Rapports de Mission

Rapport de mission de promotion du Commissaire Yasir Sid Ahmad el Hassan, Vice-présidente de la commission africaine Des droits de l’homme et des peuples, En République islamique de Mauritanie 3 – 7 octobre 2004

Mauritania promotion report,3-7 oct. 2004 Fr.pdf
AFRICAN UNION UNION AFRICAINE UNIÃO AFRICANA African Commission on Human & Peoples’ Rights Kairaba Avenue, P. O. Box 673, Banjul, The Gambia Commission Africaine des Droits de l’Homme & des Peuples Tel: (220) 4392 962; Fax: (220) 4390 764 E-mail: achpr@achpr.gm; Website: http://www.achpr.org PROJET DE RAPPORT DE MISSION DE PROMOTION DU COMMISSAIRE YASIR SID AHMAD EL HASSAN, VICE-PRESIDENT DE LA COMMISSION AFRICAINE DES DROITS DE L’HOMME ET DES PEUPLES, EN REPUBLIQUE ISLAMIQUE DE MAURITANIE (3 – 7 octobre 2004)
Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples : Rapport de Mission de promotion du Commissaire Yasir Sid Ahmad El Hassan en République islamique de Mauritanie PROJET DE RAPPORT DE MISSION DE PROMOTION DU COMMISSAIRE YASIR SID AHMAD EL HASSAN, VICE-PRESIDENT DE LA CADHP, EN REPUBLIQUE ISLAMIQUE DE MAURITANIE (3 – 7 octobre 2004) TABLE DES MATIERES I- INTRODUCTION II- TERMES DE REFERENCE DE LA MISSION DE PROMOTION EN REPUBLIQUE ISLAMIQUE DE MAURITANIE A- INFORMATIONS GENERALES SUR LA MAURITANIE B- OBJECTIFS DE LA MISSION C- COMPOSITION DE LA DELEGATION DE LA MISSION III- DEROULEMENT DE LA MISSION A- REUNIONS AVEC LES AUTORITES POLITIQUES ET LES MEMBRES DE LA SOCIETE CIVILE B- REUNION AVEC LE REPRESENTANT DU PNUD C- VISITE DES PRISONS DE NOUAKCHOTT D- CONFERENCE DE PRESSE. IV- CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS A- CONCLUSIONS B- RECOMMANDATIONS 2
Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples : Rapport de Mission de promotion du Commissaire Yasir Sid Ahmad El Hassan en République islamique de Mauritanie PROJET DE RAPPORT DE MISSION DE PROMOTION DU COMMISSAIRE YASIR SID AHMAD EL HASSAN, VICE-PRESIDENT DE LA COMMISSION AFRICAINE DES DROITS DE L’HOMME ET DES PEUPLES, EN REPUBLIQUE ISLAMIQUE DE MAURITANIE (3 – 7 octobre 2004) I- INTRODUCTION : 1. Dans le cadre de son mandat de promotion des droits de l’homme et des peuples à travers toute l’Afrique, la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (ci-après dénommée la Commission africaine ou la Commission) accorde la plus haute importance au dialogue avec les Etats parties à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (la Charte africaine ou la Charte) ainsi qu’aux partenaires. La Commission accorde également une attention particulière à la collecte d’informations exactes sur la situation des droits de l’homme et des peuples qui prévaut dans les Etats parties à la Charte, en plus de l’importante documentation qu’elle peut recevoir des diverses ONG africaines et internationales de défense des droits de l’homme, de la société civile et d’autres acteurs dans ce domaine. 2. La Commission saisit également l’occasion des missions de promotion pour diffuser les instruments des droits de l’homme et sensibiliser la population sur la culture et l’éducation aux droits de l’homme, faisant ainsi mieux connaître le travail de la Commission. 3. Les missions de promotion sont par conséquent planifiées et entreprises dans les Etats parties, avec l’autorisation des gouvernements, aussi régulièrement que possible et dans la mesure de la disponibilité des ressources financières de la Commission. 4. Dans le cadre de ces visites de promotion dans les Etats parties, le Commissaire Yasir Sid Ahmad El Hassan, Vice-président de la Commission Africaine, en sa capacité de Commissaire responsable des activités de promotion en République islamique de Mauritanie, parmi d’autres Etats parties 1, a décidé d’effectuer une mission d’une semaine dans ce pays, du 3 au7 octobre 2004. Durant la mission, le Commissaire El Hassan était accompagné et assisté de M. Robert Ayéda Kotchani, Juriste au Secrétariat de la Commission. 5. Les principaux objectifs de la mission de promotion en République islamique de Mauritanie, les questions à soulever et à discuter avec les autorités officielles, les membres de la société civile et les autres partenaires que la délégation de la mission devait rencontrer selon le programme, sont décrits dans les Termes de référence ci-dessous élaborés pour la mission en Mauritanie. 1 Il existe une répartition géographique des Etats parties entre les membres de la Commission et chaque Commissaire est chargé des activités de promotion dans au moins la moitié des Etats parties qui lui sont assignés. Le Commissaire El Hassan est responsable des activités de promotion au Tchad, en Egypte, en Libye, en Somalie, à Djibouti et en Mauritanie. 3
Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples : Rapport de Mission de promotion du Commissaire Yasir Sid Ahmad El Hassan en République islamique de Mauritanie 6. Dans l’ensemble, la délégation a pu rencontrer presque tous les partenaires prévus et les discussions qu’elle a eu avec eux étaient assez franches et fructueuses, tel que décrit dans le rapport ci-après. 7. L’arrivée de la délégation en Mauritanie a coïncidé avec une invasion de criquets sur tout Nouakchott et sur l’ensemble du pays, et le Gouvernement a examiné comment il pourrait mieux gérer le problème, vu que les criquets sont bien connus pour leurs effets dévastateurs sur la culture et la végétation. I- TERMES DE REFERENCE DE LA MISSION DE PROMOTION EN REPUBLIQUE ISLAMIQUE DE MAURITANIE : A- Fondement juridique de l’envoi d’une mission de promotion en République de Mauritanie : 8. Dans l’exécution de son mandat de promotion et de protection des droits de l’homme dans les Etats parties à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, tel que prévu par l’Article 45 de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, la Commission africaine envoie une mission dans les Etats parties en vue d’avoir des entretiens avec les autorités gouvernementales, les organisations de la société civile et les ONG de défense des droits de l’homme. 9. La République islamique de Mauritanie a ratifié la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples le 14 juin 1986 et s’est par conséquent engagée à coopérer pleinement avec la Commission, notamment dans le cadre des missions de promotion de la Commission. B- Informations générales sur le pays et la situation des droits de l’homme en République de Mauritanie : a) Géographie : 10. La Mauritanie est un pays saharien de l’Afrique de l’ouest, avec un vaste territoire d’une superficie de 1 030 700 km2. Le pays partage ses frontières avec l’Algérie (au nord), le Mali (au Sud-est), le Sénégal (au Sud-ouest) et le Sahara occidental (en Nord-ouest). Elle a le Nord de l’Océan atlantique à l’Ouest. 11. La Mauritanie a une population totale de 2 700 000 habitants (estimations de 2002). La densité moyenne est de 2,6 habitants par kilomètre carré. Les principales villes sont : • Nouakchott : 670 000 habitants ; • Nouadhibou : 100 000 habitants ; • Kaédi : 42 000 habitants ; • Rosso : 30 000 habitants ; • Fderik-Zouérat : 26 500 habitants ; et • Atar : 20 000 habitants. 4
Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples : Rapport de Mission de promotion du Commissaire Yasir Sid Ahmad El Hassan en République islamique de Mauritanie 12. Les principales ressources économiques du pays sont : dattes (fruits), fer et fruits de mer. La Mauritanie produit également de l’alcool (c’est le 4ème producteur mondial de Rhum). La pêche est également un domaine où la Mauritanie dispose de quelques ressources. A l’exception de la vallée inondable du Fleuve Sénégal au Sud, tout le reste du pays est un désert saharien. 13. La population est composée de Noirs d’origine arabo-berbère, de Maures (traditionnellement des nomades, mais qui ont tendance à se sédentariser de nos jours du fait de la désertification et des projets d’industrialisation). S’agissant des pasteurs et des agriculteurs d’origine Négro Africaine (les Toucouleurs, les Wolofs, les Peuls et les Soninkés), ils sont installés dans la région du Fleuve Sénégal. b) Situation générale des droits de l’homme : 14. Pendant des années et plus particulièrement depuis 2003, il existe des allégations selon lesquelles les forces de sécurité mauritaniennes auraient arrêté illégalement des centaines de personnes (hommes religieux, politiciens de l’opposition et militants des droits de l’homme), sous divers prétextes, notamment celui d’une campagne pour maîtriser les mouvements terroristes. Il existe également des allégations de détenus ayant subi des brutalités pendant de leur détention. 15. Le Gouvernement a récemment libéré toutes les personnes arrêtées, en vue des élections présidentielles prévues en début novembre 2004. Cependant, certaines de ces personnes ont été accusées de haute trahison et doivent être traduites en justice. Un nombre moins important de militaires et de civils est encore en détention, suite à de nombreuses allégations de tentatives de coups d’Etat découvertes par le Gouvernement depuis le début de 2004. 16. La liberté d’expression n’aurait pas été respectée par le Gouvernement depuis des années et des organisations non gouvernementales et agences de presse auraient été souvent fermées ou il leur aurait été dénié l’accès aux fora publics lorsqu’elles critiquent l’action du Gouvernement. 17. Lors de l’examen du Rapport périodique de la République islamique de Mauritanie en mai 2001 (31ème Session ordinaire), la Commission africaine a recommandé au Gouvernement de la République islamique de Mauritanie : • de renforcer ses efforts de sensibilisation aux droits de l’homme et des peuples en Mauritanie ; • d’insister particulièrement sur les femmes et les enfants dans ses programmes de lutte contre la pauvreté en Mauritanie et d’intensifier ses efforts visant à garantir l’accès des femmes et des enfants aux services sociaux de base en Mauritanie ; • de renforcer la campagne de sensibilisation pour lutter contre la propagation du VIH/SIDA dans le pays ; 5
Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples : Rapport de Mission de promotion du Commissaire Yasir Sid Ahmad El Hassan en République islamique de Mauritanie • de continuer à cultiver une culture du respect des droits de l’homme afin de réduire les déséquilibres au sein de la société et de permette la coexistence pacifique des divers groupes ethniques du pays ; • d’informer la Commission africaine sur la situation de sa ratification de la Charte Africaine des Droits et du Bien-être de l’Enfant et du Protocole relatif à la Chartre Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples portant création d’une Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples. • de satisfaire les besoins spécifiques des groupes vulnérables et minoritaires tels que les groupes nomades, les personnes âgées et les personnes handicapées. • de déployer davantage d’efforts pour veiller à ce que la perception des femmes en République islamique de Mauritanie n’entrave pas leur jouissance équitable de leurs droits humains. (La Commission a reconnu que l’application discriminatoire éventuelle de la répudiation dans les mariages en Mauritanie constituait une préoccupation particulière). 18. Il existe des allégations de pratique d’esclavage en cours en Mauritanie et la Commission a mentionné dans ses observations conclusives sur le Rapport de la Mauritanie présenté à la 35ème Session2 de la Commission que le Rapport n’a pas abordé la question de « la pratique de l’esclavage soulevée par certaines organisations de la société civile, ni mentionné les résultats obtenus suite aux efforts déployés par le Gouvernement en vue d’éliminer les conséquences de l’esclavage. » 19. Dans le cadre de la préparation de sa mission, le Commissaire El Hassan a eu une réunion avec certaines ONG mauritaniennes aussitôt après la 35ème session, pour les informer et discuter avec elles des voies et moyens visant à faire de la mission un succès. c) Objectifs de la mission : 20. En envoyant une mission en République islamique de Mauritanie, la Commission Africaine visait à renforcer ses relations avec la Mauritanie, un Etat partie à la Charte Africaine, en instaurant le dialogue avec les autorités sur toutes les questions d’intérêt commun relatives à la promotion des droits de l’homme. 21. Il a été entendu que les discussions que le Commissaire El Hassan devrait avoir avec les autorités officielles et les autres partenaires devraient concerner : a) mieux faire connaître la Commission et son travail aux autorités mauritaniennes et aux organisations et membres de la société civile ; b) attirer l’attention des autorités sur les obligations de la Mauritanie de soumettre et de présenter à la Commission Africaine ses rapports d’Etat en retard. 2 La 35ème Session ordinaire de la Commission Africaine a été tenue du 21 mai au 4 juin 2004 à Banjul, Gambie 6
Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples : Rapport de Mission de promotion du Commissaire Yasir Sid Ahmad El Hassan en République islamique de Mauritanie c) la mission menée par le Commissaire Yasir Sid Ahmad El-Hassan devait également exprimer la disponibilité et la volonté de la Commission à assister la Mauritanie à donner effet aux dispositions de la Charte, si le besoin s’en faisait sentir ; d) informer les autorités sur les instruments des droits de l’homme que la Mauritanie doit ratifier, notamment la Charte Africaine des Droits et du Bien-être de l’Enfant, le Protocole relatif à la Charte Africaine portant création de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples et le Protocole relatif aux Droits de la Femme en Afrique. e) la nécessité pour la Mauritanie de donner plein effet aux dispositions de la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples ainsi qu’aux autres instruments des droits de l’homme auxquels elle est partie ; f) la nécessité pour le Gouvernement de la Mauritanie d’encourager les ONG de défense des droits de l’homme à participer aux sessions et aux autres activités de la Commission ; g) enquêter sur les allégations d’esclavage et de violations de la liberté de culte en Mauritanie ; h) apprendre davantage sur les allégations d’arrestations et de détentions arbitraires fréquentes de citoyens par les forces de sécurité; i) la rencontre avec les organisations mauritaniennes de défense des droits de l’homme exerçant leurs activités dans le pays et apprendre davantage sur leurs activités et les voies et moyens visant à développer/renforcer la coopération entre elles et la Commission ; j) rencontrer les dirigeants politiques mauritaniens pour discuter avec eux de l’ensemble de la situation politique et des droits de l’homme, mais aussi examiner comment elle pourrait être améliorée, compte tenu des liens entre le contexte politique et la situation des droits de l’homme. k) encourager l’Etat à créer une institution indépendante des droits de l’homme pour la promotion et la protection des droits de l’homme, conformément aux Principes de Paris et à la Résolution de la Commission Africaine sur le statut de membre affilié ; l) Visiter les prisons et centres de détention ; m) la distribution générale de tous les documents de promotion pertinents apportés dans le cadre de la mission : exemplaires de la Charte Africaine, du Règlement intérieur de la Commission, des Critères de demande de statut de membre affilié/statut d’observateur, du Protocole portant création de la Cour Africaine, du Protocole sur les droits de la femme en Afrique, etc. 7
Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples : Rapport de Mission de promotion du Commissaire Yasir Sid Ahmad El Hassan en République islamique de Mauritanie C- Composition de la délégation de la mission : 22. La mission de promotion en Mauritanie a été conduite par le Commissaire Yasir Sid Ahmad El-Hassan, Vice-président de la Commission Africaine. Il était accompagné de M. Robert Kotchani, Juriste au Secrétariat de la Commission. 23. En vue de collecter un maximum d’informations de toutes les sources éventuels, il a été établi un programme pour la délégation qui devait rencontrer de hautes personnalités politiques, notamment le Premier Ministre, le Ministre des Affaires étrangères, le Ministre de la Justice, le Président de l’Assemblée nationale, le Président de la Cour suprême, le Ministre de l’Intérieur, le Président et les membres de la Cour constitutionnelle et toutes les autres personnalités qui ont des responsabilités eu égard aux droits de l’homme. 24. Il a également été prévu que la mission rencontre les dirigeants des principaux partis politiques en Mauritanie, le Président de l’Ordre des Avocats, les représentants des institutions concernées des Nations Unies et les divers partenaires des organisations de la société civile en Mauritanie, en particulier les ONG de défense des droits de l’homme. II- DEROULEMENT DE LA MISSION : APersonnalités et autres partenaires rencontrés par l’équipe de la mission et contenu des discussions : • Dimanche 3 octobre 2004 :  Réunion avec le Commissaire adjoint aux droits de l’homme, à l’allègement de la pauvreté et à l’intégration sociale : 25. Au cours de la réunion, la délégation a été informée que le Commissariat aux droits de l’homme, à l’allègement de la pauvreté et à l’intégration sociale est un organe indépendant créé par décret en 1998, et chargé de conseiller le Gouvernement sur les droits de l’homme, l’allègement de la pauvreté et l’intégration sociale. Le Commissariat entretient des relations avec divers partenaires dont certains sont membres de son Comité d’orientation. Il doit rendre compte de ses activités au Parlement. 26. Les organisations de la Société civile participent au travail du Commissariat : chaque willaya dispose d’un comité des droits de l’homme et de l’allègement de la pauvreté. Le Commissariat envoie chaque année des missions pour collecter des informations de base et recueillir des suggestions. Des réunions régionales sont également tenues en vue d’évaluer le travail du Commissariat, ce qui a eu pour résultat la réduction du taux de la pauvreté de 14% en cinq ans. Le taux de scolarisation a augmenté à 96% (49,7% pour les femmes) et l’on s’attend à ce que l’analphabétisme soit éradiqué en 2006. 27. Le Commissaire adjoint a également assuré la délégation que le Gouvernement s’est engagé à préparer et à présenter à la CADHP et au système des Nations Unies ses rapports d’Etat en retard. Les instruments des droits de l’homme non 8
Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples : Rapport de Mission de promotion du Commissaire Yasir Sid Ahmad El Hassan en République islamique de Mauritanie encore ratifiés le seront également. 28. La délégation a attiré l’attention du Commissaire adjoint et de son collaborateur sur le fait que la Mauritanie devrait mettre sur pied une institution nationale des droits de l’homme qui fonctionnera conformément aux Principes de Paris : l’institution devrait être indépendante pour ce qui concerne ses membres et son budget, et coopérer pleinement avec la société civile.  Audience avec Son Excellence Monsieur Mohammed Ghali Ould Sherif Ahmed, Ministre de l’Intérieur, des Postes et Télécommunications 29. Le Ministre a déclaré que plus de 200 journaux et agences de presse exercent librement leurs activités dans le pays et jouissent de la liberté d’expression. Le Ministère, a-t-il ajouté, s’est engagé à veiller à tout cela ainsi qu’à la sécurité de la population. Le Ministre a reconnu que les forces de sécurité ont besoin de formation en droit de l’homme mais a ajouté que l’Etat manquait de ressources pour cela. Certaines ONG de défense des droits de l’homme apportent toutefois leur assistance à cet égard. 30. Lorsque le Vice-président El Hassan a soulevé la question relative aux partis politiques frappés d’interdiction, le Ministre a répondu que l’Etat ne peut pas tolérer qu’un parti exerce ses activités sur une base religieuse ou tribale, et que c’est à l’encontre de la Constitution. L’indépendance du Judiciaire est garantie, at-il ajouté. Certains citoyens qui ont été indûment arrêtés et détenus ont été libérés et le Gouvernement leur a présenté ses excuses. Concernant les prisons et les conditions de détention, le Ministre a déclaré que le Gouvernement travaille en faveur de l’amélioration de ce secteur et toute suggestions de la part de la mission serait la bienvenue. 31. Concernant la visite des prisons, le Vice-président El Hassan a fait quelques suggestions urgentes concernant certains cas et a indiqué au Gouvernement que d’autres recommandations lui seront transmises après consultation avec le Rapporteur spécial sur les prisons et les conditions de détention en Afrique et avec l’ensemble de la Commission.  Audience avec Son Excellence Monsieur Mohamed Lemine Ould Selimane, Ministre de la Santé et du Bien-être social 32. Le Ministre a déclaré que le droit à la santé et au bien-être qui est énoncé dans la Constitution doit être garanti pour tous, en particulier les populations les plus vulnérables. De nombreuses actions sont par conséquent entreprises à cet égard, conformément aux engagements internationaux pris par le pays, et elles ont permis l’affectation de plus de ressources humaines et facilités au secteur de la santé : tous les villages disposent d’un centre de santé, les régions sont dotées d’hôpitaux régionaux gérés par des infirmiers et des médecins compétents. Certaines maladies comme l’infestation par le ver de Guinée et la poliomyélite ont été éradiquées et la lutte contre le VIH/SIDA s’est intensifiée grâce à des programmes spécifiques de sensibilisation. Les soins médicaux sont dispensés à tous à des coûts abordables grâce à un projet spécial. 9
Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples : Rapport de Mission de promotion du Commissaire Yasir Sid Ahmad El Hassan en République islamique de Mauritanie 33. A une question du Vice-président El Hassan, le Ministre a insisté sur le fait que toutes les activités de son département sont coordonnées avec celles du Haut Commissariat aux droits de l’homme, à l’allègement de la pauvreté et à l’intégration sociale. Il a déploré le fait que le nombre de médecins soit encore insuffisant pour satisfaire tous les besoins, en particulier dans les zones éloignées.  Audience avec Son Excellence Monsieur Mohamed Mahmoud O. Abdallahi O. Boye, Ministre de l’Orientation islamique et de la lutte contre l’analphabétisme 34. Le Ministre a déclaré que, grâce aux efforts de son département, le taux d’analphabétisme a été réduit de 78 à 46% en 14 ans, les partenaires ayant réussi à élaborer ensemble, en 2003, un plan de deux ans en vue d’éradiquer l’analphabétisme ou au moins de le réduire à moins de 25% (70% des analphabètes sont des femmes). L’objectif réel de la campagne était de réduire l’analphabétisme de 700 000 personnes. Quelques 115 000 adultes analphabètes ont été formés au cours des six derniers mois. 500 autres ont suivi des cours à distance à travers des programmes radio en modulation de fréquence diffusés en collaboration avec le gouvernement espagnol. 35. Le Gouvernement, a-t-il ajouté, a financé ce programme à partir de programmes de réduction de la dette internationale. Les autorités mauritaniennes ont utilisé les services nationaux d’étudiants diplômés comme instructeurs de ce programme. Le Vice-président El Hassan a déclaré que ces expériences devraient être diffusées et suivies dans les autres pays africains où l’analphabétisme constitue une préoccupation majeure. 36. S’agissant des obstacles rencontrés dans la mise en oeuvre du programme, le Ministre a indiqué que l’inscription des adultes analphabètes n’a pas été facile du fait de divers préjugés. Il a toutefois déclaré que l’on pouvait être satisfait des résultats obtenus à ce jour. • Lundi 4 octobre 2004  Audience avec l’Honorable Rachid Ould Salah, Président de l’Assemblée nationale : 37. Le Président de l’Assemblée nationale a expliqué le fonctionnement du Parlement constitué d’un Sénat et d’une Assemblée nationale (81 membres dont 4 femmes, représentant 7 partis politiques. Ils sont élus directement par le peuple au bulletin secret, à partir de 53 circonscriptions). A la question de savoir si la Mauritanie envisageait d’octroyer un quota aux femmes (discrimination positive), le Président a répondu que la politique générale du Gouvernement était d’encourager les femmes à participer librement au processus électoral et non de promulguer des lois leur accordant un quota à l’Assemblée nationale. 38. Le Parlement a adopté des lois sur les droits de la femme, de l’enfant et de la famille. La Contitution de 1991 garantit le respect des droits humains, notamment l’égalité des populations dans tous les domaines. Le Commissariat aux droits de l’homme, à l’allègement de la pauvreté et à l’intégration sociale a été mis sur pied pour combler le vide. Les 5 Comités du Parlement (Affaires Sociales et Culturelles ; Défense, Justice et Affaires intérieures ; Affaires Economiques ; Affaires Extérieures ; Finance et Affaires Budgétaires) sont composés de 15 10
Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples : Rapport de Mission de promotion du Commissaire Yasir Sid Ahmad El Hassan en République islamique de Mauritanie membres. Il y a eu également des échanges sur le rôle joué par l’assemblée nationale dans la ratification des conventions sur les droits de l’homme, le suivi de la situation des droits de l’homme dans le pays et les derniers développements intervenus dans la création du Parlement panafricain. Le Président a promis de suivre étroitement la ratification des conventions sur les droits de l’homme de l’Union africaine en instance : la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant et le Protocole relatif à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples portant création d’une Cour africaine des droits de l’homme et des peuples.  Audience avec Son Excellence Monsieur Mohamed Val Ould Bellal, Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération. 39. Au cours de la réunion, il a été débattu de la nécessité de ratifier les instruments en instance et le Ministre a promis que des actions seront entreprises à cet effet. Il a également promis que la Mauritanie soutiendra le travail de la Commission, mais a toutefois précisé que des demandes devraient être transmises à cet égard. Le Ministre a en outre encouragé la Commission à travailler de manière indépendante et conformément à une approche africaine tout en gérant les diverses questions relatives aux droits de l’homme. 40. Les difficultés rencontrées par le Secrétariat de la Commission Africaine ont également été débattues, le Commissaire et le Ministre ont tous les deux plaidé en faveur de l’allocation de ressources adéquates par l’UA. Il a été reconnu que la création d’un Fonds des droits de l’homme serait très utile. 41. Le Commissaire El Hassan a également demandé à la Mauritanie d’encourager la participation active des ONG nationales aux activités de la Commission afin d’avoir un impact positif sur la Commission.  Audience avec Son Excellence Monsieur Diabira Bakary, Ministre de la Justice 42. Le Ministre et le Commissaire El Hassan ont discuté du travail de la CADHP et de la manière dont le Ministère gère les affaires relatives à la législation, aux prisons, au droit international, etc. En ce qui concerne la formation des juges, le Ministre a indiqué qu’il existe des liens de coopération avec l’Italie, la France, la Guinée et le Sénégal à ce sujet. Entre janvier et septembre 2004, 140 juges environ ont été envoyés à l’étranger pour y suivre une formation et 55 autres ont suivi avant la fin de l’année 2004. 43. Le nombre total de juges est de 176 (95% d’entre eux ne parlent qu’arabe), y compris les 5 diplômés de cette année. Le nombre de juges est toutefois insuffisant, 7 à 8 Moukhataa des régions éloignées n’en disposent pas. Les prisons et les conditions de détention se sont améliorées, a-t-il ajouté. Mais il n’existe toujours pas de prison pour les femmes ; une maison a été louée pour incarcérer 18 femmes détenues et pour la plupart d’entre elles, leurs dossiers sont examinés au niveau du tribunal. 44. Concernant les 165 personnes inculpées dans le cadre de la tentative de coup d’Etat de juin 2003, le Ministre a déclaré que leurs cas étaient à l’étude et qu’une attention particulière était accordée aux principes des droits de l’homme. Il a 11
Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples : Rapport de Mission de promotion du Commissaire Yasir Sid Ahmad El Hassan en République islamique de Mauritanie rassuré la délégation que leur intégrité physique et mentale était préservée. Le ministre a également déclaré que la source du droit en Mauritanie était la Sharia qui comprend le hadoud (sept peines prescrites pour les sept crimes les plus graves). Ces peines ne sont toutefois pas appliquées dans la pratique, car il est très difficile de prouver les crimes auxquels elles sont associées, conformément au système de la Sharia. 45. Le ministre a reconnu que la plupart des juges ont besoin d’être formés en matière de droits de l’homme, en particulier le système africain des droits de l’homme. Il s’est félicité de l’idée d’une collaboration avec la Commission africaine en vue d’organiser un atelier national de formation au cours duquel la Commission Africaine pourrait envoyer des commissaires pour former des juges en particulier et des membres d’organisations de la société civile en général.                                     A u d i e n c e avec x c e l l e n c e o h a m e d Son E Monsieur M A b d e l l a h i 12
Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples : Rapport de Mission de promotion du Commissaire Yasir Sid Ahmad El Hassan en République islamique de Mauritanie                                       O u l d B a b a n a , M i n i s t r e de u l t u r e , de p o r t s la la Jeunesse C et des S 46. Au cours de l’entretien, le Commissaire El Hassan a remercié le Ministre pour les efforts qu’il a déployé en vue de l’organisation de la mission. A son tour, M. Babana a souhaité la bienvenue à la délégation et a déclaré que son pays entretenait de bonnes relations avec la Commission Africaine et qu’il fait partie des Etats qui se conforment aux décisions de la Commission. Il a ajouté que son ministère avait formulé des stratégies sur le moyen et long terme dans plusieurs domaines, notamment celui des droits de l’homme, et que tout conseil de la part de la mission de la Commission serait la bienvenue. 47. Le ministre a aussi indiqué que la jeunesse constituait la frange la plus large de la population de Mauritanie, et que le Gouvernement est en train de faire de son 13
Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples : Rapport de Mission de promotion du Commissaire Yasir Sid Ahmad El Hassan en République islamique de Mauritanie mieux, grâce à l’assistance de divers partenaires, pour les éduquer et les former à travers des projets spécifiques tels que la lutte contre les maladies, y compris le VIH/SIDA. Le sport qui est bien connu pour son importance pour la jeunesse est développé grâce à des projets très ambitieux visant à construire des infrastructures et à élaborer des programmes d’éducation. 48. S’agissant de la manière dont les droits de l’homme sont inclus dans les plans d’action et jusqu’à quel point les femmes participent au sport, M. Babana a déclaré que la Mauritanie, en tant qu’Etat partie à la Charte Africaine, tient compte de ses dispositions pertinentes. En conséquence, les femmes participent pleinement aux activités culturelles et sportives. Par ailleurs, les dispositions pertinentes de la Charte Africaine sont dûment prises en considération dans tous les programmes conçus pour les jeunes en Mauritanie. 49. Le Commissaire El Hassan a fait suggestions suivantes au Ministre. • Le Ministère devrait organiser des activités visant à diffuser la culture des droits de l’homme, notamment un Prix de la Charte/Commission Africaine pour aider les jeunes à mieux comprendre le système africain des droits de l’homme. • Le Ministère devrait organiser un séminaire à Nouakchott, en collaboration avec la Commission Africaine et l’Organisation islamique pour l’éducation, les sciences et la culture (ISESCO), en vue de réfléchir sur les questions d’intérêt commun, en particulier sur le thème « Les droits de l’homme dans l’Islam et les pays islamiques. »  Audience avec Son Excellence Madame Zeinebou Mint Mohamed Ould Nanah, Ministre d’Etat chargé des Affaires féminines 50. Au cours de l’audience, le Commissaire El Hassan a exhorté la Mauritanie à ratifier le Protocole relatif aux droits de la femme en Afrique et le Ministre d’Etat a indiqué que les femmes mauritaniennes participent à la gestion des affaires politiques à tous les niveaux. La mentalité des populations n’est pas toujours favorable aux femmes, mais les lois prévoient leur pleine participation à la politique, à l’économie et aux autres activités. 51. Le Ministre a également déclaré que la Mauritanie est partie à la Convention relative aux droits de l’enfant, à la CEDAW et à l’OIT. S’agissant du Protocole relatif aux droits de la femme en Afrique, elle a déclaré que son ministère avait préparé un avant-projet de loi pour ratification par le Parlement. Les choses sont donc sur la bonne voie. 52. En ce qui concerne l’éducation des femmes en Mauritanie, le Gouvernement est en train de déployer des efforts visant à encourager la scolarisation et la responsabilisation des femmes, et à changer la mentalité des populations vis-à-vis des femmes. S’agissant de la polygamie, la loi garantit à la femme le droit de stipuler dans le contrat de mariage que son mari n’épousera pas une autre femme. La Mauritanie a ratifié la CEDAW en émettant des réserves sur toutes les dispositions contraires à la Sharia. 14
Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples : Rapport de Mission de promotion du Commissaire Yasir Sid Ahmad El Hassan en République islamique de Mauritanie 53. Le Ministre a expliqué qu’il n’existait pas de mutilation génitale féminine (MGF) en Mauritanie, mais plutôt une forme de circoncision féminine contre laquelle une Commission nationale a été mise sur pied. La Commission travaille en collaboration avec les chefs religieux et traditionnels et une fatwa 3 a été publiée, stipulant clairement que la circoncision féminine n’a aucune justification religieuse. Des brochures ont été éditées et des séminaires organisés à cet égard. 54. Le Ministre a montré comment l’Igtehad (modernisation des règles) dans la Sharia, selon l’école d’interprétation malikite, a contribué positivement à la promotion des droits de la femme, notamment dans les domaines de la polygamie et de l’héritage, irréfutablement régis par la Sharia. 55. Le Vice-président El Hassan s’est félicité de la publication de cette fatwa par les cheiks religieux, et a déclaré que c’est un exemple à suivre dans les autres pays islamiques où certains cheiks ont refusé de s’y conformer, et leur refus a contribué à la persistance de la pratique sous prétexte qu’elle a des justifications religieuses. 56. Enfin, il a été convenu d’organiser un atelier régional destiné aux pays islamiques, aux ONG concernées et aux partenaires en vue de réfléchir sur les questions telles que la polygamie, l’héritage, etc., par rapport à la CEDAW et à d’autres conventions internationales, en vue d’échanger des expériences et de réfléchir sur la modernisation des vieux concepts d’interprétation (Igtehad). Mardi 5 octobre 2004  Audience avec M. Kaba Ould Alewa, Président de la Cour suprême 57. Au cours de l’audience, le Commissaire El Hassan et le Président de la Cour suprême ont discuté du système africain des droits de l’homme et du système judiciaire en Mauritanie qui est basé sur la Sharia, en soulignant les difficultés rencontrées : l’absence d’homogénéité dans la formation des magistrats qui sont formés dans divers pays avec des lois et systèmes juridiques différents (certains magistrats connaissent la Sharia, d’autres non). 58. Dans de telles circonstances, la formation est dispensée aux magistrats au niveau local par le biais de séminaires, mais des magistrats sont également envoyés à l’étranger. Les dispositions sont prises afin d’améliorer les conditions de travail des magistrats : ils ont les salaires les plus élevés parmi les fonctionnaires et ont un statut sûr. Le Haut Conseil des Magistrats qui présidé par le Président de la République se réunit deux fois par an pour discuter librement des questions relatives à la carrière et aux conditions de travail des magistrats. 59. Bien que la loi prévoit que les femmes soient formées comme magistrats, les femmes mauritaniennes ne témoignent pas beaucoup d’intérêt à cette profession. En conséquence, il n’existe pas de femmes magistrats en Mauritanie. L’absence de ressources fait que tous les willayats ne disposent pas de tribunaux locaux, d’où un impact négatif sur l’administration de la justice en Mauritanie. 3 Ordonnance religieuse 15
Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples : Rapport de Mission de promotion du Commissaire Yasir Sid Ahmad El Hassan en République islamique de Mauritanie 60. Le Vice-président El Hassan a recommandé que l’Etat entreprennent des actions de discrimination positive pour encourager les femmes à devenir des magistrats, en particulier dans les affaires féminines et familiales ou dans la justice pour enfants, qui sont susceptibles d’être mieux gérées par des femmes magistrats. Le Vice-président El Hassan a également souligné la nécessité de rendre les tribunaux locaux opérationnels dans les différents willayats.  Audience avec M. Mohamed Abderrahamane Ould Abdy, Procureur de la République,, 61. Le Procureur de la République a assuré la délégation que l’état de droit est respecté en Mauritanie : les populations jouissent du droit à un procès équitable, vu qu’il existe suffisamment d’avocats bien formés pour faire le travail. Il faudrait toutefois former les juges et les avocats dans le domaine des droits de l’homme. C’est dommage, a-t-il déclaré, qu’un nombre considérable de femmes diplômées de la faculté de droit ne montrent pas d’intérêt dans la profession de juge, du fait du poids de la tradition et des mentalités. 62. Il a indiqué que la police est tenue de respecter la période de détention avant le procès (48 heures), qui ne doit pas être prolongée sans l’autorisation d’un avocat, la période maximum de détention étant de 4 jours ou d’1 mois si la sécurité de l’Etat est menacée. Il a ajouté que les agents de police sont sévèrement sanctionnés dans les cas de violation des droits des détenus. Il a reconnu que des cas de torture ont été signalés dans les centres de détention avant procès mais rarement dans les prisons. Dans ces cas également, des sanctions sévères sont imposées aux coupables. 63. Le Procureur de la République a également souligné l’importance de la formation des avocats dans le domaine des droits de l’homme, en particulier le système africain des droits de l’homme.  Visite de la Prison centrale de Nouakchott 64. La mission a visité la Prison centrale de Nouakchott, sous la direction de M. Ahmed Ould Ahbed, Directeur des prisons de Nouakchott, qui a informé la délégation que la prison a été construite en 1962 et a une capacité d’accueil de 500 détenus. La délégation a lu sur une banderole à l’entrée du bâtiment qu’un séminaire sur le VIH/SIDA a été organisé récemment dans la prison (du 3 au 4 octobre 2004). Elle a aussi visité la bibliothèque de la prison (qui a une capacité de 20 personnes), et a été informé des efforts entrepris en vue de sensibiliser les détenus sur le danger de certaines maladies comme le VIH/SIDA. Divers partenaires comme la Fondation NOURAD (une fondation locale), l’UNICEF et Caritas apportent leur assistance et oeuvrent également en vue de l’intégration sociale des prisonniers une fois qu’ils sont libérés. 65. Une petite boutique tenue par l’un des détenus vend des cigarettes, des allumettes, du savon, des lames de rasoir et d’autres articles similaires. La visite des cellules a également permis à la délégation de noter que certaines d’entre elles étaient dotées de ventilateurs, de téléviseurs, de postes de radio et d’autres appareils. Il existe toutefois un sérieux problème de surpeuplement dans l’ensemble. Une cellule de 4 mètres sur 7 contient plus de 10 détenus. Une 16
Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples : Rapport de Mission de promotion du Commissaire Yasir Sid Ahmad El Hassan en République islamique de Mauritanie mauvaise odeur se dégage de certaines cellules. Quelques détenus se sont plaint des conditions de détention : alimentation pauvre et insuffisante, mauvais habillement et mauvaises conditions pour dormir, manque d’hygiène, etc. 66. La délégation a également remarqué qu’il n’existait pas de séparation entre les détenus déjà poursuivis et condamnés et ceux dont les dossiers étaient en examen ou ceux qui étaient en détention avant le procès. Le Directeur a déclaré qu’il ne savait pas que ces différentes catégories de détenus devraient être séparées.  Visite de la Prison des Enfants de Nouakchott 67. La Prison est un très vieux bâtiment où 18 enfants étaient détenus pour des délits tels que des larcins, le viol ou le meurtre (très rare). Il y a assez d’espace pour les détenus et les cellules sont propres. La délégation a visité quelques salles de classe et ateliers où les détenus sont formés. Il existe des programmes en langues française et arabe. La délégation a été informée que 5 enseignants (femmes) sont chargés de l’éducation et de la formation des détenus. 68. Des ONG comme Caritas, Terre des Hommes, NOURAD et l’UNICEF assistent la prison de diverses façons : consultation juridique, médicaments, alimentation. Dans l’ensemble, les détenus qui fréquentaient l’école continuent leur scolarisation dans la prison et ceux qui n’étaient pas à l’école suivent un programme d’alphabétisation. Les détenus sont sensibilisés sur les maladies d’hygiène comme le VIH/SIDA. 69. Le Vice-président El Hassan a parlé à quelques détenus, consulté quelques dossiers et a noté par conséquent qu’au moins un de ces enfants aurait dû être libéré quelques jours avant, après avoir purgé sa peine. Cet incident montre qu’il est très important que les dossiers soient vérifiés régulièrement par les autorités compétentes, afin d’éviter de tels problèmes.  Visite de la Prison des femmes de Nouakchott 70. La prison est une maison ordinaire pour habitation que le Gouvernement a loué en 2002 pour l’utiliser comme prison pour les femmes. Avant, il n’existait pas de prison pour les femmes. Il y avait 15 détenues au moment de la visite, parmi lesquelles des étrangères : 2 sénégalaises, 1 guinéenne et 1 marocaine. 2 des détenues avaient chacune un bébé. 71. Les infractions les plus fréquentes commises par les détenues étaient le trafic de drogue, l’adultère, la falsification, des larcins et parfois le meurtre. Les conditions de détention étaient acceptables, même si le centre de détention n’était pas une prison en tant que telle, avec toutes les infrastructures requises. Les détenues ont exprimé leur satisfaction quant à la manière dont elles sont traitées dans la prison. La délégation a remarqué que les détenues coopèrent entre elles et cuisinent pour elles-mêmes. Il n’y a pas de cellule ou de restriction de mouvement à l’intérieur de la maison (prison). 72. Cependant, la délégation a également remarqué une très jeune fille qui serait une malade mentale. Il n’a pas été possible de déterminer exactement son âge, mais la délégation a appris qu’elle était condamnée pour vol avant que l’on ait réalisé 17
Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples : Rapport de Mission de promotion du Commissaire Yasir Sid Ahmad El Hassan en République islamique de Mauritanie qu’elle était une malade mentale. Son dossier serait en examen afin qu’elle puisse être envoyée dans un hôpital spécialisé pour traitement. Comme dans les autres prisons, les ONG apportent également leur assistance à la prison des femmes.  Visite de courtoisie rendue par certaines ONG à la délégation 73. La délégation a reçu la visite de courtoisie de Mme Irabiha Mint Abdel Wedoud (Présidente du Forum National pour la Promotion des Droits de l’Enfant) et de Mme Sana Abass (Présidente de Society for Women and Aids in Africa – SWAA). Les dirigeantes de ces deux ONG ont dit n’avoir été informées de la visite de la mission qu’à travers les journaux du lendemain de l’arrivée de la mission en Mauritanie. 74. Le Commissaire El Hassan les a informées des activités de la Commission Africaine et des objectifs spécifiques de la mission en Mauritanie, mais aussi des activités que la mission a pu entreprendre en terme de visites et de rencontres. Le Commissaire a en outre encouragé les deux présidentes d’ONG à introduire une demande de statut d’observateur auprès de la Commission pour une meilleure coopération avec cette dernière. De la documentation sur la Commission africaine a également été distribuée aux visiteuses. 75. Les ONG ont expliqué leur travail qui comprend la responsabilisation des femmes, l’assistance juridique aux prisonniers, la lutte contre le VIH/SIDA et la pauvreté, la sensibilisation aux dispositions de la CEDAW et aux instruments africains des droits de l’homme tels que la CRC. Ces activités, ont-elles déclaré, sont entreprises avec l’aimable assistance de partenaires comme la Banque mondiale, le PNUD, le HCR et les représentations diplomatiques locales en Mauritanie. Elles ont déclaré qu’il était très difficile de trouver des statistiques correctes sur le VIH/SIDA en Mauritanie. Elles ont ajouté qu’un Centre national devrait être créé pour prendre en charge les personnes séropositives, celles qui souffrent de la maladie et de sensibiliser la population en général et la jeunesse en particulier sur le VIH/SIDA. 76. Les ONG ont informé la délégation que certains médecins refusaient de travailler dans certaines zones éloignées, ce qui a pour conséquence le fait que certains villages, bien que densément peuplés, n’ont pas accès aux soins médicaux, à moins que la population ne se déplace à 75 kilomètres. L’on rencontre également la même situation dans le secteur de l’éducation, ont-elles ajouté. 77. En ce qui concerne leurs conditions de travail, les ONG ont déclaré ne pas avoir de problèmes avec le Gouvernement. Elles se plaignent toutefois de ne pas être impliquées dans la mise en œuvre de certains projets. Elles déplorent également le fait que le Gouvernement rejette généralement les critiques, mêmes positives et constructives, lorsqu’elles viennent des ONG qu’il considère comme des opposants politiques. Elles ont en outre déploré l’inactivité du Médiateur et de la Cour des Comptes. Les ONG ont aussi dénoncé le manque de transparence, le détournement de fonds et l’impunité dans le pays. Selon elles, le Commissariat aux droits de l’homme, à l’allègement de la pauvreté et à l’intégration sociale ne traitent qu’avec certaines ONG proches du pouvoir. 18
Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples : Rapport de Mission de promotion du Commissaire Yasir Sid Ahmad El Hassan en République islamique de Mauritanie 78. Faisant des commentaires sur les prisons et les conditions de détention en Mauritanie, les ONG ont déploré le fait que des filles et des garçons mineurs soient détenus dans les mêmes prisons que les adultes. Elles exhortent par conséquent au respect strict des normes internationales. Mercredi 6 octobre 2004  Audience avec M. Hamadi Ould Meimou, Commissaire aux droits de l’homme, à l’allègement de la pauvreté et à l’intégration sociale 79. La réunion a été axée sur la procédure de la mission et sur le travail du Commissariat aux droits de l’homme, à l’allègement de la pauvreté et à l’intégration sociale, qui est un organe consultatif et de promotion. M. Hamadi Ould Meimou a informé la délégation des efforts déployés par le Commissariat en vue de la ratification des instruments des droits de l’homme en instance. Il a ajouté qu’après vérification, le Commissariat est parvenu à la conclusion que les allégations d’esclavage en Mauritanie faites par certaines organisations étaient tout à fait sans fondement. 80. La réunion a également discuté de la nécessité pour la Mauritanie de créer une Institution nationale des droits de l’homme et le Ministre a indiqué qu’une décision sera bientôt prise à cet égard, dans la mesure où une INDH fait partie du projet de bonne gouvernance géré par son Commissariat. Il a par conséquent décrit le cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (2001-2015), qui est évalué périodiquement grâce à des séminaires et réunions réunissant tous les partenaires, y compris les donateurs et les organisations de la société civile. M. Hamadi Ould Meimou a souligné le fait que l’objectif principal de son Commissariat est de lutter contre la pauvreté du point de vue des droits de l’homme en fournissant certains services essentiels : la production d’outils agricoles pour disposer de plus de produits agricoles, la construction de maisons pour les plus pauvres, la fourniture de semences aux agriculteurs pour des récoltes et produits agricoles plus importants, l’assistance aux personnes handicapées et aux nécessiteux, l’accueil, l’assistance et la responsabilisation des mendiants, etc., en collaboration avec tous les partenaires concernés, en particulier les ONG et les institutions des Nations Unies. 81. Concernant l’interdiction de certaines organisations, M. Hamadi Ould Meimou a déclaré que mille ONG exercent leurs activités dans le pays et que les 5 ou 6 qui n’ont pas obtenu l’autorisation basaient leurs activités sur la religion, la race ou l’ethnicité, ce qui est interdit par la législation mauritanienne. Il a assuré la délégation que son Commissariat entretenait des relations de coopération fructueuse avec les organisations de la société civile.  Entretien avec Mme, Cecile Molinier, Représentante résidente du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). 82. Au cours de la rencontre, la nécessité de la création d’une INDH en Mauritanie a été discutée et Mme Molinier a déclaré que son bureau faisait partie de l’équipe de réflexion sur la question. L’allègement de la pauvreté, a-t-elle ajouté, constitue un des programmes clés du PNUD en Mauritanie. Le PNUD a financé un projet d’amélioration des conditions de détention en Mauritanie (en particulier pour les 19
Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples : Rapport de Mission de promotion du Commissaire Yasir Sid Ahmad El Hassan en République islamique de Mauritanie femmes et les enfants) ainsi que la promotion des droits de l’homme et le renforcement des capacités des organisations de la société civile. Un volet spécial du programme concerne la formation et le plaidoyer pour les juges concernant la mise en œuvre des instruments des droits de l’homme, et il est exécuté en collaboration avec le Ministère de la Justice. 83. Etant donné que le mauritanien moyen ne connaît pas ses droits, a dit Mme Molinier, il incombe au PNUD et aux autres partenaires concernés de remédier à cela, en collaboration avec le Commissariat aux droits de l’homme, à l’allègement de la pauvreté et à l’intégration sociale. Les conditions de prison ont également été discutées, en particulier la nécessité de construire une prison adéquate pour les femmes, la révision des cas des détenus, la lutte contre le VIH/SIDA, etc. 84. Des questions relatives au financement des ONG par le PNUD par le biais du programme national et la question de l’évaluation du programme national sur l’allègement de la pauvreté ont été examinées. Une troisième question relative à la formation des juges en matière des droits de l’homme a également été débattue et il a été convenu que des séminaires devraient être organisés à cet égard.  Audience avec Son excellence Monsieur Sghair Ould M’bareck, Premier Ministre 85. Le Commissaire El Hassan a remercié le Premier Ministre pour avoir autorisé la tenue de la mission en Mauritanie. Il a déclaré que la mission se déroulait assez bien, grâce à l’assistance du Commissariat aux droits de l’homme, à l’allègement de la pauvreté et à l’intégration sociale. Le Commissaire El Hassan a également félicité le Premier Ministre pour sa brillante présentation du Rapport périodique de la Mauritanie, lors de la 32ème Session ordinaire de la Commission africaine 4, et a attiré son aimable attention sur les questions suivantes : • Les instruments des droits de l’homme que la Mauritanie doit ratifier • La nécessité pour le Gouvernement d’impliquer les ONG dans la conception et la mise en œuvre des programmes à tous les niveaux • La nécessité pour le Gouvernement de poursuivre et d’intensifier la lutte contre la pauvreté, de combattre l’impunité, de promouvoir la transparence et la responsabilisation dans la gestion des ressources/projets nationaux • La nécessité pour la Mauritanie de soutenir les activités de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples, de continuer à participer aux activités de la Commission et d’encourager les ONG de défense des droits de l’homme à faire de même • La nécessité pour la Mauritanie de renforcer son partenariat avec les institutions des Nations Unies pour le développement du pays • La possibilité pour la Mauritanie d’abriter une autre Session de la CADHP 5 • La nécessité pour la Mauritanie de conclure la réflexion sur la création d’une Institution nationale des droits de l’homme fonctionnant selon les normes internationales concernant de telles institutions. La Commission Africaine est prête à contribuer à cet effort de réflexion 4 5 Mai 2002 à Pretoria, Afrique du Sud La Mauritanie a abrité la 21ème Session ordinaire de la CADHP (15 – 24 avril 1997). 20
Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples : Rapport de Mission de promotion du Commissaire Yasir Sid Ahmad El Hassan en République islamique de Mauritanie • La sécurité des détenus, en particulier ceux concernés par les récents évènements survenus en Mauritanie et le droit à un procès équitable et à une assistance juridique. 86. Le Premier Ministre s’est félicité du travail de la Commission Africaine et a exprimé sa satisfaction quant à l’organisation de la mission qui, a-t-il indiqué, est une occasion pour la Commission d’évaluer les efforts déployés par son pays en vue de promouvoir et de protéger les droits de l’homme et de comparer la situation avec les informations que certaines ONG diffusent avec des intentions cachées. Le Premier Ministre a poursuivi en déclarant que les populations mauritaniennes étaient tolérantes mais connaissent également l’extrême pauvreté et l’ignorance qui ne leur permet pas de jouir de leurs droits. Aussi, a-t-il déclaré, le gouvernement est-il en train de consentir des efforts avec l’assistance de la communauté internationale pour lutter contre la pauvreté et l’analphabétisme à travers des programmes et plans d’action. 87. Le Premier Ministre a également engagé son Gouvernement à soutenir le travail de la Commission Africaine en oeuvrant en faveur de l’affectation, par l’Union africaine, de ressources adéquates au Secrétariat et en participant régulièrement aux activités de la Commission. Il a ajouté que le processus d’élaboration du rapport périodique de la Mauritanie sera accéléré, de même que le processus de ratification des instruments des droits de l’homme non encore ratifiés. 88. En ce qui concerne la sécurité des personnes arrêtées et détenues dans le cadre de tentatives de coups d’état, le Premier Ministre a déclaré que c’est une préoccupation du Chef de l’Etat de garantir leur droit à un procès équitable, en dépit des destructions importantes qu’ils ont occasionné sur certains biens publics. Il a rassuré la délégation que ces détenus jouissent de bonnes conditions de détention et que des instructions strictes ont été données aux ministres de la Justice et de l’Intérieur pour que ces détenus jouissent de conditions de détention décentes, équitables et transparentes, du droit de visite par leurs familles et leurs avocats.  Réunion avec la communauté des ONG 89. Le Vice-président El Hassan a expliqué l’objectif de la mission dans le pays ainsi que l’objet de cette réunion qui est d’avoir un contact direct avec les organisations de la société civile, en particulier les ONG de défense des droits de l’homme, afin de disposer d’informations de première main sur la situation des droits de l’homme en Mauritanie. Il a invité les ONG à s’exprimer librement au cours de la réunion. 90. Le Vice-président El Hassan a en outre expliqué à l’audience le rôle de la Commission Africaine dans le domaine de la promotion et de la protection des droits de l’homme sur le continent et dans leurs propres pays. Il a invité les ONG qui ne l’ont pas encore fait d’introduire une demande de statut d’observateur auprès de la Commission Africaine. 91. La réunion a enregistré la participation de représentants de 14 ONG travaillant dans divers domaines des droits de l’homme (droits de la femme, droits de l’enfant, droits des personnes handicapées) et en faveur de la protection de 21
Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples : Rapport de Mission de promotion du Commissaire Yasir Sid Ahmad El Hassan en République islamique de Mauritanie l’environnement. Dans leurs interventions, les représentants des ONG ont identifié plusieurs réalisations positives faites par le Gouvernement dans de nombreux domaines. Il a toutefois souligné les domaines où des problèmes subsistent. a) Réalisations positives : • • • • • • • • La Constitution de 1991 met l’accent sur le respect des droits de l’homme; Le Gouvernement déploie des efforts en vue de la ratification des instruments des droits de l’homme et des instruments sur la protection de l’environnement ; Le nouveau Code de la Famille comporte des dispositions novatrices relatives aux droits de la femme ; Des lois sont en cours d’élaboration pour garantir une assistance juridique aux personnes nécessiteuses ; Les formes modernes ou traditionnelles d’esclavage sont totalement interdites et sévèrement réprimées ; Le Gouvernement invite les ONG à participer aux séminaires et ateliers sur les droits de l’homme ; Une loi sur la protection des réfugiés a été adoptée récemment ; Il existe une volonté politique de mieux faire dans la promotion et la protection des droits de l’homme en Mauritanie. b) Domaines de préoccupation : • • • • • • • • La volonté politique n’est pas suffisante pour ce qui est de la promotion et de la protection des droits de l’homme en Mauritanie ; De nombreuses proclamations de bonnes intentions ne sont pas suivies par des actions concrètes et positives du Gouvernement ; L’administration est trop bureaucratique, discriminatoire et sélective lorsqu’elle traite avec les ONG ; L’esclavage continue d’avoir des conséquences graves car la mentalité derrière l’esclavage persiste chez les anciens maîtres et esclaves ; Les personnes handicapées ne disposent pas des facilités requises pour leur intégration sociale. Aussi, dans la pratique, il leur est dénié plusieurs droits, y compris le droit à l’éducation, le droit de vote et le droit à l’emploi ; Le Gouvernement et l’administration n’acceptent généralement pas les critiques de la part des ONG, mais uniquement leurs éloges ; Les droits de la femme sont reconnus « sur le papier », mais la mentalité et l’attitude rétrogrades de la population et des femmes elles-mêmes empêchent à ces dernières de jouir de leurs droits constitutionnels reconnus ; La violence sexuelle, l’ignorance et la pauvreté continuent d’être une préoccupation eu égard aux droits de la femme, plus particulièrement dans les zones rurales ou régions éloignées. 22
Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples : Rapport de Mission de promotion du Commissaire Yasir Sid Ahmad El Hassan en République islamique de Mauritanie 92. Les ONG ont également posé des questions sur le meilleur moyen pour la Commission d’apporter son assistance à la Mauritanie dans la recherche de solution à la situation des droits de l’homme et le Commissaire El Hassan a expliqué la procédure adoptée par la Commission lorsqu’elle traite avec les Etats parties : un dialogue constructif au plus haut niveau, des contacts avec les organisations de la société civile et d’autres partenaires concernés.  Réunion avec un groupe de personnes qui a demandé à rencontrer la délégation en privé 93. A sa demande, un groupe de cinq personnes a été reçu en privé par la délégation. Elles ont expliqué que l’administration, plus particulièrement le Commissariat aux droits de l’homme, à l’allègement de la pauvreté et à l’intégration sociale empêche leur réseau, le Cyberforum des ONG mauritaniennes (initiative du PNUD et du Ministère des affaires étrangères) de devenir un réseau officiellement reconnu et exerçant ses activités dans le pays, en retardant à l’infini la tenue de leur Assemblée générale pour élire leurs dirigeants. 94. Ils ont déclaré que beaucoup d’intérêts financiers et autres étaient en jeu et que la communauté internationale et les bailleurs de fonds ont refusé d’allouer un financement aux ONG, à moins qu’elles ne soient organisées en un Réseau. Plusieurs tentatives visant à tenir une Assemblée générale crédible ont échoué du fait d’oppositions et de blocages de la part de l’administration. Cependant, les ONG sont parvenues à tenir une Assemblée générale et un Bureau a été élu, mais les autorités ne l’ont pas reconnu. Les ONG ont demandé à la mission de porter la question devant les autorités compétentes afin que le Réseau soit reconnu officiellement ou qu’une nouvelle date soit fixée pour la tenue d’une autre Assemblée générale au cours de laquelle de nouvelles élections seront organisées, afin de permettre au Réseau de démarrer ses activités officiellement et librement. 95. Le Commissaire El Hassan a remercié les ONG pour l’information et leur a demandé de fournir des preuves et de la documentation à l’appui de leurs plaintes afin qu’il puisse porter l’affaire devant les autorités compétentes. Mardi 7 octobre2004  Réunion avec les syndicats :  Les représentants de la Confédération Générale des Travailleurs Mauritaniens 96. Les représentants de la Confédération Générale des Travailleurs Mauritaniens (Syndicat autonome comptant 25 000 membres) ont informé la délégation de leurs activités. Ils ont déclaré que le Gouvernement avait dénié à 400 travailleurs mauritaniens environ leur droit au travail en Mauritanie et les a illégalement expulsés au Sénégal en 1989, sous prétexte qu’ils avaient falsifié leurs pièces d’identité. Parmi les tentatives de résolution des problèmes, on note des lettres envoyées au Chef de l’Etat et au Médiateur de la République ainsi que des rapports à l’OIT. Un grand nombre de travailleurs ne pouvait pas accéder aux tribunaux locaux par faute de ressources. Le problème de la dénégation de la nationalité est maintenant résolu mais les travailleurs n’ont pas été réintégrés dans leurs fonctions. 23
Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples : Rapport de Mission de promotion du Commissaire Yasir Sid Ahmad El Hassan en République islamique de Mauritanie 97. Le Commissaire El Hassan a promis de porter l’affaire devant les autorités mais a toutefois demandé aux syndicats de justifier leurs plaintes par une documentation pertinente. Il a ajouté que c’est une obligation pour la Mauritanie de garantir le droit au travail à tous ses citoyens.  Le représentant de l’Union des Travailleurs Mauritaniens (Abderrahamane Ould Boubou, Secrétaire général) 98. M. Abderrahamane Ould Boubou a informé la délégation que son syndicat est le premier syndicat en Mauritanie, qu’il a la responsabilité de défendre les intérêts matériels et moraux de ses 32 700 membres et est représenté à travers tout le pays. Il a reconnu qu’il y a eu quelques problèmes dans le fonctionnement du syndicat et que récemment, une délégation de l’OIT a visité le pays à cet égard. 99. Le Commissaire a posé des questions sur la provenance des travailleurs mauritaniens expulsés au Sénégal et M. Abderrahamane Oul Boubou a répondu qu’il y’avait un conflit entre le Sénégal et la Mauritanie et qu’il avait été demandé à certains des Sénégalais vivant en Mauritanie de retourner chez eux. Il a dit ne pas croire que ces personnes étaient véritablement des mauritaniens.  Réunion avec les partis politiques  Le Front populaire (M. Cheikh O. M’Heimea, Député, Vice-Président et Me Aly Kamara, Secrétaire national aux droits de l’homme et à la justice) 100. Ils ont déclaré que les droits de l’homme constituent une préoccupation en Mauritanie et que l’administration ne respectait pas les lois, y compris la Constitution. Ils ont ajouté que la justice sociale est un échec, tandis qu’au plan politique, l’approbation est refusé aux partis et certains sont dissous sans raison valable. Ils ont déclaré qu’une guerre civile peut se déclencher à tout moment, au vu les nombreuses tentatives de coup d’état de ces dernières années. 101. Ils ont ajouté que la dernière réunion de la Commission des droits de l’homme des Nations Unies à Genève a identifié les préoccupations exactes concernant la Mauritanie (esclavage, droits de l’ECOSOC) et fait des recommandations que la Mauritanie a promis d’appliquer, mais rien n’est fait. De nombreux instruments des droits de l’homme ont été ratifiés mais jamais appliqués. 102. Concernant la politique, ils ont déclaré que le Parti pour la Convergence démocratique (d’obédience islamique) et le Parti NOUHOUD (de tendance baasiste) n’ont pas été reconnus officiellement. Le Parti d’Avant-Garde (parti baasiste), l’Union des Forces démocratiques, le Parti de l’Action pour le Changement, ont été dissous sans aucune raison valable.  L’Union des Forces du Progrès (M. Diallo Lassana, Secrétaire général adjoint) 103. M. Diallo Lassana a déclaré que son parti suit avec un grand intérêt la situation des droits de l’homme dans le pays et réagit en louant les démarches 24
Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples : Rapport de Mission de promotion du Commissaire Yasir Sid Ahmad El Hassan en République islamique de Mauritanie positives et en condamnant les violations. Il a déploré les empiétements de l’Exécutif sur le Judiciaire et le Législatif ainsi que la non reconnaissance des partis politiques, la dissolution des partis sans raisons valables, la répression violente des manifestations pacifiques, les arrestations arbitraires dont celles de députés, etc. 104. Commentant sur les évènements de 1989 et 1990 qui ont mené à l’expulsion de plus de 100 000 personnes vers le Sénégal ou le Mali, M. Diallo Lassana a déclaré que depuis, ceux qui avaient accepté de revenir n’ont pas été indemnisés et essaient de survivre dans des conditions très difficiles. Les partis politiques ne jouissent pas des droits constitutionnels. Les fonctionnaires et autres citoyens ont raté de nombreuses occasions professionnelles et même perdu leur emploi, seulement parce qu’ayant sympathisé avec l’opposition.  La Parti Républicain, Démocratique et Social (M. Deddou Ould Abdellahi – Directeur des Affaires politiques) 105. M. Deddou Ould Abdellahi a informé la délégation des efforts du Gouvernement de restaurer l’état de droit après une longue période de régime d’exception. Il a déclaré que l’état de droit est respecté dans le pays et a ajouté que son parti, le PRDS, est le parti le plus puissant et qu’il a la majorité à l’Assemblée. Au niveau de l’Exécutif, la création du Commissariat aux droits de l’homme, à l’allègement de la pauvreté et à l’intégration sociale constitue un pas en avant vers l’application du droit à l’éducation pour tous, à l’alphabétisation, à l’intégration sociale des personnes nécessiteuses, la promotion et la protection des droits de l’homme. 106. Il avait été convenu que le PRDS aide à accélérer le processus de ratification des lois en instance (en particulier la loi sur l’assistance juridique) et des instruments des droits de l’homme. Le Commissaire El Hassan a insisté sur le fait que les instruments ratifiés devraient être pleinement mis en œuvre et que les organisations de la société civile devraient être impliquées dans la conception et l’application de politiques axées sur la lutte contre la violation des droits de l’homme, la pauvreté et d’autres maux.  Réunion avec le Président de l’Ordre des Avocats (Me Mohamed Melainine O. El Khalifa, Me Bah O Elbar M’beirik, avocat) 107. M. Mohamed Melainine a déclaré que l’Ordre des Avocats est une association indépendante et apolitique différente des Syndicats et des ONG. L’Ordre des Avocats recrute des avocats en Mauritanie et gère leur carrière. Les avocats peuvent avoir différentes affiliations politiques, mais ils sont préoccupés sans distinction par l’application de la loi. Faisant un commentaire sur le Code de la Famille, la Loi sur l’interdiction de la traite des êtres humains, la juridiction sur les droits de l’enfant, il a déclaré que des actions positives ont été enregistrées à cet égard. Les avocats ont également plus de facilités à effectuer leur travail : aucun cabinet d’avocat ne peut être perquisitionné sans la présence du Président de l’Ordre des avocats ; les critères de sélection des avocats ont été renforcés en vue d’améliorer les compétences des candidats. Il existe 70 avocats dans le pays et l’Ordre des Avocats est autorisé à rendre visite aux détenus et noter leurs problèmes. 25
Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples : Rapport de Mission de promotion du Commissaire Yasir Sid Ahmad El Hassan en République islamique de Mauritanie 108. Selon M. Melainine, la plupart des textes légaux sont très anciens et devraient être actualisés en vue d’une meilleure protection des droits de l’homme en Mauritanie. Plus particulièrement le Code pénal qui n’est pas en phase avec les dispositions des instruments pertinents sur les droits de l’enfant. 109. A la question de savoir s’il existait des prisonniers d’opinion en Mauritanie, M. Melainine a répondu non et expliqué que 130 personnes avaient été arrêtées et accusées de tentative de coup d’Etat. Les faits, a-t-il ajouté, sont en cours d’enquête et ces détenus ont déclaré n’avoir pas été torturés : ils sont libres de recevoir des visites de leurs parents et l’Ordre des Avocats bénéficie de la coopération totale des autorités sur cette question. 110. Le Commissaire El Hassan a encouragé l’Ordre des Avocats a introduire une demande de statut d’observateur auprès de la Commission (et a donné toutes les informations relatives audit statut), ce qui est le meilleur moyen d’améliorer les relations entre les deux organisations.  Conférence de presse 111. La conférence de presse a enregistré la participation de 25 journalistes de 18 agences nationales de presse et de communication. Le Commissaire El Hassan leur a expliqué amplement le système africain des droits de l’homme et le fonctionnement de la Commission Africaine. Il a aussi expliqué les objectifs de la mission de promotion en République islamique de Mauritanie. 112. Soulignant le rôle de la presse dans la promotion et la protection des droits de l’homme, le Commissaire El Hassan a encouragé les journalistes à informer toujours la population sur les violations des droits de l’homme ainsi que sur les mesures positives prises par les Gouvernements dans le domaine des droits de l’homme. Les journalistes ont posé plusieurs questions à la délégation concernant les divers aspects de la situation des droits de l’homme en Mauritanie : ratification et mise en œuvre des instruments des droits de l’homme, prisons et conditions de détention, rapports périodiques de la Mauritanie à la CADHP, interdiction de partis politiques, etc. Ils ont demandé à la Commission Africaine de leur envoyer une copie du rapport de mission après adoption afin qu’ils puissent également suivre les recommandations du rapport.  Réunion avec le Commissaire aux Droits de l’Homme, à l’Allègement de la Pauvreté et à l’Intégration Sociale 113. Le Commissaire El Hassan a remercié son homologue pour les dispositions prises en vue du bon déroulement de la mission. Il a saisit l’occasion pour soulever les principales questions soumises à la mission par les parties prenantes rencontrées. Le Commissaire El Hassan et le Commissaire aux droits de l’homme, à l’allègement de la pauvreté et à l’intégration sociale ont échangé des points de vue sur ces préoccupations et ce dernier a assuré la délégation qu’il prendrait les mesures idoines en vue de trouver des solutions à ces problèmes. CONCLUSIONS : 26
Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples : Rapport de Mission de promotion du Commissaire Yasir Sid Ahmad El Hassan en République islamique de Mauritanie 114. Au terme de la mission, la délégation est parvenue aux conclusions suivantes : a) La Gouvernement mauritanien est disposé à entreprendre des actions positives en vue de la promotion et de la protection des droits de l’homme en Mauritanie, en maintenant un dialogue constructif avec la Commission Africaine ; b) Le Gouvernement s’est engagé à achever rapidement les rapports en instance et les présenter à la Commission Africaine, conformément à l’Article 62 de la Charte Africaine ; c) L’extrême pauvreté est un grave problème qui affecte les populations et entrave les efforts du gouvernement en vue du développement et du respect des droits de l’homme ; d) L’application de l’Etat de droit par tous les partenaires, y compris le Gouvernement et les organisations de la société civile est problématique ; e) Le gouvernement et les organisations de la société civile sont disposés à collaborer mais ils demandent que des cadres juridiques appropriés soient mis en place à cet effet ; f) Les prisons sont en mauvais état et les conditions de détention médiocres, en particulier pour les femmes ; g) L’accès aux services de santé est un sérieux problème, en particulier pour les populations qui vivent dans les zones éloignées ; h) La sensibilisation des magistrats au système africain des droits de l’homme est très insuffisante et l’accès à la justice dans les zones éloignées est problématique ; i) Des démarches positives ont été entreprises par les autorités dans certains domaines comme la formulation de programmes axés sur l’allègement de la pauvreté et la lutte contre l’analphabétisme. RECOMMANDATIONS : 115. Le Gouvernement de la République islamique de Mauritanie devrait : a) Entreprendre des actions appropriées et rapides pour présenter ses rapports périodiques à la Commission Africaine, conformément à l’Article 62 de la Charte Africaine ; b) Finaliser la discussion sur la création d’une Institution nationale des droits de l’homme indépendante, conformément aux normes internationales telles qu’établies par les Nations Unies et la Commission Africaine ; 27
Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples : Rapport de Mission de promotion du Commissaire Yasir Sid Ahmad El Hassan en République islamique de Mauritanie c) S’assurer que les forces de police et de sécurité disposent du pouvoir et l’utilisent en conformité avec les dispositions pertinentes de la Constitution et des lois de la République ; d) Impliquer tous les partis politiques et les partenaires concernés par la vie politique du pays et créer un environnement plus favorable à une meilleure démocratie, à la transparence et à la tolérance. e) Encourager les ONG de défense des droits de l’homme à participer de manière plus significative aux activités de la Commission Africaine ; f) Entreprendre des démarches en vue de l’amélioration des conditions de détention et inviter le Rapporteur spécial sur les prisons et les conditions de détention en Afrique de la Commission à se rendre en Mauritanie ; g) Garantir l’intégrité physique et mentale des détenus, les protéger de la torture et de tout autre traitement inhumain ou dégradant, et garantir un procès équitable à ceux qui sont accusés d’avoir violé la loi, en particulier les militaires arrêtés et détenus dans le cadre d’allégations de tentatives de coup d’Etat ; h) Aligner ses lois internes sur les normes internationales et les traités auxquels la Mauritanie est partie et harmoniser sa pratique avec ces normes. Les organisations de la société civile : 116. a) Les ONG de défense des droits de l’homme devraient : • • Travailler en partenariat avec le Gouvernement et les autres partenaires en vue de s’attaquer au problème des droits de l’homme en Mauritanie ; Maintenir un contact étroit avec la Commission Africaine et participer de manière plus significative aux activités de la Commission ; b) Les partis politiques devraient jouer leur rôle conformément aux dispositions de la Constitution et des lois du pays, en conformité avec les normes internationales, et devraient accorder la priorité à la sauvegarde de la paix et à la réconciliation nationale. 28
Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples : Rapport de Mission de promotion du Commissaire Yasir Sid Ahmad El Hassan en République islamique de Mauritanie LISTE DES PERSONNALITES RENCONTREES AU COURS DE LA MISSION 1. M. Sghair Ould M’bareck, Premier Ministre 2. M. Rachid Ould Salah, Président de l’Assemblée nationale 3. M. Mohamed Val Ould Bellal, Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération 4. M. Diabira Bakary, Ministre de la Justice 5. M. Hamadi Ould Meimou, Commissaire 6. M. Mohamed Abdellahi Ould Babana, Ministre de la Culture, de la Jeunesse et des Sports 7. M. Mohammed Ghali Ould Sherif Ahmed, Ministre de l’Intérieur, des Postes et Télécommunications 8. M. Mohamed Lemine Ould Selimane, Ministre de la Santé et du Bien-être social. 9. Mme. Zeinebou Mint Mohamed Ould Nahah, Ministre chargé des Affaires féminine 10. M. Mohamed Mahmoud O. Abdallahi O. Boye, Ministre de l’Orientation islamique, de l’Education originale et de la lutte contre l’Analphabétisme 11. M. Kaba Ould Alewa, Président de la Cour suprême 12. M. Mohamed Abderrahamane Ould Abdy, Procureur de la République 13. Cheickh Sid Moctar Ould Cheickh Abdellahi, Commissaire adjoint aux droits de l’homme, à l’allègement de la pauvreté et à l’intégration sociale 14. Koita Bamaria, Directeur général de la Commission des droits de l’homme, de l’allègement de la pauvreté et de l’intégration sociale 15. Mohamedou Ould Tijani, Directeur de la Promotion 16. Cheickh Tourad Ould Abdel Malik, Directeur des instruments des droits de l’homme 17. Bah Ould Salek, Conseiller en communication 18. Mme Cecile Molinier, Représentante résidente du PNUD. Liste des ONG ayant assisté à la réunion du 6 octobre 2004 1. Ligue Mauritanienne des Droits de l’Homme 2. Ordre National des Avocats 3. Association Mauritanienne des Femmes Juristes 4. Association Internationale des Femmes Francophones 5. Promotion des Droits de la Femme 6. Association pour la Défense des Droits de la Femme 7. Association Mauritanienne des Femmes Scientifiques 8. Association des Journalistes Défenseurs des Droits des Enfants 9. Association Féminine de Bienfaisance pour l’Enfance en Mauritanie 10. El Hanane 11. Association pour le Développement Social en Mauritanie 12. Association Mauritanienne des Handicapés Moteurs 13. Agir en faveur de l’Environnement. 14. ADDFE 15. Forum National pour la Protection des Droits de la Femme et de l’Enfant (FNPDFE) 29
Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples : Rapport de Mission de promotion du Commissaire Yasir Sid Ahmad El Hassan en République islamique de Mauritanie Liste des partis politiques, des syndicats et des autres organisations rencontrées 1. Confédération Générale des Travailleurs Mauritaniens (Abdellahi Mohammed Nabab – Secrétaire général du CGTM et Samba Docko, Secrétaire exécutif chargé des Affaires sociales) 2. L’Union des Travailleurs Mauritaniens (Abderrahamane Ould Boubou, Secrétaire général) 3. Le Front populaire (M. Cheickh O. M’Heimea, Député, Vice-président et Me Aly Kamara, Secrétaire national chargé des Droits de l’homme et de la Justice) 4. L’Union des Forces du Progrès (M. Diallo Lassana) 5. Le Président de l’Ordre des Avocats : (Me Mohamed Malainine O. El Khalifa) Liste des agences de presse présentes à la Conférence de presse du 7 octobre 2003 1. La Tribune 2. L’Eveil Hebdo 3. Assavire 4. Radio Mauritanie 5. Challenge 6. Television Mauritanienne 7. Le Calame 8. Chemssiyat 9. Renovateur 10. Agence Mauritanienne d’Information 11. Agence de Communication de l’Ambassade du Quatar 12. Agence PANA 13. Agende de Presse Allemande 14. Radio France Internationale 15. Agence France Presse 16. Africa No 1 17. Mena 18. L’Authentique 30

Created 1 juil. 2026 · Edited 1 juil. 2026