteurs. En effet, une constitution peut être bien élaborée mais encore faut-il que les conditions de jouissance des droits de l’homme soient réunies. Sur l’assistance judiciaire, il a souligné que celle qui a été mise en place fonctionne mal et n’existe qu’au niveau de Luanda tandis que l’intérieur du pays est laissé pour compte. Il a ajouté que cependant, des programmes sont en cours avec le Ministère de la justice pour installer des centres à l’intérieur du pays et aussi y installer des avocats car il y a des régions qui sont sans avocat. Sur la formation, il a précisé qu’un centre rattaché à la faculté de droit, forme les jeunes avocats moyennant une modique somme car ces derniers sont appelés à défendre les principes de justice et d’égalité pour tous. 110. S’agissant de la relation entre le barreau et la police, il a indiqué qu’il a été envisagé en consultation avec les Ministères de la justice et de l’intérieur de donner une formation adéquate à la police et que le barreau donne des conseils à la police dans le cadre des investigations. Il a déclaré que pour un pays qui est passé par trois phases à savoir : la colonisation, l’indépendance et la guerre, la réforme actuelle de la justice est trop lente. L’ordre est composé de 1262 avocats y compris les stagiaires. Le système judiciaire connait un certain nombre de progrès mais il faut une amélioration au niveau de la formation et des traitements a souligné le Vice – Président de l’ordre. Il y a des lenteurs au niveau du traitement des dossiers, imputables aux hommes. Il a déclaré que la Commission sur la réforme mise en place par le Président de la République n’est pas encore effective. Par ailleurs à cause du nombre insuffisant des tribunaux, même si le Ministère public traite les dossiers avec célérité, ils s’accumuleront au niveau des tribunaux intermédiaires. Il a indiqué qu’on note une influence de la police sur la justice. Page 35 111. Aux dires du Bâtonnier, les droits de la personne humaine ont encore du chemin à faire en Angola et à tous les niveaux, mais il y a un début qu’il faut saluer tout en espérant que la reforme en cours se poursuivra et donnera de bons résultats. Pour sa part, l’ordre des avocats fait de son mieux pour redresser la situation et faire en sorte que le citoyen ne perde pas confiance en la justice. La connaissance des droits est un problème surtout pour des personnes qui ne savent ni lire ni écrire et par conséquent ne connaissent pas leurs droits car les textes ne sont pas en langues nationales. Les citoyens ne peuvent défendre ce qu’ils ne connaissent pas. Sur les relations entre la société civile et le gouvernement, il a fait noter qu’il devrait y avoir une certaine fonction de la société civile dans l’activité gouvernementale et que le gouvernement et la société civile devraient avoir un dénominateur commun pour éviter des confrontations comme celles qui s’étaient produites dans le pays. En cela il 35
préconise plus de dialogue entre la société civile et le gouvernement, chose très importante pour un pays qui a connu la guerre. 112. Sur la question de savoir si le problème actuel des lenteurs judiciaires peut être résolu par l’augmentation du nombre des magistrats et la multiplicité des audiences, le bâtonnier a plutôt mis l’accent sur l’aspect médiation conciliation et prévention qui a été développé par le barreau pour résoudre un certain nombre de cas et éviter qu’ils n’arrivent devant les tribunaux. En cela il a plaidé pour le développement de la justice traditionnelle car à l’intérieur du pays, les citoyens résolvent certains de leurs problèmes sans avoir recours à la loi ; il en est ainsi du vol de bétails qui est réglé par la société traditionnelle. Il a fait noter qu’il y a même une région en Angola ou l’on ne peut frapper une femme et encore pire, la tuer. Il a mis l’accent sur la qualité des magistrats et avocats et sur la nécessité d’une formation continue. 113. Sur les violences domestiques, le Bâtonnier a expliqué que l’ordre des avocats travaille avec la police et la population à la base mais le problème est du côté de la justice qui doit faire son travail après que le Ministère public ait fait le sien. Il a mis l’accent sur la nécessité d’aborder la question de façon holistique et l’importance pour la population de connaitre ses droits ; c’est une question sociale et culturelle sur laquelle il faut travailler mais également une question des droits de l’homme qui relève de la responsabilité première de l’Etat, même si elle interpelle tous les acteurs. 114. Pour la Commissaire Maiga, la justice traditionnelle est développée dans beaucoup de pays africains et il est important de s’appuyer sur nos valeurs culturelles positives. 115. Elle a relevé la nécessité pour le barreau de renforcer la collaboration avec les barreaux des pays lusophones et la Commission Africaine. Elle a rappelé le système de plainte communications devant la CADHP et les conditions de saisine de la Cour africaine des droits de l’homme en mettant l’accent sur la tâche qui incombe aux barreaux africains de contribuer au développement de la jurisprudence des droits de l’homme en invoquant la Charte africaine et les autres instruments juridiques régionaux. Page 36 116. Le Bâtonnier a précisé que la nouvelle structure du barreau est à pied d’œuvre pour travailler avec les pays lusophones à l’effet de mettre en place une structure commune pour s’investir dans le travail des institutions internationales, prendre attache avec les avocats africains et les avocats internationaux. Il s’est réjouit de ce que l’Union Africaine s’intéresse de plus en plus aux droits de l’homme car c’était plutôt une organisation politique. 36
RENCONTRE AVEC LA COORDONATRICE DU SYSTEME DES NATIONS UNIES, Mme Jocelline Bazile-Finley 117. cet entretien qui a eu lieu dans les locaux des Nations Unies (NU) en Angola a commencé par une brève présentation de la Commissaire Maiga sur la CADHP et ses mécanismes spéciaux. Elle a indiqué que la délégation est intéressée à recueillir l’avis du système des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme en Angola et s’enquérir du niveau de collaboration, avec le gouvernement angolais et les organisations de la société civile. 118. Aux dires de Mme Jocelline Bazile-Finley, coordonatrice du système des Nations Unies, appuyés par ceux du Dr. Koen Vnormelingen, Représentant de l’UNICEF, l’Angola a fait beaucoup de progrès ces derniers temps en élargissant le champ de collaboration dans la préparation des rapports périodiques. Le pays a également invité les NU à donner une formation en droits de l’homme aux agents du gouvernement. L’Angola a en outre demandé au système des NU de faire son rapport sur l’Angola en plus du rapport du gouvernement pour voir s’il y a un déséquilibre entre les deux rapports. Elle a souligné que si la société civile a été invitée à faire partie de la commission sur la rédaction des rapports, cette invitation a été de façade car elle n’a pas été suffisamment accompagnée d’une offre réelle. Elle a observé que cependant, la société civile elle-même est à blâmer car même si elle n’est pas suffisamment outillée elle devrait saisir cette occasion pour commencer un dialogue franc avec le gouvernement. Le plus important selon la coordonatrice est la mise en œuvre des recommandations de Genève après la présentation du rapport de l’Angola. Au titre des avancées positives, elle a noté le caractère progressiste de la nouvelle Constitution de l’Angola. Selon elle, il s’agit là d’une opportunité que la société civile devrait saisir pour contribuer à la vulgarisation dudit texte. La création d’un secrétariat d’Etat aux droits de l’homme est aussi à mettre à l’actif du gouvernement même s’il y a encore de chemin, avant que ce département ne soit opérationnel. Il y a donc un progrès dans tous les domaines et surtout au niveau de la volonté politique du gouvernement de ne pas occulter les problèmes. Page 37 119. Comme points de préoccupation, Mme la Coordinatrice a relevé le traitement des personnes considérées comme étant en situation irrégulière, les violences faite aux femmes y compris le viol, le viol d’enfants qui devient courant, les violences domestiques, les violences à l’école ; les grossesses précoces (30%); la mortalité infantile (185/1000). Elle a souligné que la justice juvénile n’a pas de structures de réinsertion des mineurs. Elle a noté également comme point de préoccupation la réduction de l’âge criminel de 16 à 14 ans, l’expropriation qui se fait sans respecter les droits des victimes. Elle a relevé le cas d’un enfant mort au cours d’une expropriation. Elle a également noté, la pénalisation de l’infection au SIDA au cas où la transmission a été faite de façon volontaire. 37
120. Elle a indiqué que suite à un plaidoyer pour une protection sociale des enfants, le gouvernement a demandé à l’UNICEF de l’assister. La nouvelle constitution constitue une avancée en ce qu’elle protège en son article 80, les droits des enfants et garantie sa protection sociale. Il est donc urgent d’engager la lutte contre la violence faite aux enfants et la lutte contre la prostitution. RENCONTRE AVEC LE MEDIATEUR DE LA REPUBLIQUE MR. PAULO TJIPILIKA. 121. La Commissaire Maiga a commencé par remercier le Médiateur pour les efforts consentis en faveur de la mise en œuvre des droits de l’homme et la bonne gouvernance. Elle a demandé à avoir davantage d’informations sur les services du médiateur à savoir son fonctionnement, les progrès et défis, notamment si les services de la médiature sont connus des citoyens. 122. Dans son intervention, le Médiateur de la République a précisé que ses services sont récents et la constitution du nouveau bureau était en cours au niveau de l’Assemblée Nationale (AN). Le Médiateur de la République est élu par 2/3 des membres de l’Assemblée Nationale, il est élu pour quatre ans renouvelables et présente son rapport à l’AN et au Président de la République tous les six mois. Il a indiqué qu’il a été avocat au barreau de Lisbonne avant d’être rappelé au pays par le Président de la République pour être nommé d’abord Ministre de la Justice avant son élection comme Médiateur. Il a du travailler dur après sa nomination comme Ministre pour rehausser le niveau de salaire et de professionnalisme des Magistrats qui était bas. 123. Selon Mr. Paulo Tjipilika, premier Médiateur de la République, son institution est au centre des préoccupations du peuple. Ainsi, il reçoit des plaintes et réclamations de toutes les parties du pays et même par téléphone. Il a précisé que la célérité et l’efficacité régissent ses services dans le traitement des dossiers qui, une fois ouverts sont suivis par les collaborateurs. Sur le suivi des recommandations du rapport, le Médiateur a indiqué qu’à quelques exceptions près, les recommandations contenues dans le rapport sont suivies et l’organe qui ne respecte pas ses recommandations est dénoncé. Les services du Médiateur sont représentés dans les provinces que le Médiateur visite de temps en temps. La plupart des dossiers soumis ont trait au contentieux social, à la détention préventive etc. Le Médiateur visite aussi les prisons pour se faire une idée des détentions préventives et vérifier si les délais sont respectés. Page 38 124. Environ 20 à 50 réclamations sont reçues par jour, il y a même le système de saisine par téléphone portable, la plupart des réclamations viennent des femmes et ont trait à la pension alimentaire, aux violences domestiques. Dans les cas de violences domestiques, le Médiateur fait appel aux services de police. La plupart des réclamations sociales viennent des hommes. Il y a aussi des réclamations d’ordre foncier qui sont soumises aux services du Médiateur et traitées par l’unité vérification et investigation. Il s’agit en général des cas 38
d’expropriation par les services publics. Pour ces cas le Médiateur recommande que ses services procèdent à l’enquête de commodo et d’incommodo avant toute expropriation. Si l’une des réclamations fait l’objet d’un dossier pendant devant une juridiction, le Médiateur fait le suivi à travers ses services qui comprennent plus de femmes que d’hommes. 125. Il a souligné que si le thème de la 3eme conférence des Médiateurs africains qui a eu lieu à Luanda du 10 au 15 avril 2010 a été : le Médiateur et la bonne Gouvernance, l’objectif principal était d’assurer la visibilité des services offerts par les Médiateurs africains. Il a demandé à la CADHP de contribuer à mieux faire connaître les Médiateurs africains qui ne sont pas beaucoup connus tant au niveau de l’UA qu’ailleurs. Il a précisé que pour l’heure, au niveau de l’Angola, les services du Médiateur interviennent à la télévision et à la radio. Parmi les recommandations de la 3eme conférence, il a cité ; le respect de l’ordonnancement juridique de chaque pays ; la nécessité de donner les moyens adéquats aux Médiateurs pour contribuer à la bonne gouvernance et à la protection des droits de l’homme. 126. Aux dires du Médiateur, le défi quotidien à relever est celui de la sensibilisation de certaines personnalités et entités qui ne répondent pas aux lettres et aux recommandations. Il y a aussi le défi lié aux ressources humaines et financières dont la solution ne peut qu’être trouvée au niveau des services publics. 127. L’entretien s’est achevé par une conférence de presse que la Commissaire Maiga a accordée à l’unité de presse des services du Médiateur et au cours de laquelle elle a livré ses impressions. RENCONTRE L’ANGOLA AVEC L’ASSOCIATION DES FEMMES JURISTES DE 128. Après avoir remercié les membres pour avoir répondu à l’invitation, la Commissaire Maiga a fait une présentation de la CADHP et ses mécanismes spéciaux en général en mettant l’accent sur le mandat de la Rapporteure Spéciale sur les droits de la femme en Afrique. Elle a précisé que la mission en Angola a pour but de voir les progrès réalisés et les défis à relever dans la promotion et la protection des droits de l’homme. Elle a précisé que s’agissant des violences faites aux femmes, les femmes juristes angolaises ont un grand rôle à jouer et c’est pour cela qu’elle a jugé important de les rencontrer. Elle a exhorté les membres à demander le statut d’observateur auprès de la CADHP. Page 39 129. Prenant la parole au nom de l’association, la Vice-présidente Mme Julia Ferreira a précisé que l’association a été mise en place depuis 1995 et qu’au moment de la visite l’association était en pleine transformation. L’activité centrale de l’association est la lutte contre les violences faites aux femmes et toutes autres 39
formes de discrimination. Comme outils, l’association a un programme télévisé et un cours pour sensibiliser la population sur les droits des citoyens en général et sur ceux des femmes en particulier. La nouvelle constitution permet aux citoyens de connaitre leurs droits et cela favorise la tâche de l’association qui entretient des relations plus étroites avec les ministres de la Justice et de la famille. Sur les ressources, l’association ne reçoit aucune assistance venant de l’Etat et elle ne vit que du soutien financier des NU qui n’est d’ailleurs pas immédiat. L’association qui comprend près de cent femmes a des représentations régionales qui opèrent soit sous forme de centres ou de portes ouvertes qui sont organisées par ces centres. 130. La Vice-présidente a souhaité qu’une recommandation soit faite à l’Etat dans le rapport à l’effet d’avoir un centre d’information permanent car depuis sa création, la guerre a retardé ses activités. L’association entend développer ses relations avec la CADHP et en cela la Commissaire Maiga a exhorté les membres à demander et obtenir le statut d’observateur qui permettrait à l’association de prendre part aux activités de la Commission et surtout aux forums des ONG qui précédent les sessions. La Commissaire a également conseillé aux membres de viser comme futurs membres les étudiantes en droit. La Vice-présidente qui travaille comme professeur à la faculté de droit de l’Université Agostino Neto a salué cette recommandation dont elle a pris bonne note. La Commissaire Maiga a suggéré aux membres d’avoir un temps d’entretien à la télévision et à la radio sur les cas d’abus sexuels et d’inclure aussi les hommes sensibles aux genre dans leurs activités car il s’agit d’une association professionnelle qui se bat pour une intégration globale de la société angolaise. Elle a en outre suggéré que l’association identifie tous les ans ou tous les deux ans la magistrate ou le magistrat de l’année et que cela peut se faire aussi dans d’autres corps comme la police. Elle a indiqué sa disponibilité à revenir en Angola pour donner des séminaires sur le protocole de Maputo et les droits de la femme en général. 131. La Vice-présidente a salué toutes les suggestions et a promis que l’association les mettra en œuvre. RENCONTRE AVEC L’ORGANISATION DES FEMMES ANGOLAISES Page 40 132. La délégation a été reçue au siège de cette organisation par un certain nombre de membres avec à leur tète la Secrétaire-Générale Adjointe Mme. Alice N’dobolo en l’absence de la Secrétaire Générale empêchée. Au cours de cet entretien, la Commissaire Maiga a procédé à un bref exposé sur la CADHP en insistant sur les mécanismes créés au sein de la Commission pour traiter des questions spécifiques des droits de l’homme. Elle a indiqué qu’elle a tenu à rencontrer cette organisation qui selon elle, a résisté au temps. La CADHP peut, à travers ce genre d’organisation, appuyer techniquement la femme angolaise. Elle a présenté le mandat de Rapporteure Spéciale sur les droits de la femme en 40
Afrique en indiquant sa disponibilité à tenir des séminaires et ateliers en cas de besoin au profit de la femme angolaise. 133. Dans son intervention, Mme N’dobolo a précisé que son organisation est la branche féminine du MPLA créée depuis les années 70 pour défendre les droits de la femme angolaise ; c’est donc l’organisation féminine la plus vieille en Angola. L’organisation a pour mandat de lutter pour l’accès de la femme angolaise dans les postes de prise de décisions. L’actuelle Ministre de famille est l’émanation de l’organisation. Par ailleurs, près de 30% des femmes au gouvernement sont des membres actives et il en est de même des trois femmes Maires du pays. L’organisation lutte contre les violences domestiques à travers des campagnes de sensibilisation dans tout le pays qui peuvent durer jusqu'à 16 jours dans l’année. Elle est membre de l’Association des femmes juristes angolaises et de la fédération internationale des femmes de carrières juridiques. Elle a indiqué que l’organisation reçoit l’assistance des hommes dans tout ce qu’elle entreprend qu’il s’agisse d’activités socioculturelles, de programmes de santé tant en zone urbaine qu’en zone rurale. 134. La Commissaire Maiga a remercié les membres présents tout en les encourageant à continuer le travail commencé au profit de la femme angolaise. Elle a encore une fois exprimé la disponibilité de la CADHP ainsi que celle de son mécanisme à prodiguer l’assistance technique nécessaire à l’organisation. RENCONTRE AVEC LE MAIRE DE LUANDA, GOVERNADORA SENHORA FRANCISCA DO ESPIRITO SANTO 135. Au cours de cet entretien que la délégation a eu avec Mme le Maire de Luanda en présence de son Directeur de communication, la Commissaire Maiga a encore une fois sacrifié à la tradition en procédant à un bref exposé sur les objectifs de la mission et de la visite à la mairie du Luanda. Elle a précisé que la délégation est intéressée par le parcours politique ayant conduit à la nomination de femme Maire, à la tête de la capitale du pays. 136. Répondant aux questions soulevées, Mme le Maire a précisé que son histoire à elle est un peu longue. Elle a fait noter cependant que pendant la lutte anticoloniale, les femmes ont été toujours aux côtés des hommes jusqu'à l’indépendance en 1975. Après l’indépendance, elle a commencé sa carrière par le poste de Directrice de la bourse des valeurs et ce sont ses promotionnaires femmes qui font partie de celles qui occupent les postes de prises de décisions de nos jours. Page 41 137. En tant que Maire nommée, elle a précisé qu’elle est confrontée au défi constant de s’occuper d’une ville faite à l’origine pour 500.000 personnes mais qui abrite aujourd’hui plus de 5 millions d’habitants. A cela s’ajoute le phénomène des handicapés de la guerre, des orphelins, des veuves, des 41
problèmes de l’éducation car il y a trop d’analphabètes, le problème de la documentation est aussi un défi à relever a ajouté Mme le Maire. Le plus grand défi est de continuer à bâtir une paix durable pour que tous les citoyens angolais vivent en harmonie. Elle a soulevé la question des violences domestiques, et les séquelles de la guerre que subissent plusieurs citoyens et qui se traduisent par l’existence d’orphelins, la recrudescence de la violence, la prostitution et la délinquance juvénile. 138. Elle a fait noter cependant l’existence de programmes de réinsertion et de rééducation des personnes concernées. Il y a aussi des programmes de travail communautaire à travers les organisations communautaires, des programmes d’éducation sur l’environnement, de sport, de motivation des jeunes, de formation en gestion de petites et moyennes entreprises surtout au profit des personnes victimes de mines anti-personnelles. S’agissant des ressources, elle a précisé que si les ressources financières viennent de banques privées, les ressources humaines ne sont jamais suffisantes. 139. En ce qui concerne les personnes âgées, elle a souligné que l’abandon est leur source de solitude. La mairie a ouvert un centre d’accueil pour personnes âgées ainsi que des centres de recréation ou ces personnes participent à des activités de réinsertion sociale. 140. S’agissant des femmes, elle a relevé un facteur positif pour le pays car les femmes sont dans tous les secteurs de l’économie et il y a une volonte de faire d’elles des responsables à travers les activités génératrices de revenus. Elle a précisé qu’il y a trois femmes Maires en Angola. Avec l’avènement de la nouvelle constitution, elle a émis le vœu de voir beaucoup plus de femmes dans les postes nominatifs de prise de décisions. Son ambition est de mieux faire en terme de résultats surtout en matière d’éducation. 141. En ce qui concerne les logements sociaux, Mme le Maire a indiqué que la ville de Luanda est en pleine phase d’extension et d’urbanisation. Pour ce genre d’opérations, elle a précisé qu’il y a souvent lieu de déloger ceux qui sont venus à Luanda du fait de la guerre et ceux qui sont installés dans des zones à haut risque. La question cruciale à laquelle est confrontée la mairie est de savoir comment procéder à de telles opérations sans créer des frustrations et des discriminations. Page 42 142. Pour la Commissaire Maiga, tous les problèmes soulevés par Mme le Maire sont pertinents et ont besoin d’être traités avec toute l’attention nécessaire et l’accompagnement des autorités. Elle a indiqué que la vision de Mme le Maire est bonne et bien que les défis ne manquent pas toujours, il est possible de réaliser des programmes ambitieux en faveur des couches vulnérables de la population, avec l’appui des autorités politiques et l’implication des populations 42
elles même. Elle a suggéré la création au sein de la Mairie d’une cellule chargée des droits de l’homme. En réponse, Mme le Maire a dit qu’il est prévu de mettre en place, un programme d’éducation civique pour enseigner aux jeunes, leurs droits et leurs devoirs envers leur pays et envers leurs concitoyens. 143. L’entretien a été clôturé par une interview accordée par la Commissaire Maiga à la presse d’état. VISITE A L’HOPITAL GENERAL DE LUANDA A L’OCCASION DE LA COMMEMORATION DE LA JOURNEE MONDIALE DE LUTTE CONTRE LE PALUDISME. 144. A l’invitation de Mme la Maire, la délégation s’est rendue à l’hôpital général de Luanda où elle a pris part à la cérémonie de lancement du programme anti-malaria. Plusieurs présentations sur le paludisme et la politique de santé du Gouvernement dans le cadre de la lutte contre le paludisme ont ponctué la cérémonie, ainsi que l’évaluation des actions menées par la Mairie et le personnel de l’hôpital dans ce domaine. Ainsi, il est ressorti de ces présentations, que les problèmes d’assainissement et d’hygiène constituent les principaux facteurs du développement du paludisme qui tue entre 350 à 500 personnes chaque année en Angola. Des spécialistes de la maladie, ont présenté les projets en cours, les résultats obtenus et les défis rencontrés dans le traitement des malades. L’insuffisance du personnel soignant a été relevée comme constitutive d’un enjeu dans la lutte; la stratégie politique de lutte contre le paludisme comprend trois étapes à savoir : l’éducation (formations et ateliers à l’intention des agents de communications), le développement de programmes après identification des sites et l’évaluation. Au cours de la cérémonie, un sketch sur le paludisme, notamment sur la prévention et le traitement a été présenté à l’assistance. Page 43 145. La délégation a en outre visité les chambres d’accueil des malades et a participé à la distribution gratuite de moustiquaires imprégnées aux malades. Elle a visité la maternité de l’hôpital où elle a pu échanger avec les femmes accouchées dont la majorité est d’un très jeune âge. L’exiguïté des chambres, le nombre insuffisant des lits et la vétusté de certains locaux ont été relevés par le personnel soignant qui a sollicité de Mme. le Maire, l’accélération des travaux d’extension de la maternité. La délégation a été informée qu’environ 200 accouchements s’y font par jour dont certains par césarienne après autorisation du mari. La délégation a également visité le centre de gynécologie et d’obstétrique où elle a pu noter les mêmes problèmes de capacité d’accueil et de manque de personnel qualifié. La cérémonie a été clôturée par une intervention de Mme le Maire de la Province de Luanda qui a salué la présence de la délégation de la Commission Africaine. Elle s’est aussi réjouit du fait que la délégation a pu se rendre compte des réalités de l’hôpital général du Luanda qui accueille les malades venant des quartiers périphériques et notamment, du 43
manque de ressources matérielles, humaines et financières. Elle a fait noter qu’il s’agit là d’une opportunité pour la délégation de soulever devant les autorités compétentes, qu’il y a encore un chemin à parcourir dans la jouissance des droits aux soins médicaux et qu’une réponse du gouvernement s’avère urgente pour améliorer les conditions de vie des populations et surtout des couches vulnérables. Elle a recommandé aux professionnels de santé de travailler avec conscience et responsabilité, malgré le poids des problèmes, en promettant que ceux-ci seront résolus car les dispositions seraient en train d’être prises à cette fin. VISITE A LA MUNICIPALITE DE VIANA ET AU CENTRE DE CONSEIL FAMILIAL 146. La délégation a visité les locaux de l’hôtel de ville de Viana, un des quartiers périphériques de Luanda. Elle a ensuite eu des entretiens avec le personnel du centre de conseil familial de ce quartier en présence de la Viceministre de la famille. 147. La délégation a été informée que le centre comprend quatre conseillères ayant toutes une formation en sociologie. Selon les statistiques régulières que tient le centre, les problèmes récurrents des personnes accueillies au niveau du centre, en majorité femmes, sont : la pension alimentaire, les recherches de paternité, l’abandon de famille, les besoins en matière de logement, les problèmes liés à la violence domestique et la gestion des successions etc... Dans le cadre de ses activités, le centre collabore avec les services de l’Etat. Quant au suivi des violences domestiques, il se fait tant au centre et dans les familles car des divergences ont souvent été notées entre la version de certains faits tels que rapportés au centre, et la réalité au niveau familial. L’Etat, selon les conseillères devrait créer d’autres centres pour un traitement accéléré des cas de violences domestiques. Pour les mineurs, le centre collabore avec les tribunaux pour enfants. Des avocats d’office sont commis en matière de non paiement de pension alimentaire pour agir plus rapidement, dans l’intérêt de la protection des droits des enfants. Page 44 148. En outre le centre procure des conseils juridiques en matière de conciliation, il est représenté dans les 9 municipalités de Luanda. Il existe 156 centres sur toute l’étendue du territoire. Selon la Vice-ministre, au niveau de la province, la direction du centre dépend du Ministère, mais financièrement, elle dépend de la province elle-même. Elle a fait noter que si la parité entre hommes et femmes n’est pas encore atteinte, c’est que les femmes ont toujours des difficultés de s’élever au-dessus des contingences immédiates. Elle a indiqué que dans le domaine de la formation des formateurs et de la formation continue, il y a le soutien du NEPAD et de l’Espagne. Le centre reçoit aussi de l’aide de l’Etat et de l’Eglise. 44
149. La Commissaire Maiga a félicité le personnel du centre pour leur contribution à la pacification sociale et à la protection de la famille. Pour elle la recherche de la paix doit commencer au niveau de la famille qui est la structure sociale première. Dans le cadre de la gestion des problèmes liés au non versement des pensions alimentaires, elle a donné l’exemple de l’Ethiopie et la Tunisie ou l’Etat a mis en place un fonds spécial qui règle les bénéficiaires et se retourne après contre les pères récalcitrants. VISITE DE LA MAISON DE DETENTION POUR FEMMES DE VIANA 150. La visite de la maison d’arrêt pour femmes de Viana a permis à la délégation qui a été accueillie à cet effet par la Vice-ministre de la famille, Mme Ana Paula da Silva do Sacramento Neto, de se rendre compte des conditions de vie et de détention des femmes. Elle a été informée que la prison pour femmes a ouvert ses portes depuis 1997 et emploie 174 fonctionnaires. Les condamnations sont relatives aux infractions suivantes : homicide volontaire, escroquerie, vol, trafic de stupéfiants etc. La prison a bénéficié du soutien financier de plusieurs partenaires pour la construction d’un centre d’alphabétisation, d’un centre religieux et pour l’organisation d’activités culturelles et récréatives. Au moment de la visite, la population carcérale est de 232 détenues dont 38 en détention préventive pour des crimes. La délégation a visité la salle d’informatique, la salle de rééducation pénale où des cours sont dispensés aux détenues sur leurs droits et leurs devoirs. Elle a également visité la salle de logistique, la section des ressources humaines, les finances et la salle de production. Elle s’est rendue dans les cellules de détention. Page 45 151. La prison comporte centre artisanal et une crèche ou les enfants des détenues sont gardés jusqu’à l’âge de trois ans. La capacité de la prison est de 500 détenues. Quatre coordonnatrices choisies parmi les détenues condamnées à des longues peines (générale, hygiène, discipline, religion), ont en charge le suivi des activités de la prison. Elles se réunissent tous les 15 jours et contribuent de l’avis des détenues à l’amélioration des conditions de vie et de détention, pour une réinsertion sociale réussie. Interrogées sur les défis, les coordinatrices se sont félicitées des efforts déjà consentis, mais elles ont indiqué qu’il y a un besoin de renforcement de l’encadrement en ce qui concerne la réinsertion psychologique et morale des détenues. Ainsi selon la coordonnatrice religieuse, condamnée à la peine de 14 ans pour homicide sur la personne de son époux, c’est la religion qui a changé sa vie. Elle a fait noter que les détenues pour la plupart sont victimes de rejet de la part de leurs familles, pendant qu’elles purgent leur peine. Lorsque cela survient, elles peuvent avoir plus de difficultés à se réinsérer après leur sortie de prison. Il est donc très important que l’Etat les aide à se réinsérer. 45
152. La Commissaire a indiqué que les ONG peuvent jouer le rôle d’intermédiation entre les détenues et leurs familles. Elle a dit que la Charte africaine recommande la prise en compte de nos valeurs culturelles positive dans la mise en œuvre des droits de l’homme. A la fin de la visite, elle a fait observer que sur plusieurs points, les conditions de détention à la maison d’arrêt pour femmes de Viana sont conformes aux standards et normes internationaux en la matière. Elle a encouragé les détenues à s’intéresser aux programmes de rééducation et de réinsertion qui leur sont offerts afin de sortir meilleures de la prison et de contribuer au développement de l’Angola en tant que citoyennes de ce pays. SEANCE DE DEBRIEFING AVEC LE MINISTERE DES RELATIONS EXTERIEURES 153. La séance de débriefing au Ministère des Relations Extérieures a été présidée par son Excellence Mr. le Ministre Assuncao dos Anjos en présence de plusieurs de ses collègues du Gouvernement et des institutions de la République ainsi que de ses collaborateurs. Elle a débuté par une intervention liminaire du Ministre qui a indiqué que lors de la séance de briefing, il a eu à mettre en exergue toutes les mesures prises par l’Angola en matière de promotion et de protection des droits de l’homme. C’est dans cette optique qu’un programme condensé a été élaboré par ses services compétents pour permettre à la délégation de rencontrer les acteurs chargés de la mise en œuvre des droits de l’homme et d’évaluer sur place les réalités, les progrès et les défis. En recevant donc encore une fois la délégation au terme de sa mission, le Ministère entend écouter, et enregistrer les observations et les résultats préliminaires qui y sont issus. 154. Prenant la parole, la Commissaire Maïga a tenu à réitérer au Gouvernement de l’Angola, les remerciements de la Commission Africaine pour toutes les dispositions et les facilités mises en place pour assurer le succès de la mission. Elle a indiqué que la mission s’est déroulée sur peu de jours, ce qui n’a pas permis à la délégation de couvrir de façon satisfaisante tous les domaines d’intérêt, notamment la visite à l’intérieur du pays pour toucher du bout des doigts certaines réalisations dans le domaine des droits socio-économiques. Toutefois, la mission a été intense et la délégation a eu des entretiens fructueux et cordiaux avec toutes les hautes personnalités et a tenu des séances de travail avec les acteurs techniques, les parlementaires, les représentants, des institutions spécialisées des Nations Unies et autres, impliqués dans les droits de l’homme en Angola. Page 46 155. Elle a indiqué qu’il est de tradition, qu’au terme de la mission, la délégation fasse un tour d’horizon des questions abordées au cours des échanges avec la différents interlocuteurs, et livre à l’autorité de tutelle de la mission, par courtoisie et dans un esprit de dialogue transparent et convivial, ses premières impressions. En s’acquittant de cet exercice, elle a fait un bref exposé 46
sur les différentes rencontres et visites effectuées et a décliné son propos en quatre parties ; d’abord, les facteurs de satisfaction ; les défis relevés ; les domaines de préoccupation au regard du respect des dispositions de la Charte Africaine et des autres conventions pertinentes ratifiées par l’Angola, au plan international ; enfin quelques recommandations sommaires qui, a-t-elle indiqué, seront formulées et articulées dans le rapport de mission, en prenant soin d’indiquer les acteurs auxquels elles s’adressent en particulier. Elle a terminé en sollicitant de la République d’Angola d’abriter l’une des sessions prochaines de la Commission Africaine, dans le cadre des relations avec les Etats parties. 156. Le Ministre des Relations Extérieures a remercié la Commission Africaine, et a félicité la Commissaire Maiga pour la pertinence de son analyse. Il a réitéré la volonté politique des plus hautes autorités à mettre au cœur des politiques, plans et programmes, la satisfaction des droits des populations Angolaises. Il a indiqué la disponibilité de son ministère et de l’ensemble du Gouvernement à coopérer avec la Commission Africaine, autour de la mise en en œuvre des recommandations issues de la mission. Il a pris l’engagement que l’Angola prendra part désormais aux activités de la CADHP en promettant que le gouvernement fera de son mieux pour accueillir une session de la Commission. Revenant sur la question des traitements infligés aux étrangers expulsés hors de l’Angola, le Ministre a indiqué que l’immigration irrégulière et l’exploitation illicite des richesses du pays par les étrangers, fait perdre environ 300 millions de dollars à son gouvernement par an. Il dit n’avoir pas connaissance de mauvais traitements d’étrangers sur le sol angolais. OBSERVATIONS ET ANALYSE DE LA CADHP 157. Dans la présente section, la Commission Africaine analyse la situation des droits de l’homme en Angola, en se fondant sur les informations recueillies au cours des entretiens et des rencontres que la délégation a eus avec les responsables des institutions et les autres acteurs impliqués dans la promotion et la protection des droits de l’homme. Page 47 158. Il est important de rappeler que malgré les politiques et programmes de reconstruction en cours en Angola, les vestiges des évènements douloureux qu’a vécus le pays mettront du temps à s’effacer. La guerre civile qui a fragilisé le tissu social et économique, n’est pas sans conséquences sur la demande sociale encore forte, quant à la satisfaction des droits économiques et sociaux des différentes couches de la population. Les solutions à apporter pour une jouissance effective par les Angolais de tous leurs droits humains, requièrent de la part des autorités, plus d’efforts que les Etats parties n’ayant pas connu de conflit, en terme d’investissement, tant dans construction de la paix que dans la mise en œuvre des droits civils, politiques, économiques, sociaux et culturels. 47
159. Il existe, un attachement fort des autorités angolaises, au développement du pays et au bien être des populations, et cela se traduit à travers les chantiers gigantesques en cours dans le domaine des infrastructures, des logements sociaux, des structures scolaires, hospitalières et sportives, dans la périphérie de Luanda. 160. Le constat général qui se dégage est qu’une volonté politique réelle semble exister au plus haut niveau de l’Etat Angolais pour faire du pays un Etat de droit. En effet, il y a une volonté affichée des autorités angolaises de mettre en œuvre tous les instruments internationaux des droits de l’homme ratifiés par le pays. Il a été constaté également que les autorités sont prêtes à travailler avec tous les organes de traité tant au plan régional qu’au plan international pour l’instauration d’une culture des droits de l’homme en Angola. 161. Au plan normatif l’Angola, s’est doté d’institutions capables de promouvoir et de protéger les droits de l’homme, cependant des difficultés de plusieurs ordres limitent l’impact des actions de promotion et de protection des droits; notamment les dysfonctionnements internes au service public de la justice, l’insuffisance des ressources humaines, matérielles et financières affectées à plusieurs institutions et services de l’Etat, le faible niveau de coopération avec les ONG et le manque de coordination et de collaboration entre les différents acteurs impliqués dans la promotion et la protection des droits humains. 162. En plus d’avoir ratifié la plupart des instruments juridiques et internationaux et africains, comme la Charte Africaine des Droits et du bien être de l’enfant, ainsi que le Protocole de Maputo, l’Angola a intégré dans sa nouvelle constitution plusieurs dispositions pertinentes de ces dits instruments même s’ils ne sont pas connus de la majeure partie de la population angolaise qui ne les exerce pas, à cause de la pauvreté, de l’analphabétisme et de l’insuffisance dans la vulgarisation desdits textes, par des canaux de communication adaptés. 163. Comme dans la plupart des Etats parties, la question de l’existence des mesures législatives garantissant les droits et les libertés fondamentales ne se pose pas. En effet l’Angola s’est doté d’une nouvelle constitution, qui jette les bases d’un état de droit et donne naissance aux institutions directement impliquées dans la promotion et la protection des droits de l’homme. Page 48 164. L’avènement de ce texte est salué par tous les interlocuteurs comme un tournant décisif qui va impulser et favoriser la reconnaissance de nouveaux droits, la révision des textes coloniaux encore en vigueur, ainsi qu’un meilleur exercice par les citoyens de leurs droits et de leurs libertés fondamentales. La nouvelle constitution est considérée comme la preuve de la volonté politique du Chef de l’Etat d’inscrire et d’imprimer les normes et standards internationaux en matière des droits de l’homme dans gouvernance politique, économique et sociale de l’Angola. En témoignent certains axes forts tels que : l’abolition de la peine de 48
mort, la consécration des conventions internationales ratifiées sur le droit national, l’obligation qui est faite au juge d’appliquer les conventions internationales ratifiées ; la criminalisation de la torture et l’obligation de traduire les lois, dans les langues nationales. 165. Il y a lieu de signaler également, la reforme judiciaire qui est en cours et en particulier la relecture des différents codes pour les mettre en harmonie avec la nouvelle constitution, l’élaboration en cours d’un texte spécifique sur les violences domestiques, la formation des magistrats, des avocats et du personnel judiciaire en droit de l’homme, le contrôle de la discipline, de la probité et du rendement des magistrats par le Conseil Supérieur de la Magistrature qui est habilité à recevoir des plaintes des citoyens et à les traiter. 166. La création et la mise en place de l’institution du Médiateur de la République peuvent être considérées comme un autre indicateur de la volonté politique des autorités, dans le domaine de la protection des droits de l’homme. En dépit, de certaines contraintes, en matière de locaux et de ressources humaines, cette institution a déjà relevé le défi de l’organisation du 3ème Congrès des Médiateurs et Ombusman de l’Afrique sur le thème de la bonne Gouvernance. Elle se situe au cœur des droits de l’homme et contribue largement au respect de la dignité et du bien être du citoyen, par l’Administration et les collectivités publiques. Par ailleurs, elle renforce par son intervention, son suivi et ses recommandations l’état de droit et la gouvernance en général. 167. La création d’un Secrétariat d’Etat aux droits de l’homme constitue une bonne pratique de nature à renforcer la surveillance des droits de l’homme garantis dans la Constitution. En effet, il y a lieu de noter que l’institution d’un Secrétariat d’Etat aux droits de l’homme est nouveau dans le système angolais et la plupart des pays africains n’ont pas de ministère spécifiquement dédié aux droits de l’homme et ne leur consacrent qu’une section au sein du Ministère de la Justice. Bien qu’il s’agisse d’une structure jeune, dont les ressources sont limitées, le secrétariat aux droits de l’homme semble être un département prometteur dans la recherche et la fourniture d’informations sur la jouissance des droits de l’homme en Angola. Page 49 168. S’agissant de la mise en œuvre des droits de la femme, la Commission africaine salue l’existence en Angola d’une Politique Nationale Genre et d’une Stratégie Nationale en matière de promotion de la femme ainsi que de nombreux programmes pertinents, dotés de ressources budgétaires importantes et qui ont permis de renforcer l’équité et de favoriser l’égalité des chances dans des domaines essentiels tel que: la scolarisation, l’alphabétisation, la santé maternelle et infantile, l’accès des femmes au mico-crédit et à l’entreprenariat, l’accès égal et sécurisé des femmes à la terre et aux logements sociaux. Des efforts et des progrès ont été réalisés dans la protection de la famille et des femmes contre les violences domestiques grâce à l’implantation des centres de conseil familial à Luanda et dans toutes les provinces. La Commission africaine se réjouit des dispositions prises par le Ministère de la 49
Famille en vue de respecter les engagements découlant de la Déclaration sur le Genre de l’Union Africaine, par la production de 4 rapports annuels. 169. Elle salue également l’existence au sein de l’AN d’un groupe de femmes parlementaires qui collaborent avec les ONG, les départements ministériels et les femmes à la base autour de programmes communs ayant trait à la promotion et la protection des droits des femmes et des filles en Angola. 170. Elle félicite l’Angola à travers le Ministère de l’Intérieur et l’Administration pénitentiaire pour les efforts entrepris en matière d’humanisation de la prison des femmes de Viana, et de respect des normes et des standards en matière d’espace, de nourriture en quantité suffisante et en qualité, d’hygiène, de formation initiale, de réinsertion professionnelle et de mise à disposition d’activités culturelles. 171. Elle apprécie la mise en place du Conseil National de l’Enfant, qui regroupe 14 ministères et 17 ONG, et salue les progrès réalisés en faveur du bien être et de la protection des droits de l’enfant angolais à travers l’installation de plusieurs programmes et politiques développés en collaboration avec l’UNICEF, ainsi que l’existence de structures et de plans d’actions coordonnés, intégrant les OMD et les normes édictées par la Convention sur les droits de l’enfant. 172. Elle a pris note des efforts en cours pour humaniser la politique angolaise en matière d’immigration, à travers l’éducation aux droits de l’homme et au droit humanitaire, la formation des agents de police, la sensibilisation des populations, la révision de la loi sur l’asile, la légalisation de la circulation des personnes, les mesures d’assistance et de réinsertion sociale, l’appui psychologique aux demandeurs d’asile, ainsi que les nouvelles directives relatives aux traitements et au respect de la dignité des étrangers admis aux expulsions forcées. 173. La Commission Africaine note avec satisfaction la création d’une commission interministérielle chargée de l’élaboration des rapports de l’Angola devant les organes de traité, ainsi que la présentation par l’Angola de son rapport devant le Conseil des droits de l’homme, en espérant que les recommandations vont être mises en œuvre et vulgarisées. 174. Nonobstant, l’existence de ces facteurs de satisfaction, il apparaît qu’en raison du taux élevé de l’analphabétisme des populations, la jouissance effective des droits civils et politiques, même dans la capitale à Luanda, semble être limitée à la classe des citoyens lettrés qui constitue une minorité. Page 50 175. Les défis tiennent essentiellement à l’insuffisance des moyens adéquats, et des ressources humaines bien formées, capables de renforcer la capacité et l’efficacité des administrations, services techniques et institutions chargés des droits de l’homme. 50
176. La Commission Africaine déplore l’insuffisance des ressources budgétaires allouées à la Médiature de la République, ce qui empêche cette institution d’exécuter toutes les missions qui lui sont assignées en matière d’information des usagers du service public et de protection des droits des citoyens. 177. Dans le domaine de l’accès à la justice et de l’égalité des citoyens devant la loi, la Commission a noté des besoins réels, en terme de modernisation et d’informatisation de l’outil de travail, ainsi que la nécessité d’accélérer la relecture des codes en cours. L’amélioration des conditions de rémunération des magistrats et le renforcement de la formation continue ont été relevés comme étant des facteurs pouvant redynamiser le corps et le mettre à l’abri de la corruption. 178. S’agissant des organisations de la société civile impliquées dans la promotion et la protection des droits de l’homme, un travail de fond en terme de collaboration avec l’Etat autour des mêmes enjeux est à faire, car la réalisation d’une véritable culture des droits de l’homme ne peut se faire en rangs dispersés. La Commission Africaine n’a pu rencontrer qu’un nombre limité d’ONG des droits de l’homme mais a pu noter les mauvaises relations entre le Gouvernement et une partie des organisations de la société civile. 179. Par ailleurs, la brutalité policière tant à l’égard des étrangers expulsés qu’à l’égard des citoyens angolais telle que décrite par certains interlocuteurs, est la preuve qu’il existe un grave problème de violations des droits de l’homme au niveau de la police. Cette question mérite de retenir l’attention des autorités au plus haut niveau à l’effet de procéder aux réformes nécessaires notamment, dans le domaine du recrutement des agents, du suivi de leurs carrières, de la réglementation de l’entrée, de la sortie et de l’établissement des ressortissants étrangers en terre angolaise. RECOMMANDATIONS 180. La Commission Africaine est fermement convaincue que pour réaliser la paix et atteindre un niveau de développement durable et satisfaisant, il est essentiel pour les Etats parties de promouvoir et de respecter les droits de l’homme qui sont à la base de tout progrès, dans les domaines politique, économique, social et culturel. 181. Au terme de la mission de promotion, elle formule les recommandations suivantes à l’intention de la République d’Angola et des autres acteurs : Page 51 AU GOUVERNEMENT DE L’ANGOLA - Poursuivre les efforts entrepris dans la reconstruction de la paix et renforcer les 51
plans, politiques et programmes tendant à donner plein effet aux dispositions de la Charte Africaine des droits de l’homme et des peuples et des autres instruments pertinents des droits de l’homme régulièrement ratifiés. - Prendre les mesures appropriées pour engager le processus de ratification des instruments juridiques régionaux pertinents, notamment : • La Charte africaine sur la démocratie, les élections et la gouvernance ; • Le Protocole portant création de la Cour Africaine des droits de l’homme et des peuples et faire la Déclaration visée à l’article 34 (6) ; • La Convention de Kampala sur les personnes déplacées en Afrique ; - Doter le Secrétariat d’Etat aux droits de l’homme de ressources financières, matérielles et humaines suffisantes pour la mise en œuvre de ses programmes et le développement d’un partenariat avec les organisations de la société civile; - Renforcer les capacités humaines et financières de la Médiature de la République pour lui permettre d’exercer son mandat et créer les conditions nécessaires pour garantir le respect par les services de l’Etat des recommandations de l’institution; - Renforcer les capacités des cours et tribunaux et les doter de personnel qualifié et de moyens adéquats pour favoriser le bon fonctionnement du service public de la justice; - Poursuivre et renforcer le programme de modernisation de la justice, accélérer la reforme judiciaire en cours et veiller à la finalisation de la relecture des différents codes (Code de Procédure Pénale / Code Pénal/ Civil) ; - Accélérer l’adoption par l’A.N. du texte spécifique sur les violences domestiques ; -Renforcer le contrôle du parquet et des services du Ministère de l’Intérieur sur la police judiciaire et les services de l’administration pénitentiaire en vue d’humaniser les lieux de détention et de garde à vue ; - Veiller à la fonctionnalité des services de l’assistance juridique et judiciaire au niveau de toutes les juridictions du pays et des centres de Conseil familial, en faveur des couches démunies ; - Renforcer les pouvoirs du Conseil Supérieur de la Magistrature en vue de lui permettre d’exercer sa mission de contrôle de l’activité judiciaire et de la conduite des magistrats ; Page 52 - Multiplier les formations de recyclage à l’intention des magistrats, des greffiers, des avocats, des auxiliaires de justice, des officiers de police judiciaire et du personnel de l’administration pénitentiaire dans le domaine des droits humains ; 52
- Inclure l’étude du droit humanitaire et des droits de l’homme dans les curriculas de la formation initiale et continue des agents chargés du traitement des cas d’expulsion; - Veiller au renforcement des capacités des services de contrôle de la police des frontières ; - Renforcer le fonds d’autonomisation économique des femmes et développer un programme national de soutien en faveur du développement de l’entreprenariat féminin ; - Veiller à la mise en œuvre effective par les partis politiques et les services de l’administration publique des mesures prises dans le domaine de la représentativité des femmes dans les instances politiques et administratives de prise de décisions ; - Multiplier les programmes de formation politique en faveur des femmes et soutenir la dynamique de leur implication dans les processus électoraux par l’appui financier de leurs campagnes et à travers des mesures incitatives à l’endroit des partis politiques ; - Vulgariser le Protocole de Maputo et la Déclaration solennelle sur l’égalité entre les hommes et les femmes ainsi que les instruments juridiques nationaux sur les droits des femmes dans les langues nationales et à travers les média d’Etat; - Multiplier les centres d’écoute, d’information et d’assistance juridique en faveur des femmes démunies et renforcer la capacité de ceux qui existent à travers un partenariat plus large entre le Ministère de la Famille, le Ministère de la justice, le Secrétariat d’Etat aux droits de l’homme et les ONG féminines ; - Renforcer les politiques et programmes en cours, dans le domaine de la scolarisation et de l’alphabétisation des filles et des femmes, et garantir leurs droits reproductifs à travers l’adoption de lois et la multiplication de centres de santé de proximité, modernes et bien équipés ; - Initier et mettre en place des programmes nationaux de sensibilisation et de formation des magistrats, des avocats et des officiers de police judiciaire sur les instruments juridiques internationaux et régionaux relatifs aux droits de la femme ; - Elaborer des statistiques désagrégées par sexe sur le niveau et la nature des violences faites aux femmes et adopter un plan d’action de lutte contre toutes les formes de violences faites aux femmes; Page 53 - Doter les services de l’Etat des moyens adéquats à l’effet de prévenir et d’apporter des réponses adaptées aux urgences sociales et aux catastrophes naturelles; 53
- Renforcer les relations de partenariat entre les services de l’Etat, les institutions et les ONG autour de programmes nationaux des droits humains et élaborer une politique d’octroi de subvention aux ONG, en vue d’appuyer leurs activités de sensibilisation et de plaidoyer; - Maintenir la coopération avec les institutions tant régionales africaines qu’internationales des droits de l’homme, les partenaires au développement ; - Indiquer dans le prochain rapport périodique, les mesures prises en vue de vulgariser et de mettre en œuvre les recommandations consignées dans le présent rapport. AUX ORGANISATIONS NON-GOUVERNEMENTALES - Renforcer les programmes de sensibilisation des populations sur les droits de l’homme et développer des modules de formation en droits humains à l’intention des praticiens du droit et des agents de la police ; - Saisir l’opportunité qu’offre leur participation a la commission interdisciplinaire sur l’élaboration des rapports pour continuer le dialogue avec le gouvernement. AUX AGENCES SPECIALISEES DU SYSTEME DES NATIONS UNIES Page 54 - Poursuivre et renforcer l’assistance technique et le soutien financier aux programmes du gouvernement et des organisations de la société civile dans le domaine de la promotion et de la protection des droits de l’homme. 54
Liste des Personnes et Institutions rencontrées. 19 – 26 April 2010 19 April Page 55 20 April 2010 Name Mr. John Manuel Damba Minister Assuncao dos Anjos Purpose of Meeting Press Conference at Airport Working Session with Minister of External Relations President of Parliament: Antonio Paulo Kassoma His Excellency Vice Minister Dr. Jose Bamoquina Zau Ana Celeste Januarior – Secretary de etat pour le droit de ‘l homme Meeting with President of Parliament He was alone Meeting with the Ministry of Interior List to be typed H.E. Minister: Genoveva da Conceicao Lino and H. E. Vice Minister Ana Paula da Silva do Sacramento Neto Meeting with Ministry of Women and Family Affairs Meeting with the Secretariat of the Human Rights Commission Meeting with Staff of External Ministry Africa and Middle East In Attendance Comments 1. Georges Chikoti – Secretary of State of External Relations for Political Affairs; 2. Nelson Cosme – Director for Africa and Middle East; 3. Coimbra Baptista – Director of Cabinet of the Minister; 4. Margarida Tsata – Director for International Organisations; 5. Natalia Jamba – Directo of Cabinet of the Secretary of Stete for Political Affairs; 6. Raimundo Quimoma – Ministry of External Relations Head of Department Africa Union; Aquinaldo Baptista – Ministry of External Relations focal Point for Human Rights in Africa. Elia Cassuama – Director de Gabinete dos S.E.D.H? Raimundo Quimoma – Minister Councillor director Africa??? Carlos Veiga – Consular de Infrensa do S.E.D.H 1. 2. 3. Georges R.S. Domingos Kioza – Ministeria do Urbanismo e Construcioa; Aguinaldo Guedes C. Cristovdo Ministry of Culture Joao Casdno - Secretario Geralda LIDDHA/FONGA 55
4. Visit to Family Counseling Centre Visit to Vienna Prison Meeting with Director of Immigrations Radso Domingo Antonio da Costa – Institution National da Guanea (INAC) ?? 5. Aquinaldo Baptista -Ministry of External Relations Director for Africa and Middle East. Third Secretary and 6. Lawisa Ceperaenca Antonio – Ministry of Justice, Director for Human Rights List not clear Cordeiro Joao; Teresa Silva; Aurelio Ferreira; Luis Paulo; Manuel Van Dunem and Aquinaldo Baptista Meeting with Attorney General 1. Helder Pitta Groz- Vice AG 2. Filoteina M. Goncaives Deputy AG. 3. Agostinho Dotingos Deputy AG 4. Gilberto R. Vunge Dir. Gab. PRG. 5.?? 6.?? 7.?? Dr. Koen Vanormelingen UNICEF Rep and Dr. Brandao Co. Meeting with UN Representative for Angola Movou Antonia Ortega Page 56 Jaso Marian Desovsa 56
Informations sur la ratification d’instruments des droits de l’homme Intitulé PROTOCOLE RELATIF A L’ETABLISSEMENT DU CONSEIL DE PAIX ET DE SECURITE DE L’UNION AFRICAINE 11/04/1992 19/09/2001 30/04/1981 30/08/2007 02/03/1990 Page 57 CHARTE AFRICAINE DES DROITS ET DU BIEN-ETRE DE L'ENFANT ACTE CONSTITUTIF DE L'UNION AFRICAINE CONVENTION DE L’OUA REGISSANT LES ASPECTS SPECIFIQUES AUX PROBLEMES DES REFUGIES EN AFRIQUE PROTOCOLE A LA CHARTE AFRICAINE DES DROITS DE L’HOMME ET DES PEUPLES RELATIF AUX DROITS DE LA FEMME EN AFRIQUE LA CHARTE AFRICAINE DES DROITS DE L’HOMME ET DES PEUPLES Date de ratificatio n 29/01/2003 57

Created 16 juin 2026 · Edited 30 juin 2026